Émile Janvion

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Émile Janvion (mort en 1927), était un leader anarcho-syndicaliste et un éducateur libertaire français, puis un syndicalisme nationaliste et antisémite, préfiguration du fascisme.

Un leader anarcho-syndicaliste (avant 1909)[modifier | modifier le code]

Émile Janvion a créé en 1899 le premier syndicat des employés de préfecture. Il est délégué au XVe congrès national corporatif (Amiens, octobre 1906), puis au XVIe (Marseille, octobre 1908). Il sera révoqué en 1907 de son poste d'employé en raison de son action syndicale.

L'une des grandes ambitions d'Emile Janvion sera le développement de l'enseignement libertaire. En juin 1897, Émile Janvion et Jean Degalves créent une Ligue d'enseignement libertaire destinée à ouvrir une école libertaire mixte. Ce sera l'une des premières grandes expériences libertaire en matière d'enseignement. Faute de moyens (malgré la participation d'Émile Zola, Octave Mirbeau ou même du "socialiste national" (comme il se qualifiait lui-même) Maurice Barrès à la souscription ouverte), l'expérience se limitera à l'organisation de vacances libertaires pour une poignée de garçons et filles durant l'été 1898 ou 1899 et à quelques conférences et cours du soir en 1899-1900. L'École libertaire est fermée en 1901.

Émile Janvion participera à la fondation de la Ligue antimilitariste (décembre 1902) et au congrès d'Amsterdam qui donne naissance à l'Association Internationale Antimilitariste (AIA) (vers 1904).

Émile Janvion va diriger l'éphémère revue anarchiste "L'Ennemi du Peuple" (1903-1904) à laquelle collaboreront Zo d'Axa, Han Ryner, Eugène Bonaventure de Vigo dit Miguel Almereyda, Lucien Descaves, Élie Faure, Urbain Gohier, Jehan Rictus.

De l'anarcho-syndicalisme au fascisme (1909-1927)[modifier | modifier le code]

En 1909, Émile Janvion fonde le journal "Terre libre", "organe d’action syndicale" antirépublicain, anti-franc-maçon, antisémite et antimarxiste. Marius Riquier (l’un des fondateurs du Cercle Proudhon qui tente de rapprocher les milieux syndicaux et l'Action française) collabore à la revue. En 1910, Terre Libre rallie l’Action Française. En 1913, Émile Janvion est exclu de la CGT pour antisémitisme.

Comme quelques autres syndicalistes révolutionnaires tels Georges Valois ou Georges Sorel, Émile Janvion se rapproche de l'Action française qui peut laisser espérer un syndicalisme coporatif et nationaliste. Cette synthèse du nationalisme et de certaines tendances du socialisme et du syndicalisme est considéré par l'historien Zeev Sternhell comme une première expression de l'idéologie fasciste.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Degalves, Émile Janvion, "L’Ecole libertaire", in L’Humanité nouvelle n° 2, juin 1897, p. 217.
  • JANVION Émile, "L’enseignement libertaire", (bilan de l'expérience d'école libertaire), octobre 1900, Les Temps Nouveaux n°25.
  • JANVION Émile, "L'école, antichambre de caserne et de sacristie", Paris, Ed. La Guerre sociale, 1907.

Sources[modifier | modifier le code]