Rirette Maîtrejean

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Anna Henriette Estorges
Rirette Maîtrejean
Image illustrative de l'article Rirette Maîtrejean

Naissance 14 août 1887
Saint-Mexant (Corrèze)
Décès 11 juin 1968
Limeil-Brévannes
Première incarcération 25 mars 1912 pour recel de revolvers
Origine français
Cause défendue libertaire
anarchiste individualiste

Anna Henriette Estorges, alias Rirette Maîtrejean, née le 14 août 1887 à Saint-Mexant en Corrèze et morte le 11 juin 1968 à Limeil-Brévannes est une propagandiste individualiste libertaire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née Anna Henriette Estorges dans un milieu paysan.

A 16 ans, elle perd son père et ne peut, faute d'argent, devenir institutrice.

Refusant un mariage arrangé par sa mère, elle arrive à Paris en 1904.

Elle y découvre la vie des couturières, mais prend des cours à la Sorbonne, puis dans les Universités populaires qui fleurissent alors (la première a été créée par l'anarchiste Georges Deherme)[1].

Elle fréquente les Causeries populaires animées par Libertad qui édite le journal L'Anarchie[1] et se joint aux sorties champêtres organisées par les individualistes qui prônent l'amour libre[1].

Elle se marie avec Louis Maîtrejean, sellier, en 1906[1] et donne naissance à deux filles Maud et Sarah.

Après s'être séparée de son époux, elle vivra avec Maurice Vandamme, dit Mauricius, un des principaux collaborateurs du journal L'Anarchie.

Le 30 juillet 1908, alors qu'elle prend part à une manifestation de solidarité avec les terrassiers, en grève depuis le 1er mai, le cortège est violemment chargé par un régiment de dragons qui n'hésite pas à tirer sur la foule, provoquant quatre morts et deux cents blessés, dont Rirette qui est sérieusement atteinte à une jambe[2].

La bande à Bonnot[modifier | modifier le code]

Victor Serge et Rirette Maitrejean.

Plus tard, elle devient la compagne de Viktor Lvovitch Kibaltchich, plus connu sous le nom de Victor Serge[1].

Le 31 janvier 1912, le couple est perquisitionné par la police dans le cadre de l'enquête sur la bande à Bonnot. Rirette subit plusieurs interrogatoires avant d'être placée en détention le 25 mars 1912 pour un recel de revolvers, alors que la bande poursuit une escalade sanglante à Chantilly.

En février 1913, elle est jugée dans le procès des survivants de la bande. Elle est acquittée mais Victor Serge est condamné à 5 ans de prison. Elle l’épouse le 3 août 1915, alors qu'il purge sa peine. Libéré en janvier 1917, Victor Serge est expulsé de France. Il rejoint alors Barcelone, puis se brouille avec Rirette avant de rejoindre la Russie bochevique[2].

Elle livre au journal « Le Matin » ses Souvenirs d'anarchie (19 au 31 août 1913), qui dépeignent amèrement le milieu individualiste, ce qui lui sera vivement reproché.

Elle travaille ensuite comme typographe, avant de devenir correctrice de presse et d'intégrer le syndicat des correcteurs en 1923.

Durant des années trente, elle s'installe au Pré-St-Gervais et vit avec Maurice Merle, syndicaliste des usines Renault, et collabore à La Revue anarchiste[2].

Elle participera encore, en 1959, au journal Liberté fondée par Louis Lecoin[2].

Elle devient progressivement aveugle à la fin de sa vie. Elle meurt le 11 juin 1968. Ses cendres sont déposées au colombarium du Père-Lachaise.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Souvenirs d'anarchie : la vie quotidienne au temps de la bande à Bonnot à la veille de 1914, Quimperlé, La Digitale, 2005 (ISBN 2-903383-53-7)[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anne Steiner, Les en-dehors : anarchistes individualistes et illégalistes à la Belle époque, Montreuil, l'Échappée, 2008 (ISBN 978-2-915830-13-2).
  • Anne Steiner, Rirette l'insoumise, Tulle, Mille Sources, 2013 (ISBN 978-2909744292).
  • Anne Steiner, Une femme libre à la Belle Époque, Quartiers Libres, n°105, 2005, texte intégral.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Rozier, Cinéastes de notre temps : Jean Vigo, interview de Rirette Maîtrejean, 1964.

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Anne Steiner, Une femme libre à la Belle Époque, Quartiers Libres, n°105, 2005, texte intégral.
  2. a, b, c et d L'Éphéméride anarchiste : notice biographique.
  3. BNF : notice.