Lucía Sánchez Saornil

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Lucía Sánchez Saornil (sans doute en 1936-1937).
Lucía Sánchez Saornil en 1933
En 1936 ou 1937 avec Emma Goldman.

Lucía Sánchez Saornil, née le 13 décembre 1895 à Madrid et morte le 2 juin 1970 à Valence, est une poétesse, militante anarchiste, anarcho-syndicaliste et féministe libertaire espagnole.

Elle collabore à de nombreux journaux et revues comme Tierra y Libertad, Solidaridad Obrera et CNT. Elle est cofondatrice de l’organisation féministe libertaire Mujeres Libres.

Elle se réfugie en France après la fin de la guerre d’Espagne puis y retourne en 1942 pour échapper à la déportation. Elle y vit en clandestinité jusqu’en 1954

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle naît le 13 décembre 1895 à Madrid dans une famille pauvre. En 1916, elle devient téléphoniste et rentre à la Telefónica, la compagnie de téléphone espagnole. Parallèlement elle poursuit des études à l’académie des Beaux Arts de San Fernando. Elle se consacre aussi à la poésie et suit les mouvements avant-gardistes, adhérant notamment en 1919 au mouvement de l’Ultraïsme. Elle publie alors ses poèmes dans des revues avant-gardiste comme Tableros, Plural, Manantial et La Gaceta Literaria.

Au cours des années 1920, elle délaisse la poésie pour se consacrer à l’activité politique en suivant le mouvement syndicaliste libertaire. Elle participe alors à différents mouvements sociaux au sein de la Telefonica. En 1927, elle est mutée à Valence où elle collabore à plusieurs journaux anarchistes comme Tierra y Libertad et Solidaridad Obrera. Retournée à Madrid en 1929, elle poursuit ses activités au sein du milieu anarchiste et devient en 1933 secrétaire de rédaction du journal CNT.

En 1936, peu de temps avant le début de la guerre civile, elle fonde en compagnie de Mercedes Comaposada et Amparo Poch le mouvement féministe libertaire Mujeres Libres (en français Femmes Libres). Ce mouvement anarchiste d’émancipation directement issu de la CNT compta jusqu'à 20 000 membres en 1938 malgré le fait qu’il n’existait que dans la zone républicaine.

Quand éclate la guerre civile, elle participe activement à la lutte anti-franquiste. En 1937, elle retourne à Valence où elle participe à la rédaction du journal anarchiste Umbral. C’est à ce moment-là qu’elle rencontre América Barroso qui deviendra sa compagne (Lucía Saornil est homosexuelle). En mai 1938, elle devient secretaire générale de la section espagnole de la Solidarité Internationale Antifasciste (S.I.A.).

Après la victoire des nationalistes, Lucía Saornil se réfugie en France. Pour échapper à la déportation, elle doit regagner secrètement l’Espagne en 1942 d’abord à Madrid puis à Valence. Elle restera dans la clandestinité jusqu’en 1954. Elle meurt d’un cancer le 2 juin 1970 à Valence.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Citation[modifier | modifier le code]

« Au mois de mai 1936, naquit la revue Mujeres Libres. Le choix de ces deux mots n’était pas un pur hasard. Nous voulions donner au mot mujeres (femmes) un contenu maintes fois nié. En l’associant à l’adjectif libres nous nous définissions comme absolument indépendantes de toute secte ou groupe politique, cherchant la revendication d’un concept – mujer libre (femme libre) – qui jusqu’à présent était connoté d’interprétations équivoques qui rabaissaient la condition de la femme en même temps qu’elles prostituaient le concept de liberté, comme si les deux termes étaient incompatibles. » - Lucía Sánchez Saornil, CNT, n°531, 30 janvier 1937.

Notices[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]