Paul Adam

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Paul Adam ante 1910; photographie Nadar
Portrait de Paul Adam
par Félix Valloton
paru dans Le Livre des masques
de Remy de Gourmont (1896).

Paul Auguste Marie Adam[1], né le 6 décembre 1862 à Paris où il est mort le 2 janvier 1920, est un écrivain français et critique d'art.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille d'industriels et de militaires originaires de l'Artois, fils d'un directeur des Postes sous le Second Empire, Paul Adam fait ses études secondaires au lycée Henri-IV à Paris avant de se lancer dans la carrière littéraire dès 1884.

Il collabore à La Revue indépendante avant de publier en Belgique son premier roman, Chair molle (1885), qui est accusé d'immoralité, provoque le scandale et vaut au jeune auteur une condamnation à quinze jours de prison avec sursis et une lourde amende.

Délaissant le naturalisme, Paul Adam se tourne vers le symbolisme. Il contribue à diverses revues liées à ce mouvement, anime Le Symboliste et La Vogue et fonde avec Paul Ajalbert Le Carcan. En 1886, il collabore avec Jean Moréas dans Le Thé chez Miranda et Les Demoiselles Goubert et publie un roman intimiste, Soi. Sa notoriété est établie avec le roman Être (1888).

En 1892, il prononce son célèbre Éloge de Ravachol :

« De tous les actes de Ravachol, il en est un plus symbolique peut-être de lui-même. En ouvrant la sépulture de cette vieille et en allant chercher à tâtons sur les mains gluantes du cadavre le bijou capable d'épargner la faim, pour des mois, à une famille de misérables, il démontra la honte d'une société qui pare somptueusement ses charognes, alors que, pour une année seule, 91 000 individus meurent d'inanition entre les frontières du riche pays de France, sans que nul y pense, hormis lui et nous[2]. »

En 1906, dans Vues d'Amérique, Paul Adam synthétise son approche de l'art : « L'art est l'œuvre d'inscrire un dogme dans un symbole. »

Il fut l'un des témoins de Jean Lorrain lors de son duel, à Meudon, avec Marcel Proust le 6 février 1897.

Partisan du général Boulanger, il milite dans les mouvements nationalistes et traditionalistes et, pendant la Première Guerre mondiale, il se rend auprès des troupes pour soutenir leur moral et fonde la Ligue intellectuelle de fraternité latine.

Parallèlement, il publie de très nombreux ouvrages : essais, romans, nouvelles, récits de voyage, parmi lesquels on peut citer les romans de son cycle napoléonien : La Force (1899), L'Enfant d'Austerlitz (1901), Au soleil de juillet (1903), ainsi que La Ruse (1903) et Stéphanie (1913), curieux plaidoyer en faveur des mariages arrangés par rapport aux mariages d'amour. Le guide Paris-Parisien, qui le considère en 1899 comme une « notoriété des lettres », note qu'il a des « conceptions audacieuses » auxquelles il donne une « forme très audacieuse »[3]. Remy de Gourmont disait de lui :

« J’ai pensé à Balzac — M. Paul Adam en sera flatté, j’espère — en lisant, dans la biographie que l’on vient de donner de l’auteur de la Ruse, la liste de ses œuvres. Il y a en effet quelque chose de balzacien dans la fécondité de ce jeune romancier qui, en dix-sept ans de travail, nous aura donné trente-cinq volumes, et souvent des volumes énormes, qui en valent deux ou trois par la compacité. Quelle est sa méthode de travail, je ne l’ignore pas absolument ; elle est plus raisonnable que celle de Balzac et, par conséquent, elle durera sans doute plus longtemps[4]. »

Hommage[modifier | modifier le code]

Un monument en son honneur, sculpté par Paul Landowski, a été érigé contre le mur du Palais du Trocadéro, avenue Albert-de-Mun.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Chair molle, A. Brancart, Bruxelles, 1885.
  • Soi, Tresse et Stock, Paris, 1886.
  • Les Demoiselles Goubert, Mœurs de Paris (avec Jean Moréas), Tresse et Stock, Paris, 1886.
  • Le Thé chez Miranda (avec Jean Moréas), Tresse et Stock, Paris, 1886.
  • La glèbe, Tresse et Stock, Paris, 1887.
  • Les Volontés merveilleuses : Être, Librairie illustrée, Paris, 1888.
  • Les Volontés merveilleuses : L'essence de soleil, Tresse et Stock, Paris, 1890.
  • Les Volontés merveilleuses : en décor, 1890.
  • L'Époque : Le Vice filial, E. Kolb, Paris, 1891.
  • L'Époque : Robes rouges, E. Kolb, Paris, 1891.
  • L'Époque : Les Cœurs utiles, E. Kolb, Paris, 1892.
  • L'Automne : drame en trois actes, E. Kolb, Paris, 1893. Interdit par la censure le 3 février 1893.
  • Le Conte futur, Librairie de l'Art indépendant, Paris, 1893.
  • Critique des mœurs, E. Kolb, Paris, 1893.
  • Les Images sentimentales, Paul Ollendorff, Paris, 1893.
  • Princesses byzantines, Firmin-Didot, Paris, 1893.
  • La Parade amoureuse, P. Ollendorff, Paris, 1894.
  • Le Mystère des foules, P. Ollendorff, Paris, 1895.
  • Les Cœurs nouveaux, P. Ollendorff, Paris, 1896.
  • La Force du mal, A. Colin, Paris, 1896.
  • L'Année de Clarisse, P. Ollendorff, Paris, 1897 (illustr. de Gaston Darbour).
  • La bataille d'Uhde, P. Ollendorff, Paris, 1897.
  • Le vice filial. Librairie Borel.Paris 1898.
  • Tétralogie Le Temps et la Vie, épopée de la famille Héricourt :
    • La Force, P. Ollendorff, Paris, 1899.
    • L'Enfant d'Austerlitz, P. Ollendorff, Paris, 1901.
    • La Ruse, 1827-1828, P. Ollendorff, Paris, 1903.
    • Au soleil de juillet, 1829-1830, P. Ollendorff, Paris, 1903.
  • Lettres de Malaisie, La Revue Blanche, Paris, 1898 ; réédition Séguier, « Bibliothèque Décadente », 1996 (ISBN 2-84049-100-1)
  • Le Troupeau de Clarisse, P. Ollendorff, Paris, 1904.
  • Le Serpent noir, P. Ollendorff, Paris, 1905.
  • Vues d'Amérique, P. Ollendorff, Paris, 1906.
  • Clarisse et l'homme heureux, J. Bosc & Cie, Paris, 1907.
  • La Morale des Sports, la Librairie mondiale, Paris, 1907.
  • La cité prochaine, 1908.
  • Les Impérialismes et la morale des peuples, Boivin & Cie, Paris, 1908.
  • Le Malaise du monde latin, 1910.
  • Le Trust, A. Fayard, Paris, 1910.
  • Contre l’Aigle, H. Falque, Paris, 1910.
  • Stéphanie 1913
  • Le Lion d'Arras, E. Flammarion, 1919 (ajout tardif à la série Le Temps et la Vie)
  • Notre Carthage, E. Fasquelle , 1922 (Préface du Général Charles Mangin, publication posthume).

théâtre

  • Les Mouettes, première représentation par la Comédie-Française le 14 novembre 1906

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J. Ann Duncan (éd.), L'Époque symboliste et le monde proustien à travers la correspondance de Paul Adam (1884-1920), Nizet, Paris, 1982.
  • Camille Mauclair, Paul Adam, 1862-1920, Flammarion,‎ 1921

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Adam Family Crest and History, sur le site House of Names
  2. Fernand Drijkoningen, Dick Gevers, Anarchia, Amsterdam, Rodopi, coll. « Avant Garde Critical Studies », 1989 (ISBN 9051831145)
  3. Paris-Parisien, Ollendorff,‎ 1899, p. 41
  4. Remy de Gourmont, « De la fécondité littéraire. À propos de M. Paul Adam », Promenades littéraires. [Première série]. Mercure de France, Paris, 1929, p. 56