La Mort heureuse

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La Mort heureuse
Auteur Albert Camus
Genre Roman
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur éditions Gallimard
Date de parution 15 avril 1971
Nombre de pages 231
ISBN 2-07-027789-5

La Mort heureuse est le premier roman d'Albert Camus écrit entre 1936 et 1938 et resté inédit jusqu'à sa mort. Il a paru le 4 avril 1971 aux éditions Gallimard.

Écriture du roman[modifier | modifier le code]

La Mort heureuse fut entrepris vers 1936, à l'époque où Camus écrit L'Envers et l'Endroit et Noces. L'auteur en abandonnera l'écriture bien que largement terminée, pour se consacrer à L'Étranger[1]. Le roman paru seulement en 1971 soit onze ans après la mort de son auteur.

Camus a commencé à prendre des notes pour La Mort heureuse dès l'année 1936. Camus a dit lui-même que son principal défaut était celui d'un premier roman, l'auteur voulant aborder trop de sujets à la fois sans connaître clairement ses intentions, voulant tout dire, tout aborder. C'est aussi un roman fortement autobiographique où l'on reconnaît son itinéraire de jeunesse, où il ne parvient pas vraiment à s'extraire de ses souvenirs qui prennent le pas sur la maîtrise de sa pensée. Ainsi, on reconnaît le quartier populaire de Belcourt où Camus passa sa jeunesse, la bataille de la Marne où mourut son père, la tuberculose qu'il traîna toute sa vie, le voisin tonnelier sourd et à demi muet qui n'est autre que son oncle[2] et la présence de la Maison devant le Monde.

Résumé[modifier | modifier le code]

La trame est celle d'un pauvre employé Patrice Mersault qui rencontre un riche infirme, Zagreus, que lui présente Marthe, leur maîtresse commune. Sachant qu'il a préparé son suicide, Mersault le tue, arrange la scène de façon convaincante et prend son argent, une somme considérable. C'est d'ailleurs la théorie de Zagreus de considérer que le crime est acceptable s'il est un moyen pour accéder au bonheur. Le meurtre n'est pas découvert et, sans remords, l'esprit tranquille -« Sans colère et sans haine, il ne connaissait pas de regret, écrit Camus »- il part en voyage, visite Prague et Gênes avant de revenir à Alger. Il y connaît un certain bonheur avec celles qu'il appelle les trois 'petites bourriques' dans cette 'Maison devant le monde' sur les hauteurs d'Alger, pour y avoir résidé durant sa jeunesse.

Mais il devient instable, aime une femme, en épouse une autre, Lucienne, qu'il renvoie bientôt. Il part s'installer seul dans le 'Chenoua', « à quelques kilomètres des ruines de Tipasa », dans une maison face à la mer où il peut admirer son cher Tipasa. Mais cette vie de rentier ne dure pas, il tombe malade et meurt rapidement. Ce qu'il a appris sur le bonheur, basé sur la volonté d'être heureux lui permet de trouver une mort heureuse. Peut-on vraiment atteindre le bonheur, fut-ce au prix d'un crime ? Il a en tout cas sa petite philosophie personnelle quand il dit  : « Avoir de l’argent, c’est avoir du temps. Je ne sors pas de là. Le temps s’achète. Tout s’achète. Être ou devenir riche, c’est avoir du temps pour être heureux quand on est digne de l’être. »

Si Camus écrivit le roman à la troisième personne, son héros lui ressemble par bien des traits. C'est toute l'ambivalence du roman que ce 'il' qui oblige Camus à rester tantôt extérieur au personnage quand il parle de ce qu'il fait mais aussi à l'intérieur quand il évoque ce qu'il pense. Ce roman est cependant comme l'annonce la présentation, « riche de descriptions lumineuses de la nature et de réflexions qui sortent de l'ordinaire. »

Éditions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Conscient et pourtant étranger, dévoré de passion et désintéressé, écrit Camus » et on remarque bien sûr cette identité patronymique entre Parice Mersault et le Meursault de l'Étranger
  2. Voir la nouvelles Les muets de L'Exil et le royaume ou Le Premier homme