Alan Moore

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Alan Moore

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Alan Moore en 2006

Autres noms Curt Vile
Jill de Ray
Translucia Baboon
Activités scénariste, musicien, romancier, graphic Novel
Naissance 18 novembre 1953 (60 ans)
Northampton, Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Distinctions Will Eisner Award
Prix Prometheus
Prix Hugo
Festival d'Angoulême 1989, 1990, 2001
Jack Kirby Award
Harvey Award

Œuvres principales

Alan Moore (né le 18 novembre 1953 à Northampton) est un écrivain britannique surtout connu pour son travail de scénariste de bande dessinée (Watchmen, V for Vendetta, From Hell, etc.).

Moore est célèbre pour être de ceux qui ont rendu les comics plus matures, plus littéraires. Il a également beaucoup apporté à la forme du médium, par des effets de mise en page inédits jusque lors. Ses influences sont très diverses. On trouve des auteurs comme William S. Burroughs, Thomas Pynchon, Robert Mayer et Iain Sinclair, des écrivains de science-fiction comme Michael Moorcock et d'horreur comme H.P. Lovecraft, Clive Barker, des cinéastes comme Nicolas Roeg. En bande dessinée, l'influence de Bryan Talbot, précurseur de la bande dessinée « adulte » avec The Adventures of Luther Arkwright, a été déterminante.

Il est également connu en tant qu'anarchiste[1] et végétarien[2]. Il déclare être magicien[3] et adorer Glycon, une divinité-serpent romaine[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Il nait à Northampton dans une famille modeste. Après une scolarité difficile (il est exclu de son lycée pour avoir vendu du LSD[5]), il monte le magazine Embryo avec des amis à l'âge de 18 ans. Il se marie en 1974 et a deux enfants. Illustrateur dans un magazine musical, Sounds, en 1979, il abandonne rapidement le dessin pour s'adonner à l'écriture.

Il reprend Marvelman et crée V pour Vendetta dans les magazines Doctor Who Weekly et Warrior. V pour Vendetta connaitra un grand succès et obtiendra de nombreux prix dont celui de meilleur album étranger à Angoulême en 1990 et vaudra à Alan Moore d'être engagé en 1983 par l'éditeur DC Comics pour travailler sur la série The Saga of the Swamp Thing. Il revisite brillamment ce comic des années 1970 et obtient un succès retentissant.

En 1986 il écrit les fameux Watchmen, toujours pour DC Comics. Il obtient le prix Hugo, décerné pour la première fois à une bande dessinée et obtiendra en 1989 le prix du meilleur album étranger à Angoulême.

Alan Moore se brouille avec DC Comics, pour des raisons de droits d'auteurs notamment, en 1988 et monte sa propre maison d'édition Mad Love. Il commence alors From Hell qui obtiendra le prix de la critique à Angoulême en 2001 et sera adapté au cinéma la même année.

En 1991 Alan Moore commence à travailler sur une BD érotique, Lost Girls, participe à un projet multimédia : The Moon and Serpent Grand Egyptian Theatre of Marvels en 1994, publie un roman intitulé Voice of the Fire en 1996.

En 1996, encore, il reprend la série Supreme (un pseudo-Superman, initialement œuvre de Rob Liefeld) en collaboration avec les dessinateurs Joe Bennett, Alex Ross et Rick Veitch, où il continue son travail d'exploration nostalgique de l'époque de l'âge d'or des comics. Il publie aussi, toujours pour Rob Liefeld et le Studio Awesome, Judgement Day où, à l'instar d'un Crisis on Infinite Earths des années 1990, il propose de refonder tout un univers.

En 1999 il sort la collection ABC. Elle comprend entre autres La Ligue des gentlemen extraordinaires adapté au cinéma en 2003, Top Ten, Promethea et Tom Strong. Celle-ci devait être éditée par la compagnie de Jim Lee, Wildstorm. Celle-ci ayant été vendue entre-temps à DC Comics, Alan Moore accepta plutôt de mauvaise grâce cet accord et a annoncé que l'univers du label se terminerait avec la fin du 32e épisode de Promethea.

Jusqu'ici les films tirés de l'œuvre de Moore ont été des adaptations hollywoodiennes ayant finalement peu à voir avec l'original au point que Moore refusa même de toucher les droits sur les films tirés de ses œuvres. Il accorde peu de crédit au cinéma qui, en raison du nombre d'intervenants qu'il requiert, ne lui semble pas permettre la même liberté d'expression que l'écriture.

En 2006, James McTeigue réalise l'adaptation de V pour Vendetta, sur un scénario des frères Wachowski. En 2009, c'est au tour de Watchmen d'être adapté sur grand écran par Zack Snyder, un premier projet d'adaptation par Terry Gilliam ayant été abandonné par le producteur Joel Silver.

Alan Moore a reçu neuf fois le prix du meilleur scénariste aux Eisner Award depuis 1988, trois fois aux Jack Kirby Award, et sept fois aux Harvey Award. Cette liste de récompenses fait probablement de lui le scénariste le plus primé dans le domaine du comic.

Sa carrière[modifier | modifier le code]

Premiers travaux[modifier | modifier le code]

Expulsé de l'école à 17 ans car il vendait du LSD[6], Moore passa quelques années à subsister grâce à des petits boulots avant de commencer une carrière d'auteur de bande dessinée à la fin des années 1970. Il produisit des strips underground pour divers magazines musicaux, comme Sounds ou NME sous le pseudonyme de Curt Vile, parfois avec son ami Steve Moore (aucun lien de parenté). Sous le pseudonyme de Jill de Ray, il se lança dans un strip hebdomadaire (qu'il continua jusqu'en 1986), Maxwell the Magic Cat pour le Northants Post.

Comprenant que son avenir n'était pas dans le dessin, il se concentra sur l'écriture, fournissant des scénarios de 2000 AD et Warrior à Marvel UK. Il fit quelques strips pour Doctor Who Magazine et Star Wars Weekly, avant de commencer à travailler avec le dessinateur Alan Davis sur Captain Britain. Pour 2000 AD, il écrivit des histoires complètes dans les suppléments du magazine Future Shocks et Time Twisters, avec des séries comme Skizz (dessin de Jim Baikie), D.R. and Quinch (avec Alan David) et The Ballad of Halo Jones (avec Ian Gibson). Ces deux dernières séries devinrent assez vite parmi les plus populaires de 2000 AD mais Moore, en désaccord avec l'éditeur sur des questions de droit d'auteur, cessa toute collaboration dans le magazines en 1986, laissant ses histoires inachevées. Ces désaccords avec ses éditeurs allaient devenir une constante dans la carrière de Moore.

Durant cette période, le plus grand succès critique revint à ses scénarios pour Warrior : Marvelman (renommé par la suite Miracleman pour des raisons de droit), un réutilisation radicale de super-héros oubliés des années 1950 (dessins de Garry Leach et Alan Davis ; V pour Vendetta, une contre-utopie mettant en scène un anarchiste flamboyant qui, prenant les traits de Guy Fawkes, combat un gouvernement fasciste dans l'Angleterre de la fin du XXe siècle ; The Bojeffries Saga, une série humoristique sur une famille de vampires et loup-garous ouvriers, dessinée par Steve Parkhouse. Warrior fut arrêté avant la fin de ces séries, mais Moore put les continuer chez d'autres éditeurs.

Le travail pour les grands éditeurs américains[modifier | modifier le code]

Len Wein, de DC Comics, qui avait remarqué le travail de Moore en Grande-Bretagne, lui demanda d'écrire des scénarios pour sa création Swamp Thing, alors l'un des titres de DC qui se vendait le moins. Moore, travaillant avec les dessinateurs Stephen R. Bissette, Rick Veitch et John Totleben, déconstruisit puis reconstruisit entièrement les personnages, en écrivant des histoires à la forme expérimentale qui délaissaient parfois l'horreur et le fantastique pour un discours environnemental ou social. On entendit beaucoup parler des méthodes de travail de l'auteur qui, afin de mieux comprendre les personnages et de rendre parfaitement les atmosphères, se documenta énormément sur la culture de la Louisiane et se mit à écouter de la musique cadienne.

Les ventes de Swamp Thing remontèrent, avec l'estime de la critique : Moore se vit donc confier d'autres travaux par DC. Il écrivit des histoires courtes de Green Arrow (dans Detective Comics) et d'Omega Men, d'autres dans Vigilante et quelques Batman (dont Batman: The Killing Joke, album réalisé avec Brian Bolland) et Superman (dont Whatever Happened to the Man of Tomorrow?).

Mais il établit définitivement sa réputation avec la maxi-série Watchmen, publiée en 1986. Imaginant ce qu'aurait été le monde si les super-héros avaient réellement existé depuis les années 1940, Moore et le dessinateur Dave Gibbons dépeignirent une Amérique craignant une guerre nucléaire dans le contexte de la Guerre froide. Les super-héros doivent alors travailler pour le gouvernement du pays ou se voir déclarer hors-la-loi. Névrosés, amoraux, sexuellement perturbés, mégalomanes, ils se montrent avant tout humains. La narration n'est pas linéaire et dépend de plusieurs points de vue. De plus, le scénariste inclut dans son histoire des éléments philosophiques (questions de la prédestination, de la morale, de libre arbitre, etc.), phénomène inédit dans l'univers des super-héros. On acclama Moore pour Watchmen, considérant qu'il avait réellement revitalisé le genre, tout comme à la même époque Frank Miller avec Batman et, dans un autre registre Art Spiegelman (Maus) et les frères Gilbert et Jaime Hernandez (Love and Rockets). Il devint de plus en plus courtisé par les médias et se mit à éviter les festivals et conventions où ses admirateurs le harcelaient jusqu'aux toilettes.

Watchmen est aussi célèbre pour l'aggravation du contentieux entre Moore et DC Comics, qui avait d'ailleurs débuté dès la collaboration du Britannique sur Swamp Thing. Les auteurs, qui ne possédaient pas les personnages qu'ils avaient créés, n'avaient en effet rien touché sur le produit de la vente de badges en édition limitée qui représentaient personnages et scènes de la série, que l'éditeur considérait comme des articles promotionnels.

Marvelman fut réédité et poursuivi pour le marché américain (sous le nom Miracleman, car Marvel se plaignit d'une possible confusion avec son nom) par l'éditeur indépendant Eclipse Comics. Malgré les problèmes de copyright et les retards de paiement de l'éditeur Moore finit l'histoire (avec Chuck Austen, Rick Veitch et John Totleben) avant de transmettre le flambeau à Neil Gaiman (scénario) et Mark Buckingham (dessin).

Moore et Lloyd finirent V pour Vendetta chez DC, où il fut colorisé. Cependant, lorsque DC voulut imposer une signalétique d'âge sur leurs publications, Moore (ainsi que Miller et Howard Chaykin) décida d'arrêter de travailler pour l'éditeur après 1989.

Twilight of the Superheroes[modifier | modifier le code]

La période indépendante[modifier | modifier le code]

De nombreux projets suivirent, dont Brought to Light, une histoire sur les opérations louches de la CIA, avec le dessinateur Bill Sienkiewicz, chez Eclipse Comics et une anthologie, AARGH (Artists Against Rampant Government Homophobia) (Artistes opposés à l'homophobie gouvernementale rampante), afin de lutter contre la politique anti-homosexuelle du gouvernement d'alors, chez Mad Love, éditeur créé par Moore.

Incité par l'auteur Dave Sim, qui s'auto-éditait depuis longtemps, Moore décida alors de se servir de Mad Love pour éditer son projet suivant, Big Numbers, série en 12 épisodes prenant place dans la Grande-Bretagne des années 1990 et basée sur la théorie du chaos et les découvertes mathématiques de Benoît Mandelbrot. Bill Sienkiewicz illustra les deux premiers épisodes dans un style peint intense puis, ne pouvant plus suivre le rythme de travail, passa le relais à son assistant Al Columbia. Mais l'épisode dessiné par ce dernier ne fut jamais édité, Mad Love ayant entre-temps fait faillite.

Il écrivit pour Oscar Zarate Une petite mort (A Small Killing), album mettant en scène un publicitaire idéaliste hanté par son moi enfant, publié en 1988 avec Mad Love et en France chez par Seuil en 2005.

Avec From Hell, il s'attaqua à Jack l'Éventreur, aidé par la plume torturée d'Eddie Campbell. Il mit près de dix ans à terminer la série créée pour Taboo (anthologie d'horreur éditée par Stephen R. Bissette) puis reprise par d'autres éditeurs avant d'être finalement publiée en un volume chez Eddie Campbell Comics (par Delcourt en France en 2000).

Lost Girls, réalisé avec Melinda Gebbie (qui deviendra sa seconde épouse) est une histoire érotique qui cherche à décoder les sous-entendus sexuels dans Alice au pays des merveilles, Peter Pan et Le Magicien d'Oz. Lost Girls connut quelques problèmes dans certains états américains où les populations conservatrices crièrent à la pédopornographie.

Retour au travail grand public[modifier | modifier le code]

Après plusieurs années passées loin des grands éditeurs, Moore fit son retour dans le monde des super-héros en écrivant diverses séries pour Image Comics. Il avait l'impression qu'on avait détourné l'aspect novateur de son travail des années 1980 pour n'en retenir que deux aspects : la violence et le crade. Avec Stephen R. Bissette, Rick Veitch et John Totelben il créa, en réaction contre la perte d'innocence des super-héros, 1963, comic book parodiant les premières publications de Marvel, sorties au début des années 1960.

S'inspirant des premiers fascicules de Spiderman, Doctor Strange, Iron Man, des Fantastic Four et des Avengers, c'est-à-dire des premières aventures des héros Marvel rédigées par Stan Lee au début des années 1960, Moore écrivit les épisodes de la collection 1963 selon les caractéristiques de cette période : sexisme, anti-communisme outrancier, qui apparurent très datées à l'époque. On trouve aussi dans ce comic une satire des éditoriaux auto-hagiographiques et pompeux qu'écrivait alors Stan Lee pour Marvel.

La série aurait dû se terminer par un annuel dans lesquels les personnages auraient rencontré, dans les années 1990, les héros ultra-violents stéréotypés d'Image Comics. Ils auraient été choqués par leurs descendants, commentant même avec dédain le passage de la couleur aux dégradés de gris. Mais un conflit entre Image et l'équipe de 1963 mit fin au projet.

Après 1963, Moore travailla sur WildCATS et quelques titres de Rob Liefeld comme Supreme, Youngblood et Glory, permettant à des séries aux personnages peu développés de devenir plus intéressantes. Dans les mains de Moore, Supreme devint un inspiré hommage postmoderne aux bandes dessinées de super-héros de l'âge d'argent, particulièrement l'ère Mort Weisinger de Superman (1958-1970).

America's Best Comics[modifier | modifier le code]

Après son travail sur WildCATS, Moore créa la collection America's Best Comics, un ensemble de nouveaux personnages publiés par Wildstorm, la maison éditoriale de Jim Lee. Cependant, juste avant que les premiers titres ne paraissent, Lee vendit Wildstorm a DC, et Moore se retrouva de nouveau à travailler avec cet éditeur. Moore y poursuivit son travail, commencé avec 1963 et Supreme, consistant à remonter aux sources du genre super-héros. La collection ABC comprend :

Conflits avec DC et Marvel Comics[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980, Moore était en conflit avec DC Comics, et il fut contrarié d'être de nouveau placé dans le giron de l'éditeur après le rachat de Wildstorm. Wildstorm tenta de le protéger de DC, par une sorte de « pare-feu éditorial ». Cependant, divers événements contribuèrent à l'irritation de Moore. La Ligue de Gentlemen Extraordinaires # 5 contenait une authentique ancienne publicité pour une poire à douche vaginale Marvel. Paul Levitz, le directeur éditorial de DC, fit détruire tout le stock puis le réimprimer sans la publicité.

Moore fut encore plus irrité lorsque Paul Levitz décida de ne pas publier une histoire de Cobweb à paraître dans Tomorrow Stories # 8 car elle contenait des références à L. Ron. Hubbard, Jack Parsons et au « Babalon Working ». DC craignait en effet un procès de la part des Scientologues, réputé pour leur caractère procédurier.

En 2002, Joe Quesada, rédacteur en chef de Marvel Comics réussit à persuader Moore de travailler de nouveau pour Marvel, lui jurant que l'éditeur avait changé et que les problèmes qu'il avait eu précédemment (Marvel US avait réédité des strips de Moore parus dans Doctor Who Weekly sans sa permission) ne se reproduiraient jamais. Moore accepta donc la parution d'une édition collector de Captain Britain. Hélas, son nom ne figurait pas dans les crédits à la suite d'une erreur de composition et il décida, malgré les plates excuses de Quesada, de ne plus jamais travailler pour Marvel.

Réactions aux adaptations cinématographiques de ses œuvres[modifier | modifier le code]

Les adaptations cinématographiques des œuvres de Moore ont été elles aussi sujettes à controverses. Pour From Hell et La Ligue des gentlemen extraordinaires, il avait décidé de ne pas intervenir du tout, afin qu'aucune confusion ne puisse être faite entre la bande dessinée et le produit cinématographique. Moore admit qu'un tel raisonnement était plutôt naïf[7].

Les ennuis commencèrent lorsque Martin Poll (le producteur) et Larry Cohen (le story-boarder), engagèrent des poursuites contre la 20th Century Fox, prétendant que le film La Ligue des gentlemen extraordinaires plagiait leur script intitulé Cast of Characters. Malgré les similitudes entre les deux scripts, la plupart des éléments du film final, ajoutés pour lui, ne figuraient pas dans les planches de Moore. Selon ce dernier les deux accusateurs « semblaient croire que les dirigeants de la 20th Century Fox l'avait appelé et persuadé de voler leur story-board, puis d'en faire une bande dessinée qu'ils pourraient alors adapter en film, afin de dissimuler le vol initial ». L'auteur vécut très difficilement le procès, estimant qu'il aurait mieux été traité s'il avait « violé puis tué un car entier d'enfants handicapés mentaux après les avoir drogués à l'héroïne ».

Moore décida alors de se séparer totalement du monde du cinéma. Pour les œuvres dont il ne détient pas seul les droits, il décida de ne plus faire apparaître son nom au générique, et de ne percevoir aucun paiement. Il en fut ainsi de Constantine, V pour Vendetta et Watchmen.

« Ce sont des films idiots, sans la moindre qualité, une insulte à tous les réalisateurs qui ont fait du cinéma ce qu'il est, des magiciens qui n'avaient pas besoin d'effets spéciaux et d'images informatiques pour suggérer l'invisible. Je refuse que mon nom serve à cautionner d'une quelconque manière ces entreprises obscènes, où l'on dépense l'équivalent du PNB d'un pays en voie de développement pour permettre à des ados ayant du mal à lire de passer deux heures de leur vie blasée. La majorité de la production est minable, quel que soit le support. Il y a des films merdiques, des disques merdiques, et des BDs merdiques. La seule différence, c'est que si je fais une BD merdique, cela ne coûte pas cent millions de dollars. »

— Alan Moore, entretien dans la revue D-Side n°29 juillet-août 2005

Travail actuel[modifier | modifier le code]

En plus de la suite de la Ligue, il travaille sur un roman, Jerusalem.

Moore a parrainé de 2009 à 2011 la revue underground Dodgem Comics. Les huit numéros parus ont publié divers textes et illustrations d'artistes de Northampton, ou d'amis de Moore (Melinda Gebbie, Kevin Nowlan...), ainsi que de nombreux textes de Moore lui-même, dont, pour chaque livraison, l'éditorial. Le 2e numéro, en février 2010, contenait en encart le premier comic-book (huit pages) entièrement écrit et dessiné par Alan Moore, Astounding weird penises.

Il prépare également un film original avec Mitch Jenkins, intitulé Jimmy's End.

Travaux dans d'autres médias[modifier | modifier le code]

Moore a écrit Voice of the Fire, recueil de nouvelles à propos de l'histoire de Northampton de l'âge de bronze à nos jours. Il écrit en ce moment Jerusalem, roman qui se déroulera lui aussi dans cette ville[8].

Il a écrit un scénario de film jamais adapté, Fashion Beast, d'après La Belle et la Bête de Jean Cocteau et la vie du créateur de mode Christian Dior. Ce scénario avait été commandé par Malcolm McLaren[réf. nécessaire].

Il s'est parfois essayé à la musique, formant avec David J (le bassiste de Bauhaus et Max Akropolis, sous le pseudonyme de Translucia Baboon, un groupe, The Sinister Ducks, qui a sorti un single, March of the Sinister Ducks (pochette réalisée par Kevin O'Neill). Moore et David J ont sorti un single incluant un enregistrement de « Vicious Cabaret », chanson présente dans V for Vendetta. Il s'est aussi produit avec le groupe de Northampton Emperors of Ice Cream.

Moore pratique la magie, gnostique depuis le milieu des années 1990. Il est également membre d'un groupe d'art performance, « the Moon and Serpent Grand Egyptian Theatre of Marvels », dont certaines pièces ont été enregistrées sur CD et deux, The Birth Caul et Snakes and Ladders, adaptées en bande dessinée par Eddie Campbell.

Œuvres en anglais[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

Ses premiers travaux, publiés en Angleterre[modifier | modifier le code]

DC Comics[modifier | modifier le code]

  • Watchmen, avec Dave Gibbons (Dessin), 1987. Prépublié en 12 fascicules (1986-1987).
  • Swamp Thing, avec Stephen R. Bissette, Rick Veitch, etc. (dessin), numéros 20-58, 60-61, 63-64 et Annual #2 (1983-1987). Repris en 6 volumes :
    • Saga of the Swamp Thing, 1987 (reprend 21-27)
    • Swamp Thing: Love and Death, 1990 (reprend 28-34 & Annual 2)
    • Swamp Thing: The Curse, 2000 (reprend 35-42)
    • Swamp Thing: A Murder of Crows, 2001 (reprend 43-50)
    • Swamp Thing: Earth to Earth, 2002 (reprend 51-56)
    • Swamp Thing: Reunion, 2003 (reprend 57-61, 63 et 64)
    • L'histoire du numéro 20 n'a été rééditée que dans l'édition reliée.
  • V for Vendetta, avec David Lloyd (dessin), 1995. Deux premiers chapitres prépubliés dans Warrior 1-26 (1982-1985), puis le tout en dix fascicules de 1988 à 1989 par DC Comics.
  • "This is Information", 9/11: Artists Respond, avec Melinda Gebbie (dessin), 2002.
  • DC Universe: The Stories of Alan Moore', 2006. Reprend diverses histories parues dans des publications DC Comics. Contient :

Image Comics[modifier | modifier le code]

  • 1963, avec Stephen R. Bissette, Rick Veitch, etc. (dessin), 1986, 6 fascicules.
  • Glory, 4 numéros.
  • Judgement Day.
  • Spawn, avec Todd McFarlane (dessin), numéros 8, 32, 37.
  • Spawn/WildC.A.T.S 4 numéros. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
  • Supreme, avec Joe Bennett, Rick Veitch, Keith Giffen, Dan Jurgens, Stephen Platt, Chris Sprouse, etc. (dessin), numéros 41-56, 1996-1998.
  • Supreme: the Return, avec Chris Sprouse, Rick Veitch, etc. (dessin), numéros 1-6, 1999-2000. Repris en deux tomes par Checker Books (The Story of the Year etThe Return).
  • Violator 3 numéros.
  • Violator vs. Badrock 4 numéros.
  • Voodoo: Dancing in the Dark 4 numéros. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
  • Wildcats, avec Travis Charest (dessin), numéros 21-34 et 50, 1995-1998. Numéros 21-34 repris dans deux tomes : Gang War et Homecoming, numéro 50 repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007.
  • Wildstorm Spotlight numéro 1. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007
  • Un épisode de The Maxx de Sam Kieth.
  • Deathblow By Blows 3 numéros, 1999. Repris dans Alan Moore: Wild Worlds, DC Comics, 2007

America's Best Comics[modifier | modifier le code]

Auto-édition et éditeurs divers[modifier | modifier le code]

Romans et livres illustrés[modifier | modifier le code]

  • La Voix du feu, Calmann-Levy, Coll: Interstices, 2008 (ISBN 978-2-7021-3753-6) (Voice of the Fire, Victor Gollancz 1996. Réédité en 1997 par Orion Books et 2003 par Top Shelf Productions).
  • The Mirror of Love, Top Shelf Productions, 2003.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • March of the Sinister Ducks, single des The Sinister Ducks, 1983.

À partir de 1996, les CD sont des enregistrements de pièces de théâtre réalisées avec son groupe d'art performance.

  • The Birth Caul, D.O.R., 1996.
  • The Moon and Serpent Grand Egyptian Theatre of Marvels, Cleopatra, 1996.
  • Brought to Light, Codex Books, 1998.
  • The Highbury Working, RE, 2000.
  • Angel Passage, RE, 2002.
  • Snakes and Ladders, RE, 2003.

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

Bandes dessinées[modifier | modifier le code]

  1. Le Comédien, 1987
  2. Dr Manhattan, 1987
  3. Rorschach, 1988
  4. Le Hibou, 1988
  5. Laurie, 1988
  6. Ozymandias, 1988
Publication d'une intégrale en deux volumes en 1992. Publication d'une intégrale en un volume en 1998, chez Delcourt.
Bon anniversaire, 1988
Souriez !, 1989. Réédité en 2000 par Delcourt sous le titre Rire et mourir, puis en 2009 chez Panini sous le titre original, "The killing joke".
  1. Visages, 1989
  2. Vérités, 1989
  3. La valse du vice, 1989
  4. Valérie, 1989
  5. Voyages, 1989
  6. Victoria, 1990
Intégrale, Delcourt, 1999.
  1. Tome 4, avec Todd McFarlane, 1995
  2. Tome 19, avec Greg Capullo, 1997
  1. Racines, avec John Totleben (dessin) et Steve Bissette (encrage), 1998
  2. Invitation à la peur, avec Shawn McManus, 1999

Puis Delcourt réédite Swamp Thing sous forme d'intégrale 2. Amour & Mort, avec John Totleben (dessin) et Steve Bissette (encrage), 2004 3. La Malédiction, avec John Totleben (dessin) et Steve Bissette (encrage), 2005

  1. Tome 1, 1998
  2. Tome 2, 1999
  1. Tome 1, 1998
  2. Tome 2, 1998
  3. Tome 3, 2000
  4. Tome 4, 2000
Réédition intégrale sous le titre L'Âge d'or, Delcourt, 2003.
  1. Tome 1 avec Gene Ha, 2000
  2. Tome 2 avec Gene Ha, 2001
  3. Tome 3 avec Gene Ha, 2002
  4. Tome 4 avec Zender Cannon, 2004
  1. Les origines
  2. Le retour de Modular Man
  3. Les aztèques
  4. [Sans titre]
Intégrale en deux volumes, Semic, 2000-2001.
  1. Tome 1 (Semic, 2000) : épisodes #1-4
  2. Tome 2 (Semic, 2001) : épisodes #5-8 et America's Best Comics Giant
  3. Tome 3 (Semic, 2002) : épisodes #9-12
  4. Tome 4 (Panini Comics, 2007) : épisodes #13-18
  5. Tome 5 (Panini Comics, 2008) : épisodes #19-23
  6. Tome 6 (Panini Comics, 2008) : épisodes #24-28
  7. Tome 7 (Panini Comics, 2010) : épisodes #29-32
  1. Tome 1, 2001
  2. Tome 2, 2001. Ces deux tomes repris dans une intégrale, 2001.
  3. Tome 3, 2003
  4. Tome 4, 2003. Les tomes 3-4 repris dans une intégrale, 2004.
  5. Volume 3 : Century, 2010-2012
  6. Trilogie de Nemo, 2013-

Romans et nouvelles[modifier | modifier le code]

Adaptations de travaux de Moore[modifier | modifier le code]

Bande dessinée[modifier | modifier le code]

  • The Birth Caul, Eddie Campbell Comics, 1999. Adaptation d'une représentation par Eddie Campbell.
  • Snakes and Ladders, Eddie Campbell Comics, 2001. Adaptation d'une représentation par Eddie Campbell.
  • Alan Moore's Magic Words, Avatar Press, 2002. Paroles de chansons, poèmes et autres écrits d'Alan Moore adaptés par divers artistes sous une couverture de Juan José Ryp.
  • Another Suburban Romance, Avatar Press, 2003. Pièce adaptée par Antony Johnston et Juan José Ryp.
  • Alan Moore's The Courtyard, Avatar Press, 2003. Nouvelle adaptée par Antony Johnston et Jacen Burrows.
  • A Hypothetical Lizard, Avatar Press, 2003. Nouvelle adaptée par Antony Johnston, Lorenzo Lorente et Sebastian Fiumara.

Films[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

  • L'épisode « For the Man Who Has Everything" » de La Nouvelle Ligue des justiciers (Justice League Unlimited) est tiré de l'histoire du même nom de l'histoire de Moore parue dans Superman Annual.

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1985 : Prix Kirby de la meilleure série (avec Stephen Bissette et John Totleben) et du meilleur scénariste pour Swamp Thing
  • 1985 : Prix Kirby du meilleur épisode pour Swamp Thing Annual n°2 (avec Stephen Bissette et John Totleben)
  • 1986 : Prix Kirby de la meilleure série (avec Stephen Bissette et John Totleben) et du meilleur scénariste pour Swamp Thing
  • 1986 : Prix Kirby de la meilleure nouvelle série pour Miracleman (avec divers auteurs)
  • 1987 : Prix Kirby de la meilleure série pour Swamp Thing (avec Stephen Bissette et John Totleben)
  • 1987 : Prix Kirby de la meilleure nouvelle série, de la meilleure mini-série, des meilleurs auteurs (avec Dave Gibbons) et du meilleur scénariste pour Watchmen
  • 1988 : Prix Hugo pour Watchmen (avec Dave Gibbons)
  • 1988 : Prix Eisner du meilleur album, des meilleurs auteurs, de la meilleure mini-série (avec Dave Gibbons) et du meilleur scénariste pour Watchmen
  • 1989 : Prix du meilleur album étranger au Festival d'Angoulême 1989 pour Watchmen (avec Dave Gibbons)
  • 1989 : Prix Eisner du meilleur album (avec Brian Bolland) et du meilleur scénariste pour Batman: The Killing Joke
  • 1990 : Prix du meilleur album étranger au Festival d'Angoulême 1990 pour V pour Vendetta
  • 1993 : Prix Eisner de la meilleure histoire à suivre pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 1994 : Prix Eisner du meilleur album pour Petits Meurtres (avec Oscar Zarate)
  • 1995 : Prix Eisner du meilleur scénariste pour From Hell
  • 1996 : Prix Eisner du meilleur scénariste pour From Hell
  • 1997 : Prix Eisner du meilleur scénariste pour From Hell et Supreme
  • 2000 : Prix Eisner (avec Al Gordon et Chris Sprouse) du meilleur numéro (Best Single Issue) pour Tom Strong n°1 : How Tom Strong Got Started et de la meilleure histoire à suivre pour Tom Strong n°4-7.
  • 2000 : Prix Eisner de la meilleure nouvelle série pour Top 10 (avec Gene Ha et Zander Cannon)
  • 2000 : Prix Eisner de la meilleure anthologie pour Tomorrow Stories (avec Rick Veitch, Kevin Nowlan, Melinda Gebbie et Jim Baikie)
  • 2000 : Prix Eisner du meilleur recueil pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 2000 : Prix Eisner du meilleur scénariste pour La Ligue des gentlemen extraordinaires, Promethea, Top 10, Tom Strong et Tomorrow Stories
  • 2001 : Prix Eisner de la meilleure série pour Top 10 (avec Gene Ha et Zander Cannon)
  • 2001 : Prix Eisner du meilleur numéro (Best Single Issue) pour Promethea n°10 : Sex, Stars and Serpents (avec J.H. Williams III et Mick Gray)
  • 2001 : Prix Eisner du meilleur scénariste pour La Ligue des gentlemen extraordinaires, Promethea, Top 10, Tom Strong et Tomorrow Stories
  • 2001 : Prix de la critique au Festival d'Angoulême 2001 pour From Hell (avec Eddie Campbell)
  • 2003 : Prix Eisner de la meilleure mini-série pour La Ligue des gentlemen extraordinaires vol. II (avec Kevin O'Neill)
  • 2004 : Prix Eisner du meilleur scénariste pour La Ligue des gentlemen extraordinaires, Promethea, Smax, Tom Strong et Tom Strong's Terrific Tales
  • 2006 : Prix Eisner du meilleur album pour Top 10 : The Forty-Niners (avec Gene Ha)
  • 2006 : Prix Eisner du meilleur scénariste pour Promethea et Top 10 : THe Forty-Niners
  • 2006 : Prix Eisner du meilleur projet patrimonial (comic book) pour Absolute Watchmen (avec Dave Gibbons)

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://news.infoshop.org/article.php?story=2007alan-moore-interview
  2. http://entertainment.timesonline.co.uk/tol/arts_and_entertainment/books/article822552.ece
  3. http://www.lesinfluences.fr/Alan-Moore-le-pop-magicien.html
  4. « Moore's murderer », un article de Steve Rose paru dans le Guardian du 2 février 2002
  5. (en) Interview d'A. Moore du 22 octobre 2001
  6. (en) Brad Stone, « Interview Alan Moore Interview », Comic Book Resources,‎ 22 octobre 2001
  7. (en) Rich Johnston, « Lying in the Gutters », Comic Book Resources,‎ 23 mai 2005
  8. Interview du 9 mars 2006 dans l'émission « The Culture Show », sur la BBC.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Julien Bétan (dir.), Alan Moore. Tisser l'invisible, Les Moutons électriques, coll. « Bibliothèque des miroirs », 2010.
  • (en) Tom Crippen, « Age of Geeks », dans The Comics Journal n°300, Fantagraphics, novembre 2009, p. 277-282.
  • (en) Annalisa Di Liddo, « Transcending Comics. Crossing the Boundaries of the Medium », dans International Journal of Comic Art vol. 7, n°1, printemps/été 2005, p. 530-45.
  • (en) Annalisa Di Liddo, Alan Moore. Comics As Performance, Fiction as Scalpel, University Press of Mississippi, 2009.
  • (en) Samuel Efforn, Invocation and Formal Presentation of the Superhero Comic in Moore and Gibbons' Watchmen, 1996.
  • (en) Gary Groth, « Big Words », dans The Comics Journal numéros 138-140, Fantagraphics Books, 1990-1991.
  • (en) George Khoury, The Extraordinary Works of Alan Moore, TwoMorrows Publishing, 2003.
    • Les Travaux extraordinaires d'Alan Moore, TwoMorrows, 2010.
  • (en) Alan Moore, From Hell: the Compleat Scripts Book One, Borderlands Press/SpiderBaby Graphics, 1994.
  • (en) Alan Moore, « Appendix I: Annotations to the Chapters » dans From Hell, Eddie Campbell Comics, 1999.
  • Benoît Mouchart, « Alan Moore, un gentleman extraordinaire » (retransciption de deux séries d'entretiens avec le scénariste), dans Bang ! numéro 5, 2004. Cinq courts extraits de cette entrevue sont consultables en vidéo sur Internet[1].
  • (en) Stuart Moulthrop et Nancy Kaplan (dir.),An Internet Companion for Readers of Watchmen, Watching The Detectives, 1997-2000.
  • (en) Roger Sabin, Adult Comics An Introduction, Routledge, 1993. Taking Off the Mask (Tirando a Máscara).
  • (en) Gary Spencer Millidge et Smoky Man (dir.), Alan Moore: Portrait of an Extraordinary Gentleman, Abiogenesis Press, 2003.
  • Gary Spencer Millidge, Alan Moore. Une biographie illustrée, Huginn & Muninn/Dargaud, 2011.
  • (en) Robert Young, « Zero Sum Masterpiece: The Division of Big Numbers », dans The Comics Interpreter numéro 3 Vol. 2, 2004.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]