Patrick White

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Patrick White

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Patrick White vers 1940.

Autres noms Patrick Victor Martindale
Activités Écrivain
Naissance 28 mai 1912
Knightsbridge, Londres (Angleterre)
Décès 30 septembre 1990 (à 78 ans)
Sydney (Australie)
Langue d'écriture Anglais
Distinctions Prix Miles Franklin 1957
Prix Nobel de littérature 1973

Œuvres principales

  • The Ploughman And Other Poems (1935)
  • Des morts et des vivants (1941)
  • Le Mystérieux Mandala (1966)
  • Les Incarnations d'Eddie Twyborn (1979)
  • Défauts dans le miroir (1981)
Patrick White en 1973.

Patrick White, né le 28 mai 1912 à Londres et mort le 30 septembre 1990 à Sydney, est un écrivain australien d'expression anglaise lauréat du prix Nobel de littérature en 1973.

Biographie[modifier | modifier le code]

Patrick White est né à Knightsbridge, Londres en 1912, lors du voyage de noces de ses parents, tous deux issus de milieux terriens aisés de la vallée de l'Hunter. Asthmatique, il passe son enfance dans les Blue Mountains avant d'entrer au Cheltenham college à 13 ans. De retour en Australie, il travaille comme gardien d'élevage, puis écrit des poèmes et des nouvelles, tout en préparant son entrée à l'université. Il étudie au King's College de Cambridge dont il sort diplômé en 1935. Il entame alors une carrière littéraire à Londres avec un recueil de poésie, The Ploughman And Other Poems, puis avec un roman et une pièce de théâtre.

En 1936, White rencontre le peintre Roy de Maistre, de 18 ans son aîné, qui a une influence majeure dans sa vie et sur son œuvre. Les deux hommes n'ont jamais été amoureux, mais sont restés très bons amis. Selon les propres mots de Patrick White : « Il est devenu ce que j'avais le plus besoin, un mentor intellectuel et esthétique. » Dès leur rencontre, ils se découvrent plusieurs points en commun. Tous deux homosexuels, ils se sentent comme des étrangers dans leurs propres familles. Par conséquent, ils partagent les mêmes sentiments ambivalents au sujet de leur milieu socio-familial, bien qu'ils maintiennent des liens étroits et durables avec leurs familles et, en particulier, avec leurs mères. Ils jouissent également des avantages de leur position sociale et leurs relations artistiques communes. En outre, la symbolique chrétienne et les thèmes bibliques apparaissent fréquemment dans le travail de deux artistes. Patrick White dédie son premier roman Eden-ville (Happy Valley, 1939) à de Maistre, reconnaissant ainsi son influence sur son écriture. White a également acheté plusieurs tableaux de de Maistre pour lui-même. En 1974, il les a tous légué à la Galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud.

Vers la fin des années 1930, White se rend souvent aux États-Unis, notamment à Cape Cod, au Massachusetts, et à New York, où il a écrit Des morts et des vivants (The Living and the Dead,1941), qui explore les mutations de la société à travers les relations changeantes entre les membres d'une famille, leurs amis et leurs voisins. Au moment du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, il se rend à Londres et se joint la Royal Air Force britannique, où il devient agent du renseignement. Il est rapidement affecté au Moyen-Orient et sert en Égypte, en Palestine et aussi en Grèce avant la fin de la guerre. En mission au Moyen-Orient, il a une liaison avec un officier de l'armée grecque, Manoly Lascaris, qui devient son compagnon.

À son retour en Australie, il s'installe comme horticulteur avec Lascaris dans une ferme à Castle Hill, dans la banlieue de Sydney. En 1964, il s'établit à Centennial Park, au cœur de la ville. Cet intérêt pour la nature n'est pas nouveau chez lui. Son premier roman, Eden-Ville, avait déjà pour cadre l'Australie rurale, et il en sera de même dans ses ouvrages plus tardifs, à l'instar de L'Arbre de l'homme (The Tree of Man, 1955), son chef-d'œuvre, qui traite de l'urbanisation des campagnes et de la lutte d'un paysan dans les grands espaces. Très vite, son œuvre romanesque s'écarte du réalisme social en vigueur dans la littérature australienne, préférant peindre la destinée physique et psychique de personnes humbles. L'auteur se glisse dans l'espace mental de ses personnages qui baignent dans une atmosphère fantasmagorique. Ses romans explorent la force mystique ou mystérieuse des paysages d'Océanie et le caractère irrationnel des Australiens ce qui les rapproche du travail des peintres Russell Drysdale et Sidney Nolan et du photographe Max Dupain.

Rédigé durant la guerre, L'Histoire de ma tante (The Aunt's story, 1948) se veut une œuvre expérimentale. Auteur d'une dizaine de romans, de nouvelles et de pièces de théâtre, White s'est toujours voulu proche de la modernité littéraire. Plusieurs de ses textes ont pour thème l'intimité et le parcours initiatique. Ils ont recours aux courants de conscience et se centrent sur l'intériorité et le ressenti. Son œuvre trahit l'influence de James Joyce, Virginia Woolf, T. S. Eliot et D. H. Lawrence. Elle est aussi rapprochée d'André Gide et Thomas Mann. Son écriture privilégie l'humour et l'épigramme. Plusieurs de ses ouvrages comme Le Char des élus (Riders in the Chariot, 1961), Le Mystérieux Mandala (The Solid Mandala, 1966) et L'Œil du cyclone (The Eye of the Storm, 1973) mettent en scène des héros ordinaires dotés d'une grande force de caractère, luttant contre l'adversité et prenant en main leur destin. Quant au roman Les Incarnations d'Eddy Twyborn (The Twyborn Affair, 1979), il narre les troubles sexuels et existentiels d'un individu androgyne avant de s'achever sur les bombardements londoniens de 1940. Le style de White, ornementé, bouillonnant et riche en métaphores, manifeste parfois une certaine préciosité. L'auteur est célébré par la critique pour son originalité, son aisance à passer d'un registre à l'autre (du trivial au sublime) et son pouvoir de suggestion, donnant à voir sans décrire[1].

Considéré comme un écrivain anglophone majeur du XXe siècle, White est le premier Australien (et à ce jour le seul) à recevoir le prix Nobel de littérature en 1973. L'Académie suédoise l'a ainsi cité pour « son art de la narration psychologique et épique qui a fait entrer un nouveau continent dans le monde de la littérature »[1]. Son autobiographie, Défauts dans le miroir (Flaws in the Glass) est publiée en 1981.

Les prises de position politique de l'auteur, notamment contre la guerre du Viêt Nam, ses origines rurales, sa critique acerbe d'une société australienne violente, hypocrite et fruste ou encore son refus du conservatisme l'ont privé dans son pays du succès d'estime et de la popularité dont il a joui à l'international.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

  • Happy Valley (1939)
    Publié en français sous le titre Eden-ville, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1951 ; réédition, Gallimard, « L'Imaginaire », 2014
  • The Living and the Dead (1941)
    Publié en français sous le titre Des morts et des vivants, « Du monde entier », Paris, Gallimard, 1990
  • The Aunt's Story (1948)
  • The Tree of Man (1955)
  • Voss (1957)
    Publié en français sous le titre Voss, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1967
  • Riders in the Chariot (1961)
    Publié en français sous le titre Le Char des élus, « Du monde entier », Paris, Gallimard, 1965
  • The Solid Mandala (1966)
    Publié en français sous le titre Le Mystérieux Mandala, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1970
  • The Vivisector (1970)
    Publié en français sous le titre Le Vivisecteur, 2 vol., Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1979
  • The Eye of the Storm (1973)
    Publié en français sous le titre L'Œil du cyclone, 2 vol., Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1978
  • A Fringe of Leaves (1976)
    Publié en français sous le titre Une ceinture de feuilles, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1981 ; réédition, Gallimard, « L'Imaginaire » no 148, 1982 ; nouvelle édition, Gallimard, « L'Imaginaire » no 641, 2013
  • The Twyborn Affair (1979)
    Publié en français sous le titre Les Incarnations d'Eddie Twyborn, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1983
  • Memoirs of Many in One (1986)
    Publié en français sous le titre Mémoires éclatés d'Alex Xenophon Demirjian Gray, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1988
  • The Hanging Garden (2012), roman inachevé, posthume

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • The Burnt Ones (1964)
    Publié en français sous le titre Les Échaudés, Paris, Gallimard, 1969
  • The Cockatoos (1974)
  • Three Uneasy Pieces (1987)
    Publié en français sous le titre Histoires peu ordinaires, Paris, Arléa, « L'Étrangère », 1994

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Thirteen Poems (1929), paru sous le pseudonyme Patrick Victor Martindale
  • The Ploughman And Other Poems, 1935

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • The Ham Funeral (1947)
  • The Season at Sarsaparilla (1962)
  • A Cheery Soul (1963)
  • Night on Bald Mountain (1964)
  • Big Toys (1977)
  • Signal Driver: a Morality Play for the Times (1982)
  • Netherwood (1983)
  • Shepherd on the Rocks (1987)

Scénario[modifier | modifier le code]

  • The Night the Prowler (1978)

Autobiographie[modifier | modifier le code]

  • Flaws in the Glass (1981)
    Publié en français sous le titre Défauts dans un miroir. Un autoportrait, Paris, Gallimard, « Du monde entier », 1985

Bibliographie sur Patrick White[modifier | modifier le code]

  • Genevève Laigle, Le Sens du mystère dans l'œuvre romanesque de Patrick White, Didier érudition, 1989

Référence[modifier | modifier le code]

  1. a et b Article Encarta sur Patrick White

Liens externes[modifier | modifier le code]