Hashtag

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Signe typographique croisillon entamant un hashtag.

Le hashtag (ou mot-dièse[1] ou mot-clic[2]) est un marqueur de métadonnées couramment utilisé sur internet où il permet de marquer un contenu avec un mot-clé plus ou moins partagé. Composé du signe typographique croisillon[3] « # » (appelé hash en anglais), suivi d’un ou plusieurs mots accolés (le tag, ou étiquette), il est particulièrement utilisé sur les IRC et réseaux sociaux.

Suite à sa croissance et son utilisation mondiale depuis la fin des années 2000, le mot hashtag est désormais intégré au dictionnaire anglais de Oxford, mais également au Petit Larousse et au Petit Robert depuis mai 2014[4].

Origines[modifier | modifier le code]

L'utilisation du croisillon en informatique est ancienne et a souvent été associée à un traitement particulier. Le langage assembleur du PDP-11[5] donnait ainsi en 1970 au hashtag la signification d'immédiat lorsqu'il était accolé à un symbole. En 1978, Brian Kernighan et Dennis Ritchie définissent dans le langage C des mots-clés commençant par # pour leur donner un traitement prioritaire (mots-clés du préprocesseur)[6].

Le protocole IRC spécifie que les noms des canaux de discussion doivent commencer au choix par une esperluète (rare en pratique) ou par un croisillon[7] selon la configuration du serveur. Dans la culture IRC, les canaux de discussions sont généralement thématiques. Par exemple, le canal #wikipedia-fr sur le réseau Freenode a trait aux discussions autour de Wikipédia en français.

Chris Messina (en), en 2007, propose d'utiliser un système similaire sur Twitter[8] : « how do you feel about using # (pound) for groups. As in #barcamp [msg]? »[9]. Cependant, des internautes utilisaient déjà le hashtag sans pour autant en revendiquer l'idée[10]. Ce système a ensuite été repris sur les réseaux sociaux, où les hashtags identifient des thématiques.

Il en découle la première utilisation du terme « hash tag », dans un article de blog de Stowe Boyd[11], selon le linguiste Ben Zimmer (en), président de la American Dialect Society's New Words Committee.

L'utilisation internationale du hashtag se développe pendant le soulèvement postélectoral en Iran en 2009, où les internautes ont pu s'informer sur le sujet en temps réel, qu'ils soient iranien ou non.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Liste de hashtag, sur Diaspora*

Sur les réseaux sociaux, le hashtag sert à centraliser les messages autour d'un terme bien précis. Il fait office de mot-clé pour que les utilisateurs puissent commenter ou suivre une conversation[12]. Il est créé par l’association de croisillon « # » et d'un mot ou un groupe de mots, sans espace, par exemple : « #Wikipedia ; #WikipediaEnFrancais ». Les hahtags peuvent être crées par n'importe qui et sont souvent utilisés à l'occasion d'événements ponctuels. Ils permettent ainsi de mettre en relation plusieurs utilisateurs autour d'un thème, même si ceux-ci ne se connaissent pas, selon l'esprit qui fut celui des salons IRC.

Si l'on désire faire partager la phrase : « Wikipedia est une encyclopédie », mieux vaut mettre les hashtags devant « Wikipedia » et « encyclopédie » car ils symbolisent les mots-clés de la conversation :

« #Wikipédia est une #encyclopédie »

Implémentations dans les réseaux sociaux[modifier | modifier le code]

À partir de 2009, Twitter a commencé à interpréter automatiquement les hashtags en liens hypertextes menant vers une page de résultats de son moteur de recherche recensant tous les tweets contenant le hashtag. Facebook a mis en place une fonctionnalité similaire en 2013, ainsi que Google +, Instagram, et bien d'autres...

Sur Twitter, il arrive parfois que le hashtag fasse office de jeu ou de moquerie, après certaines déclarations des hommes politiques, notamment[13],[14],[15].

Exemples d'utilisation[modifier | modifier le code]

Il permet dans certains cas de soutenir une cause et de diffuser un message : après l'attentat contre Charlie Hebdo, en janvier 2015, le hashtag #JeSuisCharlie a connu un succès mondial, où chaque internaute l'utilisait comme signe de soutien aux victimes[16]. Il a également eu un rôle important dans la diffusion de l'actualité sur les réseaux sociaux, par sa viralité et une apparition plus rapide que les articles des médias étrangers.

De plus, de nombreuses marques utilisent désormais les hashtags à des fins promotionnelles, via des jeux concours ou de la publicité, afin d'obtenir plus de visibilité sur les réseaux sociaux. Le but pour ces entreprises est que les utilisateurs utilisent le hashtag afin que leurs relations voient le nom de la marque et l'utilisent à leur tour, permettant une publicité par les utilisateurs et donc une viralité plus forte. Cela peut représenter un risque pour l'entreprise, puisque son image peut alors être ternie en cas de détournement du hashtag par les utilisateurs[17].

Exemple de hashtag lors d'une manifestation.
Note d'information à l'entrée d'un spectacle, conseillant l'utilisation d'un hashtag.

Le hashtag est désormais devenu courant et est utilisé au-delà d'Internet : de nombreux manifestants arborent des hashtags dans des défilés. Par exemple, les manifestations des 10 et 11 janvier 2015 comportaient également le hashtag Je suis Charlie, évoqué plus haut.
Il permet de réunir les gens derrière un message, et peut-être utilisé en complément d'un slogan.

De même, le hashtag est de plus en plus utilisé par des émissions télévisées, des concerts ou spectacles. Les producteurs recommandent souvent aux spectateurs d'utiliser un hashtag précis, afin de réunir également les personnes sur les réseaux sociaux. Cela permet de faire parler du spectacle ou de l'émission sur Internet et donc d'obtenir de la publicité. Ce hashtag peut également être utilisé par les internautes afin de poser des questions en direct ou réagir. Les émissions de télévision utilisent alors parfois des réactions venant d'Internet pour diffuser des réactions en direct.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vocabulaire des télécommunications et de l'informatique, JORF no 19 du 23 janvier 2013, p. 1515, texte no 103, NOR CTNX1242797K, sur Légifrance.
  2. Fabien Déglise, « Hashtag ou mot-clic? », Le Devoir,‎ 17 février 2011.
  3. Bien qu'il lui ressemble, le symbole croisillon « # » est typographiquement distinct du dièse, « ♯ ».
  4. « Le selfie, les trolls et le hashtag entrent dans le dictionnaire », sur tomsguide.fr,‎ 22 mai 2014 (consulté le 22 février 2015)
  5. PDP-11 assembly language
  6. The C Programming Language, B.W.Kernighan & d.Ritchie, Prentice Hall, 1978, pages 86 et 207 (ISBN 0-13-110163-3)
  7. (en) Jarkko Oikarinen et Darren Reed, « Internet Relay Chat Protocol », Request for comments no 1459, mai 1993.
  8. (en) Ashley Parker, « Twitter's Secret Handshake », The New York Times,‎ 12 juin 2011, ST1 (lire en ligne).
  9. Tweet original
  10. http://rezonances.blog.lemonde.fr/2013/09/09/ce-que-revelent-les-fossiles-de-nos-tweets/
  11. (en) « Hash Tags = Twitter Groupings »,‎ 26 août 2007 (consulté le 22 février 2015)
  12. Astrid Girardeau, « Étes-vous twoosh ou hashtag ? », sur Libération,‎ 26 novembre 2009.
  13. Jérôme Hourdeaux, « Hervé Morin, le "McFly" du web », sur Le Nouvel Observateur,‎ 24 janvier 2012.
  14. T.C., « Campagne: pendant la pause le Web se défoule », sur GQ,‎ 20 mars 2012.
  15. « "Le bon, la brute et le Chevènement"... quand Twitter s'amuse du "Che" », sur Le Parisien,‎ 6 novembre 2011.
  16. « Hashtag JeSuisCharlie : un record en France selon Twitter », sur itespresso.fr,‎ 10 janvier 2015 (consulté le 22 février 2015)
  17. « L’utilisation de hashtag promotionnel, un risque réputationnel ? », sur reputatiolab.com,‎ 2 février 2015 (consulté le 22 février 2015)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]