Bernard Pivot

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Bernard Pivot
Image illustrative de l'article Bernard Pivot
Bernard Pivot au Salon du livre de Paris en 2009

Naissance (78 ans)
Lyon
Nationalité Drapeau de France Français
Profession Journaliste, animateur de télévision
(Émissions culturelles)
Distinctions honorifiques Prix Henri Desgrange de l'Académie des sports (1987)
Prix Alphonse-Allais (2009)
Médias
Média principal Presse écrite, télévision
Pays France
Presse écrite Le Progrès, Figaro littéraire, Figaro, Lire, Le Point, Journal du dimanche
Télévision ORTF, Antenne 2, France 2

Bernard Pivot, né le à Lyon, est un journaliste français, animateur d'émissions culturelles à la télévision. Il préside l'Académie Goncourt depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Bernard Pivot est le fils de Charles Pivot et Marie-Louise Dumas, épiciers à Lyon. Durant la Seconde Guerre mondiale, son père est fait prisonnier en Allemagne, et sa mère se replie dans la maison familiale, à Quincié-en-Beaujolais, où Bernard Pivot va à l'école de l'âge de 6 à 10 ans[1]. En 1945, Charles Pivot revient et la famille retourne à Lyon, avenue du Maréchal-Foch dans le 6e arrondissement, reprendre leur commerce. À 10 ans, Bernard est placé en pension religieuse au pensionnat Saint-Louis[1]. Il s'y découvre une passion pour le sport, ce qui fera « oublier » à ses maîtres sa médiocrité dans les autres matières, à l'exception du français et de l'histoire.

Élève au lycée Ampère puis étudiant en droit à Lyon, le jeune Bernard Pivot s'inscrit ensuite à Paris au Centre de formation des journalistes (CFJ) en 1955[1]. Il y rencontre sa future épouse, Monique Dupuis, avec qui il aura deux filles, Agnès et Cécile, et en sort vice-major de sa promotion. Après un stage au Progrès, à Lyon, il se forme au journalisme économique pendant un an, puis entre au Figaro littéraire en 1958. En 1959, le premier de ses deux seuls romans (avec Oui, mais quelle est la question, paru en 2012), L’Amour en vogue, est édité par Michel Chrestien, chez Calmann-Lévy. En 1966, il obtient le prix de la chronique parisienne d'un jury composé de Philippe Bouvard et Paul Guth et reçoit son poids en champagne.

Il apparait pour la première fois à la télévision, le jour du nouvel an 1967, pour parler de Johnny Hallyday et Sylvie Vartan. En 1968, il est invité par Jean Prasteau dans l'émission A la vitrine du libraire pour parler de la critique littéraire. De 1970 à 1973, il tient une chronique quotidienne mi-sérieuse mi-comique à la radio (sur Europe 1), sans hésiter à aborder des sujets politiques, ce que n'apprécie que modérément le président de la République Georges Pompidou. En 1971, le Figaro littéraire disparaît et Bernard Pivot devient chef de service au Figaro. Il démissionne en 1974 après un désaccord avec Jean d'Ormesson. Jean-Louis Servan-Schreiber lui propose alors un projet de magazine qui débouche, un an plus tard, sur la création du magazine Lire.

Entre-temps, il anime, à partir d', Ouvrez les guillemets, sur la première chaîne. En 1974, l'ORTF éclate et Bernard Pivot lance l'émission Apostrophes, dont le premier numéro est diffusé sur Antenne 2 le en remplacement de l'émission de Marc Gilbert, Italiques où il apparaît en 1972[2].

Le 18 juin 1976, il invite l'éditeur Jean-Jacques Pauvert qui publie les Mémoires d'un fasciste de Lucien Rebatet et Pivot conclut l'émission en s'exclamant : « Vive la liberté[3] ! ». Il déclare à propos de ces années-là : « Je n'ai jamais adhéré aux thèses communistes. D'ailleurs, à cette époque, c'était obligatoire d'inviter des intellectuels communistes, au risque d'être mal vu ; je n'aurais pas interdit la publication des livres négationnistes. Je suis contre les lois mémorielles de la loi Gayssot[4] ».

Le 28 septembre 1979, il consacre une émission à la Nouvelle Droite et invite Alain de Benoist.

En 1985, il crée et présente les championnats de France d'orthographe devenus ensuite les championnats du monde d'orthographe, renommés les Dicos d'or avec notamment la célèbre dictée. Il les a notamment coanimés avec Catherine Matausch puis avec Florence Klein. Ils ne dont plus diffusés à la télévision depuis 2005.

En 1987, il obtient le Prix Henri Desgrange de l'Académie des sports pour ses chroniques sportives.

Il a également tenu quelque temps dans Le Point une chronique : « Riez, nous ferons le reste ».

Apostrophes s'arrête en 1990, et Bernard Pivot crée Bouillon de culture, qui cherche à s'intéresser à un horizon plus large que les seuls livres (mélange de littérature, de cinéma et d'art). La dernière émission, en juin 2001[5], est un événement dans le monde de l'édition et des médias.

De janvier 2002 à décembre 2005, Bernard Pivot s'ouvre à la rencontre d'étrangers qui ont choisi d'ajouter la culture et la langue françaises à leur propre culture originelle. Cette émission, intitulée Double je, est diffusée une fois par mois sur France 2 le dimanche soir.

Il est également chroniqueur littéraire au Journal du dimanche[6].

Le , il est le premier non-écrivain à être élu à l'Académie Goncourt. L'importance de sa place dans le monde de la critique littéraire explique cette exception.

En 2008, on le revoit sur TF1 pour une émission spéciale, Français, la Grande interro ![7] avec Laurence Boccolini et Jean-Pierre Foucault, dans le rôle d'arbitre et de « maître » expliquant les règles de grammaire et tout ce qu'il faut savoir sur chacune des réponses.

Il obtient le prix Alphonse-Allais en 2009. Le 11 décembre il crée le Comité de défense du Beaujolais, avec son ami journaliste et chroniqueur gastronomique Périco Légasse, afin de protéger un « symbole de l'identité française ». C'est également depuis le millésime 2009 que Signé Vignerons - Cave de Quincié[8] produit la cuvée Bernard Pivot en AOP beaujolais-villages, le journaliste étant propriétaire d'un hectare de vignes et adhérent à la cave.

Bernard Pivot est membre du conseil d'administration de la Fondation du Crédit agricole - Pays de France présidée par Yves Barsalou depuis fin 2007. Il parraine, lors de la soirée Bal à la page qui clôture le Festival du livre en tête 2012, le prix Livres en tête, catégorie libertin, avec l'actrice Katsuni[9].

Dans Les Pivot-Sapiens, troisième épisode, diffusé pour la première fois le sur Arte, de la seconde saison de la série télévisée d'animation Silex and the City adaptée de la bande dessinée du même nom de Jul, une fiction préhistorique humoristique, le « président du jury du prix du Livre Interglaciaire »[10] a ses traits. C’est lui-même qui a doublé ce personnage pour la version française[11].

Le 7 janvier 2014, l'écrivain Edmonde Charles-Roux lui cède son fauteuil de Président de l'Académie Goncourt avec ces mots : "Notre nouveau président est l'homme le plus informé, ne l'oublions pas, sur ce qui se passe en ce moment dans le domaine du livre en France et en d'autres pays encore. Je vous propose de fêter aujourd'hui le oui sans réserve de Bernard Pivot."

Animateur de télévision[modifier | modifier le code]

Appréciations de Bernard Pivot[modifier | modifier le code]

Dans Pourparlers 1972 - 1990, le philosophe Gilles Deleuze a des mots très durs pour Bernard Pivot et Apostrophes : « C'est terrible, ce qui se passe à Apostrophes. C'est une émission de grande force technique, l'organisation, les cadrages. Mais c'est aussi l'état zéro de la critique littéraire, la littérature devenue spectacle de variétés. Pivot n'a jamais caché que ce qu'il aimait vraiment, c'était le football et la gastronomie. La littérature devient un jeu télévisé. Le vrai problème des programmes à la télévision, c'est l'envahissement des jeux. C'est quand même inquiétant qu'il y ait un public enthousiaste, persuadé qu'il participe à une émission culturelle, quand il voit deux hommes rivaliser pour faire un mot avec neuf lettres. »[12]

Bernard Pivot est le titre d’une chanson écrite, composée et interprétée par Pierre Perret et figurant dans l’album Irène édité en 1986, où il loue l'apport de culture à la télévision des émissions de Bernard Pivot.

Le 22 mai 2013, une école portant son nom est ouverte à Vaux-en-Beaujolais. Présent ce jour-là, il l'inaugure par une de ses célèbres dictées[13].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Le Livre de l’orthographe, présentation de Bernard Pivot, 1989.
  • Remontrance à la ménagère de moins de 50 ans, Plon, 1998.
  • Le Métier de lire, réponses à Pierre Nora, Gallimard, 1990. Réédité et complété, col. « Folio », juin 2001.
  • Préface à Cuisine en famille de Georges Blanc, Albin Michel, 1999.
  • 100 mots à sauver, Albin Michel, 2004.
  • Les Dictées de Bernard Pivot, Albin Michel, 2006.
  • Dictionnaire amoureux du vin, Plon, 2006. Édition illustrée, octobre 2013.
  • 100 expressions à sauver, Albin Michel, 2008.
  • Les Mots de ma vie, autobiographie, Albin Michel, 2011.
  • Oui, mais quelle est la question ?, Roman autobiographique, NiL, 2012[14].
  • Les tweets sont des chats, Albin Michel, 2013.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Émission Empreintes - Bernard Pivot sur France 5 en octobre 2010.
  2. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 25 mai 1972, 6 juillet 1972
  3. http://www.youtube.com/watch?v=zPZ4p1iEIwk.
  4. http://www.enquete-debat.fr.
  5. Bouillon de culture - L'Encyclopédie des émissions TV, sur Toutelatele.com.
  6. Archives disponibles sur le site du JDD.
  7. Français, la Grande interro !.
  8. Signé Vignerons - Cave de Quincié
  9. Pivot sur le nouvelobs.com.
  10. Il s’agit d’un jeu de mot inspiré du « prix du Livre Inter ».
  11. « Arte : Bernard Pivot, guest star de Silex and the City », sur Programme.tv.
  12. Gilles Deleuze, Pourparlers, Minuit, Paris, 1990, p. 175-176.
  13. Bernard Pivot inaugure une école à son nom avec une dictée
  14. Myboox.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur Bernard Pivot[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]