Émile Pouget

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Émile Pouget

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Émile Pouget par Aristide Delannoy.

Naissance
Pont-de-Salars, Aveyron, Drapeau de la France France.
Décès (à 70 ans)
Palaiseau, Seine-et-Oise, Drapeau de la France France.
Nationalité Française
Pays de résidence France
Activité principale révolutionnaire et syndicaliste

Émile Pouget, né à Pont-de-Salars (Aveyron) le et mort à Lozère (Palaiseau, Seine-et-Oise) le , est un militant anarchiste, antimilitariste et syndicaliste révolutionnaire français[1].

Jeunesse et formation militante[modifier | modifier le code]

Couverture de la brochure Le Sabotage (réédition).

Né en 1860, Émile Pouget s’investit très tôt dans le mouvement ouvrier. Son père, notaire, étant décédé, sa mère se remaria avec un employé des ponts et chaussées républicain et alla résider à Salles-la-Source. Marqué à jamais par le procès des Communards de Narbonne qui se tient à Rodez, il affûte sa plume incisive et révoltée dès ses années lycéennes en fondant son premier journal, Le Lycéen républicain.

Dès 1879, il participe à la création du Syndicat des employés du textile. En 1881, il rejoint un groupe d'anarchistes français au congrès international de Londres. Le , alors qu'il mène un cortège de « sans travail » des Invalides vers le boulevard Saint-Germain, trois boulangeries sont pillées. Il est arrêté, place Maubert, alors qu'il tente de soustraire Louise Michel aux policiers. Il est ensuite condamné à huit ans de prison pour « pillage à main armée » et incarcéré entre 1883 et 1886 à la prison de Melun; le catholique Albert de Mun était également présent lors de ces manifestations, comme le rappellera Jaurès lors d'un débat concernant les lois scélérates.

La création du Père Peinard[modifier | modifier le code]

En 1879, il participe à la création du premier syndicat d’employés à Paris. Le , il édite un journal pamphlétaire, Le père Peinard, où il s’attache à éveiller les consciences ouvrières en dénonçant notamment l’illusion de la lutte politique. Il prône l’action directe et la grève générale comme instruments de lutte préalables à la révolution. En 1894, la répression des milieux anarchistes après l’assassinat du président Sadi Carnot l’oblige à émigrer en Angleterre. Il est amnistié en 1895 et rentre alors en France.

Au milieu des années 1890, alors que les anarchistes, suite à l’ère des attentats, restent divisés sur la question de savoir s’il leur faut ou non entrer dans les syndicats, Émile Pouget milite activement en faveur de leur entrée. Et lui-même s’y investit pleinement, jouant un rôle de plus en plus important au sein de la jeune Confédération générale du travail où il défend la tendance révolutionnaire du syndicalisme contre les réformistes. Il y fait notamment adopter en 1897 le principe du sabotage comme moyen d’action sur le patronat, et les revendications sur la journée de huit heures et le repos hebdomadaire (congrès de Bourges de 1904). Il prend aussi en charge, à partir de 1900, le premier organe de presse de la CGT, La Voix du Peuple[2].

En 1906, il participe à la rédaction de la motion qui sera adoptée par la CGT lors du congrès d’Amiens. Cette adoption signe la victoire — temporaire — du syndicalisme révolutionnaire au sein de la Confédération en affirmant l’autonomie syndicale quant aux partis politiques et la perspective, outre l’obtention d’améliorations immédiates pour les travailleurs, de leur émancipation intégrale par l’abolition du salariat et l’expropriation capitaliste.

Deux ans plus tard, il est arrêté avec 30 autres cadres cégétistes suite aux grèves de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges, et ne peut donc participer au Congrès de Marseille en octobre 1908, au cours duquel la confédération entérine une motion antimilitariste.

Après avoir tenté, en 1909, de lancer un grand quotidien syndicaliste révolutionnaire, La Révolution, qui cessera rapidement faute de moyens, Émile Pouget se retire du mouvement syndicaliste et meurt discrètement en 1931.

Antimilitariste[modifier | modifier le code]

Il participe au journal antimilitariste La Guerre sociale fondé par Gustave Hervéen 1907[3].

Célèbre maxime d'Émile Pouget[modifier | modifier le code]

  • « À mauvaise paye mauvais travail ! »[4], justifiant ainsi la pratique du sabotage.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Almanach du Père Peinard, Paris, 1894 [lire en ligne]
  • Almanach du Père Peinard, Paris, 1896 [lire en ligne]
  • Almanach du Père Peinard, Paris, 1897 [lire en ligne]
  • Almanach du Père Peinard, Paris, 1898 [lire en ligne]
  • Comment nous ferons la Révolution, en collaboration avec Émile Pataud, Paris, J. Taillandier, 1909 [lire en ligne]
  • L'action directe, Nancy, Édition du "Réveil ouvrier", coll. « Bibliothèque de documentation syndicale », 1910 [lire en ligne] (Texte réédité par les éditions le Flibustier)
  • La Confédération générale du travail, Bibliothèque du Mouvement Prolétarien, Librairie des sciences politiques et sociales Marcel Rivière, Paris, 1910 [lire en ligne]
  • Le Parti du Travail
  • Le Sabotage, Mille et une nuits, coll. « La petite collection », Paris, 2004 (ISBN 2842058569) [lire en ligne]
  • Les Caractères de l'action directe
  • Les lois scélérates de 1893-1894, en collaboration avec Francis de Pressensé et un juriste (Léon Blum) , Paris, Éditions de la "Revue blanche", 1899 [lire en ligne] (Texte réédité par les éditions le Flibustier)

Articles[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Langlais, Émile Pouget, Le Père Peinard, Éditions Galilée, 1976 (ISBN 2718600306).
  • François Bott, « Le Père Peinard, ce drôle de Sioux », Le Monde, 30 janvier 1976.
  • Dominique Grisoni, « Le Père Peinard de la révolution », Magazine littéraire, n°111, avril 1976, 42-43.
  • Emmanuel de Waresquiel, Le Siècle rebelle, dictionnaire de la contestation au XXe siècle, Larousse, coll. « In Extenso », 1999. (ISBN 203505432X) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Xose Ulla Quiben, Émile Pouget, la plume rouge et noire du Père Peinard, Éditions Libertaires, 2006. (ISBN 2914980264)
  • Émile Pouget, Le Père Peinard, Journal espatrouillant. Articles choisis (1889-1900). Les Nuits rouges, 2006 (ISBN 2782913112278).

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, « Le Maitron » : notice biographique.
  2. Encyclopædia Universalis : Émile Pouget.
  3. Victor Méric, Les Bandits tragiques, Éditions Le Flibustier, 2010, (ISBN 978-2-918156-03-1), texte intégral.
  4. Émile Pouget paraphrase ainsi les ouvriers terrassiers américains de Bedford. Apprenant la prochaine réduction de leur salaire, ils rognèrent leurs pelles de deux pouces et demi au cri de « À petite paie, petite pelle »