Léo Campion

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Léon Louis Octave Campion

Autres noms Léo Campion
Activités artiste, comédien, chansonnier, humoriste, libertaire, franc-maçon, pacifiste, antimilitariste, etc.
Naissance 2 mars 1905
Paris
Décès 6 mars 1992 (à 87 ans)
Paris
Langue d'écriture français
Mouvement Pataphysique
Genres essayiste, chansonnier, acteur

Signature

Signature de Léon Louis Octave Campion

Léo Campion, né Léon Louis Octave Campion le 2 mars 1905 à Paris et mort le 6 mars 1992 dans la même ville, est un personnage à multiples facettes, chansonnier, acteur, humoriste[1] et caricaturiste, Régent de l'Institut de Pataphysique[2] et Grand Maître de la Confrérie des Chevaliers du Taste Fesses, mais aussi franc-maçon, libre-penseur, objecteur de conscience, pacifiste, antimilitariste et libertaire[3].

Il est l'auteur, en 1969, de l'ouvrage Le drapeau noir, l'équerre et le compas.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père est belge et sa mère française (montmartroise, de nationalité belge à la naissance).

En 1923, Léo Campion est expulsé de France à l'issue d'une campagne menée contre lui par l'Action française : il est toujours de nationalité belge.

Il s'installe à Bruxelles où il rencontre le bouquiniste anarchiste et franc-maçon, Marcel Dieu alias Hem Day. Une rencontre qui marquera sa vie.

Il devient secrétaire de la Libre Pensée de Bruxelles et secrétaire de la section belge de l'Internationale des résistant(e)s à la guerre (IRG-WRI).

Premier objecteur de conscience avec Hem Day[modifier | modifier le code]

« Le refus du service militaire est une assurance contre la mort, cette assurance sera viable dès qu'il y aura suffisamment d'assurés. »

— Léo Campion

En 1933, une figure de proue du parti Libéral belge, Albert Devèze, ministre de la Défense Nationale, dépose un projet de loi interdisant toute propagande pacifiste et toute diffusion d'idées antimilitaristes. Sans attendre, Léo Campion et Hem Day renvoient leurs livrets militaires. La réponse ne tarde guère, un mois après, Albert Devèze rappelle les deux hommes sous les armes par mesure de discipline ; ils doivent rejoindre leur unité. Ce qu'ils refusent de faire. Ils sont arrêtés quelques jours plus tard[4].

le 19 juillet 1933, la foule se presse dans l'enceinte du tribunal militaire. Personne n'attend une condamnation, mais seulement une joute oratoire, les notes relatives au service militaire des prévenus sont bonnes et tout ce que l'on peut leur reprocher, est d'avoir refusé de répondre à un rappel imposé à titre de sanction. Prenant la parole, tour à tour, les accusés se transforment en accusateurs et ridiculisent les autorités judiciaires et militaires (voir Hem Day). malgré tout, Léo Campion est condamné, à 18 mois de prison, son casier judiciaire étant vierge. L'affaire risque de tourner au cercle vicieux puisqu'une fois leur peine purgée, les condamnés allaient être rappelés et refuseraient immanquablement à nouveau de se soumettre à cette injonction et seraient à nouveau condamnés. De nouvelles protestations s’élèvent et en appel, la peine est réduite pour chacun des condamnés. Mais, ceux-ci refusent toute sanction et entament une grève de la faim.

L'opinion publique, craignant que la plaisanterie ne tourne au tragique, exige une libération immédiate. La pression exercée est si forte que le sort du gouvernement s'en trouve menacé. Autorités et ministres ne savent comment se tirer de l'impasse. Par une formule saugrenue, ils tentent de sauver la face : Campion et Hem Day sont renvoyés de l'armée car indignes de figurer plus longtemps dans ses rangs. Ils sont chassés de l'armée pour cause d'avoir été condamnés pour ne pas vouloir y rester ! Toute cette agitation aboutit donc à la libération des deux premiers objecteurs de conscience et, également, à l'abandon du projet Devèze.

Une brochure, Autour d'un procès, publiée en 1968 aux Éditions Pensée et action, reviendra sur cette affaire, documents à l'appui (comptes-rendus, plaidoiries, témoignages, protestations, lettres, articles, études, précisions)[5],[6].

Engagement dans la Franc-Maçonnerie[modifier | modifier le code]

Le 7 avril 1930, Léo Campion est initié en Franc-maçonnerie à la Loge Les Amis philanthropes du Grand Orient de Belgique à Bruxelles.

En 1937, il s'affilie à la Loge La Clémente Amitié du Grand Orient de France à Paris. Il en gravit tous les degrés écossais jusqu'au 33ème et siège au Consistoire d'Île-de-France[3].

Homme de presse[modifier | modifier le code]

Cette fine plume avait aussi un assez joli coup de crayon. De 1930 à 1936, il exerce ses talents de caricaturiste pour le compte du journal bruxellois "Le Rouge et le Noir" tout en commençant une carrière de chansonnier.

Résistant et interné[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1930, Bruxelles devient un refuge pour de nombreux proscrits, dont les anarchistes Durruti et Ascaso (avec lequel Léo Campion lie une solide amitié). En 1937, il publie un journal d'informations sur la révolution espagnole « Rebellion »[7].

Au début de la deuxième guerre mondiale, Léo Campion retourne en France, mais, fiché comme objecteur de conscience, il est interné avec d'autres antifascistes au camp de détention d'Argelès. Libéré après l'armistice, il retourne à Bruxelles. Ensuite, ses allers et venues entre Paris et Bruxelles, motivées par sa profession de chansonnier, font de lui un messager idéal pour les mouvements de résistance français et belges. Malgré ses opinions (Il était pourtant ancien secrétaire du « Comité maçonnique pour l'objection de conscience » et de la section belge de l'Internationale des résistant(e)s à la guerre) il reçoit à la Libération, la Croix de guerre 1939-1945 pour ses actions de résistance.

Le spectacle continue[modifier | modifier le code]

En décembre 1944, à Bruxelles, Léo Campion fonde, l'hebdomadaire Pan[8], feuille satirique (fusionnée en 2004 avec autre hebdomadaire, Père Ubu-Pan).

Il revient à ses passions : comédien, directeur de cabaret et producteur[9].

Dans les années cinquante, il devient directeur du Caveau de la République (1951-1953) et du Tabou (1952-1953) où il se produit avec Pierre Dac[8].

Producteur à la Radio télévision française (ORTF) entre 1951 et 1961, il anime à la radio le « Cabaret du Soir » et participe au feuilleton « Signé Furax » de Pierre Dac et Francis Blanche.

Acteur de théâtre, Jean-Louis Barrault l'a mis en scène dans « Rhinocéros », d'Eugène Ionesco en 1961 ; « Phi-Phi » en 1957 et il joue au cinéma dans « French Cancan » de Jean Renoir, « La Lectrice » de Michel Deville et tient le rôle principal d'une série télévisée intitulée « Les brigades des maléfices » en 1971[10].

Il découvre quelques talents belges, dont Jacques Lippe qui joue dans le Mariage de mademoiselle Beulemans.

Il ne cesse pas pour autant ses activités militantes. Il fera plusieurs galas de soutien en faveur de la Fédération anarchiste et apportera souvent aide et solidarité aux libertaires. À vrai dire, il y avait une véritable continuité entre l'artiste et l'anarchiste[11],[10].

Anarchiste et Franc-Maçon[modifier | modifier le code]

La couverture de l'édition de 1996.

« Si les maçons anarchistes sont une infime minorité, la vocation libertaire de la maçonnerie est indéniable. Elle est la seule association à laquelle puisse adhérer celui qui n'adhère à rien. »

— Léo Campion

Le drapeau noir, l'équerre et le compas - Les anarchistes dans la Franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

Le drapeau noir, l'équerre et le compas est un recueil de biographies d'anarchistes francs-maçons et/ou de francs-maçons anarchistes écrit par Léo Campion[12].

Léo Campion[13] a d'abord réservé cet ouvrage à une diffusion strictement interne à la Franc-Maçonnerie. Il fut édité, une première fois en 1969, sous le titre Les Anarchistes dans la Franc-Maçonnerie ou Les Maillons Libertaires de la Chaîne d'Union aux Éditions Culture et liberté (Marseille)[14],[15].

En 1978, revu et considérablement remanié, il fut édité, cette fois à l'intention de tous les publics, sous le titre actuel Le drapeau noir, l'Équerre et le Compas[16] aux Éditions Goutal-Darly[17] (Montrouge).

En 1996, une synthèse de ces deux versions fut éditée par la Maison de la Solidarité et de la Fraternité d'Évry et les Éditions Alternative libertaire (Bruxelles-Oléron)[18], rééditée une première fois en 2002[19], puis en 2004[20], sous la forme d'une brochure afin de lui donner une plus large diffusion.

En 2013, les éditions K'A. ont publié Le drapeau noir, l'équerre et le compas, augmenté de deux textes de Patricio Salcedo Anarchie Franc-maçonnerie même combat et Léo Campion - Le trublion anarchiste qui a réussi sa vie.

À noter, sans rapport avec l'ouvrage, qu'une loge maçonnique du Grand Orient de France, s'est constituée en 1996, sous le nom de Léo Campion[21] .

Œuvres[modifier | modifier le code]

Léo Campion laisse une œuvre littéraire double : d'une côté des textes d'humeur et d'humour, de l'autre des ouvrages maçonniques ou libertaires sérieux et documentés[3].
Sans oublier ses dessins dans de nombreuses publications.
  • La théorie de l'abus des droits, Paris, Bruxelles, Pensée et Action, 1925[22].
  • Réflexions sur la violence, Belgique, Éditions de L'émancipateur, 1935[23].
  • Zo d'Axa : brève esquisse d'un anarchiste de la belle époque, 1936, réédition en fac similé, Saint-Denis, Le Vent du Ch'min, 1978[24].
  • Le Petit Campion - encyclopédique illustré, Paris, Éditions SAPRA, 1953, 12ème édition[25].
  • Le Roman d'un fripon..., Paris, Calmann-Lévy , 1956.
  • Code de la bienséance à l'usage des adultes, Paris, Calmann-Lévy, Nouvelle collection Labiche, 1957[26].
  • Léo Campion. Palabres..., Paris, Éditions du Scorpion, 1961[27].
  • Autour d'un procès avec Hem Day, Éditions Pensée et action, 1968, (OCLC 21034680).
  • Les Anarchistes dans la Franc-Maçonnerie ou les Maillons libertaires de la chaîne d'union, Marseille, Éditions Culture et liberté, 1969[28].
  • Sade franc-maçon, Paris, Cercle des amis de la Bibliothèque Initiatique, 1972, 163 pages[29].
  • Le Drapeau noir, l'équerre et le compas, Wissous, Goutal-Darly, 1978[30].
  • Le Cul à travers les âges, Paris, S.O.S. manuscrits, 1981[31].
  • Lexique pour rire illustré, Paris, Le Cherche-Midi, 1982[32].
  • Contes d'apothicaire, Paris, M. Dansel, 1982[33].
  • Illégalisme de la liberté, Marseille, Éditions Culture et Liberté, 1983.
  • J'ai réussi ma vie, Paris, Éditions du Borrégo, 1985[34].
  • Lexique pour rire illustré, Paris, Verviers, Paris, Marabout, 1987[35].
  • Florilège de la fesse, Eaubonne, B. Gadeau, 1989[36].
  • Le drapeau noir, l'équerre et le compas Ille-sur--Têt, éditions K'A. 2013 ISBN 979-1091435-00-0

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Voxographie[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Marc de Jode, Monique Cara et Jean-Marc, Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, Larousse, 2011, notice biographique.
  • Robert Wangermée, Dictionnaire de la chanson à Bruxelles et en Wallonie, Editions Mardaga, Liège, 1995, pp. 98-99.

Notices[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Léo Campion a dit... 47 CITATIONS TROUVÉES evene.fr
  2. Léo Campion : Chansonnier et caricaturiste français (1905-1992) Dicocitations
  3. a, b et c Marc de Jode, Monique Cara et Jean-Marc, Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, Larousse, 2011, notice biographique
  4. Toute l'histoire sur le procès Léo Campion et Hem Day Alternative Libertaire
  5. Autour d'un procès, Léo Campion - Hem-Day, Éditions Pensée et Action, Paris Bruxelles, 1968, 104 pages, notice worldcat.
  6. Jozef Schildermans, Het proces Hem Day – Leo Campion (1933), Anti-Militaristisch Buro, Leuven, 1983, texte intégral.
  7. Le 15 mai 1937, sortie à Bruxelles du premier numéro du journal "Rebellion" paraissant le 1er et le 15 de chaque mois. Ce bimensuel est publié par Léo Campion. Une grande partie des articles est consacrée à l'actualité de la révolution espagnole. Cinq numéros paraîtront jusqu'au 1er août 1937. Éphéméride Anarchiste
  8. a et b Robert Wangermée, Dictionnaire de la chanson à Bruxelles et en Wallonie, Editions Mardaga, Liège, 1995, pp. 98-99.
  9. Léo Campion, Chansonnier et caricaturiste français evene.fr
  10. a et b Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  11. Patricio Salcedo, Léo Campion, Le Monde libertaire, n°1703, 11 avril 2013, texte intégral.
  12. Léo Campion ficedl
  13. Anarlivres : Léo Campion
  14. Campion Léo, Les Anarchistes dans la Franc-Maçonnerie ou les maillons libertaires de la chaîne d’union, éditions Culture et Liberté, Marseille, 1969, 242 p. lelibertaire
  15. WorldCat : Styles de références bibliographiques pour "Les anarchistes dans la F M ; ou, Les maillons libertaires de la chaîne d'union."
  16. Réédité sous le titre Le Drapeau noir, l’équerre et le compas, éd. Goutal-Darly, Paris, 1978 lelibertaire
  17. Éditions Culture et liberté, 100 ans de presse anarchiste bianco
  18. Le drapeau noir, l'équerre et le compas édition 1996
  19. CAMPION, Léo. Le drapeau noir, l’équerre et le compas. Les Éditions Alternative Libertaire, 2002. 108 p. raforum
  20. Anarlivres : Le drapeau noir, l'équerre et le compas
  21. Léo Campion, Loge de la région grenobloise francmacon-grenoble.org
  22. WorlCat : notice
  23. WorlCat : notice
  24. WorlCat : notice
  25. BNF : notice.
  26. BNF : notice.
  27. BNF : notice.
  28. BNF : notice.
  29. Sudoc : notice.
  30. BNF : notice.
  31. BNF : notice.
  32. BNF : notice.
  33. BNF : notice.
  34. BNF : notice.
  35. BNF : notice.
  36. BNF : notice.