Bertrand Russell

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Bertrand Russell

Philosophe et logicien

Époque contemporaine

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Bertrand Russell en 1916

Naissance 18 mai 1872
Pays de Galles, Royaume-Uni
Décès 2 février 1970 (à 97 ans)
Pays de Galles, Royaume-Uni
École/tradition Philosophie analytique
Principaux intérêts Logique, mathématiques, physique, éthique, religion, politique
Idées remarquables Atomisme logique, Description définie
Œuvres principales Principia Mathematica,
De la dénotation
Influencé par Euclide, Leibniz, Hume, Frege, Whitehead, Wittgenstein, Moore
A influencé Wittgenstein, Ayer, Carnap, Popper, Quine, Gödel, Austin, Kripke, Davidson, Turing, Chomsky, Eddington

Bertrand Arthur William Russell, 3e comte Russell, né le 18 mai 1872 à Trellech (Monmouthshire), et mort le 2 février 1970 près de Penrhyndeudraeth (Pays de Galles), est un mathématicien, logicien, philosophe, épistémologue, homme politique et moraliste britannique.

Russell est considéré comme l'un des plus importants philosophes du XXe siècle. Sa pensée peut être présentée selon trois grands axes.

La logique et le fondement des mathématiques : Russell est, avec Frege, l'un des fondateurs de la logique contemporaine. Son ouvrage majeur, écrit avec Alfred North Whitehead, a pour titre Principia Mathematica. À la suite des travaux d'axiomatisation de l'arithmétique de Peano, Russell a tenté d'appliquer ses propres travaux de logique à la question du fondement des mathématiques[1] (cf. logicisme).

Il soutient l'idée d'une philosophie scientifique[2], et a proposé d'appliquer l'analyse logique aux problèmes traditionnels, tels que l'analyse de l'esprit, de la matière (problème corps-esprit), de la connaissance, ou encore de l'existence du monde extérieur. Il est ainsi le père de la philosophie analytique. Jules Vuillemin le fera connaître en France.

L'engagement social et moral : il écrivit des ouvrages philosophiques dans une langue simple et accessible, en vue de faire partager sa conception d'une philosophie rationaliste œuvrant pour la paix et l'amour. Il s'est engagé dans de nombreuses polémiques[3] qui le firent qualifier de Voltaire anglais, défendit des idées proches du socialisme[4] de tendance libertaire et milita également contre toutes les formes de religions, considérant qu'elles sont des systèmes de cruauté inspirés par la peur et l'ignorance[5]. Il organisa le tribunal Sartre-Russell contre les crimes commis pendant la guerre du Viêt Nam.

Son œuvre, qui comprend également des romans et des nouvelles, fut couronnée par le prix Nobel de littérature en 1950[6],[7], en particulier pour son engagement humaniste et comme libre penseur. Enfin, il devint membre du Parlement britannique.

Biographie[modifier | modifier le code]

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Bertrand Russell peint par Roger Fry en 1923.

Bertrand Russell, second fils du vicomte Amberley, est né le 18 mai 1872 à Trellech, dans le Monmouthshire, au pays de Galles. Il eut pour parrain le philosophe, logicien, économiste et homme politique anglais John Stuart Mill, ami de ses parents, qui décéda l'année suivante. Sa marraine était Helen Taylor, fille d'Harriet Taylor Mill et belle-fille de Mill.

Il perd sa mère et sa sœur en 1875, puis son père en 1876. Son grand-père, lord John Russell, le premier comte Russell, deuxième fils du 6e duc de Bedford (ancien premier ministre du Royaume-Uni dans les années 1840 et 1860) et sa grand-mère (née Lady Frances Elliot), tous deux victoriens rigoristes, obtiennent sa garde ainsi que celle de son frère aîné John Francis Stanley.

Après le décès de leur grand-père en 1878, les deux frères sont élevés par leur grand-mère lady Russell, dans une atmosphère religieuse et répressive. C'est son frère, John Francis, qui succède au titre de comte Russell. Bertrand est un adolescent solitaire, aux pulsions suicidaires, éduqué à la maison par des précepteurs et passant de nombreuses heures dans la bibliothèque de feu lord Russell. Son frère lui fait découvrir les Éléments d'Euclide, ce qu'il vit comme une illumination[n 1].

En 1890, il entre à Trinity College à l'Université de Cambridge, où il fait partie des Cambridge Apostles. Il étudie les mathématiques et les sciences morales.

En 1894, il épouse Alys Pearsall Smith, une quaker américaine, contre l'avis de sa grand-mère. À partir de 1896, il mène une carrière scientifique, rencontrant Peano et correspondant avec Frege.

En 1901, il formule le paradoxe de Russell en rédigeant The Principles of Mathematics (publié en 1903). Cette même année est un tournant dans sa pensée morale : bouleversé par la souffrance d'Evelyn Whitehead[n 2], pour qui il éprouve un amour secret et impossible, il fait une expérience mystique qui le conduit à relativiser ses occupations intellectuelles « futiles » et à mesurer la solitude épouvantable de l'être humain. Il révise alors entièrement ses vues morales et politiques : désormais, Russell s'efforce de diffuser l'amour de l'humanité et milite contre toute forme de violence.

En 1908, il est élu à la Royal Society. En 1911, il fait la connaissance de Ludwig Wittgenstein; ce sera l'une des rencontres les plus déterminantes de son existence philosophique.

En 1910 paraît le premier volume de son œuvre maîtresse du point de vue de la logique, les Principia Mathematica, écrits en collaboration avec Alfred North Whitehead. Suivent deux autres volumes parus respectivement en 1912 et 1913.

Crépuscule sur la rivière Cam Cambridge (Angleterre).

Durant la Première Guerre mondiale, ses activités pacifistes le font renvoyer du Trinity College en 1916 après qu'il eut été condamné suivant Defence of the Realm Act. Il est même condamné à purger une peine de six mois dans la prison de Brixton en 1918.

En 1920, il fait partie d'une délégation britannique officielle en Russie où il rencontre Lénine et Trotsky. Il en revient très critique sur le régime bolchevique qualifié de dictature. Il publie une critique du régime dans The Practice and Theory of Bolshevism (1920). Puis il va donner des cours à Pékin, accompagné de sa maîtresse Dora Blake. Il souffre en Chine d'une grave pneumonie, si bien que des journaux japonais annoncent à tort sa mort. Lorsqu'il visite le Japon avant de retourner au Royaume-Uni, il fait dire par Miss Blake aux journalistes que « M. Bertrand Russell, étant mort selon la presse japonaise, n'est pas en mesure de donner d'interview aux journalistes japonais ».

En 1921, à leur retour au Royaume-Uni, Miss Blake est enceinte de cinq mois, si bien que Bertrand Russell divorce précipitamment d'Alys Pearsall Smith pour l'épouser. Ils ont deux enfants, John Conrad (le futur quatrième comte Russell) et Katharine Jane (plus tard Lady Katharine Tait). À cette époque, Russell écrit des livres et fonde avec Dora une école expérimentale, la Beacon Hill School, en 1927.

En 1931, suite à la mort de son frère, il devient le troisième comte Russell.

Son mariage avec Dora Blake bat de l'aile et ils finissent par divorcer après qu'elle a eu deux enfants avec un journaliste américain, Griffin Barry. En 1936, Lord Russell épouse Patricia Spence (surnommée « Peter »), qui était la gouvernante de ses enfants depuis 1930. Ils auront un fils, Conrad Sebastian Robert, futur cinquième comte Russell, célèbre historien et homme politique britannique.

À partir de 1939, il va donner des cours aux États-Unis au City College of New York mais en est destitué en 1940 sous le prétexte que ses opinions sur le mariage et l'éducation le rendent « moralement inapte » à enseigner.

En 1944, il regagne le Royaume-Uni pour enseigner à nouveau au Trinity College. En 1949, il reçoit l'Order of Merit, et en 1950 le Prix Nobel de littérature.

Sa femme Patricia Spence, obtient le divorce en 1952, et il épouse peu après Edith Finch, avec qui il vivra jusqu'à sa mort.

Durant les années 1950 et 1960, il s'engage dans diverses causes politiques, essentiellement pour le désarmement nucléaire et contre la Guerre du Viêt Nam, prenant vigoureusement position contre la politique du gouvernement des États-Unis.

Il publie à la fin des années 1960 son autobiographie en trois volumes, et meurt en 1970 dans sa résidence de Plas Penrhuyn, à Penrhyndeudraeth (en), Merionethshire, au Pays de Galles.

Logique et logicisme[modifier | modifier le code]

Les contributions de Russell comprennent essentiellement le développement du calcul des prédicats de premier ordre, la défense du logicisme, le paradoxe qui porte son nom et la théorie des types.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

À la fin du XIXe siècle, Frege, avec sa Begriffsschrift[10], a fait de la logique une science à part entière. Russell, dans Principles of Mathematics (1903) et Principia Mathematica (à partir de 1910) a lui-même construit de son côté un calcul des propositions, un calcul des classes, et un calcul des relations, d'après une analyse des propositions qui se heurtera toutefois à plusieurs difficultés – dont quelques paradoxes – et l'impossibilité d'analyser l'unité de la proposition.

La proposition en logique[modifier | modifier le code]

En logique classique, le raisonnement est composé de jugements, les jugements d'idées. Cette conception, soutenue par Descartes et Port-Royal, est héritée d'Aristote[11] et est restée ainsi dominante pendant plus de deux millénaires. La nouvelle logique, initiée par Frege et Russell, pose en revanche la proposition atomique comme base. Dès lors, la logique consiste, d'une part, à combiner ces propositions, d'autre part, à analyser celles-ci en leurs éléments.

Propositions simples et complexes[modifier | modifier le code]

Le point de départ de la logique, c'est la proposition atomique. Il faut donc commencer par définir le terme « proposition ».

Par proposition, il ne faut pas entendre quelque chose comme telle ou telle phrase, mais, dit Russell, « quelque chose qui peut se dire dans n'importe quelle langue[12] ». Russell considère tout d'abord la proposition comme une réalité en soi, puis il refusera en fin de compte de lui accorder un statut ontologique pour la définir comme « toutes les phrases de même signification qu'une phrase donnée[12] ».

Toute proposition de la logique est soit une proposition simple, une et inanalysable, soit une proposition complexe, c'est-à-dire résultant de la composition de propositions simples liées par certaines fonctions logiques. La proposition simple est appelée proposition atomique, et la combinaison de propositions atomiques est désignée par l'expression proposition moléculaire.

Dans La Philosophie de l'atomisme logique[13], Russell définit la proposition atomique comme « une proposition qui ne contient qu'un seul verbe ». « Socrate est mortel », « il pleut » sont des propositions atomiques, et elles sont ou vraies ou fausses.

Les propositions moléculaires sont des propositions composées de propositions atomiques liées par des mots qui ont une fonction logique. Ces mots sont des constantes logiques, par exemple : « et », « si... alors », et sont représentés en logique par des symboles. La fonction des constantes logiques est syntaxique et elles sont des opérateurs du calcul propositionnel qui ont une signification déterminée en tant que fonctions de vérité.

Les fonctions de vérité[modifier | modifier le code]

Par exemple, soit p une proposition, et ~ le symbole de la constante logique sémantiquement équivalente à la négation. ~ est une fonction de vérité si la valeur de vérité d'une proposition moléculaire telle que ~ p peut être déterminée par la valeur de vérité de p, ce qui est en effet le cas : si p est vraie, ~ p est fausse, et si p est fausse, ~ p est vraie.

Les Principia Mathematica établissent la liste suivante de fonctions de vérité :

~ p : la négation
p {}^\circ q : produit logique, ou conjonction
p v q : somme logique, ou disjonction inclusive
p ⊃ q : implication
p ≡ q : équivalence

Ces constantes logiques sont réparties en idées primitives ou définies d'après ces idées primitives. Ainsi :

p ⊃ q =Df ~ p v q
p {}^\circ q =Df ~(~ p v ~ q)
p ≡ q =Df (p ⊃ q) {}^\circ (q ⊃ p)

L'axiomatique logique des Principia Mathematica est donc composée d'idées primitives (p, q, r, etc. ; assertion ; négation, disjonction inclusive) et de ces définitions. Il s'agit ensuite de découvrir les propositions moléculaires valides qui en découlent.

Développements de la logique[modifier | modifier le code]

Russell a réfuté la théorie naïve des ensembles ainsi que la logique de Gottlob Frege en découvrant un paradoxe qui porte désormais son nom (paradoxe de Russell), dont on peut donner diverses versions en langage ordinaire, par exemple le paradoxe du barbier : « Qui rase tous ceux et uniquement ceux, qui ne se rasent pas eux-mêmes ? » – situation qui engendre la question insoluble : ce barbier se rase-t-il ? Il comprit l'importance de ces paradoxes en 1901, alors qu'il travaillait aux Principes des mathématiques (1903). Pour les résoudre, Russell créa la théorie des types : les espèces logiques sont hiérarchisées et aucune fonction logique ne peut s'appliquer à des objets ayant son propre type.

Le logicisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Logicisme.

Il a écrit avec Alfred North Whitehead les Principia Mathematica (première édition : 1910-1913 ; seconde édition, préparée par Russell seul : 1927). Cet ouvrage fondateur a l'ambition d'effectuer la réduction de l'ensemble des mathématiques à la logique, qui constitue le projet logiciste annoncé dans les Principes des mathématiques. Pour ce faire, les Principia Mathematica procèdent à une axiomatisation et une formalisation de la logique des propositions et des prédicats, et en dérivent les objets et propositions des mathématiques. De fait, seule l'arithmétique élémentaire est abordée – le tome 4 des Principia qui devait aborder la géométrie ne fut jamais écrit. Les Principia Mathematica ont été le premier texte de référence de la nouvelle logique mathématique. Ils furent à la source des travaux des philosophes et logiciens Carnap[réf. nécessaire], Quine et Gödel, notamment.

Il fut lauréat de la médaille Sylvester en 1934.

L'atomisme logique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Atomisme logique.

« La raison pour laquelle j'appelle ma théorie l'atomisme logique est que les atomes auxquels je veux parvenir en tant que résidus ultimes de l'analyse sont des atomes logiques et non pas des atomes physiques. » (La Philosophie de l'atomisme logique).

Philosophie[modifier | modifier le code]

La pensée de Russell a beaucoup évolué tout au long de sa vie, tant en ce qui concerne ses vues politiques que pour tout ce qui touche aux questions de philosophie, comme la théorie de la connaissance ou encore l'analyse de l'esprit. Le présent article ne présente que quelques thèses de Russell, thèses qu'il conviendra de développer et de replacer dans le devenir de sa pensée.

En philosophie, Russell apporta de nombreuses nouveautés en métaphysique, en épistémologie, en éthique et en Histoire de la philosophie. Il utilisa la logique pour tenter de clarifier les problèmes philosophiques, ce qui en fait l'un des fondateurs de la philosophie analytique. Mais son problème fondamental fut surtout de découvrir si l'Homme est capable de connaître quelque chose : « Existe-t-il au monde une connaissance dont la certitude soit telle qu'aucun Homme raisonnable ne puisse la mettre en doute ? » (Problèmes de philosophie, §1)

Philosophie du langage[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Description définie.

La théorie des descriptions est sans doute la contribution la plus importante de Russell à la philosophie du langage. Elle peut être abordée en posant la question de la valeur de vérité des phrases dont le sujet n'aurait pas de référent, comme : le roi de France est chauve. Le problème de cette dernière proposition est d'en identifier l'objet, étant donné qu'il n'y a pas de roi de France actuellement. Alexius Meinong a proposé la thèse d'une réalité d'entités non-existantes auxquelles nous nous référons dans le cas des propositions du type ci-dessus. Mais c'est une théorie pour le moins étrange.

Ce problème des descriptions définies inclut des pronoms personnels ou des noms propres. Russell a estimé qu'un nom propre devait être une description définie déguisée. Par exemple, quand on dit 'George Bush est gentil', on doit vouloir dire quelque chose comme, 'le 43e président des États-Unis est gentil'.

Mais quelle est la forme logique d'une description définie comme le précédent ? Comment les paraphraser pour faire apparaître que la vérité de l'ensemble de la proposition dépend de la vérité de ses parties ? Les descriptions définies se présentent comme des noms ne dénotant par nature qu'une seule et unique chose. Mais que dire alors de la proposition générale si l'une de ses parties semble ne pas être correcte ?

La solution de Russell est d'analyser tout d'abord non pas les termes seuls, mais la proposition entière contenant une description définie. « Le roi de France est chauve » peut être selon lui reformulé sous la forme d'une description indéfinie : « il y a un x tel que cet x est le roi de France, et il n'y a rien à part x qui soit roi de France, et x est chauve. » Alors, s'il n'y a pas de roi de France, la phrase devient fausse et non pas privée de sens.

Russell soutient que cette description définie contient une affirmation d'existence ('il y a un x tel que cet x est le roi de France') et une affirmation d'unicité ('et il n'y a rien à part x qui soit roi de France'), et que l'on peut les considérer séparément de la prédication qui est le contenu manifeste de la proposition générale ('et x est chauve'). La proposition dit donc trois choses sur un sujet : la description définie en contient deux, et le reste de la proposition contient la dernière (la prédication). Si l'objet n'existe pas, ou s'il n'est pas seul en son genre, alors l'ensemble de la proposition est faux et non pas dénué de sens.

Théorie de la connaissance[modifier | modifier le code]

De plus en plus intéressé par l'épistémologie, qui enveloppe une dimension psychologique et empirique, Russell, en 1940, à la suite de Tarski, et pour éviter certains paradoxes logiques (en particulier, Wittgenstein avait voulu montrer qu'il est impossible à un langage de parler de lui-même, par conséquent la philosophie du langage se voyait réduite au silence !), introduit une cascade de langages, le langage de base constituant un langage-objet. Chaque langage parle du langage précédent, sauf le langage de base qui est un langage-objet (il pleut et je dis dans ce langage "il pleut".) Il démontre que ce langage ne peut pas renfermer les notions de vérité et de fausseté. Il pense ainsi avoir mis en évidence les propositions atomiques dont toute proposition complexe est composée, et qui ne dépendraient pas, par définition, d'une syntaxe. Ces propositions consistent en jugements de perception. Dans ce cas, la proposition enveloppe l'expression d'une croyance, et pas seulement une référence. Si quelqu'un me dit "il pleut", je considère qu'il croit qu'il pleut, et je vérifie cela. Ainsi, la vérification suppose la médiation, psychologique, d'une croyance, qui ressemble fort à une signification distincte de la vérité (du référent). Aussi, Philippe Devaux note que dans cette période, s'introduit une distance nouvelle entre "signification" et "référent". La signification tend à se confondre avec la croyance contenue dans l'assertion. Tout en essayant de réduire les déictiques égocentrés (comme ceci, je, maintenant) à des énoncés objectifs, il montre également que les connecteurs logiques ont une expression psychologique chez l'homme, et même chez l'animal. "Non" ne renvoie pas à l'expérience immédiate, il n'appartient pas au langage-objet de base, mais suppose un jugement sur une proposition de ce langage de base. C'est un chien. Non, ce n'est pas un chien. De même pour "oui, c'est bien un chien."(Signification et Vérité, Flammarion, 1969). Il note (p. 233) qu'il a observé qu'un pigeon, qui avait confondu une pigeonne avec sa compagne habituelle, sembla aussi embarrassé de sa méprise qu'un humain dans une situation analogue !

Pour autant, il démontre qu'il y a un sens à supposer qu'existent en dehors de notre perception et de notre conscience, des choses en soi, que les propositions indiquent, et non pas expriment. Sa démonstration est proche de la conception du symbolisme chez Wolff. Il est possible de poser que mon bureau existe quand personne ne le voit, même si je ne peux pas me représenter ce que c'est que cette existence en mon absence ; il en va de même des sensations que je n'éprouve pourtant pas, quand je dis "tu as chaud".

Russell a introduit les notions de knowledge by acquaintance et knowledge by description en philosophie pour désigner deux types fondamentaux de connaissance.

Connaissance directe (knowledge by acquaintance)[modifier | modifier le code]

Pour être pleinement justifié dans une croyance en la vérité d'une proposition, nous ne devons pas seulement connaître tel fait ou réalité qui donne sa vérité à la proposition, nous devons également avoir une connaissance directe de la relation de correspondance qui existe entre cette proposition et le fait désigné. Cela veut dire que la justification d'une croyance dépend simplement d'un fait : par exemple, « la neige est blanche ». Cette connaissance est directe et immédiate, elle n'est pas le fruit d'une inférence mais découle simplement d'une sensation.

Connaissance par description[modifier | modifier le code]

En revanche, quand il n'y a pas une telle relation de connaissance, comme par exemple la connaissance de l'assassinat de César – que nous ne connaissons pas directement, Russell parle de connaissance par description. Dans ce cas, nous ne sommes pas entièrement justifiés dans notre croyance en la vérité d'une proposition.

Le problème de l'induction[modifier | modifier le code]

Russell, à la suite de Hume, souligne que la connaissance par induction ne peut être certaine : les lois que nous admettons comme générales n'ont été vérifiées que pour un certain nombre, fût-il grand, de cas particuliers ; cet à peu près ne saurait satisfaire le mathématicien, pour qui cette croyance à l'induction découle de l'association et de l'habitude (cf. Hume). Il admet ne pas avoir d'éléments pour résoudre logiquement ce problème, et constate seulement que la démarche inductive fonctionne, sans qu'on puisse expliquer pourquoi dans le cadre de la logique déductive, car toute explication du principe d'induction est une pétition de principe.

Russell n'a pas alors connaissance des travaux de Cox (en). Voir Théorème de Cox-Jaynes.

Russell libre-penseur et moraliste[modifier | modifier le code]

Contrairement aux domaines de la logique et de la philosophie, il n'existe pas pour Russell de connaissances éthiques. S'il est possible de réfuter scientifiquement des valeurs morales reposant sur des erreurs manifestes, en revanche, parce que toute morale a en dernier lieu son critère dans le désir humain, il n'est pas possible de proposer un système de valeurs vraies. Pour Russell, on ne peut qu'exposer une conception de la morale, en espérant qu'elle soit partagée par d'autres personnes.

« Une philosophie qui ne cherche pas à imposer au monde sa conception du bien et du mal, non seulement a plus de chance d’atteindre la vérité, mais encore est à un niveau moral plus élevé qu'une philosophie qui, comme l'évolutionnisme et la plupart des systèmes traditionnels, chante sans cesse les louanges de l'univers et y cherche l'expression d’un idéal actuel. »

— B. Russell, Le Mysticisme et la Logique, traduction par Jean de Jenasce, Payot, 1922, p. 52.

Sa morale se résume à l'alliance de l'amour et du savoir[14] : sans amour, le savoir est froid et injuste ; sans savoir, l'amour (ou la bonne volonté : le désir d'aider son prochain) est impuissant et peut même être néfaste.

La morale[modifier | modifier le code]

Russell a écrit sur la morale, l'amour, le mariage et la famille. Dans ses écrits, il prend position contre la morale victorienne, qui, selon lui, produit une curiosité sexuelle perverse du fait des interdits. En conséquence, il jugeait que l'on pouvait dire la vérité aux enfants à propos de la sexualité, car l'absence de mystère ne suscitera pas un intérêt disproportionné pour ces choses.

Il soutient que le mariage est une institution bonne, à condition d'être dissoluble dans certaines conditions : en particulier, si le maintien du couple se fait aux détriments de l'intérêt des enfants. Comme le mariage n'est pas principalement fondé sur l'amour, mais a pour but de perpétuer l'espèce, et que, d'autre part, l'homme est naturellement polygame, Russell estime que l'adultère est inévitable et même nécessaire, et qu'il ne saurait être condamné en soi. Néanmoins, pour que des relations soient possibles en dehors du mariage, il faut que les conjoints respectent l'intérêt des enfants, et que la jalousie disparaisse de la nature humaine.

Bien que Russell défende la pratique d'une sexualité sans tabou, cette pratique ne saurait pour lui avoir plus de valeur qu'un amour à la fois physique, émotionnel et intellectuel.

Ses points de vue, confondus par ses adversaires avec l'idée de sexualité libre, voire avec celles de lubricité et d'obscénité, lui ont coûté de vigoureuses dénonciations et des campagnes de diffamation aux États-Unis[15].

Politique et « pacifisme »[modifier | modifier le code]

Russell s'est opposé à la participation britannique à la Première Guerre mondiale, ce qui lui a valu la perte de son poste de professeur à l'université de Cambridge ainsi que six mois de prison où il a pu écrire Introduction à la philosophie mathématique. Peu avant la Seconde Guerre mondiale, Russell défendait une politique de paix, mais il changea ensuite d'opinion, et déclara qu'Hitler devait être combattu. Il était plutôt pacifique que pacifiste, admettant que la guerre peut représenter un moindre mal dans certaines circonstances, en particulier lorsque la civilisation est en danger. Dans Roads to Freedom: socialism, anarchism and syndicalism, il défend le principe d'une allocation universelle.

Il prend position en faveur d'Albert Einstein lorsque ce dernier est violemment attaqué par les maccarthistes. Il écrit au New York Times, qui vient de fustiger Einstein dans un de ses éditoriaux, en ces termes : « Vous semblez affirmer qu'on doit toujours obéir à la loi, aussi mauvaise qu'elle soit. Je ne peux pas croire que vous ayez réalisé ce que cette position implique. Condamnez-vous les martyrs chrétiens qui refusèrent de se soumettre à l'empereur, ou encore John Brown ? Non, mieux, je pense que vous vouez aux gémonies George Washington et militez pour que votre pays refasse allégeance à sa gracieuse majesté Élizabeth II. En tant que loyal sujet britannique, je ne peux qu'approuver votre point de vue ; mais j'ai peur qu'il n'obtienne que peu d'écho chez vous. »

Pendant les années 1950, Russell s'est opposé aux armes nucléaires en signant un manifeste avec Albert Einstein et Joseph Rotblat et en animant des conférences. Il en fut emprisonné en 1961. Il milita aussi contre la guerre du Viêt Nam avec Jean-Paul Sartre en organisant un tribunal d'opinion jugeant les « crimes de guerre de l'armée américaine » (ce nom lui fut reproché, un tribunal devant en principe se poser comme neutre tant que l'instruction n'est pas achevée).

Une citation attribuée à Russell, mais sans source fiable, est la suivante : « War does not determine who is right, only who is left. » Il y a un jeu de mot sur le double sens en anglais de left/right, que l'on pourrait rendre en français par : « La guerre ne sert qu'à savoir qui passe l'arme à gauche, pas qui est dans son droit », « La guerre ne détermine pas qui a raison, mais seulement qui il reste » ou encore « La guerre ne confirme rien mais infirme tout le monde. »

Un tribunal d'opinion, le Tribunal Russell et une fondation, la Fondation Bertrand Russell (Bertrand Russel Peace Fundation), ont prolongé ce combat pacifiste.

Religion[modifier | modifier le code]

Il se déclarait philosophiquement agnostique et en pratique athée.

Philosophiquement, il considérait le dieu chrétien comme les dieux grecs : il ne peut pas prouver leur existence mais il est fortement convaincu de leur inexistence[14]. On lui doit notamment la théière de Russell.

Historiquement, il estime que la religion naît de la peur, et qu'elle est nourrie par l'ignorance et le sadisme. La religion, obscurantiste par essence, est ainsi contraire à la civilisation, au bonheur de l'être humain et à la science. Il ne niait cependant pas que, ce qu'il appelait « l'émotion mystique », puisse « fournir un apport de très grande valeur » à l'individu tout en déclarant ne pas tenir pour « vraies » les assertions développées sur la nature de l'univers à partir de ces expériences[16]. Son attitude vis-à-vis de l'émotion mystique était plus tolérante que pour les religions elles-mêmes : « Je ne nie pas la valeur des expériences qui ont donné naissance à la religion. Par suite de leur association à de fausses croyances, elles ont fait autant de mal que de bien ; libérées de cette association, on peut espérer que le bien seul restera[16]. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • 1896, German Social Democracy, Londres, Longmans, Green.
  • 1897, An Essay on the Foundations of Geometry, Cambridge University Press (trad. Cadenat, Essai sur les fondements de la géométrie, 1901).
  • 1900, A Critical Exposition of the Philosophy of Leibniz, Cambridge University Press (trad. J. Ray et R. Ray, La Philosophie de Leibniz : Exposé Critique, Paris, Alcan, 1908 (ISBN 978-0-677-50395-0)).
  • 1903, The Principles of Mathematics (en), Cambridge University Press (trad. partielle par Jean-Michel Roy dans Écrits de logique philosophique, Paris, PUF, 1989 (ISBN 978-2-13-042066-8)).
  • 1905, On Denoting (De la dénotation, trad. in Écrits de logique philosophique, op. cit.).
  • 1910, Philosophical Essays, Londres, Longmans, Green.
  • 1910-1913, Principia Mathematica (avec Alfred North Whitehead), 3 vols., Cambridge University Press.
  • 1912, The Problems of Philosophy, Londres, Williams & Norgate (Problèmes de philosophie, Paris, Payot, 1989).
  • 1913, Theory of Knowledge (manuscrit inédit publié en 1984).
  • 1914, Our Knowledge of the External World as a Field for Scientific Method in Philosophy (La Méthode scientifique en philosophie : Notre connaissance du monde extérieur (ISBN 978-2-228-89529-3)).
  • 1916, Principles of Social Reconstruction, Londres, Allen & Unwin (Principes de reconstruction sociale, Presses de l'Université Laval, 2008 (ISBN 978-2-7637-8485-4), révision de la traduction, introduction et notes par Normand Baillargeon).
  • 1916, Justice in War-time, Chicago, Open Court.
  • 1917, Political Ideals, New York, The Century Co.
  • 1918, Mysticism and Logic and Other Essays, Londres, Longmans, Green.
  • 1918, Philosophie de l'atomisme logique (trad. in Écrits de logique philosophique, op. cit.).
  • 1918, Roads to Freedom: Socialism, Anarchism, and Syndicalism, Londres, Allen & Unwin (trad. Maurice de Cheveigné, Le monde qui pourrait être).
  • 1919, Introduction to Mathematical Philosophy, Londres, Allen & Unwin (Introduction à la philosophie mathématique).
  • 1920, The Practice and Theory of Bolshevism, Londres, Allen & Unwin.
  • 1921, The Analysis of Mind, Londres, Allen & Unwin.
  • 1922, The Problem of China, Londres, Allen & Unwin.
  • 1923, The Prospects of Industrial Civilization (en collaboration avec Dora Russell), Londres, Allen & Unwin.
  • 1923, The ABC of Atoms, Londres, Kegan Paul, Trench, Trubner.
  • 1924, Icarus, or the Future of Science, Londres, Kegan Paul, Trench, Trubner.
  • 1925, The ABC of Relativity, Londres, Kegan Paul, Trench, Trubner.
  • 1925, What I Believe, Londres, Kegan Paul, Trench, Trubner (Ce que je crois (en)).
  • 1926, On Education, Especially in Early Childhood, Londres, Allen & Unwin.
  • 1927, The Analysis of Matter, Londres, Kegan Paul, Trench, Trubner.
  • 1927, An Outline of Philosophy, Londres, Allen & Unwin.
  • 1927, Why I Am Not a Christian, Londres, Watts (Pourquoi je ne suis pas chrétien (en)).
  • 1927, Selected Papers of Bertrand Russell, New York, Modern Library.
  • 1928, Sceptical Essays[17], Londres, Allen & Unwin (Essais sceptiques).
  • 1929, Marriage and Morals, Londres, Allen & Unwin (Le mariage et la morale (en) (ISBN 2-228-89452-4)).
  • 1930, The Conquest of Happiness, Londres, Allen & Unwin (La conquête du bonheur).
  • 1931, The Scientific Outlook, Londres, Allen & Unwin (trad. Samuel Jankélévitch, L'esprit scientifique et la science dans le monde moderne, 1947).
  • 1932, Education and the Social Order, Londres, Allen & Unwin.
  • 1932, In Praise of Idleness, (2e éd. 1935, Londres, Allen & Unwin) (Éloge de l'oisiveté).
  • 1934, Freedom and Organization, 1814–1914, Londres, Allen & Unwin.
  • 1935, Religion and Science, Londres, Thornton Butterworth (Science et Religion).
  • 1936, Which Way to Peace?, Londres, Jonathan Cape.
  • 1937, The Amberley Papers: The Letters and Diaries of Lord and Lady Amberley (avec Patricia Russell), 2 vols., Londres, Hogarth Press.
  • 1938, Power: A New Social Analysis (en), Londres, Allen & Unwin.
  • 1940, An Inquiry into Meaning and Truth, New York, W. W. Norton & Company (1950, conférences de 1940) (Signification et Vérité, Flammarion, 1969).
  • 1945, A History of Western Philosophy and Its Connection with Political and Social Circumstances from the Earliest Times to the Present Day, New York, Simon & Schuster (Histoire de la philosophie occidentale (en)).
  • 1948, Human Knowledge: Its Scope and Limits, Londres, Allen & Unwin (La Connaissance humaine).
  • 1949, Authority and the Individual, Londres, Allen & Unwin.
  • 1950, Unpopular Essays, Londres, Allen & Unwin.
  • 1951, New Hopes for a Changing World, Londres, Allen & Unwin (trad. Marcel Péju, Les dernières chances de l'homme, Horay, Paris, 1952).
  • 1952, The Impact of Science on Society, Londres, Allen & Unwin. (trad. William Perrenoud, Science, puissance, violence, La Baconnière, 1954).
  • 1953, Satan in the Suburbs and Other Stories, Londres, Allen & Unwin (recueil de nouvelles).
  • 1954, Human Society in Ethics and Politics, Londres, Allen & Unwin.
  • 1954, Nightmares of Eminent Persons and Other Stories, Londres, Allen & Unwin.
  • 1956, Why I am Not a Communist (Pourquoi je ne suis pas communiste).
  • 1956, Portraits from Memory and Other Essays, Londres, Allen & Unwin.
  • 1956, Logic and Knowledge: Essays 1901–1950 (édité par Robert C. Marsh), Londres, Allen & Unwin.
  • 1957, Why I Am Not A Christian and Other Essays on Religion and Related Subjects (édité par Paul Edwards (en)), Londres, Allen & Unwin.
  • 1958, Understanding History and Other Essays, New York, Philosophical Library.
  • 1959, Common Sense and Nuclear Warfare, Londres, Allen & Unwin.
  • 1959, My Philosophical Development, Londres, Allen & Unwin (trad. Georges Auclair, Histoire de mes idées philosophiques (en), Gallimard, 1961 (ISBN 978-2-07-071474-2)).
  • 1959, Wisdom of the West (édité par Paul Foulkes), Londres, Macdonald.
  • 1960, Bertrand Russell Speaks His Mind, Cleveland et New York, World Publishing Company.
  • 1961, The Basic Writings of Bertrand Russell (édité par R.E. Egner et L.E. Denonn), Londres, Allen & Unwin.
  • 1961, Fact and Fiction, Londres, Allen & Unwin.
  • 1961, Has Man a Future?, Londres, Allen & Unwin.
  • 1963, Essays in Skepticism, New York, Philosophical Library.
  • 1963, Unarmed Victory, Londres, Allen & Unwin.
  • 1965, On the Philosophy of Science (édité par Charles A. Fritz, Jr.), Indianapolis, Bobbs-Merrill Company.
  • 1967, Russell's Peace Appeals (édité par Tsutomu Makino et Kazuteru Hitaka), Japan, Eichosha's New Current Books.
  • 1967, War Crimes in Vietnam, Londres, Allen & Unwin.
  • 1967-1969, The Autobiography of Bertrand Russell, 3 vols., Londres, Allen & Unwin.
  • 1969, Dear Bertrand Russell... A Selection of his Correspondence with the General Public 1950–1968 (édité par Barry Feinberg et Ronald Kasrils), Londres, Allen & Unwin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « Je n'aurais jamais pu imaginer qu'il pût y avoir au monde quoi que ce soit d'aussi délicieux[8]. »
  2. « …il me sembla que la terre s’ouvrait subitement sous mes pas et que je basculais dans un monde entièrement nouveau[9]. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. Denis Vernant, La Philosophie mathématique de Russell, p. 12.
  2. La Méthode scientifique en philosophie.
  3. Ex. : Essais sceptiques, Pourquoi je ne suis pas chrétien, Pourquoi je ne suis pas communiste, Science et Religion.
  4. Ray Monk (en), Wittgenstein : Le devoir de génie, Flammarion,‎ 2009, 660 p. (ISBN 978-2-0812-3305-8, lire en ligne), « Une situation vraiment rurale », p. 239.
  5. Cf. Why I Am Not a Christian : « Religion is based, I think, primarily and mainly upon fear […] A good world needs knowledge, kindliness, and courage; it does not need a regretful hankering after the past or a fettering of the free intelligence by the words uttered long ago by ignorant men. »
  6. Un extrait de la cérémonie sur YouTube.
  7. « The Nobel Prize in Literature 1950. Presentation Speech + Award Ceremony Video », sur nobelprize.org.
  8. Bertrand Russell et Normand Baillargeon (introduction) (trad. E. de Clermont-Tonnerre), Principes de reconstruction sociale, PUL,‎ 2007, 197 p. (ISBN 9782763784854, lire en ligne), « Introduction », p. 4.
  9. Anne-Françoise Schmid, « Une pensée vraie est meilleure que la meilleure éthique », Hermès, CNRS Editions, no 7 « De la logique à la politique »,‎ 1990, p. 226 (DOI 10.4267/2042/15337, lire en ligne).
  10. Idéographie, 1879 (Vrin, 1999).
  11. Aristote, Organon.
  12. a et b Signification et vérité, 1950, Introduction, p. 20.
  13. Russel, 1918. Trad. 1989, p. 367.
  14. a et b In Ce que je crois.
  15. Paul Edwards, Les démêlés de Bertrand Russell avec l'enseignement supérieur américain.
  16. a et b Bertrand Russel, Science et Religion, Folio p. 139.
  17. Aperçu sur Google Livres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Ouvrages Principaux[modifier | modifier le code]

Revues[modifier | modifier le code]

  • François Clement (dir.) et Anne-Françoise Schmid (dir.), « Bertrand Russell : De la logique à la politique », Hermès, no 7,‎ 1990 (lire en ligne)
  • Sebastien Gandon, « Grandeur, vecteur et relation chez Russell (1897-1903) », Philosophiques, Société de philosophie du Québec, no 33,‎ automne 2006 (ISSN 0316-2923, DOI 10.7202/013886ar, lire en ligne)
  • Denis Vernant, Le statut de la vérité dans le calcul implicationnel de Russell en 1903 (ou les insuffisances de la logique propositionnelle des Principles), in : Revue internationale de philosophie, no 200-2 (Bruxelles 1997), p. 221-229

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Textes disponibles en ligne[modifier | modifier le code]