Charles-Ange Laisant

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Charles-Ange Laisant
Charles-Ange Laisant
Charles-Ange Laisant
Fonctions
Député de Loire-Atlantique
Élection 1876
Réélection 1881
Groupe politique Union républicaine
Réélection 1889
Groupe politique Républicains socialistes
Biographie
Date de naissance 1er novembre 1841
Lieu de naissance Indre près de Nantes
Date de décès 5 mai 1920 (à 78 ans)
Lieu de décès Asnières-sur-Seine
Sépulture cimetière du Père-Lachaise
Nationalité Drapeau de la France France
Parti politique Union républicaine
Père Benjamin Laisant
Mère Alida-Lucie Thuez
Enfant(s) Albert (1873-1928)
Diplômé de École polytechnique (promotion 1859)
et

École d'application de l'artillerie et du génie

Profession Officier d'artillerie, puis journaliste
Résidence Paris

Charles-Ange Laisant, né le 1er novembre 1841 à Indre près de Nantes, mort le 5 mai 1920 à Asnières-sur-Seine, est un militaire, un mathématicien et un homme politique français républicain radical, boulangiste dans les années 1880 et dreyfusard à la fin des années 1890, député de la Loire-Inférieure de 1876 à 1885 et de la Seine de 1885 à 1893. De 1893 à sa mort, sous l'influence de son fils Albert, il devient anarchiste.

Lors de la Première Guerre mondiale, il est l’un des signataires du Manifeste des seize rassemblant les libertaires partisans de l'Union sacrée face à l'Allemagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Charles-Ange Laisant est le fils de Benjamin Laisant, 19 ans[1], clerc de notaire[2], et d'Alida-Lucie Thuez, 26 ans[3], domiciliés dans le bourg de Basse-Indre[4] .

Charles-Ange Laisant est présenté comme le neveu d'Ange Guépin[5] (1805-1873), médecin et homme politique nantais, républicain socialisant, lié à Louis Blanc, Jules Michelet, Henri Martin et René Waldeck-Rousseau[6]. Il était en tout cas très proche de lui : lors des funérailles d'Ange Guépin, le 23 mai 1873, il est le second à prononcer un discours après René Waldeck-Rousseau, alors maire de Nantes.

Formation et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires au lycée de Nantes, il étudie à l’École polytechnique (promotion 1859) et devient officier du génie[7] à l’École d’application de cette arme.

Il est capitaine en 1870. Lors du siège de Paris (septembre 1870-janvier 1871, il participe à la défense du fort d'Issy. Après l'armistice, il est affecté à Tours tout en se présentant à des élections à Nantes : il est battu aux législatives de 1871, mais est élu conseiller général en octobre.

À partir de 1873, il est affecté en Corse puis en Algérie.

Carrière politique (1876-1893)[modifier | modifier le code]

En 1876, il démissionne de l'armée pour se présenter sous la bannière républicaine aux élections législatives dans la première circonscription de Nantes et est élu ; ce mandat est renouvelé deux fois ; il se présente ensuite deux fois avec succès dans la Seine. Pendant ses quinze années à la Chambre, il siège à l'extrême-gauche.

En 1877, il obtient un doctorat ès-sciences (mathématiques).

En 1879, il devient directeur du journal Le Petit Parisien. À ce titre, il est condamné à une lourde amende pour avoir diffamé le général Courtot de Cissey.

Il compte parmi les boulangistes députés du « groupe ouvrier » de 1885 et publie deux manifestes politiques (Pourquoi et comment je suis boulangiste, 1887 et L'Anarchie bourgeoise, 1887).

De 1893 à 1920[modifier | modifier le code]

Une du Petit Parisien du 27 janvier 1897, avant un éditorial de Laisant, sous le pseudonyme Jean Frollo.

Il renonce à sa carrière politique en 1893, se consacrant à de nombreuses activités. Il joue un rôle important dans le milieu des mathématiciens, mais aussi dans celui des pédagogues, et participe aux mouvements libre-penseur, espérantiste. Il évolue vers l'anarchisme sous l'influence de son fils Albert (né en 1873).

En ce qui concerne les mathématiques, après avoir publié plusieurs livres, Introduction à la méthode des quaternions et Théorie et applications des équipollences (1887), en 1894, il fonde, avec Émile Lemoine, un journal de mathématiques, L'Intermédiaire des mathématiciens ; il est aussi élu président de la Société mathématique de France[8].

Dans les années de l'avant-guerre, il contribue aux journaux : La Bataille syndicaliste, L'École émancipée, L’Idée libre (créée en 1911).

Durant la Première Guerre mondiale, il est l'un des signataires du « Manifeste des 16 » 1916, personnalités du mouvement anarchiste qui prennent parti pour les Alliés et contre l'Allemagne.

À sa mort il est incinéré au cimetière du Père-Lachaise[9] où se trouvent aussi les urnes de son fils, Albert (1873-1928[10]), militant anarchiste et poète, et de son petit-fils Charles (1911-1952[11]), militant anarcho-syndicaliste et pacifiste.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Mathématiques
  • Applications mécaniques du calcul des quaternions. Suivi de Sur un nouveau mode de transformation des courbes et des surfaces, Paris, Verdière, 1877 (thèse), [lire en ligne]
  • Introduction à la méthode des quaternions, 1881
  • Théorie et applications des équipollences, 1887
Politique
  • L'Anarchie bourgeoise, 1887
  • Pourquoi et comment je suis boulangiste, 1887

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de la Légion d'honneur (18 janvier 1871)
  • Officier de la Légion d'honneur (1902)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

État civil :
  • AD44
    • Acte de naissance de Charles-Ange Laisant : Indre, 1841, 2 novembre, vue 20 (né la veille)
    • Acte de mariage de Benjamin Laisant et Alida Lucie Jeanne Thuez : Rezé, 1841, 4 janvier, vue 1. Témoins : Émilien François, rentier, de Machecoul, oncle de l’époux ; Jean-Marie Rousseau, notaire, de Pont-Rousseau ; Marie François Joseph Le Sant, pharmacien, de Nantes ; François Antoine Prévot, commis négociant, 22 ans, de Nantes.
  • Colombarium du cimetière du Père-Lachaise : Charles-Ange, Maurice, Charles

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né le 28 décembre 1822 à Nantes, fils de Jean Marie Laisant, propriétaire rentier, demeurant à Alger, non présent au mariage et de Madeleine Rose François, demeurant à Rezé (Pont-Rousseau).
  2. Benjamin est encore étudiant en droit au moment de son mariage en janvier 1841.
  3. Née en 1815 à Brest, fille de Joseph-François-Julien-Jocelyn Thuez, capitaine au long cours, demeurant à Charenton-Saint-Maurice (Seine), présent au mariage, et d'Anne Marie Quinty, décédée à Saint-Pierre de la Martinique le 3 septembre 1823.
  4. Indre comprend trois agglomérations : Basse-Indre, chef-lieu, et Haute-Indre sur la rive droite de la Loire, Indret sur la rive gauche.
  5. L'ascendance de Charles Laisant (grands-parents) ne fait apparaître aucun Guépin. Peut-être s'agit-il d'une parenté par alliance ? On peut noter la présence comme témoin au mariage de ses parents du beau-père d'Ange Guépin, Marie-François Le Sant. On pourrait penser qu'Ange Guépin assistait au mariage et que le second prénom de Charles-Ange vient de lui.
  6. Père de Pierre Waldeck-Rousseau (1846-1904)
  7. Cf. site Assemblée nationale
  8. Anciens présidents de la SMF — 1873–2006
  9. Cf. "Liens externes"
  10. Né le 1er juin 1873, mort le 23 novembre 1928. Il a deux fils : Charles et Maurice, tous deux militants anarchistes.
  11. Né le 22 janvier 1911 et mort le 17 décembre 1958 à Asnières. Cf. Ephéméride anarchiste
  12. Université de Nantes.