Charles-Ange Laisant

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Charles-Ange Laisant

Charles-Ange Laisant, né le 1er novembre 1841 à Indre près de Nantes, mort le 5 mai 1920 à Asnières-sur-Seine, est un militaire, un mathématicien et un homme politique français républicain radical, boulangiste dans les années 1880 et dreyfusard à la fin des années 1890, député de la Loire-Inférieure de 1876 à 1885 et de la Seine de 1885 à 1893. De 1893 à sa mort, sous l'influence de son fils Albert, il devient anarchiste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Charles-Ange Laisant est le fils de Benjamin Laisant, 19 ans[1], clerc de notaire[2], et d'Alida-Lucie Thuez, 26 ans[3], domiciliés dans le bourg de Basse-Indre[4] .

Charles-Ange Laisant est présenté comme le neveu d'Ange Guépin[5] (1805-1873), médecin et homme politique nantais, républicain socialisant, lié à Louis Blanc, Jules Michelet, Henri Martin et René Waldeck-Rousseau[6]. Il était en tout cas très proche de lui : lors des funérailles d'Ange Guépin, le 23 mai 1873, il est le second à prononcer un discours après René Waldeck-Rousseau, alors maire de Nantes.

Formation et débuts professionnels[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires au lycée de Nantes, il étudie à l’École polytechnique (promotion 1859) et devient officier du génie[7] à l’École d’application de cette arme.

Il est capitaine en 1870. Lors du siège de Paris (septembre 1870-janvier 1871, il participe à la défense du fort d'Issy. Après l'armistice, il est affecté à Tours tout en se présentant à des élections à Nantes : il est battu aux législatives de 1871, mais est élu conseiller général en octobre.

À partir de 1873, il est affecté en Corse puis en Algérie.

Carrière politique (1876-1893)[modifier | modifier le code]

En 1876, il démissionne de l'armée pour se présenter sous la bannière républicaine aux élections législatives dans la première circonscription de Nantes et est élu ; ce mandat est renouvelé deux fois ; il se présente ensuite deux fois avec succès dans la Seine. Pendant ses quinze années à la Chambre, il siège à l'extrême-gauche.

En 1877, il obtient un doctorat ès-sciences (mathématiques).

En 1879, il devient directeur du journal Le Petit Parisien. À ce titre, il est condamné à une lourde amende pour avoir diffamé le général Courtot de Cissey.

Il compte parmi les boulangistes députés du « groupe ouvrier » de 1885 et publie deux manifestes politiques (Pourquoi et comment je suis boulangiste, 1887 et L'Anarchie bourgeoise, 1887).

De 1893 à 1920[modifier | modifier le code]

Une du Petit Parisien du 27 janvier 1897, avant un éditorial de Laisant, sous le pseudonyme Jean Frollo.

Il renonce à sa carrière politique en 1893, se consacrant à de nombreuses activités. Il joue un rôle important dans le milieu des mathématiciens, mais aussi dans celui des pédagogues, et participe aux mouvements libre-penseur, espérantiste. Il évolue vers l'anarchisme sous l'influence de son fils Albert (né en 1873).

En ce qui concerne les mathématiques, après avoir publié plusieurs livres, Introduction à la méthode des quaternions et Théorie et applications des équipollences (1887), en 1894, il fonde, avec Émile Lemoine, un journal de mathématiques, L'Intermédiaire des mathématiciens ; il est aussi élu président de la Société mathématique de France[8].

Dans les années de l'avant-guerre, il contribue aux journaux : La Bataille syndicaliste, L'École émancipée, L'Idée libre (créée en 1911).

Durant la Première Guerre mondiale, il est l'un des signataires du « Manifeste des 16 » 1916, personnalités du mouvement anarchiste qui prennent parti pour les Alliés et contre l'Allemagne.

À sa mort il est incinéré au cimetière du Père-Lachaise[9] où se trouvent aussi les urnes de son fils, Albert (1873-1928[10]), militant anarchiste et poète, et de son petit-fils Charles (1911-1952[11]), militant anarcho-syndicaliste et pacifiste.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Mathématiques
  • Applications mécaniques du calcul des quaternions. Suivi de Sur un nouveau mode de transformation des courbes et des surfaces, Paris, Verdière, 1877 (thèse), [lire en ligne]
  • Introduction à la méthode des quaternions, 1881
  • Théorie et applications des équipollences, 1887
Politique
  • L'Anarchie bourgeoise, 1887
  • Pourquoi et comment je suis boulangiste, 1887

Décorations[modifier | modifier le code]

  • Chevalier de la Légion d'honneur (18 janvier 1871)
  • Officier de la Légion d'honneur (1902)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire biographique de la Loire-Inférieure, Éditions Henri Jouve, coll. « Dictionnaires départementaux », Paris, 1895 (disponible : Archives départementales 44). Une notice assez longue (4 pages).
  • Pierre Lamandé[12], (2010) « Une personnalité du monde de l’Éducation nouvelle: Charles Ange Laisant (1841–1920) et son combat politique pour une éducation rationnelle fondée sur la science », dans Paedagogica Historica, :Article en ligne 7 octobre 2010
  • Jérôme Auvinet, « Charles-Ange Laisant. Itinéraires et engagements d'un mathématicien, d'un siècle à l'autre (1841-1920). », thèse de l'université de Nantes, 2011. Sous la direction de Mme Evelyne Barbin
  • « Charles-Ange Laisant », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore].
  • Léo Campion, Le drapeau noir, l'équerre et le compas, Éditions Alternative Libertaire (Bruxelles), 1996, lire en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]

État civil :
  • AD44
    • Acte de naissance de Charles-Ange Laisant : Indre, 1841, 2 novembre, vue 20 (né la veille)
    • Acte de mariage de Benjamin Laisant et Alida Lucie Jeanne Thuez : Rezé, 1841, 4 janvier, vue 1. Témoins : Émilien François, rentier, de Machecoul, oncle de l’époux ; Jean-Marie Rousseau, notaire, de Pont-Rousseau ; Marie François Joseph Le Sant, pharmacien, de Nantes ; François Antoine Prévot, commis négociant, 22 ans, de Nantes.
  • Colombarium du cimetière du Père-Lachaise : Charles-Ange, Maurice, Charles
Sources

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Né le 28 décembre 1822 à Nantes, fils de Jean Marie Laisant, propriétaire rentier, demeurant à Alger, non présent au mariage et de Madeleine Rose François, demeurant à Rezé (Pont-Rousseau).
  2. Benjamin est encore étudiant en droit au moment de son mariage en janvier 1841.
  3. Née en 1815 à Brest, fille de Joseph-François-Julien-Jocelyn Thuez, capitaine au long cours, demeurant à Charenton-Saint-Maurice (Seine), présent au mariage, et d'Anne Marie Quinty, décédée à Saint-Pierre de la Martinique le 3 septembre 1823.
  4. Indre comprend trois agglomérations : Basse-Indre, chef-lieu, et Haute-Indre sur la rive droite de la Loire, Indret sur la rive gauche.
  5. L'ascendance de Charles Laisant (grands-parents) ne fait apparaître aucun Guépin. Peut-être s'agit-il d'une parenté par alliance ? On peut noter la présence comme témoin au mariage de ses parents du beau-père d'Ange Guépin, Marie-François Le Sant. On pourrait penser qu'Ange Guépin assistait au mariage et que le second prénom de Charles-Ange vient de lui.
  6. Père de Pierre Waldeck-Rousseau (1846-1904)
  7. Cf. site Assemblée nationale
  8. Anciens présidents de la SMF — 1873–2006
  9. Cf. "Liens externes"
  10. Né le 1er juin 1873, mort le 23 novembre 1928. Il a deux fils : Charles et Maurice, tous deux militants anarchistes.
  11. Né le 22 janvier 1911 et mort le 17 décembre 1958 à Asnières. Cf. Ephéméride anarchiste
  12. Université de Nantes.