Stig Dagerman

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Stig Dagerman

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Stig Dagerman avec sa seconde épouse Anita Björk (ca. 1950)

Activités écrivain, compositeur, poète
Naissance 5 octobre 1923
Älvkarleby
Décès 4 novembre 1954 (à 31 ans)
Danderyd
Langue d'écriture suédois

Œuvres principales

  • Le Serpent (1945)
  • L'Île des condamnés (1946)
  • Automne allemand (1947)
  • L'Enfant brûlé (1948)
  • Ennuis de noces (1949)
  • Notre besoin de consolation (1952)

Stig Dagerman, né le 5 octobre 1923 à Älvkarleby et mort le 4 novembre 1954 à Danderyd, est un écrivain et journaliste suédois.

Il est l'un des écrivains suédois les plus importants des années 1940. De 1945 à 1949, il publie avec un succès considérable un grand nombre d'œuvres littéraires et journalistiques. Puis soudain, et sans raison apparente, il cesse d'écrire. C'est au cours de l'automne 1954 que les Suédois apprennent avec étonnement que Stig Dagerman, l'écrivain le plus emblématique de sa génération, a été retrouvé mort dans sa voiture dont il avait fermé les portières et laissé le moteur tourner.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfant d'un père ouvrier, il est élevé par ses grands-parents à la campagne. Il arrive à Stockholm en 1932 pour vivre avec son père et finir ses études.

Il amorce sa carrière littéraire en 1941, d'abord comme journaliste pour des journaux syndicaux où il s'occupe de la section culturelle.

En août 1943, il épouse Annemarie Götze, fille de réfugiés allemands, pour qu'elle puisse bénéficier de la nationalité suédoise et rester en Suède, son père, militant anarcho-syndicaliste, étant activement recherché en Allemagne. Des relations entre Annemarie et Stig Dagerman, on ne sait pas beaucoup plus. Le recueil de chroniques Automne allemand (Tysk Höst), ayant pour toile de fond l'après-guerre tragique de l'Allemagne, est dédié à Annemarie.

En 1945, la parution de son premier roman, Le Serpent (Ormen), le consacre comme le porte-drapeau de la nouvelle vague littéraire suédoise.

En 1946-1947, il est envoyé en Allemagne « année 1 » pour constater les dégâts des bombardements et témoigner pour son journal de la misère et de la pauvreté qui y règnent. Anarchiste engagé, il rentre dans les caves inondées où vivent les rescapés de la tragédie nazie, témoigne des conditions infernales, de la famine, de la haine et de la souffrance, sans pour autant oublier l'horreur d'hier.

Romans et succès littéraires se succèdent ensuite pendant quatre ans. Mais à partir de 1949, Dagerman se trouve dans l'incapacité d'écrire. Divorcé d'Annemarie en 1950, remarié en 1953 avec l'actrice Anita Björk, trop accaparé par sa vie sentimentale, il a la certitude de ne pas être à la hauteur des espoirs que le public avait mis en lui. Le 4 novembre 1954, il se suicide dans sa résidence en banlieue de Stockholm.

Il laisse dans le deuil sa femme et ses garçons, dont l'un sera le père de Dan Levy Dagerman, acteur et metteur en scène basé à Los Angeles[1].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Dans son œuvre, Dagerman aborde les grandes préoccupations universelles telles que la moralité et la conscience, la sexualité, la philosophie sociale, l'amour, la compassion et la justice. Il sonde la douloureuse réalité de l'existence et dissèque les émotions telles que la peur, la culpabilité et la solitude. Mais ces sujets plutôt graves ne l'empêchent pas de montrer un véritable sens de l'humour qui donne à certains de ses textes une dimension burlesque ou satirique.

Les années 1980 ont vu naître un regain d'intérêt pour l'œuvre et la vie de Stig Dagerman. Son œuvre complète, réunie en onze volumes, est maintenant disponible.

Des artistes, tant en Suède qu'à l'étranger, mettent ses textes en musique. Plusieurs de ses nouvelles et romans ont été adaptés au cinéma.

L'œuvre de Dagerman a été traduite en plusieurs langues, et son travail s'est révélé une source d'inspiration pour les lecteurs, écrivains, musiciens et cinéastes de Suède et d'ailleurs.

Prix Dagerman[modifier | modifier le code]

En Suède, la société Stig Dagerman attribue chaque année un prix portant son nom aux personnes qui, comme lui, cherchent à promouvoir la compréhension. En 2008, le prix Stig Dagerman a été remis à l'écrivain français J. M. G. Le Clézio, qui, peu de temps après, a aussi reçu le prix Nobel de littérature.

Bibliographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Le Serpent, Denoël, 1985 ((sv) Ormen, 1945), roman
    Réédité chez Gallimard en 1993 puis 2001
  • Le Condamné à mort ((sv) Den dödsdömde, 1946), théâtre
  • L'Île des condamnés, Denoël, coll. « Les Lettres Nouvelles », 1972 ((sv) De dömdas ö, 1946), trad. Jeanne Gauffin, roman
    Réédité chez Agone en 2009. Présentation de l'éditeur
  • Automne allemand, Actes Sud, 1989 ((sv) Tysk höst, 1947), trad. Philippe Bouquet, chroniques
    Réédité chez Actes Sud en 1999 puis 2004
  • Printemps français, Ludd, 1995 ((sv) Fransk Vär, 1948), trad. Philippe Bouquet, chroniques
    Suivi de Poèmes satiriques
  • Jeux de la nuit ((sv) Nattens lekar, 1948), nouvelles
  • L'Enfant brûlé, Gallimard, 1956 ((sv) Bränt Barn, 1948), trad. Élisabeth Backlund, roman
    Réédité chez Gallimard, coll. « L'Imaginaire », en 1981
  • Ennuis de noces, Maurice Nadeau / Papyrus, 1982 ((sv) Bröllopsbesvär, 1949), trad. Carl Gustaf Bjurström et Lucie Albertini, roman
    Réédité chez 10/18 en 1993
  • Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Actes Sud, 1993 ((sv) Vårt behov av tröst, 1952), trad. Philippe Bouquet, essai
  • Mille ans chez Dieu ((sv) Tusen år hos Gud, 1954), recueil posthume
  • Dieu rend visite à Newton, Denoël, coll. « Les Lettres Nouvelles », 1976, trad. Élisabeth Backlund et Carl Gustaf Bjurström, nouvelles
    Recueil de 9 nouvelles
    Réédition, Dieu rend visite à Newton, Éditions du Chemin de fer, 2009, trad. Carl Gustaf Bjurström, nouvelle
    Illustrations de Mélanie Delattre-Vogt. Présentation de l'éditeur
  • Les Wagons rouges ((sv) De röda vagnarna, Maurice Nadeau, 1987), trad. Carl Gustaf Bjurström et Lucie Albertini, nouvelles
  • Le Froid de la Saint-Jean, Maurice Nadeau, 1988, trad. Carl Gustaf Bjurström et Lucie Albertini, nouvelles
  • Notre plage nocturne ((sv) Vår nattliga badort, Maurice Nadeau, 1988), trad. Carl Gustaf Bjurström et Lucie Albertini, nouvelles
    Recueil de 10 nouvelles
  • L'Arriviste suivi de Le Jeu de la vérité, Actes Sud, coll. « Papiers », 1991, trad. Philippe Bouquet, théâtre
  • Billets quotidiens, Cent pages, coll. « Cosaques », 2002 ((sv) Dagsedlar), poésie
    Poèmes publiés entre 1944 et 1954
  • Tuer un enfant, Agone, 2007 ((sv) Att döda ett barn), trad. Élisabeth Backlund, nouvelles
  • La Dictature du chagrin & et autres écrits amers (1945-1953), Agone, 2009, essai

Ouvrages sur Dagerman[modifier | modifier le code]

  • Karin Dahl, La réception de l'œuvre de Stig Dagerman en France : La consécration d'un écrivain étranger, L'Harmattan, coll. « Classiques pour demain », 2010, essai
  • Björn Ranelid, Mon nom sera Stig Dagerman, Albin Michel, 1995, roman
  • Georges Ueberschlag, Stig Dagerman ou l'innocence préservée. Une biographie, L'Élan, 1996, essai
  • Rikard Apelgren, En dröm i Lagarnas hus. Ögonblicket, människan och det transcendenta. Studier i Stig Dagermans diktning (A Dream in the House of Law: The Moment, Man and the Transcendent: Studies in the Writings of Stig Dagerman), 2010, thèse de doctorat en littérature comparée à l'université de Stockholm

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • En 1989, le compositeur français Denis Dufour achève la composition d'une œuvre de musique acousmatique, d'une durée de 67'22, intitulée Notre besoin de consolation est impossible à rassasier. Le texte de Stig Dagerman y est lu par Thomas Brando. Commencée durant l'été 1987, elle est créée à Paris le 16 janvier 1989 à l’auditorium 104 de la Maison de Radio France, dans le cadre du Cycle acousmatique de l’Ina-GRM. En 1991, elle est publiée sur disque compact dans les collections discographiques du GRM sous la référence INA C1010.
  • Dans leur album intitulé Banco, publié fin 2007, les Têtes Raides font une lecture de Notre besoin de consolation est impossible à rassasier.
  • Dans son album Brûle, publié en 2001, Miossec utilise la citation "Notre besoin de consolation est impossible à rassasier" sur la chanson "Consolation".

Références[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]