Jaime Semprun

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Jaime Semprun

Activités Écrivain
Éditeur
Naissance 26 juillet 1947
Paris, France Flag of France.svg
Décès 3 août 2010 (à 63 ans)
Paris, France Flag of France.svg
Langue d'écriture Français
Genres Critique sociale

Œuvres principales

  • La Guerre sociale au Portugal (1975)
  • La Nucléarisation du monde (1980)
  • Discours préliminaire de l'Encyclopédie des Nuisances (1984)
  • Dialogues sur l'achèvement des temps modernes (1993)
  • L'Abîme se repeuple (1997)
  • Apologie pour l'insurrection algérienne (2001)
  • Défense et illustration de la novlangue française (2005)
  • Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable (2008)

Jaime Semprun est un écrivain, essayiste, traducteur et éditeur français né le 26 juillet 1947 à Paris et mort le 3 août 2010[1]. Il a fondé et dirigé les Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances depuis 1991.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lié au réalisateur Philippe Garrel — il apparaît dans un de ses films, Le Lit de la Vierge, sorti en 1970 aux côtés de Zouzou et de Valérie Lagrange — et auteur lui-même d'un court-métrage, Le Meurtre du père (1968)[2], et d'un long-métrage, La Sainte Famille (1968)[3], Jaime Semprun s'intéresse ensuite à la question sociale et à l'Internationale situationniste[4]. Entre 1970 et 1971, il participe à la rédaction du livre de son oncle Carlos Semprún Maura, Révolution et contre-révolution en Catalogne (1936-1937)[5]. Après s'être rapproché de Guy Debord par l'intermédiaire de l'ex-situationniste Eduardo Rothe, il est l'auteur de deux essais aux éditions Champ libre au cours des années 1970 : La Guerre sociale au Portugal et Précis de récupération. Jaime Semprun écrit ensuite des textes en collaboration avec Miguel Amorós publiés en 1977 sous le nom de Los Incontrolados qui contestent radicalement le processus de "Transition démocratique" espagnole (Manuscrito encontrado en Vitoria, en français, Manuscrit trouvé à Vitoria) et soutiennent le mouvement ouvrier autonome révolutionnaire. Il participe de façon épisodique à la revue L'Assommoir de Roger Langlais.

En 1980, il publie La Nucléarisation du monde, essai dénonçant les méfaits de l'énergie nucléaire. Jaime Semprun est par la suite à l'origine de la création du groupe et de la revue post-situationniste de l'Encyclopédie des Nuisances, dont il est le principal animateur. Quinze numéros sont publiés entre 1984 et 1992, avant que la revue ne devienne, en 1991, une maison d'édition, les Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances.

Jaime Semprun s'est beaucoup investi avec Anne Krief (sa compagne) et Michel Pétris dans la traduction et publication des textes de George Orwell encore inédits en France aux éditions Ivrea en coédition avec les éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, entreprise qu'il a commencée, selon l'expression de Christophe Bourseiller, « sous les auspices » de Guy Debord et Gérard Lebovici[6]. Quatre volumes d'Essais, articles, lettres d'Orwell paraissent ainsi entre 1995 et 2001.

Semprun développe, au fil de ses ouvrages et des publications qu'il édite, une critique radicale de l'État et de la société industrielle. À ce titre, il participe de la mouvance anti-industrielle[7].

Dans son ouvrage Défense et illustration de la novlangue française publié en 2005, Jaime Semprun analyse la transformation de la langue française à l'époque de l'omniprésence de la technique et de l'informatique.

Défense et illustration de la novlangue française

En 2008, quarante ans après Mai 68, Jaime Semprun publie Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, écrit en collaboration avec René Riesel, ouvrage dans lequel il poursuit sa critique de la société industrielle contemporaine, et notamment celle de ses pseudo-contestataires tels que les divers gauchismes, les citoyennistes, les partisans de la décroissance, ou l'écologisme d'État. Ce livre comporte en annexe la critique de l'ouvrage d'Anselm Jappe, Les Aventures de la marchandise.

En 2009, il réédite avec une préface inédite le Discours préliminaire de l'Encyclopédie des Nuisances vingt-cinq ans après sa première publication en 1984.

Jaime Semprun décède d'une hémorragie cérébrale le 3 août 2010 à l'âge de 63 ans[8].

En janvier 2011, les Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances publient un texte posthume de lui intitulé Andromaque, je pense à vous !. Ce texte inédit, écrit en 2000 pour le premier anniversaire de la mort de sa mère Loleh Bellon (1925-1999), est une dérive sentimentale dans Paris. Il est suivi de deux essais, restés à l'état de fragments, sur le peintre Pascal Vinardel et l'abolition de l'art par la société de masse.

Liens de parenté[modifier | modifier le code]

Jaime Semprun est le fils de la comédienne et dramaturge Loleh Bellon et de l'écrivain Jorge Semprún[9], et le petit-fils de la photographe Denise Bellon, qui a fait de lui des portraits d'enfant, et le neveu de l'écrivain Carlos Semprún Maura. L'écrivain Claude Roy était son beau-père tandis que Diego Semprun était son cousin.

Publications[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

L'abîme se repeuple
  • La Guerre sociale au Portugal, Champ Libre, Paris, 1975 (ISBN 2-85184-037-1)
  • Précis de récupération, illustré de nombreux exemples tirés de l'histoire récente, Champ Libre, 1976
  • (es) Los Incontrolados, Manuscrito encontrado en Vitoria, 1977, réédition Pepitas de calabaza, 2014.
  • La Nucléarisation du monde, Éditions de l'Assommoir, 1980, pamphlet collectif republié sous son seul nom après la catastrophe de Tchernobyl aux Éditions Gérard Lebovici/Champ Libre, 1986, puis aux Éditions Ivrea, 2008 (ISBN 2-85184-172-6)
  • Dialogues sur l'achèvement des temps modernes, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 1993, Paris, 143 p. (ISBN 2-910386-00-7)
  • L'Abîme se repeuple, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 1997, 85 p. (ISBN 2-910386-06-6)
  • Editions Ivrea et Encyclopédie des Nuisances, George Orwell devant ses calomniateurs, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances en coédition avec Ivrea, 1997
  • Encyclopédie des Nuisances, Remarques sur l'agriculture génétiquement modifiée et la dégradation des espèces, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 1999 (ISBN 2-910386-09-0)
  • Apologie pour l'insurrection algérienne, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2001. (ISBN 2-910386-17-1)
  • Défense et illustration de la novlangue française, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2005 (ISBN 2-910386-22-8)
  • Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2008, 136 p. (avec René Riesel) (ISBN 978-2-910386-28-3)
  • Discours préliminaire de l'Encyclopédie des nuisances (novembre 1984), Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2009 (ISBN 2-910386-30-6[à vérifier : ISBN invalide])
  • Andromaque, je pense à vous !, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2011 (ISBN 978-2-910386-38-2)

Traductions[modifier | modifier le code]

  • George Orwell, traduction en collaboration avec Anne Krief, Michel Pétris et Bernard Pecheur :
    • Essais, articles, lettres, quatre volumes, éditions Ivrea / éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, Paris, 1995-2001
    • Dans le ventre de la Baleine et autres essais (1931-1943), éditions Ivrea / éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2005
      Édition abrégée des Essais, articles, lettres.
    • Tels, tels étaient nos plaisirs et autres essais (1944-1949), éditions Ivrea / éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, Paris, 2005
      Édition abrégée des Essais, articles, lettres.

Correspondance[modifier | modifier le code]

  • Éditions Champ Libre, Correspondance, vol. 1, éditions Champ Libre, Paris, 1978.
    Quelques lettres de Jaime Semprun.
  • Guy Debord, Correspondance, volumes "0", 5 et 6, Fayard, Paris, 2005, 2007 et 2010.
Les lettres de Guy Debord à Jaime Semprun sont réunies dans ces trois volumes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Communiqué des Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances annonçant sa mort.
  2. Entrée Jaime Semprun sur l'Internet Movie Database.
  3. « Les bruits de la ville », Le Nouvel Observateur, 27 mars 1968.
  4. Christophe Bourseiller, op. cit., p. 343-344.
  5. Préface de Miguel Amorós à la réédition de Manuscrito encontrado en Vitoria, éd. Pepitas de calabaza, 2014
  6. Christophe Bourseiller, op. cit., p. 409.
  7. « Jaime Semprun a incarné le meilleur du post-situationnisme au travers de la critique sans concession – mais dans une langue superbe – des divers aspects d’une société industrielle en phase d’autodestruction : obsolescence, novlangue, déculturation » écrivait Éric Conan peu après sa mort (« Jaime Semprun, le décès de l'immédiatique éditeur d'Orwell », Marianne 2, 21 août 2010).
  8. Andromaque, je pense à vous !, p. 27, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2011.
  9. Christophe Bourseiller, Vie et mort de Guy Debord, Plon, 1999, p. 340.

Liens[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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