Joseph Brodsky

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Joseph Brodsky

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Joseph Brodsky, 1988

Nom de naissance Иосиф Александрович Бродский
Activités Écrivain
Naissance 24 mai 1940
Leningrad, URSS
Décès 28 janvier 1996
New York, États-Unis
Genres Poésie
Distinctions Prix Nobel de littérature en 1987
Joseph Brodsky, c. 1972

Joseph Brodsky (en russe : Иосиф Александрович Бродский, Iossif Aleksandrovitch Brodski) est un poète russe né à Léningrad le 24 mai 1940 et mort à New York le 28 janvier 1996. Il est lauréat du prix Nobel de littérature en 1987.

Biographie[modifier | modifier le code]

Brodsky est issu d'une famille juive russe démunie de Léningrad. Il interrompt ses études à l'âge de 16 ans et vit de divers petits métiers. Il apprend seul le polonais et surtout l'anglais, puis s'initie en autodidacte aux sciences humaines ainsi qu'à l'histoire, la littérature, la philosophie et la mythologie. Il intègre les cercles littéraires d'Union des républiques socialistes soviétiques et fréquente entre autres Evgueni Reïn et Anna Akhmatova. Impressionnée par la force de ses premiers textes, cette dernière le pousse à persévérer comme poète.

Alors que sa popularité ne cesse de croître en Union soviétique, il est arrêté en 1964 et condamné pour « parasitisme social » à cinq ans de déportation dans l'oblast d'Arkhangelsk. Libéré un an plus tard, il rentre à Léningrad, mais n'arrive pas à faire publier ses ouvrages. Constamment surveillé, il est expulsé d'URSS en juin 1972. Après un bref séjour à Vienne, où il est accueilli par W. H. Auden, il s'établit aux États-Unis. À l'instar de Vladimir Nabokov, il écrit des articles en anglais, regroupés plus tard dans le recueil Loin de Byzance.

Brodsky entame ensuite l'écriture de poèmes en langue anglaise et traduit du russe certaines de ses compositions, arrivant à retrouver les acrobaties rythmiques et verbales des versions originales. Il publie par ailleurs ses travaux dans les plus grandes revues littéraires des États-Unis.

Accédant à la citoyenneté américaine en 1977, il enseigne à l'Université du Michigan et devient une figure marquante des milieux intellectuels new-yorkais. Ce statut accroît son prestige international et lui permet de donner des conférences dans le monde entier.

Dans son discours de réception du prix Nobel en 1987, l'auteur mentionne quatre noms comme influences déterminantes pour ses travaux : Akhmatova, Auden, Marina Tsvetaïeva et Robert Frost. Son œuvre doit beaucoup à la tradition péterbourgeoise des acméistes et plus encore à la poésie anglophone (particulièrement les poètes métaphysiques) à qui il emprunte l'inquiétude métaphysique, la préciosité de la forme et la versification savante. On retrouve dans certaines de ses strophes alambiquées un hommage à la poésie élisabéthaine dont il reprend le jeu des rejets et contre-rejets et de rimes finales ou intérieures. Sa poésie constitue une réflexion dense sur la langue (syntaxe, versification, symbolique, étymologie) et concilie inspiration quotidienne et vision épique et mythologique.

En 1990, il épouse Maria Sozzani dont il aura une fille.

Joseph Brodsky meurt à New York le 28 janvier 1996 des suites d'une crise cardiaque. Il est enterré sur l'île de San Michele, l'île-cimetière de Venise. Joseph Brodsky aimait particulièrement l'Italie et trouvait la traduction en italien de ses poèmes excellente, celle-ci utilisant le même système de rimes que celui de la poésie russe.

Parmi ses recueils de poèmes, on note La Procession (1962), Collines (1962), Isaac et Abraham (1962), Élégie à John Donne (1963), Gortchakov et Gorbounov (1965-1968), La Partie du discours (1977), Nouvelles Stances (1983), Urania (1987). Il est également l'auteur de pièces de théâtre telles que Le Marbre (1984) et Démocratie (1990). Il a aussi signé quelques essais critiques comme Loin de Byzance (1988) puis une Histoire du XXe siècle (1986).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Solomon Volkov, Conversations avec Joseph Brodsky, Anatolia/Le Rocher, 2003
  • Yves Leclair, "Un hiver avec Joseph Brodsky", "Bonnes compagnies", éd. Le Temps qu'il fait, 1998.
  • Emmanuel Carrère, Limonov, éd. P.O.L., 2011. E. Carrère, dans sa biographie d'Édouard Limonov, rapporte à plusieurs reprises le mépris que cet écrivain russe éprouvait pour Brodsky.

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