Pierre Bénichou
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Pierre Bénichou est un journaliste français, né le 1er mars 1938 à Oran, en Algérie française.
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[modifier] Éléments biographiques
Pierre Bénichou descend d'une famille juive sépharade[1]. Il passe son enfance à Oran en Algérie dans une famille juive agnostique.
Son père André Benichou est professeur de philosophie et dirige le cours privé le plus important de la ville. En 1941, il a créé le cours Descartes, pour les élèves juifs exclus de l'enseignement public, et demandé à son ami Albert Camus d'y assurer des cours de français[2]. Plus tard, l'école aura pour enseignant Jean Daniel.
La mère de Pierre est la sœur de Georges Dayan, meilleur ami et collaborateur de François Mitterrand.
Le jeune Pierre est élève au lycée Lamoricière, devenu Lycée Pasteur. Arrivé à Paris en 1949 à l'âge de 11 ans, il est élève au lycée Condorcet, avant de s'inscrire à la Sorbonne, qu'il délaisse pour s'orienter vers le journalisme.
[modifier] Presse écrite
D'abord stagiaire à France Soir, il entre comme rédacteur à Paris Jour en 1959. Deux ans plus tard, il est engagé comme grand reporter à Jours de France. Situé politiquement à gauche, il refuse toutefois de s'opposer aux partisans de l'Algérie française. Dès 1963, il préfère rejoindre comme rédacteur en chef adjoint Adam, un mensuel pour hommes axé sur l'art de vivre et la mode. Le rachat du titre par Claude Perdriel en juin 1966 et sa transformation en Nouvel Adam lui permettent d'en prendre la rédaction en chef. Il y reste un an à peine, car Jean Daniel et Claude Perdriel l'appellent au Nouvel Observateur. Cependant, l'hostilité de la rédaction de l'Obs aux prises de position de ce personnage atypique - il se définit lui-même comme un « anti-gaulliste de droite et de gauche »[réf. nécessaire] - retarde son arrivée, et il doit attendre l'automne 1968 pour intégrer l'hebdomadaire, en tant que rédacteur en chef adjoint. Il tente alors de relancer la rubrique Notre Époque, dont Katia D. Kaupp et Jean-Francis Held avaient fait les beaux jours. Il écrit lui même des articles au rythme d'un par mois environ, durant les deux premières années. Son action ne portant pas vraiment ses fruits, il passe la main à Olivier Todd à la rentrée 1970. Toujours rédacteur en chef adjoint, il se concentre sur la réécriture et la confection de titres. Il effectue aussi épisodiquement des interviews ou des portraits, comme celui de François Mitterrand.
À partir de 1971, il écrit rarement plus de trois articles par an, principalement des hommages nécrologiques, et quelques articles sur des sujets de société (prostitution masculine, comportement sexuel des Français, etc). En novembre 1972, il publie dans « Les temps modernes » une enquête sur la prostitution et le masochisme introduite par Gilles Deleuze. Il donne aussi la parole à Bernard Kouchner lors du drame du Biafra, ou à Nicole Gérard sur la condition carcérale.
Promu rédacteur en chef en décembre 1978, il pratique l'interview indiscrète où son interlocuteur perd pied, à l'exemple de Federico Fellini. Ami de Françoise Dolto — qu'il fait découvrir aux lecteurs du Nouvel Obs — il est aussi proche de Coluche[3]. À l'intérieur de la rédaction, il soutient la cause de François Mitterrand dans la course à l'investiture de 1981. Après le départ d'Hector de Galard en 1985, il devient directeur adjoint sans changer fondamentalement de fonctions. Directeur délégué en 1996, il se met progressivement en retrait de la rédaction ; il a aujourd'hui le titre de conseiller de la direction.
[modifier] Radio et télévision
Il fait ses débuts à la radio aux côtés de ses amis Jean Yanne, Jacques Martin et Carlos aux Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL.
Depuis 2000, il est chroniqueur chez Laurent Ruquier sur Europe 1 dans l'émission On va s'gêner. De 2002 à 2007, il apparaît régulièrement à la télévision dans On a tout essayé sur France 2, puis dans On n'a pas tout dit (2007-2008). De 2001 à 2003, il travaille également avec Michel Drucker dans Vivement dimanche prochain.
Il s'essaie à la comédie en 2004 en interprétant le premier rôle de la pièce Grosse Chaleur de Laurent Ruquier, mise en scène par Patrice Leconte.
Durant ces émissions, il manie l'humour et l'ironie pour dénoncer, à sa manière, le racisme et les extrémismes politiques. Et n'oublie pas ses origines pieds noirs. Il aime interpréter les chansons de son enfance et de sa jeunesse.
Europe 1 a été mise en garde deux fois par le CSA, le 20 septembre 2005 puis le 1er février 2010, pour les propos tenus par Pierre Bénichou envers la population polonaise lors de l'émission On va s'gêner[4],[5]. Pierre Bénichou a qualifié la le peuple polonais « d'antisémite »[4],[5], ce qui a conduit l'ambassadeur de Pologne, qui n'a pas apprécié l'humour du chroniqueur, à saisir le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel lorsque Pierre Bénichou a fait sa première sortie ; la polémique s'est conclue par l'envoi à l'ambassadeur de Pologne d'une lettre d'excuses de la station[réf. nécessaire].
Depuis 2008, il participe à l'émission Langue de bois s'abstenir présentée sur Direct 8 par Philippe Labro. Du 2 février 2010 au 1er décembre 2010, Pierre Benichou est un chroniqueur régulier dans l'émission de Laurent Ruquier, On va s'gêner sur France 4 en partenariat avec Europe 1.
[modifier] Bibliographie
Pierre Bénichou a écrit la préface du livre Le Pavé Coluche aux éditions du Cherche-Midi.
[modifier] Cinéma
Avec Manu Booz, Philippe Guillard (scénaristes de Camping) et Alain Chabat, Pierre Bénichou participe en 2010 à l'écriture du scénario de Turf, une comédie dans l'univers des courses hippiques réalisée et co-écrite par Fabien Onteniente[6].
[modifier] Cours à Sciences Po
A la rentrée 2011, Pierre Bénichou devient professeur associé pour 12 séances à Sciences Po, il intervient sur le journalisme. Cependant, il fait le choix de présenter des auteurs classiques aux élèves, ce qui déplaît au responsable qui l'encadre, ce dernier arguant : « Vous les avez choqués ! Ils ont l’impression que vous méprisez leur culture. »[7]. Pierre Bénichou raconte qu'il s'était offusqué du manque de culture des 16 élèves de son cours, qui ne connaissaient pas Federico Garcia Lorca, déclenchant immédiatement une vague d'indignation chez les étudiants, et conduisant ultérieurement à la réaction du responsable de Sciences Po[8]. Au terme de l'entretien, il décide de partir[8], du fait de la distance qui sépare les attentes d'enseignement du responsable du département journalisme du contenu pédagogique proposé par Pierre Bénichou.
[modifier] Distinctions
Pierre Bénichou est officier de la Légion d'honneur et a obtenu le Prix de la Fondation Mumm en 1994.
[modifier] Vie privée
Pierre Bénichou est marié à Alix, journaliste à Marie Claire. Par elle, il est le beau-père de Vincent Lindon[9]. Pierre Bénichou est supporter de l'équipe de football de l'Olympique de Marseille. Il a été maître d'internat au Collège Cévenol International. Il a été un des habitués les plus connus du club parisien Chez Castel[10],[11] jusqu'à sa restructuration qui a débuté en juin 2010. Ses amis célèbres sont Claude Brasseur ou encore Jean-Jacques Debout.
Pierre Benichou est aussi le neveu de l'historien de la littérature Paul Benichou[12].
[modifier] Notes et références
- « [Benichou] est un nom berbère dans lequel ben est une arabisation de aït, « le fils ». Il renvoie à la tribu des Aït Ishou, vers Meknès » - cf. J. Osti, Le dictionnaire des noms
- (fr) Extraits de "Camus ou les promesses de la vie" sur evene.fr
- Dans la chanson de Coluche Misère, c'est bien lui le Pierre Bénichou crédité pour la musique bien qu'il n'ait pas composé la chanson
- (fr) « Émission On va se gêner du 29 juin 2005 : lettre à Europe 1 » sur le site du CSA, 20 septembre 2005
- (fr) « Émission On va s’gêner : Europe 1 mise en garde » sur le site du CSA, 1er février 2010
- (fr) Fabien Onteniente multifacettes sur leparisien.fr, 7 novembre 2010
- A Sciences Po, Rimbaud est un facho
- [1]
- (fr) Sans tenue de gala sur liberation.fr, 11 septembre 1996
- (fr) J'ai 4 heures pour visiter... Paris by night sur lexpansion.com, 1er décembre 2003
- (fr) Pierre Bénichou chez Castel sur purepeople.fr, 25 juin 2009
- (fr) Europe1 - On va s'gêner, Pierre Benichou évoque son oncle