Pierre Bénichou

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bénichou.

Pierre Bénichou

Nom de naissance Pierre Daniel Bénichou
Alias
Bob du grand huit
Le beau Pedro, roi du tango
La Béniche
Tonton merguez
Papy Gaga[1]
El Discreto
Naissance 1er mars 1938 (76 ans)
Oran, Algérie)
Nationalité Drapeau de la France Français
Profession journaliste, chroniqueur
Distinctions

Pierre Daniel Bénichou est un journaliste français, né le 1er mars 1938 à Oran.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Pierre Bénichou descend d'une famille juive sépharade[3]. Il passe son enfance à Oran, en Algérie, dans une famille juive agnostique.
Son père André Benichou est professeur de philosophie et dirige le cours privé le plus important de la ville. Sa mère est la sœur de Georges Dayan, meilleur ami et collaborateur de François Mitterrand.

Le jeune Pierre est élève au lycée Lamoricière, devenu Lycée Pasteur. Arrivé à Paris en 1949 à l'âge de 11 ans, il est élève au lycée Condorcet, avant de s'inscrire à la Sorbonne, qu'il délaisse pour s'orienter vers le journalisme.

Presse écrite[modifier | modifier le code]

D'abord stagiaire à France-Soir, il entre comme rédacteur à Paris Jour en 1959. Deux ans plus tard, il est engagé comme grand reporter à Jours de France. Situé politiquement à gauche, il refuse toutefois de s'opposer aux partisans de l'Algérie française. Dès 1963, il préfère rejoindre comme rédacteur en chef adjoint Adam, un mensuel pour hommes axé sur l'art de vivre et la mode. Le rachat du titre par Claude Perdriel en juin 1966 et sa transformation en Nouvel Adam lui permettent d'en prendre la rédaction en chef. Il y reste un an à peine, car Jean Daniel et Claude Perdriel l'appellent au Nouvel Observateur. Cependant, l'hostilité de la rédaction de l'Obs aux prises de position de ce personnage atypique - il se définit lui-même comme un « anti-gaulliste de droite et de gauche »[réf. nécessaire] - retarde son arrivée, et il doit attendre l'automne 1968 pour intégrer l'hebdomadaire, en tant que rédacteur en chef adjoint. Il tente alors de relancer la rubrique Notre Époque, dont Katia D. Kaupp et Jean-Francis Held avaient fait les beaux jours. Il écrit lui-même des articles au rythme d'un par mois environ, durant les deux premières années. Son action ne portant pas vraiment ses fruits, il passe la main à Olivier Todd à la rentrée 1970. Toujours rédacteur en chef adjoint, il se concentre sur la réécriture et la confection de titres. Il effectue aussi épisodiquement des interviews ou des portraits, comme celui de François Mitterrand.

À partir de 1971, il écrit rarement plus de trois articles par an, principalement des hommages nécrologiques, et quelques articles sur des sujets de société (prostitution masculine, comportement sexuel des Français, etc). En novembre 1972, il publie dans « Les temps modernes » une enquête sur la prostitution et le masochisme introduite par Gilles Deleuze. Il donne aussi la parole à Bernard Kouchner lors du drame du Biafra, ou à Nicole Gérard sur la condition carcérale.

Promu rédacteur en chef en décembre 1978, il pratique l'interview indiscrète où son interlocuteur perd pied, à l'exemple de Federico Fellini. Ami de Françoise Dolto — qu'il fait découvrir aux lecteurs du Nouvel Obs — il est aussi proche de Coluche[4]. À l'intérieur de la rédaction, il soutient la cause de François Mitterrand dans la course à l'investiture de 1981. Après le départ d'Hector de Galard en 1985, il devient directeur adjoint sans changer fondamentalement de fonctions. Directeur délégué en 1996, il se met progressivement en retrait de la rédaction ; il a aujourd'hui le titre de conseiller de la direction.

Radio et télévision[modifier | modifier le code]

Il fait ses débuts à la radio aux côtés de ses amis Jean Yanne, Jacques Martin et Carlos aux Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL.

Depuis 2000, il est chroniqueur chez Laurent Ruquier sur Europe 1 dans l'émission On va s'gêner. Il apparaît régulièrement à la télévision dans On a tout essayé sur France 2 (2002-2007), puis dans On n'a pas tout dit (2007-2008). De 2001 à 2003, il travaille également avec Michel Drucker dans Vivement dimanche prochain.

Il s'essaie à la comédie en 2004 en interprétant le premier rôle de la pièce Grosse Chaleur de Laurent Ruquier, mise en scène par Patrice Leconte.

Europe 1 a été mise en garde deux fois par le CSA, le 20 septembre 2005 puis le 1er février 2010, pour les propos tenus par Pierre Bénichou envers la population polonaise lors de l'émission On va s'gêner[5],[6]. Pierre Bénichou a qualifié le peuple polonais « d'antisémite »[5],[6], ce qui a conduit l'ambassadeur de Pologne, qui n'a pas apprécié l'humour du chroniqueur, à saisir le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel lorsque Pierre Bénichou a fait sa première sortie ; la polémique s'est conclue par l'envoi à l'ambassadeur de Pologne d'une lettre d'excuses de la part de la station[réf. nécessaire].

Depuis 2008, il participe à l'émission Langue de bois s'abstenir présentée sur Direct 8 par Philippe Labro. Du 2 février 2010 au 1er décembre 2010, Pierre Benichou est un chroniqueur régulier dans l'émission de Laurent Ruquier, On va s'gêner sur France 4 en partenariat avec Europe 1.

De janvier 2014 à mars 2014, il fait partie de la bande de chroniqueurs de la quotidienne L'Émission pour tous diffusée sur France 2 et présentée par Laurent Ruquier.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pierre Bénichou a écrit la préface du livre Le Pavé Coluche au Cherche midi.

Cinéma[modifier | modifier le code]

En 1959, à l'occasion d'une interview de Jean-Claude Pascal qui était en Bretagne pour un tournage, Pierre Bénichou se retrouve à jouer le rôle du fils de l'armateur dans Pêcheur d'Islande, film réalisé par Pierre Schoendoerffer.

Avec Manu Booz, Philippe Guillard (scénaristes de Camping) et Alain Chabat, Pierre Bénichou participe en 2010 à l'écriture du scénario de Turf, une comédie dans l'univers des courses hippiques réalisée et coécrite par Fabien Onteniente[7].

Cours à Sciences Po[modifier | modifier le code]

À la rentrée 2011, Pierre Bénichou devient professeur associé pour 12 séances à Sciences Po, il intervient sur le journalisme. Cependant, il fait le choix de présenter des auteurs classiques aux élèves, ce qui déplaît au responsable qui l'encadre, ce dernier arguant : « Vous les avez choqués ! Ils ont l’impression que vous méprisez leur culture. »[8]. Pierre Bénichou raconte qu'il s'était offusqué du manque de culture des 16 élèves de son cours, qui, selon lui, ne connaissaient pas Federico García Lorca, déclenchant immédiatement une vague d'indignation chez les étudiants, et conduisant ultérieurement à la réaction du responsable de Sciences Po[9]. D'après ce que rapporte Pierre Bénichou, au terme de l'entretien, il décide de partir[9], du fait de la distance qui sépare les attentes d'enseignement du responsable du département journalisme du contenu pédagogique qu'il propose.

La chronique que Pierre Bénichou publie dans Le Nouvel Observateur à propos de son expérience suscite un droit de réponse de la part du directeur et de la directrice exécutive de l'école de journalisme de Sciences Po dans le même hebdomadaire[10]. Selon eux, ce qui a justifié l'arrêt des cours est l'« échec pédagogique » de Pierre Bénichou, non sur le fond, Sciences Po estimant que le journaliste avait eu raison de traiter des auteurs classiques, mais sur la forme. Ils évoquent en effet une « narration très personnelle » et des « propos imagés » qui ont choqué les étudiants. Finalement, la direction de l'école de journalisme constate « l'incompréhension survenue entre les élèves et M. Bénichou », qui justifie l'arrêt du cours après trois séances.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Pierre Bénichou est promu officier de la Légion d'honneur en 2002[2] et a obtenu le Prix de la Fondation Mumm en 1994[réf. nécessaire].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Pierre Bénichou était marié à Alix Dufaure, journaliste à Marie Claire décédée le 2 mai 2012 à Paris[11]. Par celle-ci, divorcée en premières noces de Laurent Lindon, il est devenu le beau-père de Vincent Lindon[12].

Pierre Bénichou a été maître d'internat au Collège Cévenol International.Pierre Bénichou est supporter de l'équipe de football de l'Olympique de Marseille. Il a été un des habitués les plus connus du club parisien Chez Castel[13],[14] jusqu'à sa restructuration qui a débuté en juin 2010. Ses amis célèbres sont Claude Brasseur, Jean-Jacques Debout, Laurent Ruquier ou encore Jean Paul Gaultier.

Pierre Bénichou est aussi le neveu de l'historien de la littérature Paul Bénichou[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On va s'gêner, émission Europe1 du 14 novembre 2013, consultée le 15 novembre 2013, [1]
  2. a et b Décret du 29 mars 2002 portant promotion et nomination.
  3. « [Benichou] est un nom berbère dans lequel ben est une arabisation de aït, « le fils ». Il renvoie à la tribu des Aït Ishou, vers Meknès » - cf. J. Osti, Le dictionnaire des noms
  4. Dans la chanson de Coluche Misère, c'est bien lui le Pierre Bénichou crédité pour la musique bien qu'il n'ait pas composé la chanson
  5. a et b « Émission On va se gêner du 29 juin 2005 : lettre à Europe 1 » sur le site du CSA, 20 septembre 2005
  6. a et b « Émission On va s’gêner : Europe 1 mise en garde » sur le site du CSA, 1er février 2010
  7. « Fabien Onteniente multifacettes », sur leparisien.fr,‎ 7 novembre 2010
  8. « A Sciences Po, Rimbaud est un facho »
  9. a et b [2]
  10. Le Nouvel Observateur, 19 janvier 2012
  11. « Registre des décès - PARIS », sur avis-de-deces.net (consulté le 11 mai 2012)
  12. « Sans tenue de gala », sur liberation.fr,‎ 11 septembre 1996
  13. « J'ai 4 heures pour visiter... Paris by night », sur lexpansion.com,‎ 1er décembre 2003
  14. « Pierre Bénichou chez Castel », sur purepeople.fr,‎ 25 juin 2009
  15. Europe1 - On va s'gêner, Pierre Bénichou évoque son oncle

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]