Pierre Bénichou

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Pierre Bénichou

Nom de naissance Pierre Daniel Bénichou
Naissance 1er mars 1938 (76 ans)
Oran, Algérie
Nationalité Drapeau de la France Français
Profession
Distinctions

Pierre Daniel Bénichou est un journaliste français, né le 1er mars 1938 à Oran, en Algérie.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Pierre Bénichou descend d'une famille juive sépharade[2]. Il passe son enfance à Oran, en Algérie, dans une famille juive agnostique.
Son père André Benichou est professeur de philosophie et dirige le cours privé le plus important de la ville. Sa mère est la sœur de Georges Dayan, meilleur ami et collaborateur de François Mitterrand.

Le jeune Pierre est élève au lycée Lamoricière, devenu Lycée Pasteur. Arrivé à Paris en 1949 à l'âge de 11 ans, il est élève au lycée Condorcet, avant de s'inscrire à la Sorbonne, qu'il délaisse pour s'orienter vers le journalisme.

Presse écrite[modifier | modifier le code]

D'abord stagiaire à France-Soir, il entre comme rédacteur à Paris Jour en 1959. Deux ans plus tard, il est engagé comme grand reporter à Jours de France. Situé politiquement à gauche, il refuse toutefois de s'opposer aux partisans de l'Algérie française. Dès 1963, il préfère rejoindre comme rédacteur en chef adjoint Adam, un mensuel pour hommes axé sur l'art de vivre et la mode. Le rachat du titre par Claude Perdriel en juin 1966 et sa transformation en Nouvel Adam lui permettent d'en prendre la rédaction en chef. Il y reste un an à peine, car Jean Daniel et Claude Perdriel l'appellent au Nouvel Observateur. Cependant, l'hostilité de la rédaction de l'Obs aux prises de position de ce personnage atypique - il se définit lui-même comme un « anti-gaulliste de droite et de gauche »[réf. nécessaire] - retarde son arrivée, et il doit attendre l'automne 1968 pour intégrer l'hebdomadaire, en tant que rédacteur en chef adjoint. Il tente alors de relancer la rubrique Notre Époque, dont Katia D. Kaupp et Jean-Francis Held avaient fait les beaux jours. Il écrit lui-même des articles au rythme d'un par mois environ, durant les deux premières années. Son action ne portant pas vraiment ses fruits, il passe la main à Olivier Todd à la rentrée 1970. Toujours rédacteur en chef adjoint, il se concentre sur la réécriture et la confection de titres. Il effectue aussi épisodiquement des interviews ou des portraits, comme celui de François Mitterrand.

À partir de 1971, il écrit rarement plus de trois articles par an, principalement des hommages nécrologiques, et quelques articles sur des sujets de société (prostitution masculine, comportement sexuel des Français, etc). En novembre 1972, il publie dans « Les temps modernes » une enquête sur la prostitution et le masochisme introduite par Gilles Deleuze. Il donne aussi la parole à Bernard Kouchner lors du drame du Biafra, ou à Nicole Gérard sur la condition carcérale.

Promu rédacteur en chef en décembre 1978, il pratique l'interview indiscrète où son interlocuteur perd pied, à l'exemple de Federico Fellini. Ami de Françoise Dolto — qu'il fait découvrir aux lecteurs du Nouvel Obs — il est aussi proche de Coluche[3]. À l'intérieur de la rédaction, il soutient la cause de François Mitterrand dans la course à l'investiture de 1981. Après le départ d'Hector de Galard en 1985, il devient directeur adjoint sans changer fondamentalement de fonctions. Directeur délégué en 1996, il se met progressivement en retrait de la rédaction ; il a aujourd'hui le titre de conseiller de la direction.

Radio et télévision[modifier | modifier le code]

Il fait ses débuts à la radio aux côtés de ses amis Jean Yanne, Jacques Martin et Carlos dans l'émission Les Grosses Têtes de Philippe Bouvard sur RTL.

De 2000 à 2014, il est chroniqueur dans l'émission de radio On va s'gêner de Laurent Ruquier sur Europe 1. Il apparaît également à la télévision aux côtés de Laurent Ruquier dans On a tout essayé sur France 2 (2002-2007), dans On n'a pas tout dit sur France 2 (2007-2008) et dans On va s'gêner (2010) sur France 4.

De 2001 à 2003, il est aux côtés de Michel Drucker dans l'émission télévisée Vivement dimanche prochain sur France 2.

Europe 1 a été mise en garde deux fois par le CSA, le 20 septembre 2005 et le 1er février 2010, pour des propos tenus par Pierre Bénichou dans l'émission On va s'gêner[4],[5]. Pierre Bénichou avait qualifié le peuple polonais « d'antisémite »[4],[5]. L'ambassadeur de Pologne, n'ayant pas apprécié l'humour du chroniqueur, avait alors saisi le CSA.

De 2008 à 2011, il participe à l'émission Langue de bois s'abstenir présentée par Philippe Labro sur Direct 8.

De janvier 2014 à mars 2014, il fait partie des chroniqueurs de L'Émission pour tous, diffusée sur France 2 et présentée par Laurent Ruquier.

Le 25 août 2014, il intègre l'émission Les Grosses Têtes, suivant ainsi Laurent Ruquier d'Europe 1 à RTL[6].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Pierre Bénichou a écrit la préface du livre Le Pavé de Coluche, publié le 4 novembre 2010 au Cherche midi[7]. Ce livre rassemble les meilleures répliques, pensées, anectodes et histoires drôles de Coluche.

Cinéma et théâtre[modifier | modifier le code]

En 1959, à l'occasion d'une interview de Jean-Claude Pascal qui était en Bretagne pour un tournage, Pierre Bénichou se retrouve à jouer le rôle du fils de l'armateur dans Pêcheur d'Islande, film réalisé par Pierre Schoendoerffer.

En 2004, il joue au théâtre le personnage principal de la pièce Grosse Chaleur, une comédie de Laurent Ruquier, mise en scène par Patrice Leconte.

En 2010, avec Manu Booz, Philippe Guillard (scénaristes de Camping) et Alain Chabat, Pierre Bénichou participe à l'écriture du scénario de Turf, une comédie dans l'univers des courses hippiques réalisée et coécrite par Fabien Onteniente[8].

En 2013, Pierre Bénichou participe au tournage du film de Tonie Marshall, Tu veux ou tu veux pas, jouant l'amant du personnage interprété par Sylvie Vartan. La scène sera entièrement coupée au montage[9].

Cours à Sciences Po[modifier | modifier le code]

À la rentrée 2011, Pierre Bénichou devient professeur associé pour 12 séances à Sciences Po, intervenant sur le journalisme. Cependant, il fait le choix de présenter des auteurs classiques aux élèves, ce qui déplaît au responsable qui l'encadre, ce dernier arguant : « Vous les avez choqués ! Ils ont l’impression que vous méprisez leur culture. »[10]. Pierre Bénichou raconte qu'il s'était offusqué du manque de culture des 16 élèves de son cours, qui, selon lui, ne connaissaient pas Federico García Lorca, déclenchant immédiatement une vague d'indignation chez les étudiants, et conduisant ultérieurement à la réaction du responsable de Sciences Po[11]. D'après ce que rapporte Pierre Bénichou, au terme de l'entretien, il décide de partir[11], du fait de la distance qui sépare les attentes d'enseignement du responsable du département journalisme du contenu pédagogique qu'il propose.

La chronique que Pierre Bénichou publie dans Le Nouvel Observateur à propos de son expérience suscite un droit de réponse de la part du directeur et de la directrice exécutive de l'école de journalisme de Sciences Po dans le même hebdomadaire[12]. Selon eux, ce qui a justifié l'arrêt des cours est l'« échec pédagogique » de Pierre Bénichou, non sur le fond, Sciences Po estimant que le journaliste avait eu raison de traiter des auteurs classiques, mais sur la forme. Ils évoquent en effet une « narration très personnelle » et des « propos imagés » qui ont choqué les étudiants. Finalement, la direction de l'école de journalisme constate « l'incompréhension survenue entre les élèves et M. Bénichou », qui justifie l'arrêt du cours après trois séances.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Le 25 janvier 1994, Pierre Bénichou, directeur adjoint du Nouvel Observateur, reçoit le prix de la Fondation Mumm, récompensant les journalistes de la presse écrite[13][14].

Il est promu officier de la Légion d'honneur en 2002[1].

Pierre Bénichou fait son entrée dans le Quid, à la rubrique des personnalités, le 10 octobre 2005 (Quid 2006)[15][16].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Pierre Bénichou était marié à Alix Dufaure, journaliste à Marie Claire décédée le 2 mai 2012 à Paris[17]. Par celle-ci, divorcée en premières noces de Laurent Lindon, il est devenu le beau-père de Vincent Lindon[18].

Il a été un des habitués les plus connus du club parisien Chez Castel[19],[20] jusqu'à sa restructuration qui a débuté en juin 2010. Ses amis célèbres sont Claude Brasseur, Jean-Jacques Debout, Laurent Ruquier ou encore Jean Paul Gaultier.

Pierre Bénichou est aussi le neveu de l'historien de la littérature Paul Bénichou[21].

Citations[modifier | modifier le code]

Pierre Bénichou est réputé pour ses bons mots, ses expressions cocasses et ses facéties, notamment lors des émissions de radio de Laurent Ruquier. En voici quelques exemples notoires :

  • « T'habites à combien de kilomètres de Tours toi? »[22]
  • « T'habites à Milan? Bon anniversaire! »[22]
  • « Si tu cours aussi vite que je t'emmerde, tu seras à Paris avant c'soir! »[23]
  • « Qui qu'a mis ça là pis qu'a pas balayé? », pour exprimer (avec humour) son mépris pour quelqu'un.
  • « J'ai plus un poil de sec. », pour exprimer sa peur, souvent de façon ironique.
  • « Ils m'ont refusé dans les SS. Tu sais pourquoi? Trop cruel. »
  • « [nom d'une personne] ? J'l'ai niqué(e)! »
  • « Faut pas aller plus vite que l'électronique ! »
  • « Sans augmentation du prix des consommations, ... ! »
  • « Mon beau-frère Marcel, .... »
  • En allant aux toilettes "Je vais serrer la main au père de mes gosses."
  • « "Jolie comme elle est, elle mériterait d'être conne !"»
  • « Vous cherchez dans mes yeux la paille de l'émoi, N'ai-je pas tout perdu le Pont-Neuf et le Louvre, Et ce n'est pas assez pour vous venger de moi »
  • « Si j'avais l'cul comme t'as la gueule, j'aurais honte de chier! »

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  • Notes et références
  1. a et b Décret du 29 mars 2002 portant promotion et nomination.
  2. « [Benichou] est un nom berbère dans lequel ben est une arabisation de aït, « le fils ». Il renvoie à la tribu des Aït Ishou, vers Meknès » - cf. J. Osti, Le dictionnaire des noms
  3. Dans la chanson de Coluche Misère, c'est bien lui le Pierre Bénichou crédité pour la musique bien qu'il n'ait pas composé la chanson
  4. a et b « Émission On va se gêner du 29 juin 2005 : lettre à Europe 1 » sur le site du CSA, 20 septembre 2005
  5. a et b « Émission On va s’gêner : Europe 1 mise en garde » sur le site du CSA, 1er février 2010
  6. Anne Demoulin, « On a testé: «Les grosses têtes» avec Laurent Ruquier », 20minutes,‎ 25 août 2014 (lire en ligne)
  7. Coluche (préf. Pierre Bénichou), Le Pavé, Cherche midi,‎ 4 novembre 2010, 826 p. (ISBN 978-2-7491-1810-9, lire en ligne)
  8. « Fabien Onteniente multifacettes », sur leparisien.fr,‎ 7 novembre 2010
  9. « L'intégrale des Grosses Têtes du lundi 25 août 2014 », sur RTL.fr (consulté le 14/09/2014) : « 34:15 »
  10. « A Sciences Po, Rimbaud est un facho »
  11. a et b [1]
  12. Le Nouvel Observateur, 19 janvier 2012
  13. « COMMUNICATION PRIX MUMM: André Frossard parmi les lauréats. », Le Monde,‎ 6 février 1994 (lire en ligne)
  14. « Photo prise lors de la remise du PRIX DE LA FONDATION MUMM 1994 », sur Gettyimages.com
  15. Dominique Frémy et Michèle Frémy, Quid 2006, Robert Laffont,‎ 10 octobre 2005, 2175 p. (ISBN 978-2221104484)
  16. « On va s'gêner du 12/10/2005 », sur Podcast-onvasgener.fr
  17. « Registre des décès - PARIS », sur avis-de-deces.net (consulté le 11 mai 2012)
  18. « Sans tenue de gala », sur liberation.fr,‎ 11 septembre 1996
  19. « J'ai 4 heures pour visiter... Paris by night », sur lexpansion.com,‎ 1er décembre 2003
  20. « Pierre Bénichou chez Castel », sur purepeople.fr,‎ 25 juin 2009
  21. Europe1 - On va s'gêner, Pierre Bénichou évoque son oncle
  22. a et b « On va s'gêner du 29/03/2005 (Partie 2) à 17 min », sur Podcast-onvasgener.fr
  23. « Les Grosses Têtes du 15 septembre 2014 », sur RTL.fr : « Extrait : à 25 min »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]