Cipriano Mera

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Cipriano Mera Sanz
Cipriano Mera en 1940.
Cipriano Mera en 1940.

Naissance 4 novembre 1897
Madrid
Décès 24 octobre 1975
Saint-Cloud
Origine français
Cause défendue libertaire
anarcho-syndicalisme

Cipriano Mera Sanz (né le 4 novembre 1897 à Madrid et mort le 24 octobre 1975 à Saint-Cloud) est un militant anarcho-syndicaliste espagnol, dirigeant de la Confédération nationale du travail.

Lors de la guerre d'Espagne, en 1936, il est actif dans la Colonne Durruti pour défendre Madrid. En mars 1937, il est à la tête de la 4eme division républicaine victorieuse des troupes italiennes à Guadalajara, puis promu responsable du 4éme corps d'armée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Cipriano Mera Sanz commence à travailler à l'usine à douze ans ; il n'a jamais été à l'école. A seize ans, il suit une formation pour devenir maçon, et s'inscrit à l'UGT (Union Générale des Travailleurs), syndicat socialiste majoritaire dans la capitale. Après 1921, il se rapprochera des anarcho-syndicalistes et quittera l'UGT en 1923, car il est en désaccord avec la ligne choisie par Largo Caballero - ligne de collaboration avec la dictature de Primo de Rivera. Il milite dès lors à la CNT, puis très probablement à la FAI (Fédération anarchiste ibérique). Mera apprend à lire et à écrire lors de fréquents séjours en prison, et devient l'un des dirigeants du syndicat du bâtiment à Madrid (1931). En décembre 1933, il fonde avec Buenaventura Durruti et le docteur Isaac Puente le comité révolutionnaire de Saragosse, qui tente de s'emparer de la ville à la faveur d'une insurrection. Pour cette raison il est arrêté et emprisonné à Burgos.

Pendant l'été 1936, la grève du bâtiment est suivie par soixante à cent mille travailleurs. Début juillet, Cipriano Mera est emprisonné avec d'autres dirigeants du comité de grève. Celle-ci se poursuit jusqu'au déclenchement de la Guerre civile espagnole, lors du Coup d'État des 17 et 18 juillet 1936. Le 19, Mera est libéré par ses compagnons et organise avec eux une colonne anarchiste qui reprend Cuenca à la Garde civile soulevée contre la république, ainsi que de nombreux villages de Castille. Suite à la défense de Madrid (novembre 1936), très lourde en pertes humaines, Mera prend une position controversée en faveur de la militarisation des milices, c'est-à-dire de la formation d'une armée régulière et, selon beaucoup d'anarchistes, de l'abandon de leurs principes anti-militaristes et anti-hiérarchiques. Le 10 février 1937, la colonne devient la XIVe division de l'Armée populaire espagnole et Mera en est nommé commandant. Cette division intervient principalement dans les batailles de Guadalajara et de Brunete, la même année, puis reste cantonnée à Guadalajara.

Le 5 mars 1939, Mera appuie de façon décisive le putsch du colonel Segismundo Casado, qui vise à écarter les staliniens pour négocier officiellement avec Franco, la situation militaire étant désespérée à leurs yeux après la perte de la Catalogne. Une fraction de trois des quatre corps d'armée défendant Madrid, dominés par le Parti communiste espagnol, se rebelle contre le Conseil national de défense auquel participe toutes les organisations du Front Populaire, mais dont la situation reste critique du 7 au 9 mars. Mera, à la tête de la XIVe division, quitte Guadalajara et sauve le Conseil après une semaine de combats acharnés (voir Offensive finale de la guerre d'Espagne).

À la chute de Madrid, Mera se rend à Valence pour prendre un avion qui atterrit à Mostaganem (région d'Oran), où il est immédiatement arrêté par des gendarmes français et interné dans un camp de concentration. Il tente de s'évader une première fois, puis réussit et part pour Casablanca, où il exerce divers métiers avant d'être de nouveau arrêté, en mars 1941. Après la défaite de l'armée française, les autorités franquistes demandent que leur soient remis les réfugiés espagnols se trouvant sur le territoire français : Cipriano Mera est livré en février 1942 par le gouvernement de Vichy. Condamné à mort, sa peine est commuée en trente ans de prison, et il est gracié en 1946.

Mera gagne la France l'année suivante et y travaille comme maçon jusqu'en 1969. Dans les années 1960, il participe aux activités clandestines du Mouvement Libertaire en Exil, avant d'être exclu de la CNT (1965), puis prend part aux émeutes parisiennes de mai 68. Il meurt à l'hôpital de Saint-Cloud en 1975, à peine un mois avant Franco.

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cipriano Mera, Guerre, exil et prison d'un anarcho-syndicaliste, Éditions Le Coqulicot, 2012[1].

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Vivir de pie, las guerras de Cipriano Mera, DVD.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. RA.forum, Notice