Camilo José Cela

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Camilo José Cela

Description de l'image  Camilo José Cela Madrid 1996.jpg.
Nom de naissance Camilo José Manuel Juan Ramón Francisco de Gerónimo Cela Trulock
Activités Écrivain
Naissance
Iria Flavia, Padrón, La Corogne
Flag of Spain (1785-1873 and 1875-1931).svg Espagne
Décès (à 85 ans)
Madrid, Communauté de Madrid
Drapeau de l'Espagne Espagne
Langue d'écriture Espagnol
Mouvement Tremendisme
Genres roman, poésie, essai
Distinctions Prix national de Narration (1983)
Prix Prince des Asturies de Littérature (1987)
Prix Nobel de littérature (1989)
Prix Planeta (1994)
Prix Cervantes (1995)

Œuvres principales

  • La Ruche
  • Mazurca para dos muertos
  • La cruz de San Andrés
Statue de Camilo José Cela à Padron, sa ville natale.
Buste de Camilo José Cela à Guadalajara.

Camilo José Cela Trulock est un écrivain espagnol né à Padron (anc. Iria Flavia) Galice, (Espagne) le et mort à Madrid le (à 85 ans). Romancier, poète et essayiste, il s'est adonné à tous les genres littéraires.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1931, il s'installe avec sa famille à Madrid et suit brièvement des études de lettres et de philosophie à l'université de la capitale. En 1936, il combat du côté franquiste lors de la Guerre civile espagnole. Postérieurement, il rejette la dictature de Franco[1] et maintient une attitude indépendante envers le régime dont il subit la censure tout en travaillant lui-même un temps, entre 1943 et 44, comme censeur de presse. À partir de 1954, il réside à Majorque où il fonde la revue littéraire Papeles de Son Armadans[2] qui connaît 276 numéros et joue un rôle très important dans les lettres espagnoles jusqu'à sa cessation en 1979 : 40 000 pages, 1070 auteurs publiés. Il entre à la Real Academia de la Lengua Española en 1957 et participe en tant que Sénateur Royal aux Cortes Constituantes, chargées de rédiger la nouvelle constitution de 1978.

Cela publie son premier roman, La familia de Pascual Duarte (La Famille de Pascal Duarte[3]), en 1942. Le style de ce roman, d'un réalisme sec et rugueux, est qualifié de tremendismo. Il s'agit de la description, poussée jusqu'à l'exagération, de l'univers sordide et arriéré d'un criminel à peine conscient de ses actes. Ce roman, qui réussit à échapper aux censeurs, marque la renaissance de la vie littéraire espagnole dans un paysage désolé par la guerre civile. En effet, de nombreux écrivains et intellectuels ont été tués ou se sont exilés et la situation économique désastreuse du pays ainsi que la censure franquiste entravent l'apparition de nouveaux talents. Dans Pabellón de reposo (Pavillon de repos, 1943), l'auteur évoque la vie au sanatorium où il résida, tuberculeux, dans sa jeunesse à plusieurs reprises.

Son goût prononcé pour l'horrible et les personnages mutilés ou atrophiés (œil de verre, jambe de bois) se retrouve dans ses nouvelles (Noviciado, sortie rue Noviciado, Marcelo Brito...). Ses premiers ouvrages, notamment ses poèmes, très pessimistes et nourris par un penchant certain pour le morbide, évoquent la brutalité et la sécheresse du cadre de vie espagnol.

L'autre œuvre la plus notable de Cela est La Ruche (La Colmena, 1953), description de quelques jours dans la vie morne, grise et pénible de très nombreux personnages (environ trois cents) vivant à Madrid en 1942. Elle est censurée par le régime franquiste.

Tenté par l'avant-garde et les techniques littéraires expérimentales, l'auteur évoque la guerre d'Espagne dans son roman Vísperas, festividad y octava de San Camilo del año 1936 en Madrid (San Camilo, 1936, 1969) qui trahit l'influence de James Joyce et de William Faulkner par l'utilisation du monologue intérieur.

Auteur de plusieurs romans, récits de voyages, poèmes, ouvrages autobiographiques, articles et nouvelles, Camilo José Cela multiplie les recherches d'écriture novatrices tant sur le plan narratif que formel. Les années 1980 lui offrent un nouveau souffle littéraire grâce à des œuvres de fiction comme Los vasos comunicantes (Les Vases communicants, 1981), Mazurca para dos muertos (Mazurka pour deux morts, 1983, qui lui vaut le Prix national de Narration) et Cristo versus Arizona (1988), constitué d'une seule et unique phrase de 230 pages.

Pour l'ensemble de son œuvre, Cela reçoit la Creu de Sant Jordi en 1986, le prix Prince des Asturies en 1987, le prix Nobel de littérature en 1989 et le prix Cervantes en 1995 (dont il avait déclaré quelques années auparavant qu'il était « couvert de merde »). Il est anobli par le roi Juan Carlos I le , avec le titre de 1er marquis d'Iria Flavia.

Il fut également satrape du Collège de ’Pataphysique.

Œuvres traduites en français[modifier | modifier le code]

  • La Famille de Pascal Duarte (1942), Seuil, 1948 ; réédition, Points/Roman 1997
  • Nouvelles aventures et mésaventures de Lazarillo de Tormès (1944), Gallimard, 1989
  • Le Joli Crime du carabinier et autres anecdotes (1947), Librairie générale française, 1991
  • La Ruche (1951), Gallimard, coll. Du monde entier, 1958 ; réédition, Gallimard, L'Imaginaire no 224, 1989
  • Mrs. Caldwell parle à son fils (1953), Denoël, 1968
  • Voyage en Alcarria (1958), Gallimard, 1961
  • Toreros de salon (1963), Verdier, 1989
  • Onze histoires de football (1963), Bartillat, 1998
  • San Camilo 1936 (1969), Seuil, 1994
  • Office des ténèbres 5 (1973), Albin Michel, 1978
  • Mazurka pour deux morts (1983), Julliard, 1990 — Prix national de Narration
  • L’Aficionado, Verdier, 1992

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [vidéo], site de l'INA, Camilo José Cela à propos de la censure franquiste, consulté le 18 mai 2010.
  2. Site de Papeles de Son Armadans
  3. C'est la deuxième œuvre littéraire espagnole la plus traduite au monde après Don Quichotte.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Camilo José Cela s'exprime à la télévision régionale d'Aquitaine sur la censure pendant la période franquiste (vidéo INA).[1]

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