Minorque

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Minorque
Menorca (ca)
Image satellite de Minorque.
Image satellite de Minorque.
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Archipel Îles Baléares
Localisation Mer Méditerranée
Coordonnées 39° 59′ 08″ N 4° 06′ 53″ E / 39.98544, 4.114722 ()39° 59′ 08″ N 4° 06′ 53″ E / 39.98544, 4.114722 ()  
Superficie 694,39 km2
Point culminant El Toro (358 m)
Géologie Île continentale
Administration
Communauté autonome Îles Baléares
Province Îles Baléares
Démographie
Population 88 434 hab. (2006)
Densité 127,35 hab./km2
Plus grande ville Port Mahon
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+01:00

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Minorque
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Minorque
Minorque
Îles d'Espagne
Drapeau de Minorque.
Minorque 3D

Minorque (Menorca en catalan et en castillan ; du latin Balearis Minor) est une des Îles Baléares, un archipel situé en mer Méditerranée. Elle est située au nord-est de Majorque, et est voisine de l'îlot de l'Aire. Son nom provient du fait d'être plus petite que l'île de Majorque. Elle a été appelée Nura (îlot du feu) par les Phéniciens en l'honneur de leur dieu Baal. Elle est située entre 39° 47' N et 40° 00' N, 3° 52' E et 4° 24' E. Son point culminant, El Toro, est à 358 m au-dessus de niveau de la mer. L'île a de nombreux monuments en pierre mégalithique : navetes, taulas, et talaiots. Rocailleuse et battue par les vents, l'île est la plus préservée de l'archipel. Minorque a été reconnue en tant que réserve de biosphère par l'UNESCO le 8 octobre 1993.

Minorque abrite une population de 88 000 habitants, les Minorquins.

Histoire[modifier | modifier le code]

La fin des guerres puniques voit une augmentation de la piraterie en Méditerranée occidentale. La présence romaine en Hispanie marque une croissance du commerce maritime entre les péninsules Ibérique et italique. Les pirates tirent profit de l'emplacement stratégique des îles Baléares pour piller les commerçants romains, en utilisant Minorque et Majorque comme bases. En réaction, les Romains envoient l'armée afin de mettre un terme à ces activités. En 121 av. J.-C., les deux îles sont entièrement romaines et sont par la suite incorporées à l'Hispanie citérieure. En 13 av. J.-C., Auguste réorganise la structure provinciale de l'Empire et les îles Baléares sont rattachées à la Tarraconaise.

La communauté juive de l'île est convertie par l'évêque Severus en 418. Après la conquête maure de l'Hispanie, Minorque a été annexée par le califat de Cordoue en 903, qui la baptise de son nom arabisé, Manûrqa. En 1231, après la conquête de Majorque par les chrétiens, Minorque reste un État musulman indépendant, quoique tributaire au roi Jacques Ierd'Aragon. L'île est d'abord gouvernée par Abû 'Uthmân Sa'îd ibn Hakam al Qurashi (1234-1282), puis après sa mort par son fils, Abû 'Umar ibn Sa'îd (1282-1287) d'Abû'Umar. Une invasion aragonaise, menée par Alphonse III intervient le 17 janvier 1287, date désormais célébrée comme jour national à Minorque. La plupart des habitants musulmans de l'île sont asservis et vendus sur les marchés aux esclaves d'Ibiza, de Valence et de Barcelone. Jusqu'en 1344, l'île appartient au royaume de Majorque, membre de la Couronne d'Aragon, puis est annexée par le royaume d'Aragon, lui-même intégré plus tard au royaume unifié d'Espagne. Au cours du XVIe siècle, les attaques navales turques, qui détruisent Mahón et la capitale Ciutadella provoquent la quasi-disparition de la population de l'île.

Prise par la Royal Navy en 1708 pendant la guerre de Succession d'Espagne, Minorque devient une possession britannique. Mahón devient la capitale de l'île et abrite la base navale. Pendant la guerre de Sept Ans, l'échec britannique à briser le siège de Minorque entrepris par les Français le 20 mai 1756, entraîne une cour martiale et l'exécution de l'amiral britannique John Byng[1]. La bataille navale de Minorque marque le début de la Guerre de Sept Ans. La garnison doit capituler mais reste britannique par le Traité de Paris de 1763. Pendant la Guerre d'indépendance des États-Unis, les Britanniques sont défaits une deuxième fois par des forces franco-espagnoles, qui s'emparent de l'île le 5 février 1782. Minorque est récupérée par les Britanniques en 1798 pendant les guerres de la Révolution française mais est finalement définitivement cédée à l'Espagne par le Traité d'Amiens en 1802. La présence britannique a laissé des traces dans l'architecture locale.

L'expédition française vers l'Algérie s'appuie sur Minorque, à mi-chemin entre le port militaire de Toulon et Alger. La rade de Mahón est choisie comme port stratégique entre la France et l'Algérie, avec un hôpital militaire et une base de ravitaillement des troupes. Dès 1830 et jusqu'aux années 1845, une grande partie de la population de Minorque émigre vers l'Algérie nouvellement conquise par la France, devenant des acteurs de la colonisation autour d'Alger, avec une spécialisation dans la culture des primeurs.

Cet exode s’explique par la dépression économique que connaît l’île depuis 1810 à cause de mauvaises récoltes. L’île de Minorque est petite et la terre est caillouteuse, ingrate, aride et incultivable à cause de la tramontane et du manque de pluie. Le bétail connaît un fort taux de mortalité par manque de pâturage. L’activité portuaire est réduite et l'île n'abrite pas d'industrie.

Sous la seconde République, l’immigration minorquine vers l'Algérie est vivement encouragée. Les visas sont délivrés à condition d’avoir un certificat de bonne moralité et d’être en bonne santé. Les femmes jeunes sont particulièrement recherchées par l’administration française pour aller s’installer dans les « possessions d’Afrique du Nord » pour compenser le déficit en femmes dans la nouvelle colonie. Du travail est proposé aux nouveaux arrivés et une meilleure perspective de mariage s’offre aux femmes qui décident de franchir le pas.

L’assiduité au travail de ces Mahonnais est mise en exergue dans un article de l’Akbar de 1854:

« Quant au Mahonnais, à moins que vous ne passiez par là un dimanche, ne le cherchez pas dans l’habitation, ni aux alentours, ni encore moins dans un cabaret, il est au champ avec tous ses fils, travaillant sous le soleil ardent avec cette assiduité et cette persévérance sans lesquelles il n’y a pas de vrai cultivateur. »

Pendant la Guerre civile espagnole, Minorque reste fidèle au gouvernement républicain, alors que le reste des îles Baléares soutient les nationalistes. Elle ne voit pas de combat, à l'exception du bombardement aérien par les Italiens du Corpo Truppe Voluntarie. Beaucoup de Minorquins sont tués en participant à l'invasion ratée de Majorque. Après la victoire nationaliste en 1939, la marine britannique aide à l'évacuation de quelques réfugiés politiques.

En octobre 1993, Minorque est reconnue par l'UNESCO comme réserve de biosphère, obtenant ainsi une forte protection environnementale. Entre la zone de protection des oiseaux, le parc naturel du s'Albufera des Grau, les aires naturelles d'intérêt écologique et la réserve marine, près de 50 % du territoire et du littoral de l'île sont protégés. Aujourd'hui encore, aucune route nationale ne permet de s'approcher des côtes.

Langue[modifier | modifier le code]

La variété locale du catalan, le menorquí, est peu différente du catalan standard, avec quelques différences dans la prononciation. Comme avec la plupart des dialectes des Baléares, une particularité remarquable est la forme de l'article défini, appelé article salat : le menorquí emploie es au masculin et sa au féminin au lieu des formes el et la du catalan standard ; l'article salat a été historiquement employé dans la province actuelle de Gérone, d'où sont issues de nombreuses personnes ayant repeuplé les îles. On entend également quelques mots anglais datant de la présence britannique : grevi, xumaquer, boinder ou xoc dérivés de gravy, shoemaker, bow window et chalk.

Gin de Minorque

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Un produit typique de l'archipel est la soubressade (sobrasada), élaborée à partir de viande de porc hachée, assaisonnée d'une quantité plus ou moins importante de poudre de piment rouge piquant. Le flao, un flan au lait de brebis, est un des desserts typiques de l'archipel.

Une présence prolongée des Britanniques se traduit par un goût des Minorquins pour le gin, que les insulaires mélangent à de la limonade pour obtenir de la pomada à l'occasion des fêtes patronales.

Le fromage de Maó connaît une belle popularité à l'extérieur de l'île.

Géographie[modifier | modifier le code]

Sa ville principale est Mahon (Maó ou Mahón) d’où viendrait le nom de la sauce mayonnaise.

Point culminant : El Toro, 358 mètres.

Paysage typiquement méditerranéen, très rocailleux : de nombreuses calanques, accessibles parfois uniquement par bateau ou de longues heures de marche. Elles font le bonheur des touristes aussi bien des Minorquins que des étrangers.

Environ 200 kilomètres de côtes, parsemées de plus de 70 plages, la plupart de sable fin et éloignées des voies carrossables : c'est surtout pour son bord de mer très préservé que Minorque a été classée réserve de biosphère par l'UNESCO.

Lieux touristiques[modifier | modifier le code]

  • Le Castel de Sant Nicolau veille sur le port de Ciutadella de Menorca depuis le XVIIe siècle. En gravissant l'escalier en colimaçon de ce monument, on accède à une tour de guet depuis laquelle le regard embrasse toute la cité.
  • Torre Llafuda est l'un des villages préhistoriques minorquins les plus complets : habitations circulaires, muraille, grottes, monolithes.
  • Le château de Santa Agueda, perché à 264 mètres d'altitude, offre une vue incomparable sur la côte Nord. Les ruines visibles aujourd'hui datent du Xe siècle mais on décèle aussi sur le site des traces préhistoriques, romaines et amazigh (berbères).
  • Les navettas funéraires d'Es Rafal Rubi, des tombes collectives remontant au deuxième millénaire avant notre ère, n'existent qu'à Minorque et sont très bien conservées.
  • Le musée d'histoire de Mahon raconte Minorque de la Préhistoire à nos jours. Tour à tour couvent franciscain, école de marine ou lycée, le bâtiment abrite des pièces de différents styles : romain, byzantin, amazigh (berbère).
  • La forteresse d’Isabel II sur la Mola[2], située à l'embouchure du port de Mahon, est un exemple de l'architecture militaire de la fin du XIXe siècle. Construite entre les années 1850 et 1875, elle était un point stratégique dans la défense du port.

Économie[modifier | modifier le code]

Minorque, île de 700 kilomètres carrés, privée de destin touristique, a poursuivi sa vocation agricole fondée surtout sur l'élevage. On compte officiellement 468 petites fermes aux murs épais et blanchis à la chaux, dont les domaines agricoles dépassent rarement une centaine d'hectares. Le nombre de paysans ne cesse de croître. Quelques-uns viennent même des îles alentour pour travailler l'exceptionnel terroir minorquain : une exposition plein sud, un sol riche en oligo-éléments drainés par la mer, mais surtout un micro-climat qui assure, sur les côtes sud et ouest, des précipitations abondantes en hiver. La tramontane apporte l'humidité bénéfique à la croissance des raisins. L'huile d'olivier est appréciée par nombre de grands chefs pour la finesse de ses arômes.

Aujourd'hui, les produits de Minorque, hautement qualitatifs, commencent tout juste à s'exporter. C'est le cas des fromages, de la mode, des bijoux fantaisie de luxe, des accessoires de mode en cuir, des chaussures de luxe et des célèbres avarques.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Minorque compte 200 espèces d'oiseaux et 1 300 variétés de fleurs et d'arbustes, dont 70 sont endémiques.

Liste des municipalités de Minorque[modifier | modifier le code]

Alaior | Es Castell | Ciutadella | Ferreries | Maó | Es Mercadal | Es Migjorn Gran | Sant Lluís

Distances entre les principales villes de Minorque[modifier | modifier le code]

Alaior Es Mercadal Ferreries Ciutadella Sant Lluís
Port Mahon (distances) 12 km 22 km 29 km 46 km 5 km
Port Mahon (durée approximative) 15 min 25 min 31 min 51 min 10 min

Personnalités ayant des ancêtres minorquins[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]