Étienne Roda-Gil

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Esteve Roda Gil alias « Étienne Roda-Gil », né à Montauban (Tarn-et-Garonne) le 1er août 1941, mort le 28 mai 2004 à Paris d'un accident vasculaire cérébral, est un auteur de chansons et un dialoguiste. Il fut aussi un militant libertaire proche des anarcho-syndicalistes de la CNT.

Sommaire

Biographie[modifier]

Le jeune Esteve est issu d'une famille de combattants républicains espagnols exilés[1]. Son père, Antonio Roda Vallès, né à Vinaròs (Espagne), le 13 juin 1908, peintre en voiture, « militant libertaire de la CNT[2] », commissaire général, membre de la colonne Durruti, puis maquisard français[3], et sa mère, Leonor Gil García, née à Badalona (Espagne), le 15 août 1915, sans profession, ont fui le franquisme début 1939.

Dès son arrivée en France, son père est interné au camp de Septfonds (Tarn-et-Garonne) où, dès février 1939, 16 000 hommes de l’ancienne armée républicaine sont internés[2] ; sa mère, dans les camps d'Argelès et de Gurs[4].

Au moment de la naissance d’Esteve, la famille est domiciliée à Réalville (Tarn-et-Garonne). On peut supposer que le père a été transféré du camp de Septfonds au 533e GTE (Groupement de travailleurs étrangers) de Réalville.

« Vivant avec sa famille dans une grande précarité, le jeune Esteve est atteint par le scorbut et il ne doit qu’à la ténacité de sa mère de pouvoir conserver ses dents grâce à une petite ration de citron qu’elle obtient au prix d’autres privations[2]. »

Après avoir passé l'après-guerre à Montauban, la famille déménage, en 1953, à Antony où il subit pour la première fois la xénophobie.

Faux ours et vrai buveur de whisky, Roda Gil est licencié en lettres, visiteur médical. Il rencontre Julien Clerc en 1968 dans un café du Quartier latin de Paris et entame avec lui une collaboration fructueuse qui s'interrompt en 1980. Les deux complices collaborent à nouveau ensemble en 1992 pour l'album Utile, qui obtient le prix Vincent Scotto l'année suivante. « À quoi sert une chanson si elle est désarmée ? », s'interroge Roda-Gil (et son interprète), sur la chanson Utile, titre phrase qui donne son nom à l'opus.

Roda-Gil a également écrit pour France Gall, Claude François, (Alexandrie Alexandra, Magnolias for Ever)... Un an après la mort de ce dernier, en 1979, il participe pour Gérard Lenorman à l'album Boulevard de l'océan. En 1984, il coécrit avec Pascal Danel plusieurs des synopsis de l'émission de variété scénarisée Macadam. Johnny Hallyday, Juliette Gréco, Vanessa Paradis, Barbara, Françoise Hardy, Christophe, Richard Cocciante, Pascal Obispo ou Louis Bertignac ont également interprété ses titres.

Nadine Delahaye, peintre, devient sa femme et l'amour de sa vie jusqu'à sa mort en 1991.

Étienne Roda-Gil a publié au Seuil La Porte marine et il a adapté pour le cinéaste Andrzej Zulawski L'Idiot de Dostoïevski, rebaptisé L'Amour braque (1985).

Roda-Gil s'était fait un dictionnaire des mots d'une et deux syllabes.

Ami avec Roger Waters (ancien membre des Pink Floyd), il lui écrit en 1987 (avec sa femme) un livret d'Opéra, sur le thème de la Révolution française, intitulé Ça Ira, que l'ex-membre de Pink Floyd va mettre en musique, et qui sera enregistré en 2005 (en versions française et anglaise). Initialement, ils caressaient l'espoir de l'avoir en commande pour les fêtes du bicentenaire de 1989, mais François Mitterrand s'y serait finalement opposé, estimant qu'il était difficile de demander à un sujet britannique de composer la musique commémorative de la révolution française.

Devise[modifier]

Libertaire, Roda-Gil participe souvent aux manifestations de la CNT.

« Ni Dieu ni maître » était sa devise (celle aussi de ses parents), exception faite, disait-il, du poète andalou Antonio Machado et de Manuel Azaña (le dernier président de la République espagnole, mort et inhumé à Montauban, en novembre 1940).

Prix[modifier]

1989 : Grand prix de la chanson de la SACEM

Chansons (principales collaborations)[modifier]

Fonctions[modifier]

  • Administrateur de la SACEM (1996-1999 et 2000-2003).

Publications[modifier]

  • Julien Clerc (avec Danièle Heymann et Lucien Rioux), Seghers, 1971
  • La Porte marine, Seuil, 1981
  • Mala Pata, Seuil, 1992
  • Moi, Attila, 1993
  • Ibertao, Stock, 1995
  • Paroles libertaires, Albin Michel, 1999
  • Terminé, Verticales, 2000

Bibliographie[modifier]

  • Philippe Croq et Alain-Guy Aknin, Etienne Roda-Gil, le maître enchanteur, Flammarion, 2005
  • Étienne Roda-Gil apparaît sous les traits du personnage Esteban Durruti dans le roman Pauvre de Gaulle ! de Stéphane Zagdanski (éditions Pauvert/Fayard, 2000).

Sources[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. http://tavernedespoetes.lesdemocrates.fr/2011/09/04/les-paroliers-2/
  2. a, b et c Max Lagarrigue, « In memoriam Étienne Roda-Gil », revue Arkheia, Montauban, n° 17-18, 2006.
  3. http://tavernedespoetes.lesdemocrates.fr/2011/09/04/les-paroliers-2/
  4. http://tavernedespoetes.lesdemocrates.fr/2011/09/04/les-paroliers-2/

Lien externe[modifier]