Georges Darien

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Georges Darien

Nom de naissance Georges Hippolyte Adrien
Activités écrivain
Naissance
Paris
Décès
Paris
Langue d'écriture français

Œuvres principales

Georges Darien (né Georges Hippolyte Adrien, le - mort le , à Paris) est un écrivain français de tendance anarchiste. Marquée par l'injustice et l'hypocrisie, son œuvre, qui regroupe romans, pièces de théâtre, participations à des magazines littéraires, etc. se place sous le signe de la révolte et de l'écœurement. Oublié après sa mort, il est redécouvert après la réédition du Voleur en 1955 et de Bas les cœurs ! en 1957, tous deux par l'éditeur Jean-Jacques Pauvert.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ayant perdu sa mère alors qu'il était en bas-âge, Darien fut élevé par une belle-mère catholique intransigeante, ce qui explique peut-être son anticléricalisme viscéral à venir. Le 16 mars 1881, devançant l'appel, il s'engage à l'armée, dans le deuxième escadron du Train. Le 23 mai 1883, son insoumission l'envoie pour 33 mois à Biribi, un bataillon disciplinaire en Tunisie. C'est le nom qu'il donnera à son roman, où il dénonce les difficultés de sa condition et celles de ses compagnons. Son roman est achevé en 1888 et publié deux ans plus tard par son éditeur Savine qui, craignant dans un premier temps un procès, ne le publiera qu'à la suite du succès de Sous-Offs de Lucien Descaves[1]. Mais aucun de ses romans ne rencontre le succès.

Admiré par Alfred Jarry, Alphonse Allais et plus tard par André Breton, Georges Darien devient un auteur prisé des milieux libertaires. En dépit d'une seconde biographie récente[2], peu de choses de sa vie sont connues, ce qui laisse libre cours aux fantasmes qui associent la vie de l'écrivain à celle du héros du Voleur, Randal. En effet de 1891 à 1897, il disparaît, voyage en Belgique, en Allemagne et en Angleterre, Londres en particulier, d'où il revient avec le manuscrit de son roman, Le Voleur. Redécouvert en 1955, c'est cette dernière publication qui lui assure la postérité.

En plus de ses romans, Darien est le pamphlétaire le plus virulent de cette fin de siècle. Il collabore à plusieurs revues anarchistes, parmi lesquelles L'Escarmouche (dont il fut l'unique rédacteur[1]), L'Ennemi du peuple et L'En dehors, où il côtoie Zo d'Axa.

Dans son roman au ton pamphlétaire Les Pharisiens, il attaque violemment Édouard Drumont et les antisémites. Après cette publication il entre en contact avec Bernard Lazare[1].

En 1906 et en 1912, George Darien se présente aux élections législatives en tant que « candidat de l'Impôt Unique », entendant ainsi porter les idées de Henry George[3] dans le premier arrondissement de Paris, auxquelles il échoue[4].

En 1919, Suzanne Darien, qu'il avait épousée en 1899, meurt. Il se remarie en 1921, quelques mois avant de s'éteindre, le 19 août, à Paris[4].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans (le nom des éditeurs ?)
Brochures
Pièces de théâtre
Nouvelle
  • Florentine, publiée pour la première fois dans la Revue Indépendante, 1890 Lire en ligne puis Finitude, 2002.

Éditions récentes[modifier | modifier le code]

  • Voleurs !, Georges Darien, Omnibus, 2005 (ISBN 2258068924) (comprenant l'intégralité de ses romans)
  • L'Ennemi du peuple, coll. "Classiques de la Subversion", éditions Champ Libre, 1972. Réédité par L'Âge d'homme en 2009.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

« Je mange, je bois ; et je laisse l'assiette sur le buffet et la bouteille sur la table. Il y a des voleurs qui remettent tout en ordre, dans les maisons qu'ils visitent. Moi, jamais. Je fais un sale métier, c'est vrai ; mais j'ai une excuse : je le fais salement. » Le Voleur

« Je n'aime pas les pauvres. Leur existence, qu'ils acceptent, qu'ils chérissent, me déplaît ; leur résignation me dégoûte. A tel point que c'est, je crois, l'antipathie, la répugnance qu'ils m'inspirent, qui m'a fait devenir révolutionnaire. Je voudrais voir l'abolition de la souffrance humaine afin de n'être plus obligé de contempler le repoussant spectacle qu'elle présente.
Je ferais beaucoup pour cela. Je ne sais pas si j'irais jusqu'à sacrifier ma peau ; mais je sacrifierais sans hésitation celles d'un grand nombre de mes contemporains. Qu'on ne se récrie pas. La férocité est beaucoup plus rare que le dévouement. » La Belle France

André Breton, à propos de Darien : « Un cœur trop grand et trop bien battant pour ne pas heurter en tout sens les parois de sa cage »
et de son œuvre : « [elle] est le plus rigoureux assaut que je sache contre l'hypocrisie, l'imposture, la sottise, la lâcheté ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Société Internationale d'Histoire de l'Affaire Dreyfus, article consacré à Darien dans leur dictionnaire bibliographique.
  2. Georges Darien et l'Anarchisme littéraire de Valia Gréau.
  3. Terre libre, biographie consacrée à Darien sur le site Les Excentriques.
  4. a et b Voleurs!, Georges Darien, Omnibus, 2005, p. XVI.

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Liens externes[modifier | modifier le code]