Georges Bataille

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Georges Bataille

Nom de naissance Georges Albert Maurice Victor Bataille
Alias
Pierre Angélique, Lord Auch et Louis Trente
Naissance 10 septembre 1897
Billom (Puy-de-Dôme, Auvergne)
Décès 9 juillet 1962 (à 64 ans)[1]
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Activité principale Bibliothécaire, écrivain, philosophe
Signature de Georges Bataille

Georges Bataille, né le 10 septembre 1897 à Billom (Puy-de-Dôme), mort le 9 juillet 1962 à Paris[1], est un écrivain français. Multiforme, son œuvre s'aventure à la fois dans les champs de la littérature, l'anthropologie, la philosophie, l'économie, la sociologie et l'histoire de l'art. Érotisme et transgression sont les deux termes les plus communément attachés à son nom. Il est également connu sous les pseudonymes de Lord Auch, Pierre Angélique, Louis Trente et Dianus. Georges Bataille est enterré au cimetière de Vézelay dans l'Yonne[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Albert Maurice Victor Bataille est né à Billom dans le Puy-de-Dôme, en Auvergne, de Joseph-Aristide Bataille (1851), fonctionnaire d'État, et Antoinette-Aglae Tournarde (1865). Son père était syphilitique et aveugle[3]. Sa famille s'est installée à Reims en 1898, où il a reçu le baptême[4]. Il a fait ses études à Reims, puis à Épernay.

Le choc de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Reims étant menacée par l’artillerie allemande, dès 1914, sa mère laisse son époux sur place et fuit en compagnie de ses deux fils pour se réfugier dans sa famille à Riom-ès-Montagnes dans le Cantal. Là, Georges peut continuer ses études et décide que « son affaire en ce monde est d’écrire, en particulier d’élaborer une philosophie paradoxale ».

Cette même année, il passe avec succès son baccalauréat. Puis son père meurt, le jeune homme en est d’autant plus culpabilisé que sa mère lui a interdit d’aller le rejoindre. Mobilisé en 1916, il est rapidement rendu à la vie civile pour insuffisance pulmonaire.

Alors qu’il avait été élevé hors de toute religion, ses parents étant athées, il se convertit au catholicisme en 1917 et entre au grand séminaire de Saint-Flour pour devenir prêtre. Mais sa passion pour le Moyen Âge reste la plus forte. L’année suivante, il abandonne toute idée de vocation religieuse après avoir été admis à l’École des chartes. Il s’installe à Paris où il se lie d’amitié avec le peintre André Masson. En 1918, il publie Notre-Dame de Reims, un opuscule de six pages célébrant la cathédrale gravement endommagée par les bombardements[5].

De Bergson à Freud en passant par Nietzsche[modifier | modifier le code]

En 1920, alors qu’il séjourne à Londres, il rencontre Henri Bergson. Le philosophe l’invite à dîner chez lui et lui propose la lecture du Rire. Celle-ci le laissera sur sa faim, mais déjà Bataille considère ce phénomène typiquement humain comme essentiel.

Après avoir rompu avec le catholicisme lors d’une visite à l’abbaye Notre-Dame de Quarr, sur l’île de Wight, il revient à Paris soutenir avec succès sa thèse sur « L’Ordre de chevalerie, conte en vers du XIIIe siècle », et reçoit son diplôme d'archiviste-paléographe de l’École des chartes en 1922. Il part alors en stage à l’École des hautes études hispaniques de Madrid[6].

Attiré par les corridas, il fréquente les arènes de Madrid. Au cours de l’une d'elles, il assiste à la mort de Manuel Granero ; le torero est énucléé par les cornes du taureau qui s’acharne sur lui jusqu’à réduire son crâne en bouillie. Bataille très marqué, n’oubliera jamais cette scène où s’étaient, pour lui, croisées mort et sexualité.

De retour en France, nommé bibliothécaire stagiaire, il commence sa carrière à la Bibliothèque nationale. Il découvre alors l’œuvre de Friedrich Nietzsche, ses théories sur la mort de Dieu et le crépuscule de la civilisation occidentale. En 1923 il lit Freud et rencontre régulièrement Léon Chestov, ensemble, ils traduisent en français son livre L’Idée de bien chez Tolstoï et Nietzsche[7]. Tout comme le philosophe allemand, le philosophe russe a une influence très profonde sur Bataille.

Sa rencontre avec Michel Leiris[modifier | modifier le code]

Il est nommé bibliothécaire au Département des Médailles de la Bibliothèque nationale, en 1924. S’il se plonge dans le premier Manifeste du surréalisme qu’il trouve « illisible », cette année est surtout marquée par sa rencontre avec Michel Leiris. Ce dernier a décrit leur premier rendez-vous :

« Cela se passa dans un endroit très tranquille et très bourgeois tout proche de l’Élysée, le café Marigny, un soir de je ne sais plus quelle saison (mais sans doute pas l’été car je crois que Bataille portait, outre un chapeau de feutre gris, un pardessus de ville à chevrons noirs et blancs). »

Très rapidement les deux hommes se lient d’amitié et Leiris confie :

« J’admirais non seulement sa culture beaucoup plus étendue et diverse que la mienne, mais son esprit non conformiste marqué par ce qu’on n’était pas encore convenu de nommer l’humour noir. J’étais sensible aussi aux dehors mêmes du personnage qui, plutôt maigre et d’allure à la fois dans le siècle et romantique, possédait (en plus juvénile bien sûr et avec une moindre discrétion) l’élégance dont il ne se départirait jamais, lors même que son maintien alourdi lui aurait donné cet air quelque peu paysan que la plupart ont connu, élégance tout en profondeur et qui se manifestait sans aucun vain déploiement de faste vestimentaire. À ses yeux assez rapprochés et enfoncés, riches de tout le bleu du ciel, s’alliait sa curieuse dentition de bête des bois, fréquemment découverte par un rire que (peut-être à tort) je jugeais sarcastique. »

L'engagement politique et antifasciste[modifier | modifier le code]

Au début des années 1930, Bataille, membre du Cercle communiste démocratique fondé et dirigé par Boris Souvarine, écrit dans sa revue La Critique sociale. En octobre 1933, il adhère à l'association d'extrême gauche, Masses, dirigée par René Lefeuvre, administrée par Jacques Soustelle, et soutenue par Simone Weil. Il y rencontre Dora Maar[8].

Dans ce contexte, en marge des Ligues et du Front populaire, Bataille fonde le mouvement Contre-attaque qu'il dirige dans ses grandes lignes théoriques. Après un premier moment de lutte conduite ensemble (“Contre-Attaque”. Union de lutte des intellectuels révolutionnaires est signé par les deux[9]), la rupture entre Bataille et André Breton est déclarée.

Le Collège de sociologie[modifier | modifier le code]

En 1937 il a fondé une société secrète, Acéphale, dont le symbole est un homme décapité. Un an plus tôt, a commencé un magazine portant le même titre. Le groupe a également publié une revue éponyme de la philosophie de Nietzsche qui a tenté de postuler ce que Jacques Derrida a appelé une « anti-souveraineté ». Les collaborateurs de ces projets comprenaient André Masson, Pierre Klossowski, Roger Caillois, Jules Monnerot, Jean Rollin et Jean Wahl.

Fondateur de plusieurs revues (dont en 1946, la revue Critique plus tard dirigée par son ami Jean Piel) et groupes d'écrivains, il est l'auteur d'une œuvre abondante et très diverse, publiée en partie sous pseudonyme : récits, poèmes, essais sur d'innombrables sujets[10]. Il débat ainsi au sein du Collège de sociologie (1937-1939) avec les ethnologues Roger Caillois, Michel Leiris et Anatole Lewitzki. Relativement peu connu de son vivant, il exercera après sa mort une influence considérable sur des auteurs tels que Michel Foucault, Philippe Sollers ou Jacques Derrida.

Le conservateur de l'Inguimbertine de Carpentras[modifier | modifier le code]

Une des salles de la Bibliothèque Inguimbertine

En 1949 que Bataille reçoit sa nomination de conservateur à la Bibliothèque Inguimbertine de Carpentras. Le chartiste, qui a fait toute sa carrière à la Bibliothèque nationale, en disponibilité depuis sept ans à cause d’une tuberculose, s'est marié en 1946 avec Diane Kotchoubey de Beauharnais[11] puis la naissance, trois ans plus tard, de leur fille Julie, lui a imposé, bon gré mal gré, de reprendre du service. Il arrive dans la capitale du Comtat Venaissin avec sa jeune épouse et leur bébé.

Rencontre avec René Char et Albert Camus[modifier | modifier le code]

Sur place, Bataille invite à une rencontre mémorable ses amis Albert Camus et René Char, directeurs de la revue Empédocle, ils viennent avec leur cofondateur Albert Béguin ainsi que Jacques Dupin, secrétaire de rédaction de la revue, avec lequel il se lie d’amitié. Il y publiera Comment dire ?[12]. Cette même année, il rencontre Francis Ponge, André Frénaud, Georges Schehadé et Georges Braque.

L'écriture et l'engagement de l'écrivain[modifier | modifier le code]

Au cours de l’année 1950, ses rencontres avec René Char, son voisin de l'Isle-sur-la-Sorgue, débouchent sur une estime et une amitié sincères. Peu après le lancement de la revue Critique que dirige Bataille, le poète lui avait écrit : « Toute une région majeure de l’homme dépend aujourd’hui de vous ».

Les discussions entre les deux hommes incitent René Char à poser, en mai de cette année, dans sa revue Empédocle, cette question piège : « Y a-t-il des incompatibilités ? » Attend-il une réponse de la part des écrivains et à des intellectuels sans préjuger du ou des sujets abordés ou, avant tout, espérait-il la contribution de Georges Bataille ? Il ne fut pas déçu.

Elle fut des plus ambitieuses en abordant le problème de l’action opposée au langage, celui du langage comme mode de l’action qui entraîne l’écrivain vers une remise en cause de sa position : « Y a-t-il des incompatibilités entre l’écriture et l’engagement ? ».

Cette analyse, à une époque où l'existentialisme de Sartre pesait de tout son poids, l'entraîna dans la dissection d’un monde en mutation et des rapports de l’intellectuel au pouvoir, questions aussi essentielles qu’intemporelles[13].

La fascination de la cruauté[modifier | modifier le code]

Le cruel face à face entre toro et torero
Pablo Picasso

Fasciné par le rituel de sacrifice humain, il s'amuse dans les cafés parisiens à montrer les photographies de ces sacrifices aux personnes venus s'attabler. Cette fascination l'a conduit à la fondation d'Acéphale, une revue d'inspiration nietzschéenne, mais aussi d'une société secrète visant à créer « la communauté de ceux qui n'ont pas de communauté ».

Ce fut en 1950 il assiste aux corridas[14] de Nîmes, accueilli par André Castel, un bibliophile, grand aficionado et œnologue nîmois dont son ami Michel Leiris[15] avait fait la connaissance en 1938. Outre Georges Bataille, le couple Leiris entraînait chez Castel Jean Dubuffet, André Masson, Jean Paulhan et Blaise Cendrars, Jean Cocteau et ses riches amies, mais aussi Pablo Picasso.

Le Nîmois, que tous appellent Don Misterio, les reçoit dans la cour de son laboratoire d’œnologie, parmi des toreros célèbres, des danseuses et des chanteurs de flamenco. En dépit de l’épisode Dora Maar, les relations entre Bataille et Picasso ont peu souffert. Celui-ci arrivait avec sa compagne Françoise Gilot, qui avait remplacé la célèbre photographe, et le couple formé par Georges et Diane filait le parfait amour. De plus, leur passion taurine gommait tout.

L’Histoire de l'œil qu’il écrit vers 1926, développe le thème de ce fantasme morbido-sexuel. Considérant la corrida comme un rituel et reliant la tauromachie à son vision personnelle de l’univers comme confrontation de forces, Bataille intellectualise son afición vers un mythe mithriaque qu’il développe dans son Soleil pourri.

De Mithra au Minotaure[modifier | modifier le code]

Bataille établit un parallèle entre Mithra dont le culte est à ce moment-là découvert et analysé par l’anthropologie – toute nouvelle science – et la corrida. Culte qui permet de retrouver l’animalité, le sexe, la transgression et le sacrifice. Dans ce texte fondamental paru dans le no 3 de Documents, en 1930, il évoqua Mithra à propos de Picasso et de ses Minotaures.

Le thème du Minotaure situait la naissance de l’homme à partir de l’animalité. Il existait pour Bataille un lien profond entre les deux. Pour lui, afin de retrouver son caractère sacré l’homme devait replonger dans l’animalité. Il se parait alors du prestige et de l’innocence de la bête.

Son analyse alla-t-elle jusqu’à influencer l’art de Picasso ? C’est possible. Puisque les historiens d’art ont identifié une iconographie mithraïque dans la Crucifixion de Picasso, tableau qui date lui aussi de 1930. Trois ans plus tard, Picasso fait la première de couverture de la revue Minotaure éditée par Bataille et lui prend au passage sa maîtresse Dora Maar, photographe surréaliste.

Du blasphème de Sade au sacré de Bataille[modifier | modifier le code]

Le grand saint Gens
intercesseur de la pluie et du beau temps
Détail de L'Enfer (volet de droite du triptyque du Jardin des délices)

Ce fut en cette année 1950 que Georges Bataille publia L’Abbé C.. Il dédicaça un exemplaire à Pierre Klossowski, éminent spécialiste de Sade[16], en ces termes : « À Pierre, ce livre qui conserve ou exserve une affection qui compte essentiellement pour moi, Georges. »

Dans les faits, il y a un parallèle à faire entre l’Abbé C. de Bataille et le Dialogue entre un prêtre et un moribond de Sade. Chez les deux auteurs le thème central reste la transgression du sacré, du divin. Si pour Sade le Dialogue est l’une de ses affirmations les plus irréductibles de son athéisme, dans l’ABC de Bataille, il y a la certitude que Dieu est mort (l’idée de Dieu, précise Bernard Noël)[17] parce que nous savons bien que tout ce qui s’engage dans le temps est condamné à périr.

Ce qui fait dire à Jacques Lempert à propos des deux auteurs : « L'érotisme est le point nodal de toute leur vision du monde concentrant en ses feux toute la systématique d'une pensée profondément originale ».

Qu'on en juge : Sade résume son Dialogue en cette formule éclair : « Le prédicant devint un homme corrompu par la nature pour ne pas avoir su expliquer ce qu’était la nature corrompue », et pour Bataille, la chute de l’Abbé C. se résume ainsi : « Étant prêtre, il lui fut aisé de devenir le monstre qu’il était. Même il n’eut pas d’autre issue. ».

Mais que l’on ne s’y trompe pas, alors que pour Sade profaner les reliques, les images de saints, l’hostie, le crucifix, ne devait pas plus importer aux yeux du philosophe que la dégradation d’une statue païenne, pour Bataille, le sacré reste immanence. Lors de ces fonctions de conservateur de l’Inguimbertine, il réunit d’ailleurs une importante collection d’ex-voto, en particulier ceux de Saint Gens[18].

Pour Sade transgresser le sacré revient à cultiver le blasphème, car, explique-t-il dans La Philosophie dans le boudoir : «Il est essentiel de prononcer des mots forts ou sales, dans l’ivresse du plaisir, et ceux du blasphème servent bien l’imagination. Il n’y faut rien épargner ; il faut orner ces mots du plus grand luxe d’expressions ; il faut qu’ils scandalisent le plus possible ; car il est très doux de scandaliser : il existe là un petit triomphe pour l’orgueil qui n’est nullement à dédaigner ».

Bataille reste résolument étranger à ce type de jubilation même si sa notion de sacré n’est pas celle des religions. Car, comme l’explique Christian Limousin, là où le chrétien définit le sacré comme un rapport homogénéisant au divin, Bataille entend crachat, excrément, rupture de l’identité[19]. S’il détourne les mots, ouvre des concepts, il disjoint le sacré de la substance transcendante. Il explique dans L’expérience intérieure : «J’entends par expérience intérieure ce que d’habitude on nomme expérience mystique : les états d’extase, de ravissement, au moins d’émotion méditée » et quand, en 1947, Méthode de méditation recherche une définition de l’opération souveraine, «la moins inexacte image » lui semble être «l’extase des saints ». Si pour lui le sacré reste à la fois fascinant et repoussant, c’est qu’il est l’espace où la violence peut et doit se déchaîner. Ce qui fait expliquer à son biographe, Jacques Lempert :

« L'érotisme est perversité au sens étymologique du terme : il tourne le vice en vertu, devinant que ce qui était défendu est en fait délicieux. Et plus le tabou est ressenti comme pesant, plus sa transgression sera délicieuse. »

Pour Bataille « La transgression n'abolit pas l'interdit mais le dépasse en le maintenant. L'érotisme est donc inséparable du sacrilège et ne peut exister hors d'une thématique du bien et du mal ». Et Lempert de conclure sur un mode badin : « Le détour par le péché est essentiel à l'épanouissement de l'érotisme : là où il n'y a pas de gêne, il n'y a vraiment pas de plaisir ».

Une littérature de transgression[modifier | modifier le code]

Bataille eut un talent interdisciplinaire étonnant - il puisa dans des influences diverses et avait l'habitude d'utiliser divers modes de discours pour façonner son œuvre. Son roman Histoire de l'œil, par exemple, publié sous le pseudonyme « Lord Auch »[20], fut critiqué initialement comme de la pure pornographie, mais l'interprétation de ce travail a graduellement mûri, révélant alors une profondeur philosophique et émotive considérable ; une caractéristique d'autres auteurs qui ont été classés dans la catégorie de la « littérature de transgression ». Le langage figuré du roman repose ici sur une série de métaphores qui se rapportent à leur tour aux constructions philosophiques développées dans son travail : l'œil, l'œuf, le soleil, la terre, le testicule. Bien que le récit soit peut-être dans sa structure le plus « classique » des récits de Bataille, reposant dans un crescendo menant à une scène finale opérant une synthèse transgressive et poétique de l'ensemble des obsessions rencontrées dans le roman, cette première œuvre marque déjà le génie de l'auteur pour les mises en scènes érotiques, et affirme son style.

D'autres romans célèbres incluent Ma mère et Le bleu du ciel. Le bleu du ciel avec ses tendances nécrophiles et politiques, ses nuances autobiographiques ou testimoniales, et ses moments philosophiques chamboulent L'histoire de l'œil, fournissant un traitement beaucoup plus sombre et morne de la réalité historique contemporaine. Ma mère est un roman publié à titre posthume en 1966. Il fut plutôt faussement considéré comme inachevé. En réalité, Bataille n'a pas fini le recopiage du manuscrit final, mais a accolé deux manuscrits l'un après l'autre (le manuscrit « vert » et le manuscrit « jaune ») de sorte que le texte possède un dénouement et une fin acceptable, offrant une cohérence permettant le commentaire littéraire. Ma mère est un récit sur l’initiation aux vices d'un fils par sa mère. Loin d'être simplement un roman provoquant (avec la suggestion évidente de l'inceste), il représente plutôt une synthèse des préoccupations de Bataille durant l'ensemble de son œuvre alliée à la totale maturité de son style littéraire. La genèse de Ma mère tout comme son analyse mériterait un article à part.

Le fondateur de l'athéologie[modifier | modifier le code]

Bataille était également un philosophe (bien qu'il ait renoncé à ce titre), mais pour beaucoup, comme Sartre, ses prétentions philosophiques se bornent à un mysticisme athée. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, influencé par Heidegger, Hegel, et Nietzsche, il écrit La Somme athéologique (le titre se réfère à la Somme théologique de Thomas d'Aquin) qui comporte ses travaux L'Expérience intérieure, Le Coupable et Sur Nietzsche. Après la guerre il compose La Part maudite, et fonde l'influente revue Critique. Sa conception très particulière de la « souveraineté » (qui peut être considérée comme anti-souveraine) a été discutée par Jacques Derrida, Giorgio Agamben, Jean-Luc Nancy et d'autres.

L'érotisme face à la mort[modifier | modifier le code]

Bataille jeta ainsi les bases de son œuvre érotique, de son érotisme qui est une : « ouverture entre les ouvertures pour accéder tant soit peu au vide insaisissable de la mort », a commenté Michel Leiris. L’érotisme de Sade ne lui ressemble en rien. Pierre Klossowski l’a analysé en ces termes : « La persévérance du Divin Marquis, toute sa vie durant, à n’étudier que les formes perverses de la nature humaine prouve qu’une seule chose lui importait : la nécessité de rendre à l’homme tout le mal qu’il est capable de rendre ».

Pour le Divin, la seule attitude face à la mort reste la recherche d’une ultime volupté. C’est du moins les phrases qu’il met dans la bouche du moribond expliquant à son confesseur : « Renonce à l’idée d’un autre monde, il n’y en a pas, mais ne renonce pas au plaisir d’être heureux… Mon ami, la volupté fut toujours le plus cher de mes biens, je l’ai encensé toute ma vie, et j’ai voulu la terminer dans ses bras ».

Quant à Bataille, qui toute sa vie s’était « dépensé jusqu’à toucher la mort à force de beuveries, de nuits blanches et de coucheries », il était tout à fait hostile à cet ultime type de libertinage. Pour lui la réduction de l’être humain à un corps source de plaisir physique refoulait, à l’instar du christianisme, la dimension spirituelle de l’érotisme. Lui qui avait perdu la foi, en 1920, après la lecture du Rire de Henri Bergson[21], lui qui avait écrit le Rire de Nietzsche, lui dont le rire fêlé passait pour sarcastique, face à la camarde il privilégia avec une ironie noire un dernier éclat de rire, ce rire, disait-il, qui précipite « l’agonie de Dieu dans la nuit noire », persuadé qu’il était que « dans le rire infini la forme divine fond comme du sucre dans l’eau »[22]. Alors que le maître de Lacoste n’envisageait d’attendre sa fin que dans les délices du stupre, le conservateur de l’Inguimbertine se posait la question : « Qui pourrait supprimer la mort ? Je mets le feu au bois, les flammes du rire y pétillent »[23].

Son dernier poste à Orléans[modifier | modifier le code]

Bison et sorcier ithyphallique

Bataille est nommé conservateur de la Bibliothèque municipale d’Orléans, où il s’installe avec son épouse et leur fille en 1951. Si l’année suivante, il est fait chevalier de la Légion d’honneur, il va devoir attendre 1955[24] pour faire éditer ses deux ouvrages sur l’histoire de l’art : La peinture préhistorique. Lascaux ou la naissance de l’art [25] et Manet. Son artériosclérose cervicale le handicape de plus en plus.

Gravement malade, il doit être hospitalisé à deux reprises au cours de l’année 1957. Il parvient cependant à faire publier Le bleu du ciel, qu’il dédie à André Masson, ainsi que La Littérature et le Mal et L’Érotisme, dédiés à Michel Leiris. Un an plus tard, avec l’aide de Patrick Waldberg, Bataille tente de lancer la revue "Genèse", mais Maurice Girodias, l’éditeur pressenti, annule leur projet.

Alors qu’il a de plus en plus de difficultés à travailler, il publie en 1959 Le Procès de Gilles de Rais. Souffrant en permanence, il parvient pourtant à finir en 1961 Les Larmes d’Éros, le dernier livre qu’il verra éditer. Muté à la Bibliothèque nationale, il quitte Orléans, mais ne peut prendre ses fonctions. Il décède à Paris, le 9 juillet 1962, et est inhumé à Vézelay.

Réception de son vivant[modifier | modifier le code]

Critiqué par Breton, puis Sartre[modifier | modifier le code]

Georges Bataille estimant que le surréalisme, sous la houlette d’André Breton, restait bien trop hégélien et trahissait le réel « dans son immédiateté pour un surréel rêvé sur la base d’une élévation d’esprit[26] » avait fondé en 1929 une revue anti-surréaliste, Documents, à laquelle contribuèrent des peintres, des écrivains, des historiens d’art et des ethnologues en quête des « traces d’un refoulé sur lequel se sont édifiées la culture et la rationalité occidentales[27] ». Parmi les collaborateurs de Documents on relève les noms des plus grands artistes, poètes et intellectuels de l’époque, dont Joan Miró, Picasso, Giacometti, Arp et André Masson, ainsi que des écrivains comme Michel Leiris et Robert Desnos et des photographes comme Jacques-André Boiffard et Karl Blossfeldt.

Allant plus loin encore, Bataille estima que Breton et les surréalistes faisaient de Sade, « ce dépensier de langage »[28], un usage bien futile.

Dans son Second manifeste du surréalisme, Breton montra l'exaspération qu'il éprouvait à son égard. Bataille y est présenté comme un malade atteint de « déficit conscient à forme généralisatrice », un « psychasthénique » qui se meut avec délectation dans un univers « souillé, sénile, rance, sordide, égrillard, gâteux ».

Sartre le prit pour cible quinze ans plus tard dans un article au titre ironique, « Un nouveau mystique[29] », qui fait suite à la parution du premier ouvrage signé du nom de Bataille, L'Expérience intérieure. Il est successivement qualifié de « passionné », de « paranoïaque » et de « fou ». Le philosophe lui suggérait un traitement à la fin de l'article : « Le reste est affaire de la psychanalyse ».

Salué par Foucault[modifier | modifier le code]

En 1970, lors de la parution aux Éditions Gallimard du premier volume des œuvres complètes, Michel Foucault a écrit dans sa préface : « On le sait aujourd’hui : Bataille est un des écrivains les plus importants de son siècle »[30].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

Signature de Georges Bataille
  • Les Monnaies des grands Mogols, Paris, J. Florange éditeur, s. d. (1927).
  • Histoire de l'œil, 1928 (sous le pseudonyme de Lord Auch).
  • L'Anus solaire[31], 1931.
  • Sacrifices, (année inconnue, entre 1922 et 1940)
  • Madame Edwarda, 1941 (antidaté de 1937, sous le pseudonyme de Pierre Angélique), Édition du Solitaire, (Jean Legrand).
  • L'Expérience intérieure, 1943.
  • Le Petit (sous le pseudonyme de Louis Trente), 1943.
  • Le Coupable, 1944.
  • Dirty[32], coll. L'âge d'or, Fontaine, 1945.
  • La Part maudite, 1949.
  • L'Abbé C., 1950.
  • La Peinture préhistorique. Lascaux, ou la Naissance de l'art, 1955[33].
  • Le Bleu du ciel, 1957 (écrit en 1935).
  • L'Érotisme, Paris, Minuit, 1957.
  • La Littérature et le Mal, 1957.
  • Les Larmes d'Éros[34], 1961.
  • L'Impossible, 1962 (première parution en 1947 sous le titre La haine de la poésie)
  • Ma mère, 1966 (posthume et inachevé).
  • Le Mort, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1967.
  • Théorie de la religion, Texte établi et présenté par Thadée Klossowski, Paris, Gallimard, 1973, coll. "Tel".
  • Œuvres complètes. Paris, Gallimard, XII volumes, 1970-1988.
  • Romans et récits. Préface de Denis Hollier. Édition publiée sous la direction de Jean-François Louette, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 2004.
  • L'Archangélique et autres poèmes. Paris, Gallimard, coll. NRF/Poésie, 2008.
  • Le Souverain, Fata Morgana, 2010
  • Par-delà la colline ou l'instant, dessins de Claude Stassart-Springer, Vézélay, Éditions de la Goulotte, 2012.

Textes de Georges Bataille[modifier | modifier le code]

  • La structure psychologique du fascisme in La Critique sociale no 10,1933, republié dans Hermès nos 5-6, 1989 ; ici en pdf.
  • Manet. Études biographique et critique, (éd. Albert Skira, 1955)
  • La Peinture préhistorique. Lascaux, ou la Naissance de l’art, 1955
  • Le Procès de Gilles de Rais, 1965
En ligne

Revues[modifier | modifier le code]

Bataille a joué un rôle majeur (et occupé une place croissante) au sein des revues suivantes :

  • Documents, (1929-1931) où il possède suffisamment d'influence pour parfois déplacer le cadre de la simple revue d'arts et de curiosités, et ainsi critiquer André Breton et le surréalisme.
  • Acéphale, (1936-1939) dont on ne peut dire qu'elle a été diffusée à grande échelle, issue d'une idée collective avec André Masson. Le dernier numéro paraît plus d'un an après le quatrième, et il est rédigé par le seul Bataille, dans un format différent.
  • Critique, fondée par Georges Bataille en 1946 aux éditions du Chêne, elle se développa après sa reprise en 1949 par les éditions de Minuit. Après la mort de Bataille en 1962, Jean Piel qui était à ses côtés depuis la création, en prit la direction jusqu'à son décès en 1996.

Une revue internationale consacrée à Georges Bataille a été fondée en 2011. Édités par les Éditions Les Cahiers, les Cahiers Bataille consacrent chacune de leurs livraisons à la publication d'articles critiques et de documents inédits.

Études[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Aribit, André Breton, Georges Bataille, le vif du sujet, Paris, l'Écarlate, 2012.
  • Alain Arnaud, Gisèle Excoffon-Lafarge, Bataille, Paris, Éditions du Seuil, Écrivains de toujours, 1978.
  • Élisabeth Arnould-Bloomfield, Georges Bataille, la terreur et les lettres, Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2009.
  • Philippe Audoin, Sur Georges Bataille. Interview imaginable, Paris-Cognac, Actual et Le Temps qu'il fait, 1989.
  • Nathalie Barberger, Le Réel de traviole (Artaud, Bataille, Leiris, Michaux et alii), Lille, Presses Universitaires du Septentrion, 2009.
  • Jean-Michel Besnier, La Politique de l'Impossible, l'intellectuel entre révolte et engagement, Paris, La Découverte, 1989.
  • Jean-Michel Besnier, Éloge de l'irrespect et autres écrits sur Georges Bataille, Paris, Descartes et Cie, 1998.
  • François Bizet, Une communication sans échange : Georges Bataille critique de Jean Genet, Genève, Droz, 2007.
  • Maurice Blanchot, La Communauté inavouable, Paris, Minuit, 1983.
  • Élisabeth Bosch, L'Abbé C., de Georges Bataille : Les Structures masquées du double, Amsterdam, Rodopi, 1983.
  • Gloria Bosch et Teresa Grandas, André Masson et Georges Bataille, Vic, Eumo Editorial, 1994.
  • François Bruzzo, Georges Bataille, chemins, Paris, L'Harmattan, 2012.
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Collectifs[modifier | modifier le code]

  • La Ciguë, Georges Bataille, no 1, 1958, textes de René Char, Marguerite Duras, Louis-René Des Forêts, Michel Leiris, Jean Fautrier, André Malraux, André Masson, Jean Wahl.
  • Critique, Hommage à Georges Bataille, août-septembre 1963, no 195-196, textes de Roland Barthes, Maurice Blanchot, Jean Bruno, Michel Foucault, Pierre Klossowski, Michel Leiris, André Masson, Alfred Métraux, Jean Piel, Raymond Queneau, Philippe Sollers, Jean Wahl.
  • L'Arc, Georges Bataille, no 32, 1967, textes de Michel Leiris, Marcel Lecomte, Jean-Michel Rey, Jacques Derrida, Thadée Klossowski, Michel Deguy, René de Solier, Denis Hollier, Jean Duvignaud, Manuel Rainfort, Georges Bataille.
  • L'Arc, Bataille, no 44, 1971, textes de Henri Ronse, Michel Leiris, Rodolphe Gasché, François Cuzin, Alexandre Kojève, François Perroux, Jean-Michel Rey, Jean Pfeiffer, Gilbert Lascault, Denis Hollier.
  • Bataille, Actes du colloque du Centre Culturel International de Cerisy-la-Salle ("Vers une Révolution Culturelle : Artaud, Bataille", juillet 1972), textes de Roland Barthes, Jean-Louis Baudry, Denis Hollier, Jean-Louis Houdebine, Julia Kristeva, Marcelin Pleynet, Philippe Sollers, François Wahl.
  • Art press, dossier Bataille, no 36, avril 1980, textes de Guy Scarpetta, Philippe Sollers.
  • Écrits d'ailleurs, Georges Bataille et les ethnologues, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme, 1987, textes de Michel Blais, Alain Calame, Marie-Claire Dumas, Jean-Pierre Faye, Serge Ferreri, Maurice Godelier, Marc Guillaume, Frank Joostens, Marie-Christine Lala, Michel Lecamp, Dominique Lecoq, Eugénie Lemoine-Luccioni, Jean-Luc Lory, Francis Marmande, Marie Mauzé, Jacques Meunier, Martine Paoli-Elzingre, Bertrand Pulman, Isabelle Rieusset, Jacques Weber.
  • Georges Bataille, la littérature, l'érotisme et la mort, Magazine littéraire, no 243, juin 1987.
  • "Georges Bataille", Revue des Sciences Humaines, no 206, avril-juin 1987, textes de Jean-Louis Baudry, Denis Hollier, Marie-Christine Lala, Francis Marmande, Carlo Pasi, Rolland Pierre, Jean-Michel Rey, Jean-Luc Steinmetz.
  • Georges Bataille, une autre histoire de l'œil, Cahiers de l'Abbaye Sainte-Croix, no 69, 1991, textes de Didier Ottinger, Michel Surya, Chaké Matossian, Daniel Dobbels, Jean-Michel Alberola, Jacques Henric, Jean-Louis Baudry, Bernard Marcadé, Sylvia Colle-Lorant.
  • Dossier : Bataille et les arts plastiques, La part de l'œil, no 10, 1994, textes de Luc Richir, Véronique Bergen, José Barao da Cunha, Pierre Fédida, Denis Hollier, Jean Lancri, Roger Laporte, Roland Léthier, Jean Lombardi, Lucien Massaert, Chakè Matossian, Michel Surya, Jean-Luc Nancy et François Martin.
  • Georges Bataille après tout, Actes du colloque "Bataille après tout", tenu à Orléans en novembre 1993, Paris, Belin, 1995, sous la direction de Denis Hollier.
  • Bataille-Leiris, l'intenable assentiment au monde, Actes du colloque "Bataille après tout", tenu à Orléans en novembre 1997, Paris, Belin, 2000, sous la direction de Francis Marmande.
  • Sartre-Bataille, Lignes, nouvelle série, no 01, Paris, Éditions Léo Scheer, mars 2000, textes de Michel Surya, Francis Marmande, Jacqueline Risset, Carlo Pasi, Bernard Sichère, Jean-Luc Nancy, Rocco Ronchi, Gianfranco Rubino, Jean-Michel Besnier, Jean-Michel Rey, Véronique Bergen, Enzo Traverso, Claire Margat, Georges Didi-Huberman.
  • Guyotat-Artaud-Blanchot-Bataille-Antelme-Rousset, Lignes, no 03, Paris, Éditions Léo Scheer, octobre 2000, textes de Pierre Guyotat, Michel Surya, Jean-Paul Curnier, Jacob Rogozinski, Mehdi Belhaj Kacem, Jean-Marc Levent, Maurice Blanchot, Christophe Bident, Georges Bataille, Francis Marmande, Michel Koch, Kostas Axelos, Robert Antelme, David Rousset.
  • Georges Bataille et la fiction, CRIN, Rodopi, 2004, textes de Laurens ten Kate, Yves Thévenieau, Francis Marmande, Henk Hillenaar, Jan Versteeg, Elisabeth Bosch, Ger Groot, Ingrid Jurriëns et Martijn Rus.
  • Nouvelles lectures de Georges Bataille, Lignes, no 17, Paris, Éditions Lignes et Manifestes, mai 2005, textes de Martin Crowley, Joseph Cohen, Osamu Nishitani, Boyan Manchev, Pierre-Olivier Capéran, Sylvain Santi, Sandrine Israël, Diogo Sardinha, Magali Tirel, Fausto de Petra, Marianne Esposito, Lina Franco, Sylvie Tréchérel, Christophe Halsberghe, Laura Santone.
  • L'Histoire-Bataille. L'écriture de l'histoire dans l'œuvre de Georges Bataille, études et rencontres de l'École des chartes, 18, Paris, École des Chartes, 2006, textes de Laurent Ferri, Yves-Marie Bercé, Laurent Dubreuil, Christophe Gauthier, Christophe Halsberghe, Pierre Savy, Olivier Guyotjeannin, Jean-Claude Monod, Dominique Rabaté, Georges Bataille.
  • Sexe et Texte : Autour de Georges Bataille, Presses universitaires de Lyon, 2007, textes réunis par Jean-François Louette et Françoise Rouffiat. Textes de Jean-François Louette, Georges Mathieu, Gilles Ernst, Marina Galletti, Gilles Philippe, Marc Kober, Anne Malaprade, Brigitte Combe, Nao Sawada, Claude Coste, Françoise Rouffiat, Danielle Perrot-Corpet, Annick Brillant-Annequin, Mireille Losco-Lena.
  • Georges Bataille, de l'hétérogène au sacré / Georges Bataille, from "heterogeneity" to the sacred, Actes du colloque du 29 avril 2006, Newham College, Université de Cambridge, sous la dir. de Juliette Feyel, Revue Silène, "De l'hétérogène au sacré", 2008. [1]
  • Georges Bataille interdisciplinaire. Autour de La Somme Athéologique, Montréal, éditions Triptyque, 2009, sous la direction de Martin Cloutier et François Nault. Textes de Martin Cloutier, François Nault, Valérie Chevassus-Marchionni, Emy Koopman, Jacques Julien, Marie-Pierre Boucher, François Gauthier, Philippe Saint-Germain, Dominic Fontaine-Lasnier, Jacques Pierre.
  • Cahiers Bataille no 1, Éditions les Cahiers, octobre 2011, textes de Michel Surya, Claude Minière, Christian Prigent, Frédéric Aribit, Koichiro Hamano, Jean-Louis Cornille, Chiara Di Marco, Jean Pierrot, Georges Sebbag, Muriel Pic, Dominic Marion, Felice Ciro Papparo, Vincent Teixeira, Kuniyoshi Kaneko, Georges Bataille.
  • Revue des deux mondes, mai 2012, numéro spécial « Dans l'œil de Georges Bataille », textes de Georges Didi-Huberman, Guillaume Fau, Charles Ficat, Marina Galetti, Christian Limousin, Jean-François Louette, Alexandre Mare, Jean-Luc Nancy, Jacqueline Risset, Philippe Sollers, Frédéric Verger.
  • Sous le signe de Bataille - Masson, Fautrier, Bellmer, catalogue d'exposition, Vézelay, Musée Zervos, 2012, textes de Camille Morando, Yves de Fontbrune, Marcel-André Stalter, Fabrice Flahutez, Christian Limousin, Christian Derouet.
  • Le Portique - philosophie et sciences humaines : Georges Bataille, no 29, 2012, textes de Madeline Chalon, Vincent Gény, Mathilde Girard, Benoît Goetz, Jean-Marc Leveratto, Boyan Manchev, Francis Marmande, Jean-Luc Nancy, Philippe Sabot, Michel Surya, François Warin.
  • Georges Bataille en Auvergne, Mairie de Riom-ès-Montagnes et Drac d'Auvergne, 2012, textes de Jean-Jacques Bellet, Georges Delteil, Christian Limousin, Jean-François Louette, Olivier Meunier, Vincent Teixeira.
  • Critique. D'un monde à l'autre : Georges Bataille, no 788-789, février 2013, numéro dirigé par Pierre-Antoine Fabre, Muriel Pic, textes de Walter Benjamin, Édith Boissonnas, Marcus Coelen, Georges Didi-Huberman, Pierre-Antoine Fabre, Elena Galtsova, Stefanos Geroulanos, Yves Hersant, Denis Hollier, Laurent Jenny, Dominique Kunz-Westerhoff, Jean-François Louette, Yoshikazu Nakaji, Muriel Pic, Philippe Roger.
  • Georges Bataille, cinquante ans après, éditions Cécile Defaut, 2013, sous la direction de Gilles Ernst et Jean-François Louette, textes de Patrick Bergeron, Jean-Michel Besnier, François Bizet, Jean-Louis Cornille, Gilles Ernst, Patrick Ffrench, Philippe Forest, Koichiro Hamano, Sarah Lacoste, Jean-François Louette, Gilles Philippe, Jacqueline Risset, Céline Sangouard-Berdeaux, Sylvain Santi.
  • Cahiers Bataille no 2, Éditions les Cahiers, octobre 2014, entretien avec Elizabeth Prouvost, textes de Pietro Palumbo, Nidesh Lawtoo, Mark Meyers, Miguel Morey, Jan Ceuleers, Hiroshi Yoshida, Jean-Louis Baudry, Abraso et Deura Flammen, Camille Henriot, lettres inédites de Georges Bataille (introduites et annotées par Olivier Meunier et Marina Galletti), dessins inédits de René Magritte.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice biographique de Georges Bataille sur le site "Les Gens du Cinéma" basée sur extrait de décès n°7/828/1962 ».
  2. Bertrand Beyern, Guide des tombes d'hommes célèbres, Le Cherche midi,‎ 2011, 385 p. (ISBN 9782749121697, lire en ligne), p. 274.
  3. Michel Surya, Georges Bataille: la mort à l'œuvre, p. 11-24
  4. Ce fait n'est pas mentionné dans la biographie de Surya, mais voir la Chronologie in Georges Bataille, Romans et récits, La Pléiade 2004, p. XCIV.
  5. Cette publication fut faite à compte d’auteur.
  6. L’École des hautes études hispaniques est l’actuelle Casa Velasquez.
  7. Cette traduction de Georges Bataille et Tatiana Beresovski-Chestov sera publiée en 1925 par les Éditions du Siècle.
  8. Mary Ann Caws, Les Vies de Dora Maar, Thames & Hudson, Paris, 2000, p. 47.
  9. Voir le livre paru dernièrement aux éditions Ypsilon.
  10. Les sujets abordés par Bataille vont de la mystique à l'économie, en passant par la poésie, la philosophie, l'art, l'érotisme.
  11. Diane Kotchoubey de Beauharnais était la fille d’Helen Pearce, une ressortissante sud-africaine, et du prince Eugène Kotchoubey de Beauharnais (1894-1951). Elle nait à Victoria, dans l’île de Vancouver, le 4 juin 1918. D’abord marié à Gerges Snopko, en 1939, dont elle a eu Catherine, elle le quitte pour Georges Bataille. De ce nouveau mariage naîtra Julie Bataille le 1er décembre 1949. Par sa famille paternelle Diane descendait de Joséphine Tasher de la Pagerie et de son fils Eugène de Beauharnais. De plus sa grand-mère, Daria de Beauharnais, comtesse de Leuchtenburg, était la petite-fille de Maryia Nikolaievna Ramanov, grande-duchesse de Russie, qui avait épousé Maximilien de Beauharnais, troisième duc de Leuchtenburg.
  12. Lors de son séjour à Carpentras, Georges Bataille publie, en 1949, La Part maudite. Essai d’économie générale. T. 1, La Consumation ainsi qu’Éponine (repris l’année suivante dans L’Abbé C.).
  13. Sa Lettre à René Char sur les incompatibilités de l’écrivain, avec dessins de Pierre Alechinsky, a été éditée en 2005.
  14. Georges Bataille avait découvert la corrida à Madrid en 1922 quand jeune diplômé archiviste-paléographe de l’École des chartes, il avait été envoyé à l’École des hautes études hispaniques, l’actuelle Casa Vélasquez. Ce fut là qu’il assista dans les arènes madrilènes à la mort horrible du torero Manuel Granero, une corne du taureau l’ayant énucléé avant de transpercer son crâne. Bataille y vit une image où se croisaient mort et sexualité.
  15. Michel Leiris, écrivain et ethnologue français, avait été le témoin de mariage de Georges Bataille quand celui-ci avait épousé, le 20 mars 1928, Sylvia Maklès. Il participa au mouvement surréaliste et cofonda avec son ami Bataille le Collège de Sociologie destiné à étudier les manifestations du sacré dans l’existence sociale. Celui-ci lui dédia L’Érotisme, édité en 1957, et Leiris fit paraître, en 1988, aux éditions Fourbis, À propos de Georges Bataille. Leiris nous a laissé ses impressions sur sa première rencontre avec Bataille en 1924 : «J’admirais non seulement sa culture beaucoup plus étendue et diverse que la mienne, mais son esprit non conformiste marqué par ce qu’on n’était pas encore convenu de nommer l’humour noir. J’étais sensible aussi aux dehors mêmes du personnage qui, plutôt maigre et d’allure à la fois dans le siècle et romantique, possédait (en plus juvénile bien sûr et avec une moindre discrétion) l’élégance dont il ne se départirait jamais, lors même que son maintien alourdi lui aurait donné cet air quelque peu paysan que la plupart ont connu, élégance tout en profondeur et qui se manifestait sans aucun vain déploiement de faste vestimentaire. À ses yeux assez rapprochés et enfoncés, riches de tout le bleu du ciel, s’alliait sa curieuse dentition de bête des bois, fréquemment découverte par un rire que (peut-être à tort) je jugeais sarcastique ».
  16. Pierre Klossowski (1905- 2001), était le frère du peintre Balthus. Quand Bataille rencontra à Vézelay Diane Kotchoubey de Beauharnais, qui devient sa maîtresse, il y eut pendant leur séjour ménage-à-trois avec Denise Rollin, son épouse. Mais le couple se sépara et Pierre Klossowski vint au secours de Bataille, resté sans domicile parisien, en l’installant dans le studio de Balthus où il passa l’hiver. Ce grand spécialiste du Divin Marquis (Sade mon prochain, 1947), était très proche de la dialectique bataillienne. Il s’interrogea sur la nature théologique du dilemme Dieu-mort de Dieu. Le moi substitué à la substance divine, était, pour Klossowski, un faux changement : moi est Dieu et la mort de Dieu, la mort de moi.
  17. Bernard Noël a été l’un des collaborateurs du Dictionnaire des œuvres érotiques, paru au Mercure de France, en 1971. À ce titre, il a présenté et analysé l’œuvre de Georges Bataille.
  18. Son fonds a servi de support au court-métrage du C.N.R.S. intitulé : Saint Gens, patron des fiévreux et fidèle intercesseur de la pluie et du beau temps, tourné par Jean Arlaud à Monteux et au Beaucet.
  19. Christian Limousin, professeur de lettres au lycée Romain Rolland de Clamecy, a organisé la manifestation de Vézelay : L’Éros et le Sacré, en 2002, célébrant le quarantième anniversaire de la mort de Bataille. Pour celui-ci, le sacré s’inscrit dans un mouvement universel de la vie à la mort, un mouvement que le christianisme aimerait refouler. Il se manifeste sur les marges, dans le domaine de l’interdit : c’est en transgressant les tabous que nous expérimentons le sacré et un sentiment d’appartenance au monde. Bataille le cherche et le trouve dans les exhalaisons physiques (sang, sueur, larmes, excrément), les émotions extrêmes (rire, colère, ivresse, extase sexuelle), et dans les activités inutiles (poésie, jeu, crime, érotisme). Chez lui, si le sacré et l’abjection s’épousent, c’est sous une forme de dépassement des antinomies. Cela dit, Bataille sera toujours pour les tabous qui donnent un sens à cet excès. Car le divin ou le sacré sont quelque chose d’ambigu, «à la fois saint et maudit, pur et impur, blanc et noir, fascinans et tremendum » ; «le sacré est le tout autre, séparé, hétérogène », et «cette hétérologie comprend les formes les plus nobles comme les plus basses. Jeu cruel, l’art a le pouvoir d’engendrer une altérité folle, belle, laide ou effrayante ». Cf. Vincent Teixeira, Georges Bataille, La part de l’art (la peinture du non-savoir), 1997.
  20. Pseudonyme qu'on peut interpréter comme « Seigneur aux chiottes », voire « Seigneur aussi ».
  21. Et aussi, disent certains, après une visite à l’abbaye de Quarr, sur l’île de Wight, lors d’une aventure obscure avec une jeune femme croyante. Mais les deux évènements sont concomitants. Dès lors Bataille critiqua le christianisme qui fait croire à l’immortalité de l’âme et au report du plaisir jusqu’au paradis. Pour lui ce refoulement de la mort s’accompagne du refoulement de la sexualité et atteint son comble dans le culte de la Vierge Marie.
  22. Cf. Georges Bataille, La pratique de la joie devant la mort, texte établi par Bernard Noël, Mercure de France, 1967.
  23. Qui pourra, un jour, élucider le fait que deux des grands auteurs de la littérature érotique mondiale aient vécu à deux cent ans de distance dans le département de Vaucluse ? Si Sade y avait des attaches familiales, il n’en allait pas de même pour Bataille. Et le hasard n’explique rien. Présence de René Char ? Sans doute puisque l’on sait que le poète recevant à l’Isle-sur-la-Sorgue son ami Paul Éluard ne manquait jamais de lui faire visiter la Provence du Divin Marquis en le menant à Mazan, Saumane et Lacoste sur les traces du Grand Ancien.
  24. Ce fut en cette année 1955 que Diane Bataille publia Les Anges du fouet, remarquable pastiche d’un roman érotique victorien.
  25. L’abbé Breuil avait publié en 1952 son étude Quatre cents siècles d’art pariétal. Les cavernes ornées de l’Âge du Renne. Georges Bataille s’inspira de ses travaux pour tout ce qui avait trait à la paléontologie et à la paléo-ethnographie.
  26. Vincent Teixeira, Georges Bataille, La part de l’art (la peinture du non-savoir), Éd. L’Harmattan, Paris, 1997.
  27. Vincent Teixeira, op. cité.
  28. La citation est de Jacques Lempert.
  29. J.P. Sartre a lancé sa polémique Sur Bataille, Un nouveau mystique en décembre 1943 dans les Cahiers du Sud.
  30. Georges Bataille, Œuvres complètes, T. I. comprenant Premiers écrits, 1922-1940, Histoire de l’œil, L’Anus solaire, Sacrifices et Articles.
  31. Voir http://classiques-litterature-erotique.blogspot.com/2011/01/lanus-solaire-georges-bataille.html.
  32. Repris dans Le Bleu du ciel.
  33. Les réponses érotiques de l’art préhistorique : un éclairage bataillien
  34. Où est notamment évoqué le supplice du lingchi ou « cent morceaux » ; les informations sur l'origine des photographies et le degré d'authenticité de leur interprétation sont sujets à caution Bataille et le supplicié chinois : erreurs sur la personne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]