La Peste

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La Peste
Auteur Albert Camus
Genre Absurde, Humanisme
Pays d'origine Drapeau de la France France
Éditeur Gallimard
Date de parution juin 1947
Type de média Livre
Nombre de pages 339[1]

La Peste est un roman d’Albert Camus publié en 1947 qui permit en partie à son auteur de remporter le prix Nobel en 1957. Il appartient au cycle de la révolte qui rassemble trois œuvres de Camus: La Peste, L'Homme révolté et Les Justes

L’histoire se déroule dans les années 1940. Elle a pour théâtre Oran durant la période de l’Algérie française. Le roman raconte sous forme de chronique la vie quotidienne des habitants pendant une épidémie de peste qui frappe la ville et la coupe du monde extérieur. Quel que soit le sens allégorique de son roman, Camus s'est inspiré en premier lieu d'une petite épidémie de peste bubonique, survenue à Oran en 1945, succédant à une épidémie plus sérieuse qui avait eu lieu à Alger en 1944.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La mort des rats[modifier | modifier le code]

Un jour d’avril à Oran, en Algérie, le docteur Rieux découvre un rat mort sur son palier. Très vite, le nombre de rats qui remontent à la surface pour mourir se multiplie et les rues de la ville sont bientôt submergées de tas informes de rats morts. Les autorités décident de les incinérer.

Les cas humains[modifier | modifier le code]

Le concierge de l’immeuble du docteur Rieux tombe malade, et, malgré les soins du médecin, il meurt d’une maladie mystérieuse. Grand, un employé de mairie, vient voir le docteur Rieux car les rats meurent en très fortes quantités. À la fin de la première partie, les autorités, après bien des hésitations, se décident à fermer la ville et l’isoler pour empêcher la maladie, qui semblerait être la peste, de se propager. Rambert, un journaliste, fait tout pour regagner Paris où se trouve sa compagne. Cottard, qui avait tenté de se suicider, semble éprouver du plaisir dans le malheur des habitants d’Oran, car il en profite pour se livrer à des activités de trafic lucratives. Grand essaie d'écrire un livre. Tarrou, étranger à la ville, dresse sa propre chronique du fléau et devient le collègue du docteur Rieux.

L'épidémie[modifier | modifier le code]

Le père Paneloux voit dans l’épidémie tout ce qui suit, sauf une grâce qui permet aux hommes de faire des actes de charité. Dans la ville, avec l'arrivée de l’été, les crimes se multiplient mais les habitants s'habituent aux ravages de l’épidémie. À l’approche de l’automne, Rambert rejoint Rieux et Tarrou dans leur lutte acharnée contre la peste. Plus tard, on assiste à l’agonie d'un jeune enfant, une mort et une souffrance atroce qui provoque chez Paneloux une prise de conscience et de foi plus forte que jamais. Tarrou et Rieux, qui luttent ensemble et sans relâche contre l’épidémie, décident de se reposer un peu et célèbrent leur amitié dans la scène du bain de mer.

La fin de la peste[modifier | modifier le code]

En janvier, la peste régresse, et le vaccin (appelé sérum dans le roman) développé par Castel se met curieusement à gagner une efficacité qu'il n'avait pas jusqu'alors. On voit aussi que Tarrou, soigné par Rieux, est une des dernières victimes de la peste. Il meurt après avoir longtemps lutté. De plus, Cottard devient fou et se met à tirer sur les passants depuis son appartement, il est arrêté puis incarcéré. Ce même jour, Rieux apprend que sa femme en traitement depuis longtemps à cause d’une maladie est décédée. Rieux, qui a combattu la peste pendant presque une année, paraît avoir tout perdu et apparaît à la fin comme un personnage lucide, conscient de tout le mal que la peste a fait.

Analogies[modifier | modifier le code]

Dès l'épigraphe, tiré de Robinson Crusoé de Daniel Defoe, Camus nous invite à assimiler l'épidémie de peste du roman à plusieurs analogies : « Il est aussi raisonnable de représenter une espèce d’emprisonnement par une autre que de représenter n’importe quelle chose qui existe réellement par quelque chose qui n’existe pas. »[2].
L'épidémie de la peste qui a lieu dans le roman peut être assimilée à l'expansion de la peste brune (ou nazisme) qui s'est répandue 10 ans avant la parution du roman c'est-à-dire en 1937, et plus particulièrement à l'Occupation allemande en France durant la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, les différentes actions opérées par les personnages de La Peste pour essayer d'éradiquer et de contenir la maladie correspondraient à des actes de Résistance.
En février 1955, Roland Barthes (critique littéraire) rédige un article sur La Peste où il qualifie la référence au contexte de la Seconde Guerre Mondial comme un « malentendu ». Camus lui répond dans une lettre ouverte en ces termes : « La Peste, dont j’ai voulu qu’elle se lise sur plusieurs portées, a cependant comme contenu évident la lutte de la résistance européenne contre le nazisme. La preuve en est que cet ennemi qui n’est pas nommé, tout le monde l’a reconnu, et dans tous les pays d’Europe. Ajoutons qu'un long passage de La Peste a été publié sous l'Occupation dans un recueil de combat et que cette circonstance à elle seule justifierait la transposition que j'ai opérée. La Peste, dans un sens, est plus qu’une chronique de la résistance. Mais assurément, elle n’est pas moins. »[3].

Personnages[modifier | modifier le code]

Personnages principaux[modifier | modifier le code]

  • Bernard Rieux : médecin qui lutte contre la peste pendant tout le roman ; c'est un homme sensible et humaniste, qui ne baisse pas les bras. On apprend à la fin de l’œuvre qu'il est le narrateur de la chronique.
  • Jean Tarrou : Voisin de Rieux, fils d’un procureur et étranger à la ville, il tient dans ses carnets sa propre chronique de l’épidémie avec toute la lucidité de l'homme absurde, s'étant rapproché de Cottard. Lui ne croit qu’en l’homme, son unique morale est la compréhension. Il éprouve ensuite, en prenant conscience que la peste est l'affaire de tous, les sentiments de l'homme révolté, fait preuve d’un courage ordinaire et se met à la disposition de Rieux (il devient d'ailleurs son ami) pour organiser le service sanitaire ; il cherche à atteindre un idéal de saint laïque. Il meurt à la fin du récit. Son engagement est le symbole de la résistance.

Personnages secondaires[modifier | modifier le code]

  • Joseph Grand : employé de mairie écrivant un livre dont il réécrit sans cesse la première phrase en vue d'atteindre une forme de perfection romanesque. Il est le premier à guérir de la peste.
  • Cottard : homme dont Joseph Grand a empêché le suicide et qui est le seul à tirer avantage de la peste ; il est arrêté par les forces de l'ordre à la fin du récit à la suite d'une crise de démence. Il représente symboliquement le collaborateur et ces vices.
  • Paneloux : prêtre, jésuite érudit qui meurt d'une maladie dont il n'est pas affirmé que ce soit la peste. Il interprète la peste comme un fléau divin. Lors de son premier prêche, il condamnera les Oranais simplement, mais au deuxième il semble avoir été affecté par la mort du fils Othon, il commence à utiliser un « nous » inclusif et prône l'acceptation.
  • Raymond Rambert : journaliste parisien faisant tout son possible pour quitter la ville, car il veut rejoindre la femme qu'il aime. Il abandonne cependant ses projets d'évasion et aide Rieux dans son labeur. Il représente symboliquement le résistant tardif.
  • M. Michel : concierge de l’immeuble de Rieux, le premier cas recensé de la peste.
  • Castel : confrère de Rieux qui tente de développer un vaccin contre la maladie.
  • Othon : Juge, il est au début du roman indifférent à l'épidémie. Après la mort de son fils et sa mise en quarantaine, il aide Rieux dans son travail. Il finit par mourir également. Il représente donc le résistant engagé après la mort d'un proche ou la découverte de la brutalisation de L'Allemagne Nazie.
  • Mercier : directeur du service communal.
  • Richard : docteur connu dans la ville qui meurt vers la fin du récit.
  • Mme Rieux (mère) : mère du docteur Rieux. Elle est venue tenir la maison de son fils quand la femme de celui-ci est partie à la montagne pour se soigner.
  • Mme Rieux (épouse) : épouse de Rieux. Elle part se faire soigner d'une grave maladie au début du roman. On apprend sa mort dans la cinquième partie.

Incipit[modifier | modifier le code]

« Les curieux événements qui font le sujet de cette chronique se sont produits en 194., à Oran. De l’avis général, ils n’y étaient pas à leur place, sortant un peu de l’ordinaire. »

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]