Roland Dorgelès

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Roland Dorgelès

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Roland Dorgelès en 1923.

Nom de naissance Roland Lecavelé
Activités écrivain
journaliste
Naissance 15 juin 1885
Amiens, France
Décès 18 mars 1973 (à 87 ans)
Paris, France
Langue d'écriture Français
Distinctions Croix de guerre

Œuvres principales

Compléments

Roland Lecavelé, dit Roland Dorgelès, né le 15 juin 1885 à Amiens et mort le 18 mars 1973 à Paris, est un journaliste et écrivain français, membre de l'Académie Goncourt de 1929 à 1973.

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1910, avec ses amis du cabaret du Lapin Agile, il fomente une énorme fumisterie où il fait passer un tableau peint par un âne et intitulée Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique pour une œuvre d'un jeune surdoué nommé Joachim-Raphaël Boronali (anagramme d'Aliboron...) à l'occasion du Salon des Indépendants. En 1914, bien que deux fois réformé précédemment pour raison de santé, il s'engage en se faisant appuyer par Georges Clemenceau, son patron au journal L'Homme libre. Il est versé au 74e régiment d'infanterie de ligne de Rouen le 21 août 1914. Il combat en Argonne et au nord de Reims; puis passe au 39e régiment d'infanterie de ligne. Il participe aux combats du bois du Luxembourg en février 1915, à la Deuxième bataille d'Artois dans le cimetière de Neuville-Saint-Vaast en juin 1915 entre autres. Il devient élève pilote, est nommé caporal et décoré de la Croix de guerre.

En 1917, il entre au Canard enchaîné, où il se lie d'amitié avec Henri Béraud et Paul Vaillant-Couturier. Il publie dans ce journal un roman satirique intitulé La Machine à finir la guerre. Il écrit des articles de la même veine et dans le même journal entre 1917 et 1920. Pour certains de ses articles, il utilise le pseudonyme de Roland Catenoy, mais les plus importants (feuilletons, contes, articles polémiques) paraissent sous son nom. Les profiteurs de guerre, les députés, les forces de police sont particulièrement visés, ainsi que ceux qui diabolisent les bolcheviques.

En 1919, il publie le roman qui le rend célèbre, Les Croix de bois, inspiré de son expérience de la guerre. Le roman obtient le Prix Fémina, la même année les jurés du Prix Goncourt ne lui accordent que quatre voix, contre six à À l'ombre des jeunes filles en fleurs de Marcel Proust.

En 1923, il se marie à Hania Routchine, une artiste lyrique d'ascendance russe. Un séjour en Indochine lui inspire Sur la route mandarine. En 1929, il succède à Georges Courteline à l'Académie Goncourt.

En 1939, il devient correspondant de guerre pour Gringoire. C'est lui qui serait à l'origine de l’expression « Drôle de guerre » qui restera à la postérité[1]. Il se réfugie à Cassis en 1940. Dès 1941, il cesse toute collaboration à Gringoire. Habitant à partir de novembre 1942 dans le Comminges, à Montsaunès, il y accueille son ami Raoul Dufy pendant un an. Montsaunès sert de cadre à son roman Carte d'identité publié en 1945.

En 1960, après le décès de sa première épouse, il se marie avec Madeleine Moisson (1909-1996). En 1954, il est élu président de l'Académie Goncourt, fonction qu'il occupe jusqu'à sa mort en 1973.

Roland Dorgelès fut président de l’Association des écrivains combattants. Il a donné son nom à une distinction littéraire délivrée par cette association, le Prix Roland Dorgelès créé en 1995 pour des professionnels de la radio et de la télévision « qui se sont particulièrement distingués dans la défense de la langue française. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Éditions originales
Plaque commémorative dans le square qui porte son nom à Montmartre
Plaque commémorative au n° 2 de le rue Mabillon à Paris
  • La Machine à finir la guerre, avec Régis Gignoux, Albin Michel, 1917
  • Le Réveil des morts, Albin Michel, 1923
  • La Dernière Relève, Durassié, in Les Beaux contes illustrés, n° 4, novembre, 1924
  • Montmartre, mon pays, Les Artisans imprimeurs, 1925
  • Le Cadastre littéraire, ou une heure chez M. Barrès, Émile-Paul, 1925
  • Sur la route mandarine, Albin Michel, 1925
  • Partir..., Albin Michel, 1926
  • Le Promeneur nocturne, À la Cité des livres, coll. « Les Familiers de la Cité des livres », 1926
  • La Caravane sans chameaux, Albin Michel, 1928
  • Souvenirs et réflexions sur les "Croix de bois", Les Nouvelles littéraires, novembre-décembre 1928
  • Écrit sur l'herbe, Cahiers libres, 1928
  • Écrit sur le sable, Cahiers libres, 1928
  • Souvenirs sur Les Croix de bois, À la cité des livres, 1929
  • A la recherche de Baranavaux, Fournier, coll. « de l'Ancre », 1929
  • Marcel Prévost, Francis de Croisset, Joseph de Pesquidoux, Le Jasmin d'argent, A. Sauriac, 1929
  • Chez les beautés aux dents limées, Laboratoires Martinet, 1930
  • Entre le ciel et l'eau, illustrations de Eugène Corneau, Crès, 1930
  • Le Château des brouillards, Albin Michel, 1932
  • Deux Amateurs de peinture, F. Paillart, coll. « Les Amis d'Édouard », 1932
  • Si c'était vrai ?, Albin Michel, 1934
  • La Corde au cou, in Gringoire n° 354, 16 août 1935
  • Quand j'étais montmartrois, Albin Michel, 1936
  • Vive la liberté !, Albin Michel, 1937
  • Le dernier moussem, illustrations de Debax, Les Laboratoires Deglaude, 1938[2]
  • Frontières. Menaces sur l'Europe, Albin Michel, 1938
  • L'Esprit montmartrois avant la guerre, illustrations de Dignimont, Laboratoires Carlier, 1939 ;
  • Retour au front, Albin Michel, 1940;
  • Sous le casque blanc, Éditions de France, 1941;
  • Route des tropiques, Albin Michel, 1944;
  • Carte d'identité. Récit de l’Occupation, Albin Michel, 1945;
  • Vacances forcées, 1945;
  • Bouquet de Bohème, Albin Michel, 1947;
  • Au beau temps de la Butte, illustrations de Van Dongen, Nouvelle librairie de France, 1949;
  • Bleu horizon, Albin Michel, 1949;
  • Portraits sans retouche, Albin Michel, 1952;
  • Dufy, Louis Carré, 1953;
  • Le Tombeau des poètes. 1914-1918, illustrations de André Dunoyer de Segonzac, Vialetay, 1954 ;
  • Tout est à vendre, Albin Michel, 1956;
  • La Drôle de guerre, Albin Michel, 1957;
  • Promenades montmartroises, illustrations de Dignimont, Vialetay/Trinckvel, 1960;
  • A bas l'argent!, Albin Michel, 1965;
  • Lettre ouverte à un milliardaire, Albin Michel, coll. « Lettre ouverte », 1967;
  • La Banane empoisonnée, 1967;
  • Le Marquis de la Dèche, Albin Michel, 1971;
  • Images, Albin Michel, 1975 (ISBN 2-226-00226-X);
  • Je t'écris de la tranchée, Albin Michel, 2003 (ISBN 2-226-14187-1)[3];
  • Mon chasseur d'éléphants, Brunier-Bayer;
  • Voyage de noce, Brunier-Bayer;
  • La Vérité sur le communisme, avec Walter Citrine et M. Yvon, Office central anticommuniste ;
  • Je t'écris de la tranchée,préface de Micheline Dupray, introduction de Frédéric Rousseau, collation de lettres écrites entre 1914 et 1918, Albin Michel, 2003 (ISBN 2-226-14187-1).
Préfaces
  • Louis Vuillemin, L'Héroïque pastorale. Variations au grand air !... (1914-1918), M. Drouin, 1920
  • Gus Bofa, Synthèses littéraires et extra-littéraires, Éditions Mornay, 1923
  • Gabriel Tristan Franconi, Un tel de l'armée française, 1926
  • La Chanson de Damsan. Légende Radé du XVIe siècle (Tribu Malaïo-Polynésienne du Darlac), transmise par la tradition orale, recueillie et transcrite en français par M. Léopold Sabatier, administrateur les services civils, ex-résident de France au Darlac, Leblanc et Trautmann, 1928
  • Louis Sonolet, La Vie parisienne sous le second Empire. La Belle Impératrice. La Vie de la cour. Les Séries de Compiègne. Les Reines d'élégance. Les Étoiles du théâtre. Le Théâtre dans le monde. Les Bals travestis. Le Monde où l'on s'amuse. Les Élégances militaires. Le Décor de la vie, 1929.
  • Octave Mirbeau, Œuvres illustrées, Éditions nationales, 1934-1936 (10 volumes)
  • François Abgrall, Œuvres posthumes de Fanch Abgrall (Alc' houeder Arre), Éditions Amorica, 1935
  • Georges Guierre, Pirouettes et sarcasmes, Éditions Presses modernes, 1939
  • Capitaine Jean Accart, On s'est battu dans le ciel, B. Arthaud, 1942
  • Capitaine Williame, L'Escadrille des cigognes, B. Arthaud, 1945
  • Louis Castex, Mon tour du monde en avion, Plon, 1945
  • Albert Dubeux, La curieuse vie de Georges Courteline, Nouvelle Librairie de France/Gründ, 1949
  • Au temps des bergeries... Mille baisers donnés, pris et rendus, M. Ponsot, 1951
  • Salon de l'armée, 1952
  • Ernest Hemingway, L'Adieu aux armes, A. Sauret, 1956
  • Galerie Sagot-le Garrec, Vlaminck, œuvre gravé, Galerie Sagot-Le Garrec, 1956
  • Claude Farrère, La Bataille, Éditions Innothéra, 1957
  • Hommage à Paris, Serge Belloni, Bibliothèque Forney, 1968
  • Frances Wilson-Huard, Charles Huard, Albin Michel, 1969
  • Galerie La Palette Bleue, Anna Walt Massardy, La Palette bleue, 1969
  • Jacqueline Sarment, Ville de Paris, maison de Balzac. Charles Huard, Maison de Balzac, 1969
  • Dr G.-R. Rager, L'Infarctus ne tue pas, Flammarion, 1969
  • Raoul Ponchon, La Muse frondeuse, B. Grasset, 1971
  • Octave Mirbeau, Oeuvre romanesque, Buchet-Chastel, 2000-2001, 3 vol. (ISBN 2-283-01821-8)

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies
  • Thabette Ouali, Humanisme et engagement, la Première Guerre mondiale dans Les Croix de bois de Roland Dorgelès, Presse Académique Francophone, 2013 (ISBN 978-3-8381-8823-2)
  • Jean-Manuel Gabert, La Légende de Montmartre racontée par Roland Dorgelès et sa bande. Prince de Bohème, Éditions de la Belle Gabrielle, 2007 (ISBN 978-2-9527705-2-1)
  • Aymar Delacroix, L'univers romanesque de Roland Dorgelès, Atelier national de Reproduction des Thèses, 2004
  • Micheline Dupray, Roland Dorgelès. Un siècle de vie littéraire française, Albin Michel, 2000 (ISBN 978-2226116789)
  • Micheline Dupray, Roland Dorgelès, Presses de la Renaissance, 1986 (ISBN 2-85616-383-1)
  • Colloque Roland Dorgelès, les Amis de Roland Dorgelès, 1980
  • Françoise Py, Roland Dorgelès, Bibliothèque nationale, 1978 (ISBN 2-7177-1418-9)
  • Les Amis de Roland Dorgelès, Albin Michel, 1974
  • Albert Dubeux, Roland Dorgelès, son œuvre, portrait et autographe, La Nouvelle revue critique, 1940
  • Albert Dubeux, Roland Dorgelès, son œuvre, La Nouvelle revue critique, coll. « Célébrités contemporaines », 1930
Sources numériques
Personnage de Bd

Roland Dorgelès est mis en scène dans la bande dessinée Le vol de la Joconde *Jean Yves Le Naour, *Didier Bontemps, Roymodus, 2012 (ISBN 978-2363630148)

Prix Roland Dorgelès[modifier | modifier le code]

Depuis 1996, le Prix Roland Dorgelès est attribué tous les ans à un professionnel de la radio et un professionnel de la télévision, distingués pour leur attachement à la qualité de la langue française. Il est décerné par l'Association des écrivains combattants — longtemps présidée par Roland Dorgelès — en collaboration avec le ministère français de la Culture.

Lauréats
Année Catégorie « Télévision » Catégorie « Radio »
1996[11] Jean-Marie Cavada
1997[11] François de Closets
1998[11] Claire Chazal Catherine Nay
1999[11] Jean-Pierre Pernaut Alain Duhamel
2000[11] Jean-Claude Narcy Dominique Bromberger
2001[11] Patrick Poivre d'Arvor Philippe Bouvard
2002[11] Nicolas Hulot Jean-Marc Sylvestre
2003[11] Patrick de Carolis Frédéric Mitterrand
2004[11] Michel Drucker Jacques Chancel
2005[11] Georges Pernoud Jacques Pradel
2006[11] Yves Calvi Jean-Pierre Elkabbach
2007[12] David Pujadas Christophe Hondelatte
2008[12] Arlette Chabot Jean-Michel Aphatie
2009[11] Laurent Delahousse Alain Bédouet
2010[11] Mireille Dumas Nicolas Poincaré
2011[11] Stéphane Bern Philippe Vallet
2012[11] Patrica Allemonière Jean-Jacques Bourdin

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Source: Max Lagarrigue, 99 questions… La France sous l’Occupation, Montpellier, CNDP, 2007, p. 2-4 (ISBN 978-2-86626-280-8).
  2. [1]
  3. [2]
  4. [3]
  5. [4]
  6. [5]
  7. [6]
  8. [7]
  9. [8]
  10. [9]
  11. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n et o (fr) Ministère de la Culture, « Remise du Prix Roland Dorgelès », sur culture.gouv.fr,‎ 8 février 2010
  12. a et b (fr) Julien Mielcarek, « Chabot et Aphatie primés par la ministre de la Culture » sur Ozap.com, 31 octobre 2008