Seurre

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Seurre
Commune de Seurre le long de la Saône.
Commune de Seurre le long de la Saône.
Blason de Seurre
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne
Département Côte-d'Or
Arrondissement Beaune
Canton Brazey-en-Plaine
Intercommunalité Rives de Saône
Maire
Mandat
Alain Becquet
2014-2020
Code postal 21250
Code commune 21607
Démographie
Population
municipale
2 436 hab. (2012)
Densité 271 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 59′ 57″ N 5° 08′ 51″ E / 46.9991666667, 5.147546° 59′ 57″ Nord 5° 08′ 51″ Est / 46.9991666667, 5.1475  
Altitude Min. 176 m – Max. 192 m
Superficie 8,99 km2
Localisation

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Seurre

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Seurre

Seurre est une commune française située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne.

Son nom aurait pour origine un mot bas-latin saburra qui avait le sens de sable, gravier[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Seurre - les quais de la Saône.

Située dans la vallée de la Saône, au confluent de deux bras de la rivière navigable, la petite ville est un lieu de passage de la rivière au sud du département de la Côte-d'Or. À 40 km de Dijon et 22 de Beaune, Seurre est le chef-lieu d'un canton essentiellement agricole : il assure le transport des céréales du secteur par péniche ou par train et reste un lieu de commerce attractif pour les villages environnants.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Glanon Labruyère Rose des vents
Pouilly-sur-Saône N Chamblanc
Lanthes
O    Seurre    E
S
Labergement-lès-Seurre Jallanges

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est la ville d'origine de la famille de Bossuet, dont la maison est devenue l'Office de Tourisme de la petite ville qui comporte aussi une église du XIVe siècle avec un important carillon (47 cloches) et un hôpital du XVIIe siècle encore en fonctionnement pour l'accueil des malades très âgés.

En 1619, Louis XIII créé le titre de duc de Bellegarde à partir du marquisat de Seurre au profit de Roger II de Saint-Lary.

En novembre 1754, Mandrin libère les prisonniers détenus à l'Hôtel de Ville.

Le 13 août 1698, un arrêt du parlement de Dijon condamna maître Philibert Robert, curé de la ville de Seurre, accusé de quiétisme à être brûlé vif, son corps réduit en cendres et icelles jetées au vent. Heureusement ce prêtre avait à temps pris la fuite, et l'arrêt porte que, pour son absence, l'exécution sera faite par figure [2].

En avril 1789, une émeute est dispersée pacifiquement par un détachement du régiment de La Fère commandé par le lieutenant Bonaparte.

Seurre est la ville natale du peintre Louis Carbonnel (1858-1938).

Après la perte de l'Alsace-Lorraine en 1871, la plantation du houblon couvrira 30 ha.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
« D'azur semé de rose d'argent, au lion couronné d'or brochant sur le tout. »

Jumelages[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
 ? mars 2008 Jean-Noël Couzon DVD Conseiller général
mars 2008 mars 2014 Roland Bonnaire PCF  
mars 2014 en cours Alain Becquet Gauche Responsable Clients Entreprises à la Poste

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 2 436 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1846 1851 1856
2 766 2 763 3 111 2 975 3 700 3 512 3 074 3 079 2 884
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
2 817 2 787 2 590 2 521 2 550 2 517 2 413 2 329 2 286
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
2 217 2 161 1 916 2 056 2 076 2 079 2 144 2 191 2 396
1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2012 -
2 683 2 822 2 694 2 728 2 666 2 500 2 446 2 436 -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Environnement[modifier | modifier le code]

En raison de ses efforts pour la qualité de son environnement nocturne, la commune a été labellisée « Village 1 étoile », en 2013[5]. Le label est décerné par l'Association nationale pour la protection du ciel et de l'environnement nocturnes (ANPCEN) et compte 5 échelons. Un panneau, disposé aux entrées du village, indique cette distinction.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin (XIVe siècle) et son orgue Julien Tribuot (1699)[modifier | modifier le code]

L'église gothique Saint-Martin[6] fut construite à la fin du XIIIe siècle, début0 XIVe siècle. Le portail à arc brisé et la rosace de 6 m de diamètre date de 1399. Le petit clocher campanile à horloge et le clocher pointu de cette époque furent ruinés vers 1730. Le clocher en dôme avec son lanternon datent de 1744. L'ancien chevet plat du chœur passe en 3 pans en 1691 et 3 superbes vitraux de Didron sont installés en 1881. À l'intérieur, plusieurs statues dont un Christ aux liens et une Vierge bourguignonne du XVIe siècle sont remarquables. La chaire à prêcher et les stalles sont de 1705. À voir, un bateau ex-voto de 1842 et le maître-autel en marbre de style Louis XV, offert par Napoléon Ier en 1805. L'orgue (classé monument historique en 1976) est l’œuvre de Julien Tribuot et date de 1699. Il est un vivant témoin de l'école versaillaise du siècle de Louis XIV. Chaque année, il est le centre d'un festival de musique ancienne depuis 1999.

Mairie (XVIe et XVIIIe siècles), place de l'Hôte- de-Ville[modifier | modifier le code]

Ancienne place de l'Estaple ou les mercenaires avaient l'habitude de partager leur butin, le 17 novembre 1754, le fameux Mandrin libéra les prisonniers des geôles de l'hôtel de ville. Ruiné, suite aux guerres de la Ligue et de la Fronde, l'architecte dijonnais Pierre-Joseph Antoine le reconstruit dans le style néo-classique à partir de 1771. Sur la gauche de la façade on peut voir une décoration qui servait à l'entrée de la cour de la maison du gouverneur située en face de la maison Bossuet. Entre le 1er avril et le 29 mai 1789, le jeune lieutenant Bonaparte, sous les ordres du capitaine Dumanoir du régiment d'artillerie de la Fère d'Auxonne vint à Seurre pour mater une révolte de la population affamée. Sur le perron de la mairie, accompagné du maire Pierre Millot, il déclara à la foule : « Que les honnêtes gens se retirent, je n'ai ordre de tirer que sur la canaille ». Les révolutionnaires de 1789 brûlèrent des papiers municipaux dont la charte de 1278. Dans la salle de l'actuel poste de police, se trouve l'un des deux canons achetés par la ville en 1784 pour la venue de Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé et dernier gouverneur de Bourgogne.

Maisons du XVIe siècle au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

  • Maison Bossuet (XVIe siècle) : le trisaïeul de Jacques Bénigne Bossuet, Étienne né vers 1450, fit construire la maison entre 1504 et 1507. Il fut échevin et maïeur de la ville entre 1513 et 1518. La famille donna des avocats au Parlement de Dijon. Charrons à l'origine, le petit bâtiment à côté de la maison d'habitation à 3 étages, servait d'atelier. Il est relié à celle-ci par un porche, créant ainsi une cour intérieure décorée d'une galerie à balustrade desservant le premier étage. Les décorations extérieures (escargot, coq, pigeon et statue de saint Martin) furent décapitées à la période révolutionnaire. Seul le lapin décorant l'entrée de la tour avec ses choux gothiques ont échappé aux dégradations. Le musée de la Saône et des gens de la Saône occupent les étages et l'Office de Tourisme, le rez-de-chaussée.
  • Couvent des Capucins (XVIIe et XVIIIe siècles) : l'ancienne chapelle se situe face à la rue des Capucins et le reste des bâtiments du couvent (vers 1630-1656) dans la rue des Lombards qui se trouvait hors des remparts au Moyen Âge. À la fin de la rue, sur la gauche, l'écurie et le logement des valets dans le logis de l'officier de la gabelle.

Château[modifier | modifier le code]

Le bâtiment à tourelles fut construit en 1625 par le duc Roger II de Saint-Larry de Bellegarde. De 1772 à 1776, Jacques Batailhe de Francès, qui a acheté l'emplacement de l'ancien château au comte de Lamarche, fait construire un pavillon dit « à l'italienne » d'où le surnom « la Francèze ».

Hôtel-Dieu (XVIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Initialement Hôtel-Dieu, aujourd'hui musée-hôpital, Grande Rue du Faubourg Saint-Georges

Couvent des Ursulines (XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Ancien collège de jeunes filles géré par les Ursulines et dissout en 1790, il est propriété de la ville depuis 1835 qui y installe une école communale de garçons en 1858. Deux donateurs : P-L-P Dulac et H Boisseau en 1872-74 contribuèrent beaucoup à la réalisation du projet. Elle y demeurera jusqu'en 1960. Il en reste actuellement deux galeries du cloître de 1658 et la chapelle de 1776.

Pont de Saône (XVIIIe siècle)[modifier | modifier le code]

Un premier pont, situé vers l'église et construit par le duc de Bellegarde, fonctionna de 1618 à 1709. Une percée effectuée dans l'ancien grenier à sel et dans l'alignement de la rue de la Saulnerie, permit la construction d'un nouveau pont de cinq arches de 1727 à 1730. Ce nouvel emplacement devint une véritable malédiction ! 1 arche s’effondre en 1731, 2 en 1741 et 2 en 1743. Reconstruit en 1773 par Pierre-Joseph Antoine, il tombe à l'eau en 1804 (sauf les piliers !). Relevé en 1812, il rechute en 1834. Idem de 1836 à 1867. Un pont de fer construit au Creusot en 1868, après un bombardement lors de la dernière guerre mondiale servira quand même jusqu'en 1965. Un emplacement différent fut choisi pour le pont actuel, réparé en 1994.

Le jacquemart, rue Sainte-Claire[modifier | modifier le code]

Classé monument historique en 2004. Provenant sans doute du château de Montmain avant 1815, cet automate fut placé sur l'ancien collège vers 1850. Le personnage est habillé de tricolore et coiffé d'un chapeau chinois, il a perdu sa pipe. Constitué d'une âme de bois recouverte de plaques de zinc, il tient le marteau de ses deux mains et incline la tête à chaque coup sonné des heures et demi-heures. La cloche de 1731 est de provenance différente. Il rythme encore la vie des écoliers aujourd'hui.

Halle au blé (XIXe siècle), rue des Halles[modifier | modifier le code]

De style néo-classique, elle fut édifiée par Claude Phal-Blando en 1857 sur l'emplacement d'un ancien abattoir de 1845. Seurre produisant 200 tonnes de blé par an, elle est devenue nécessaire à partir de 1861 et sert de marché les mardis, vendredis et samedis. Après 1871, les 30 ha de houblon cultivés sur le territoire, supplantent les grains et conduisent à l'instauration de 3 foires en juillet, août et septembre pour ce produit. Après la Seconde Guerre mondiale, elle devient salle des fêtes, suite à quelques aménagements.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Seurre est un centre de tourisme important du Val de Saône avec la maison de la famille Bossuet transformée en écomusée de la Saône et avec des monuments historiques comme l'église Saint-Martin du XIVe siècle ou les Hospices de Seurre, ancien Hôtel-Dieu du XVIIe siècle.

Un parcours patrimonial nommé "Parcours Jacquemart" a été inauguré en 2012. Ce parcours permet de découvrir les monuments incontournables de la ville et de découvrir son histoire.

Silure pêché à Seurre en juillet 2011 (près de 60 kg, 205 cm).

La petite ville est fréquentée aussi pour ses spécialités gastronomiques comme la pôchouse seurroise (assemblage de quatre poissons cuits au vin blanc) et pour ses activités de loisir comme la navigation de plaisance, le camping, la natation dans une piscine découverte de 50 mètres, la pratique du ski nautique et la pêche. Ainsi le 30 juillet 2011, un adolescent de 15 ans, passionné de pêche, a capturé un silure de près de 60 kg et 205 cm dans une gravière en communication avec la Saône[7].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Seurre a vu naître au moins quatre artistes-peintres de talent.

  • Antoine Gadan, né le 23 février 1854 est tombé dans l'oubli car il passa la plus grande partie de sa vie en Algérie.
  • Auguste Morisot né le 12 avril 1857 à Seurre et mort en 1951 à Bruxelles. Après s'être inscrit aux Beaux Arts de Lyon en 1880, il accompagne en 1886 en temps que dessinateur l'explorateur Jean Chaffanjon pour son expédition sur l'Orénoque au Vénézuela (Il inspirera d'ailleurs Jules Verne pour son roman "Le Superbe Orénoque"). De retour à Lyon en 1887 il exerce comme professeur de dessin à Vaise puis à la municipalité de Lyon et enfin aux Beaux Arts de Lyon en 1895 où il alternera profession et peinture mais aussi gravure, photographie, vitrail et Design. Son ami Adolphe Appian aura une inluence certaine sur lui et l'amènera à découvrir le Valromey dans l'Ain où il peindra souvent en particulier à Charron et Condamine La Doye. On lui doit la restauration de l'Hotel de Madame Neyron de Champollion à Lyon pour l'architecture et la décoration.
  • Louis Carbonnel, né le 1er mars 1858, qui fut également tenté par l'Afrique du Nord mais n'y resta que peu de temps, préférant les bords de Saône, son pays natal. À la fois décorateur et peintre, ce dernier a laissé de nombreux souvenirs dans la région. Une première exposition de ses œuvres eut lieu en 1973 à la Galerie Bossuet. Un legs, en 1999, décidait la mairie à organiser une nouvelle exposition et à rendre hommage au peintre en donnant son nom à une rue de la ville.
  • Eugène Blot, né à Seurre en 1883, fut l'élève de Louis Carbonnel dès 1896. Il reçut auprès de son maître une solide formation qui l'autorisa à ouvrir en 1925, à Reims, une École de peinture (l'École Blot), reconnue d'utilité publique en 1928, et bientôt de renommée nationale et internationale, qu'elle conserve encore de nos jours.

Seurre a vu naître un homme politique de talent.

  • Eugène Spuller, né le 8 décembre 1835 est considéré comme un des fondateurs de l'école laïque.

Seurre est également la ville natale de Robert Blot (1907-1983), chef d'orchestre à l'Opéra de Paris et aux concerts Musigrains et compositeur.

Seurre a vu naître:

  • Narcisse Trullard, né le 29 octobre 1738 et décédé le 12 décembre 1805 à Glanon, militaire et homme politique français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Étymologie des noms de famille "Sœur, Sœurs" http://jeantosti.com/noms/s5.htm
  2. « Encyclopédie des gens du monde: répertoire universel des sciences, des lettres et des arts », Paris, Treuttel et Würtz, 1838, volume 10, p. 625.
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2012.
  5. Pluie d'étoiles sur la Côte d'Or article sur le site Le Bien public, 19 février 2014.
  6. Église Saint-Martin
  7. http://www.bienpublic.com/edition-de-beaune/2011/08/04/le-monstre-de-la-graviere et les amicales de pêcheurs organisent régulièrement des journées de pêche au silure, voir par ex. http://wilderness-fishing-team-france.blogspot.com/2011/06/concentration-de-peche-aux-silures.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]