Château d'Antigny

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château d'Antigny
Image illustrative de l’article Château d'Antigny
Le château d'Antigny.
Propriétaire actuel Royall Tyler
Protection Logo monument historique Classé MH (1993)
Coordonnées 47° 07′ 26″ nord, 4° 34′ 25″ est
Pays France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Localité Foissy

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
château d'Antigny

Géolocalisation sur la carte : Côte-d'Or

(Voir situation sur carte : Côte-d'Or)
château d'Antigny

Le château d'Antigny est un château daté des XIIe, XVIIe et XVIIIe siècles, classé monument historique en 1993, il est situé sur le lieu-dit Antigny-le-Château, commune de Foissy (Côte-d'Or).

Description[modifier | modifier le code]

Non loin d'Arnay-le-Duc (7 km à l'Est par la RD 17), il domine au sud-est le hameau d'Antigny-le-Château ; l'entrée se fait côté sud-ouest par une grille, via une allée arborée après emprunt d'un chemin vicinal.

Daté du XIIe siècle, les éléments les plus anciens se trouvent parallèlement au château actuel, côté nord-est, dont une tour quadrangulaire ruinée et des murs de forte épaisseur.

L'édifice actuel est en forme de losange. Une grosse tour ronde en moyen appareil, à mâchicoulis et toit conique du XVe siècle, en marque la pointe sud. Elle est accolée d'un corps de logis du XVIIIe (ex-écuries) et d'une chapelle. Le corps de logis et la chapelle à nef simple forment le côté sud-est.

Le côté sud-ouest, dont l'entrée est un petit bâtiment à étage unique, occupe la place d'anciennes courtines et d'une tour porche. Les côtés orientaux sont bordés par des bosquets.

Le corps de logis principal de 1624, au nord-ouest, est longé d'une terrasse bordée d'un jardin agencé à la française divisé en six parties égales engazonnées. Sur le pourtour de ce jardin, on trouve des arbustes taillés façon topiaire. En sus, le château possède vergers et champs.

Hors les murs, deux anciennes métairies ont été reconverties en locations saisonnières.

Le corps de logis principal comprend six chambres à thème, dont une chambre bleue et une chambre toile de Jouy, un petit salon avec un piano Pleyel début de production, un grand salon à cheminée monumentale (1680) ainsi qu'une bibliothèque où Royall Tyler aimait à écrire.

Depuis 1923, les Tyler ont rénové l'endroit avec soin, tout en faisant évoluer la demeure avec les progrès techniques de leur époque, à l'exemple de ce téléphone de 1923 que l'on trouve dans le petit salon, jusqu'aux équipements multimédias et Internet à l'usage des résidents. Les salles de bains sont aussi une preuve de cette évolution, avec dans l'une une antique baignoire à pieds et dans une autre un ancien modèle de douche, les deux parfaitement fonctionnels.

La surface totale du domaine est de 48 562 mètres carrés (presque 5 hectares).

Historique[modifier | modifier le code]

En 1116, mention du 1er seigneur d'Antigny, Eudes grand sire d'Antigny, vicomte de Beaune.

À la fin du XIIIe siècle, il est la propriété de la famille d'Antigny, jusqu'à Philippe de Montagu, seigneur de Chagny. Puis le château passa par mariage à Thierry de Montbéliard.

Jusqu'en 1477, le château passe aux Noyers, La Trémouille, Vergy, Pontailler... soit par partage, soit par mariage.

En 1477, Claude de Toulongeon, seigneur d'Antigny par son mariage avec Guillemette de Vergy veuve de Guillaume de Pontailler, qui avait pris parti pour Marie de Bourgogne contre Louis XI, perd son château.

De nouveau, les propriétaires s'enchaînent (véritable labyrinthe féodal !) : ... Pontailler, Dinteville, Vienne...

De 1651 à 1803, le château passe aux Damas, jusqu'à Jacques François de Damas.

De baron d'Antigny, Claude de Damas du Breuil est promu en 1654 marquis d'Antigny.

Débrouillons cet écheveau seigneurial :

Vers 1803, le château d'Antigny est la propriété d'un certain Perrier qui ne fait pas grand cas de son bien et le laisse dépérir.

De 1818 à 1876, le château appartient à François Cassien Tainturier (maire de Foissy).

De 1877 au début du XXe siècle, plusieurs propriétaires éphémères se succèdent.

Vers 1910, le propriétaire est un agriculteur, Augustin Charlot, qui y remise son grain.

En 1912, Royall Tyler, américain, historien d'art, banquier et futur diplomate, et sa femme Elisina Tyler (née comtesse Elisina Palamidessi de Castelvecchio), italienne de naissance et apparentée à Napoléon par son frère Louis roi de Hollande (Louis Bonaparte, 1778-1846, père de Napoléon III, eut d'une liaison - cf. Discussion - avec Jeanne-Félicité Roland : François-Louis-Gaspard comte de Castelvecchio - ce titre est-il une allusion au fortin et à la colline de Castel-Vecchio près d'Ajaccio ? - 1826-1869, père entre autres filles de Joséphine, 1857-1932, épouse en 1874 de Francesco Palmidessi, 1847-1891, d'où trois enfants dont Elisina[1]), s'entichent du château. En 1922, la commune met la demeure aux enchères. Les Tyler l'achètent en 1923 pour moins de trois mille dollars[2].

Tyler et sa femme feront de l'endroit un lieu de vie intellectuelle, qu'ils rempliront d'objets byzantins. Royall Tyler y écrira des ouvrages, et sa femme y recevra Edith Wharton (Prix Pulitzer) qui laissera quelques objets personnels. Le chauffeur de cette dernière (Henry Clark Smith) deviendra celui des Tyler de 1937 à sa mort en 1978.

Pendant la Seconde guerre mondiale, Royall Tyler demeure à Genève mais sa femme reste au château. Forte de sa naissance italienne et de son statut de citoyenne américaine, d'un caractère vif et bien trempé, elle réussit à subjuguer les officiers allemands venus réquisitionner la place. Elle évite ainsi le pillage constaté pour d'autres demeures des environs. Le château devient un lieu de conseils et de réconfort pour le voisinage. Le résistant arnétois Jean Nasica y vint aussi. En décembre 1941, sur le point d'être arrêtée, elle fuit en Suisse rejoindre son mari. On sait que le château servit de cache à au moins un aviateur allié qui fut convoyé en lieu sûr par monsieur Clark Smith.

Début 1953, à la mort de son père (par suicide), William Royall Tyler prend en main la destinée du château. Fin 2003, Mathilda Eve Thompson, fille de William Royall Tyler, en devient la détentrice à la suite du décès de celui-ci emporté par les maladies d'Alzheimer et de Parkinson.

Le château est classé monument historique dans sa totalité, le bâtiment, son mobilier, ses espaces verts, depuis 1993[3].

En 2003, il ne se visitait pas, étant destiné à la location de vacances sous la responsabilité d'un régisseur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Didier Godard, Les châteaux du canton d'Arnay-le-Duc, éditions d'Arnay, 2009, pages 13 à 17.
  • Françoise Vignier, Le guide des châteaux de France (21) Côte-d'Or, Hermé, dépôt légal septembre 1985, (ISBN 2 86665 015 8), pages 89 à 91.
  • Arnay-le-Duc et son canton à travers les cartes postales anciennes, Les amis du Pays d'Arnay, Imprimerie Fuchey S.A, dépôt légal 4e trimestre 1980. page 61.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]