Hourdis

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Plancher hourdis (entrevous) vu du dessus.
Vue du dessous: le plancher est soutenu par des étais pendant toute la période de prise du béton.

Un hourdis est une couche de remplissage de maçonnerie constituée de béton et reposant sur des éléments préfabriqués en béton, en terre cuite, en polystyrène (permet une isolation et une pose avec plus de légèreté), ou plus récemment en bois aggloméré (permettant des travaux dans des endroits difficilement accessibles).

À l'origine, hourdis est un synonyme de hourd et désigne un maçonnage grossier de plâtre et de moellons.

Définitions[modifier | modifier le code]

généralités[modifier | modifier le code]

Le terme « hourdis » est entré dans les mœurs comme désignant un élément préfabriqué de plancher, mais autrefois c'était un terme assez vague, à la signification proche du terme « maçonnerie sommaire»:

Ainsi début XIXe siècle, on appelle Hourdis ou Hourdage, « la maçonnerie qui se fait avec plâtras et plâtre ou mortier en remplissage des poteaux de pan de bois, de cloisons, et entre les solives des planchers, ainsi que celle qui se fait avec des petits garnis ou avec du plâtre pur entre les ais ou tringles des cloisons à claire-voie[M 1] ». On distingue, « plancher creux », plancher qui n'est pas rempli entre les solives[M 2] et « plancher hourdé », celui dont les entre-deux des solives sont remplis de plâtras et plâtre affleurant les bois dessus et dessous[M 2]. Le plancher « enfoncé » ou « à entre-voux » désigne un plancher qui est « latte jointif ou couvert de bardeau avec aire en plâtre ou en bauge par dessus, et dont les bois sont apparents par dessous »[M 2].

étymologie et évolution du sens[modifier | modifier le code]

  • Introduction: Une étude approfondis de ce domaine technique montrerait des conjonctions étymologiques multiples (grec, latine, etc..). Les planchers antiques d'étage basiques avaient comme premiers éléments structurels (jusqu'au début du XX inclus) des poutres à-peine équarries, peu espacées (entre 6 à 14cm en moyenne). leurs espaces étaient remplis par le dessus de pierres "plantés" (comme dans un jardin), verticalement, côtes-à-cotes (alignement et geste, comme dans un jardin) (Jardin en latin "hortus"). Troisième opération: un mortier grossier (de plâtre, de chaux, d'argile, de ciment, de terre, de torchis, etc...) venait stabiliser, mais aussi obturer les interstices (avant la pose d'un sol (plancher, chape, carrelage, etc) comme aussi un plafond). Ce mortier grossier n'est finalement qu'un bourrage pour l'étanchéité à l'air. Cela renforce la similitude avec le domaine du jardin (le mortier grossier représentant la terre et les pierres les plants).Cette métaphore pourrait avoir orienté l'apparition de cette appellation "Hourdis".
    Maison à colombage (2) (Reichenbach, Hintertaunus, Allemagne).jpg
  • Liens étymologiques multiples, homophones, sens proches et évolution du sens :
    • le grec "ortho": (perpendiculaire);
    • Le latin "hort": Jardin (il a donné beaucoup de dérivés dans tout les dialectes français et langues européennes).
    • le médiévale hourd du château-fort (équivalent en bois des mâchicoulis de pierres), c'est à dire une plancher de poutres sans remplissages intermédiaires à de nombreux endroits, en surplomb de la muraille pour jeter des projectiles sur les assaillants. Certains pensent qu'ils seraient venus du francique hurd « claie » ajourments, par conjonction étymologique, c'est possible.
      Chateau d'Ingrandes2.JPG
    • A cette époque le verbe "hourdir" et le substantif "Hourdage" ont alors désigné ces techniques constructives d'ensemble composites poutres-poteaux-bois + pierres + mortiers-grossier pour autant les plans verticaux qu'horizontaux. Dans ces techniques ces mortiers participent peu à la résistance structurelle supportée par les bois (directions cardinales, contreventement, jambages). Il arrive que seul l'enduit de finition fut vraiment solide, seul élément maçonné costaud.
    • Ces mortiers basiques, inégales et variés sont probablement à l'origine de l'évolution du sens de "hourdir" qui dériva lentement vers " maçonneries primaires et grossières".
    • a cette époque aussi le sens "d'ourdir" a évolué vers d'autres domaines d'emploi: technique de tissage, corderie, vannerie, tapisserie, canevas. Le mot a évolué vers le sens de préparer les liens, entremêler, avant tissage ou assemblage ou pendant. L’araignée ourdi sa toile. Métaphoriquement ce sens particulier a aussi donné au figuré, la préparation d'un projet, une trame de scénario, aussi "ourdir" un complot, une conjuration, une trahison, une intrigue.

Le sens moderne de plancher à poutre et entrevous[modifier | modifier le code]

Dans le cas d'un plancher en béton[1], les entrevous sont placés entre deux poutrelles porteuses, les poutrelles sont en béton armé de fils d'acier qui peuvent être pré-contraints ou pas, ou d'un treillis métallique triangulaire. Cet ensemble peut être autoporteur en phase provisoire mais le plus souvent il faut ajouter une file d'étais intermédiaires et aux droits des appuis. Les poutrelles et les entrevous constituent ainsi un fond de coffrage dans lequel on pose une armature en treillis soudé avant d'y déverser du béton qui formera le hourdis. Les entrevous placés le long des murs doivent être fermés d'un côté afin que le béton ne s'écoule pas à l'intérieur de l'ensemble qu'ils forment.

Dans la plupart des cas l'armature ne sert que de couture entre les différentes poutrelles, il faut néanmoins tenir compte des efforts liés au classement sismique de la zone lors de la conception.

Les entrevous en polystyrène sont vendus en longueurs standard, avec ou sans languette sous la poutrelle (rupture de pont thermique). Ils peuvent être découpés pour l'ajustement en longueur, leur emploi est interdit en plafond de locaux habités (risque de détérioration par le feu). On en trouve revêtus d'une peau en OSB qui permettent de contourner cette interdiction tout en gardant l'avantage de l'isolation thermique. Les entrevous en béton et en terre cuite se présentent comme des briques, ou des blocs « agglo » avec une forme prévue pour s’emboîter sur les poutrelles.

Plusieurs hauteurs d'entrevous sont disponibles en fonction de la portée, de la résistance et/ou du poids de la dalle et aussi selon de l'affaiblissement acoustique visé.

Les vendeurs de matériaux qui vendent ce type de produits fournissent une étude structurelle et un plan de pose réalisé par le fabricant.

Entrevous en béton préfabriqué[modifier | modifier le code]

Ce sont des éléments intercalaires reposant sur les talons de deux poutrelles voisines. Ils jouent le rôle d’éléments de coffrage pour la partie de plancher coulée en œuvre (dalle, nervure) et participent ou non à la résistance mécanique, à l’isolation thermique et phonique du plancher. Ils doivent d’ailleurs répondre aux exigences de sécurité vis-à-vis de l’incendie.

Caractéristiques des entrevous en béton[modifier | modifier le code]

Les entrevous préfabriqués en béton sont définis par la norme NF P 14-305 qui précise notamment les tolérances dimensionnelles à respecter, les caractéristiques mécaniques (résistance minimale…), les constituants, les formes, l’aspect et la masse volumique (granulats légers) La forme des entrevous doit répondre à certaines exigences qui sont également définies dans le Cahier des Prescriptions Techniques « Planchers » (C.P.T n°3718 de septembre 2012).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eugène Wibratte, Les Procédés modernes d'exécution des planchers en béton armé et les hourdis, Lille, impr. de L. Danel, coll. « Société industrielle du Nord de la France »,‎ (notice BnF no FRBNF31645204).

Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment, Carilian,‎ (lire en ligne)

  1. p. 43
  2. a, b et c p. 71

Cerib (Centre d'Etudes et de Recherche de l'industrie du Béton) www.cerib.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :