Étormay

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Étormay
Étormay
Église Saint-Martin à clocher-porche.
Blason de Étormay
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Arrondissement Montbard
Canton Châtillon-sur-Seine
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Châtillonnais
Maire
Mandat
François Moyot
2014-2020
Code postal 21450
Code commune 21257
Démographie
Population
municipale
68 hab. (2016 en diminution de 17,07 % par rapport à 2011)
Densité 5,4 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 35′ 53″ nord, 4° 34′ 33″ est
Altitude Min. 355 m
Max. 422 m
Superficie 12,6 km2
Localisation

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Étormay est une commune française située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Map commune FR insee code 21257.png

Étormay, canton de Baigneux-les-Juifs, arrondissement de Châtillon-sur-Seine, département de la Côte-d'Or, est situé sur le versant nord de l'une des ramifications du plateau de Langres, séparant la vallée de la Laigne supérieure de la vallée de l'Armançon.

Situé à l'extrémité sud du plateau de Jours l'ensemble du territoire est ondulé et dominé par la colline du Faye d'une altitude de 407 mètres. Sa superficie est de 1259 hectares, dont 150 hectares de bois. Les principaux lieux-dits sont : le Faye – Combe-Geoffroy – la Peute Montagne – la Grande Fontaine – le Tremblois – En l'Etang – la Motte – Messire – Demis – les Fontenelles – Chantremoine – la Contose – l'Etang-neuf – le Champ Vadenas – le Bois Monsieur – la Voie d'Esselot – la Pacorbe – la Mangeotte – la Vesvres. Notons qu'Étormay n'a qu'une seule ferme isolée, le champ du Moustier, à trois kilomètres au nord-est du village.

Hydrologie[modifier | modifier le code]

À l'est du territoire communal et à quatre kilomètres de sa source la Haute-Laigne (ou ruisseau de Marcennay[1]) y reçoit de nombreuses sources : les Fontenelles, la Contose, la Combe du Seuil, Messire Denis, Chancenois, Saint-Martin, et Sainte-Apolline. Les deux dernières avaient autrefois une grande célébrité : on venait de fort loin tremper les langes des petits enfants malades dans les eaux du Creux Saint-Martin et par temps de grande sécheresse, la statue de sainte Apolline était descendue en grande cérémonie dans les eaux de la source de ce nom.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Chaume-lès-Baigneux Jours-lès-Baigneux Rose des vents
Lucenay-le-Duc
Bussy-le-Grand
N Baigneux-les-Juifs
O    Étormay    E
S
La Villeneuve-les-Convers

Toponyme[modifier | modifier le code]

Il fut appelé Stolmarum en 875 (toponyme dérivé d'un homme gaulois Stolmaru), Grangia de Stormer en 1198, Estormer et enfin Étormay en 1604.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

De nombreux vestiges allant du néolithique à la période gallo-romaine attestent d'une occupation très ancienne du territoire. On peut retenir également ses buttes celtiques ainsi que ses curiosités naturelles. En effet, le territoire du village n'est pas indigne de l'attention de l'archéologue. Sur divers points, notamment en la Pacorbe, Combe-Geoffroy, la Motte, la Mangeotte, la charrue met au jour des débris de villas romaines. On a découvert en Chantremoine de nombreux tombeaux gallo-romains en calcaire blanc, ornés de stries longitudinales, dans lesquels on a trouvé des débris de fers de lances et autres débris d'armes. Plusieurs voies romaines traversaient le finage : l'une, la voie d'Alise à Langres, sépare, au bas du Multiaux, le territoire de Lavilleneuve de celui d'Étormay ; la seconde, venant de Lucenay est visible au Grand-bas du champ du Moustier et au Tremblois ; enfin on en suit une troisième sortant de Chaume, assez bien conservée depuis le Grand Étang jusqu'au bas du Tremblois ; elle rencontrait la seconde un peu plus loin et se dirigeait par Chantremoine sur la voie d'Alise à Langres.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Au IXe siècle, Étormay est une villa du domaine royal, bâtie sur les ruines de fermes gallo-romaines, détruites par les barbares. Donnée par Charles-le-Chauve en 875 à Arnulf, abbé du monastère Saint-Martin d'Autun, elle devient grange monacale cédée avec les terres environnantes, plaines et forêts, pâturages et usages, en 1169, à Bernard, abbé de Fontenay, par les religieux d'Autun, moyennant une redevance annuelle de quatre muids et demi de froment, mesure d'Autun (1 muid vaut environ 37 hectolitres). Fontenay établit au champ du Moustier une colonie de religieux. Sous leur direction Étormay devint une véritable ferme modèle successivement agrandie par les dons du clergé, des seigneurs et du peuple : Hugues III, duc de Bourgogne, Renaudin de Bussy, Hugues, Jean et Gauthier de Mont-Saint-Jean, Hugues de Thil, Guillaume Buro, Raymond de Lucenay, Hubert, chevalier de Maisey et Hodierne sa femme, Ermengarde de Bussy, occupent les premiers rangs parmi les bienfaiteurs d'Étormay.

Droits de l'abbé de Fontenay :

  • Haute, moyenne et basse justice, chasse, pêche dans la rivière d'Étormay et de Cessey. En 1300, Raoul, seigneur de Bussy et l'abbé Renaud, se promettent de ne pas pendre à leurs fourches leurs hommes quand même ils auraient commis des crimes sur les territoires de Bussy, Lavilleneuve et Etormay.
  • Un four banal dans lequel les habitants sont tenus de cuire leur pain et de payer pour ce droit de fournage, de vingt livres de pain, une. (Ce four a été démoli et les matériaux ont servi à bâtir un lavoir près du Creux Saint-Martin).
  • Lods des ventes de fonds du finage à raison de vingt deniers par livre. Droit seigneurial très productif qui s'appliquait lors de la vente d'un bien roturier tenu en censive.
  • Corvée : tous les laboureurs sont tenus à faire chaque année, à la première réquisition, un jour de corvée de charrue.
  • Chaque habitant tenant feu paye annuellement au jour de Saint André 2 poules, 17 sols, 4 deniers pour droit de feu et d'usage dans les bois communaux.
  • Droit de dîme à :
    • La Vesvre, le Faye, Renson, Combe des Harragnes, sous les murs, champ Cordier, la Mangeotte, sur la Grand Fontaine, Chantremoine, à raison de vingt et une gerbes, deux.
    • sur les contrées des Fontenelles, le pré Robard, Belle-comme, derrière le Tremblois, le pré Maitrot, l'Erable, la Pacorbe, à raison de dix-sept gerbes, une.
    • sur la Motte, la Fontaine aux Chiens, Parois, de douze gerbes, une.
    • la dîme de laine se percevait à raison de vingt livres, une et celle des agneaux également de 20, un.
  • Cens :
    • Dix-sept livres sur les terres, prés et chènevières de l'enclos payables à la Saint-André
    • Trois livres sur le pré des Lochères au-dessus de l'étang
    • Trente sols sur le pré des Fontenelles, dit l'étang du milieu
    • Menu cens de un denier par journal sur toutes les terres de l'enclos.
    • Cinq mesures de froment, six mesures d'avoine (mesure de Baigneux, c'est-à-dire un double décalitre, cinq litres 86 centilitres) et 12 deniers en argent sur12 journaux de Combe Geoffroy moyennant quoi cette pièce de terre est franche de dîme.

Toutes ces redevances primitivement acquittées directement à Fontenay sont source de nombreux procès. Pour s'en débarrasser les religieux chargent un homme d'Étormay de les percevoir moyennant redevance. Outre ces droits affermés, l'abbé de Fontenay possède à Étormay divers biens vendus à la Révolution :

  • une pièce de terre et de pré de 60 journaux appelée le Grand Etang ;
  • au Chancenois 2/3 de soiture, 1/2 tiers et cinq perches et demie;
  • une chènevière au grand Curtil contenant 1/2 journal et 1/2 perche ;
  • 10 journaux en Belle-Comme ;
  • un bois au Tremblois : ces propriétés sont vendues à Semur le 19 avril 1791 à M. Lazare Blandin d'Étormay pour la somme de seize mille cinq cents livres).
  • une pièce de terre et pré située au Vaudage d'Étormay contenant 10 journaux (vendue le 19 avril 1791 à Jean Leclerc jardinier demeurant à Chaume pour 3050 livres) ;
  • bois de l'Étang Neuf, dis bois Monsieur, de la contenance de 98 arpents un tiers (vendu le 23 mars 1809 à M. Nicolas Rolle de Chaume pour la somme de 38 500 f).

De nombreux serfs se groupent autour des moines et les aident à exploiter leur magnifique domaine. Chaque colon a en propre une maison et un jardin dont l'ensemble forme le village. De vastes espaces couverts de bois et de broussailles sont essartés, défrichés ; trois étangs, deux moulins sont construits sur la Laignes entre Cessey et Jours. Outre son étendue actuelle, Étormay comprend Cessey, réuni à Jours, et une grande contrée dite le Vaudage de Chaume, réunie à cette commune pendant la Révolution. Au XIVe siècle, commence la série des baux qui fait passer le fief monacal aux mains des colons. Ces transactions à cens annuel perpétuel, faites à des prix vraiment dérisoires (deux ou trois deniers par arpent) se prolongent jusqu'à la fin du XVIe siècle. C'est en avril 1164, que le pape Alexandre III, réfugié en France, confirme par une bulle, le patronage de l'abbaye de Saint-Martin d'Autun sur l'église paroissiale d'Etormet : Ecclesiam Stomaro[2].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le mur et le chemin de ronde établis dans la seconde moitié du XVIe siècle pour se préserver des pillards existent encore sauf les portes aux montants sculptés devenues la proie des propriétaires. Vers le milieu du XVIIe siècle, Étormay est érigé en paroisse[3]. Il est pays franc, de la généralité et parlement de Dijon, bailliage de la Montagne, Intendance de Bourgogne, subdélégation et grenier à sel de Montbard ; sous le rapport ecclésiastique il dépend du diocèse d'Autun, archidiaconé de Flavigny, archiprêtré de Duesmes. En 1669, le 15 mai, les habitants obtiennent du Parlement de Dijon, contre les religieux, le droit d'avoir un prêtre à demeure entretenu par Fontenay.

Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

La cure d'Étormay possédait une grande quantité d'immeubles de fondation. La Révolution laisse au curé pour le demi-arpent réglementaire : 2 parcelles de jardin touchant au presbytère, 33 perches de chènevières au Grand-Curtil et une soiture de pré aux Vergerots. Le reste est vendu à Semur le 21 septembre 1791 à M. Rouhier, curé d'Étormay, pour la somme de dix mille livres. Le maximum de la population d'Étormay paraît avoir été atteint à cette époque. Alors que le recensement accusait alors 200 habitants, il n'en compte plus que 132 en 1888.

Monument à la mémoire du résistant Edmond Neugnot au carrefour de la Croix-Pingenet.

Le sol d'Étormay léger, calcaire et pierreux, est d'une grande fertilité et produit des herbages excellents. Aussi le labourage et le pâturage (élevage du mouton surtout) sont depuis longtemps en honneur à Étormay Ses habitants étaient désignés dans la montagne par le sobriquet « Le prétou d'arjan ». « Une voiture n'aurait pu contenir assez de liens pour attacher les vaches que les gens d'Étormay avait en cheptel dans la Montagne. »(Clément Janin).

Si le travail et l'économie étaient des vertus habituelles à Étormay, l'intelligence ne devait pas dominer si l'on en croit les gens de la Montagne qui désignaient leurs voisins d'Étormay par les noms « Lé-cola, les Jean-Jean, les imbécile, lé greple ». Ce mot est probablement une altération de Greg ou Grecq, nom « une fée mangeuse d'enfants qui habitait la grotte d'où sort la belle source de la Coquille à Etalente. Il y a peu d'années encore, on allait jeter à cette ogresse du pain et des gâteaux pour la rendre favorable. Dans le pays, pour peu que la femme fût un peu greigne et une taille élevée, on la surnommait la grande grecque. » (Clément Janin).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Denis Lepy DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Etormay appartient :

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[5].

En 2016, la commune comptait 68 habitants[Note 1], en diminution de 17,07 % par rapport à 2011 (Côte-d'Or : +1,38 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
199175186164186192183182168
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
172161142137124115132107115
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
114991059710911111697100
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
847071755347587970
2016 - - - - - - - -
68--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux, monuments et pôles d'intérêt[modifier | modifier le code]

Église Saint-Martin dans son enclos paroissial.

En 2016, la commune n'a pas de monument classé à l'inventaire des monuments historiques, elle compte 17 monuments ou édifices[8] et 24 objets[9] répertoriés à l'IGPC (inventaire général du patrimoine culturel).

  • Plusieurs maisons et de nombreuses croix sur la commune sont répertoriées à l'IGPC.
  • L'église Saint-Martin construite selon un plan en croix latine se compose d'une nef, d'un chœur et de deux autels, chacun d'un côté de la nef ; elle a été en grande partie reconstruite de 1692 à 1700, le chœur restauré en 1839 et un clocher-porche bâti en 1861 (IGPC 1990)[10]. Le presbytère, complètement restauré en 1869, date de la fin du XVIIe siècle.
  • Fontaine Sainte-Appoline de 1844 (IGPC 1990)[11] et lavoir construit un peu plus tard (IGPC 1990)[12].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hippolyte Defaux, instituteur Monographie de la commune d'Étormay (1888).
  • René Paris, A la rencontre du Châtillonnais : Aignay-le-Duc, Baigneux-les-Juifs, Laignes, La Bourgogne, Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]