Longecourt-en-Plaine

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Longecourt-en-Plaine
Image illustrative de l'article Longecourt-en-Plaine
Blason de Longecourt-en-Plaine
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Arrondissement Dijon
Canton Genlis
Intercommunalité Plaine Dijonnaise
Maire
Mandat
Daniel Baudron
2014-2020
Code postal 21110
Code commune 21353
Démographie
Population
municipale
1 210 hab. (2014)
Densité 121 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 11′ 56″ nord, 5° 09′ 00″ est
Altitude Min. 193 m – Max. 203 m
Superficie 10,01 km2
Localisation

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Longecourt-en-Plaine

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Longecourt-en-Plaine

Longecourt-en-Plaine est une commune française située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Thorey-en-Plaine Rose des vents
Saulon-la-Chapelle N Marliens
Tart-le-Haut
O    Longecourt-en-Plaine    E
S
Izeure Aiserey Échigey

Histoire[modifier | modifier le code]

Le toponyme Longecourt est issu du bas-latin "longa-curtis" ou "longa-curia".

L'histoire du village de Longecourt-en-Plaine est très liée à celle de la seigneurie de Longecourt et de son château, notamment pour la période d'Ancien Régime[1].

La maison forte et les premiers seigneurs (XIIIe siècle - XVe siècle)[modifier | modifier le code]

La seigneurie de Longecourt est citée dès le XIIIe siècle. Le domaine appartient alors à Robert de Boisleux[2], seigneur d'origine artésienne qui vit dans l'entourage du duc de Bourgogne. Une première maison forte de plaine, avec fossés et pont-levis, est construite sur les fondations d'une ancienne motte féodale. En 1298, cette seigneurie est acquise par le duc Robert II. Sa fille, Marie, épouse Édouard Ier, comte de Bar, en 1310. Cependant, la dot promise tarde à venir. Eudes IV, frère de Marie, devenu duc au décès de son frère aîné Hugues V, décide de régler le problème. En 1323, il transfère la seigneurie de Longecourt, avec les domaines de Tart et de Potangey, à son beau-frère. Un dénombrement de 1372 rapporte alors 50 feux à Longecourt, 15 à Potangey et 60 à Tart.

Lors de la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, la famille de Bar s'oppose parfois au parti bourguignon. Si Édouard III de Bar se réconcilie avec le duc du Bourgogne, son décès lors de la bataille d'Azincourt en 1415 relance la suspicion. Son fils, Louis Ier de Bar, un clerc, est trop proche de son petit-neveu, le "Roi René", farouche adversaire des ducs bourguignons. Finalement, la seigneurie est provisoirement rattachée à la châtellenie ducale voisine de Rouvres (1415-1436). Le problème est résolu par René en 1436 avec la vente de la seigneurie à Jean de Fribourg, maréchal de Bourgogne, seigneur à Champlitte. Selon le dénombrement de 1445, le château, alors délaissé, est en très mauvais état : seules les parties agricoles, protégées d'une seconde enceinte, sont entretenues. Le comte de Fribourg et Neuchâtel concentre uniquement ses efforts sur le domaine seigneurial (construction d'un moulin sur le canal d'évacuation des eaux, par exemple).

La seigneurie de Longecourt[modifier | modifier le code]

La seigneurie possède alors sa physionomie définitive assez homogène ; les seigneurs suivants se concentreront plus sur le château lui-même ou sur la remise à l'ordre du jour de droits tombés en désuétude. Le maître des lieux dispose de la totalité des droits de justice. Cela nécessite la présence sur place d'un juge (qui migrera à Dijon au XVIIe siècle). Celui-ci est assisté d'un greffier, d'un procureur et de sergents. Des prisons sont établies au château[3], quant au gibet, il est élevé à la limite du domaine, sur la route de Saint-Jean-de-Losne, au niveau de Potangey. La surveillance des moissons est assurée par un messier désigné conjointement par le seigneur et les habitants. D'autres privilèges, relevant des banalités, sont dus au seigneur : pesée des marchandises, banvin, corvées diverses (aux propriétaires de charrues, de charrettes...). Longecourt abrite alors un petit hôpital ainsi qu'une chapelle dédiée à sainte Marguerite sur la grande route de Dijon[4].

Le temps des Baissey[modifier | modifier le code]

La famille de Baissey[5] hérite de la seigneurie en 1459. Jean de Baissey était alors déjà seigneur d'Izeure ; il meurt à la bataille de Morat (22 juin 1476). Son fils, Antoine (v.1460-1509[6]), également baron de Til-Châtel, connait une carrière militaire conséquente. D'abord au service des ducs de Bourgogne, il est fait prisonnier par les Français et, après le rattachement de la Bourgogne (1477), passe à leur service. Bailli de Dijon, colonel des gardes suisses et des lansquenets pendant les guerres d'Italie, il entre avec deux mille Suisses dans Gênes (1494) et fait partie de l'avant-garde à la bataille du Taro (1495). Parlant bas-allemand, il sert d'intermédiaire dans les négociations avec les Suisses. Ce seigneur influencé par sa campagne italienne commande la reconstruction, en brique, de son château (vers 1495) [7]. Celle-ci est terminée en 1539, sous Claude de Baissey, colonel des lansquenets et "pensionnaire" des rois Louis XII et François Ier.

Longecourt participe à l'histoire troublée de la fin du XVIe siècle. Le 27 mai 1564, Catherine de Médicis, accompagnée du jeune roi Charles IX, fait étape au château lors de son "grand tour de France". Venant de Dijon, elle se dirigeait vers Pagny-le-Château pour y rencontrer Chabot-Charny. Le 9 juin 1593, les Ligueurs prennent la forteresse, forçant les partisans d'Henri de Navarre à se replier sur Vergy. Le dernier seigneur de la famille de Baissey est Gaspard ; par un contrat de 1586 (confirmé en 1616), il institue comme héritier le marquis de Varennes tout en assurant l'usufruit à sa tante, Chrétienne de Baissey[8].

Les XVIIe et XVIIIe siècles[modifier | modifier le code]

François de Nagu, marquis de Varennes, reprend le fief en 1620. Lors de la guerre de Trente Ans, les soldats impériaux du général Gallas, en route vers Saint-Jean-de-Losne, brûlent le village (1636). Roger de Nagu, maréchal de camp des armées du roi, en poste de gouverneur d'Aigues-Mortes, succède à son père en 1644. Cependant, au milieu du siècle, peut-être en raison de l'éloignement de ce dernier, la seigneurie est un temps propriété de Gilles Berthet, maître d'hôtel du roi puis trésorier général des États de Bourgogne (attesté entre 1646 et 1651). Le fief est repris en 1654 par Alexandre de Nagu, prieur commendataire de Saint-Marcel-lès-Chalon et tuteur du jeune Joseph, marquis de Varennes. En 1666, l'enquête de l'intendant Bouchu dénombre 51 feux et rappelle les nombreuses corvées toujours en vigueur (curée des fossés du château, banalités, etc). Le 18 octobre 1680, Alexandre-Joseph de Nagu-Varennes revend la seigneurie à Jacques Berbis pour 80000 livres.

La famille de Berbis domine alors, grâce à cette seigneurie, les villages de Longecourt, Potangey et Thorey-lès-Époisses. Elle possède aussi un petit fief à Gemeaux. Par testament, Jacques Berbis laisse sa femme, Catherine de Mucie, désigner un héritier parmi ses enfants encore mineurs. Elle choisit Philippe, à l'occasion de son mariage en 1713 avec Madeleine de Thésut, fille de Jean de Thésut, le notable sire de Ragy. Ce dernier offre en dot les trois villages de Tart (Tart-le-Haut, Tart-le-Bas et Tart-l'Abbaye) qu'il avait acquis auparavant (1705). En 1753, Nicolas-Philippe Berbis, capitaine de cavalerie au régiment de Grammont, succède à son père. Tout au long de cette période, les Berbis transforment le château en une véritable demeure de plaisance dans l'air du temps : un corps de bâtiment est abattu, le cours de l'Oucherotte modifié. L'embellissement est bientôt achevé au milieu du XVIIIe siècle. À la Révolution, un projet prévoit un temps d'y implanter une manufacture d'étoffes de laine (1793).

L'époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, le canal de Bourgogne, achevé partiellement en 1808, est définitivement ouvert en 1832. Il borde la limite est de la commune. Pendant la guerre franco-prussienne, le village et surtout le château sont occupés par les Allemands (1870).

Durant le XXe siècle, une nouvelle occupation a lieu entre 1940 et 1944. Le château ainsi que quelques maisons voisines sont réquisitionnés par les Allemands du "KG55" de la base aérienne militaire voisine de Longvic afin de loger officiers et services. Le 21 mai 1943, lors d'un vol d'entrainement de nuit, un bombardier Heinkel 111 est abattu au nord de la commune par un Mosquito allié : ses cinq passagers sont tués[9],[10]. Les occupants allemands sont remplacés de novembre 1944 à mars 1945 par les Américains du "320th Bomber Group" qui installent leur quartier général au château alors que la troupe du 441th Squadron est logée sous des tentes dans les jardins[11],[12],[13].

En 1961, Longecourt devient administrativement "Longecourt-en-Plaine".

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Longecourt-en-Plaine Blason D'azur au pal cousu de gueules chargé de trois chevrons d'argent et accosté de deux bars d'or affrontés en pal.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2008 en cours Daniel Baudron - -
2001 2008 Claude Cornier - -
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[15],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 210 habitants, en diminution de -3,82 % par rapport à 2009 (Côte-d'Or : 1,36 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
326 372 405 545 546 589 620 652 680
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
697 703 715 656 671 614 607 605 594
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
610 533 544 512 519 479 417 464 494
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
560 582 562 713 1 023 1 189 1 254 1 225 1 210
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Château de Longecourt[modifier | modifier le code]

En bordure du village de Longecourt-en-Plaine, dans un joli parc de 40 ha, à proximité de l'Oucherotte et entouré de douves que franchissent trois ponts dormants, s'élève majestueusement le château de Longecourt-en-Plaine. Occupée par la famille de Saint-Seine, la bâtisse a une longue histoire.

Château de Longecourt.jpg
Article détaillé : Château de Longecourt.

Église Saint-Didier[modifier | modifier le code]

Église Saint-Didier.

L'église paroissiale Saint-Didier de Longecourt-en-Plaine conserve certaines dalles funéraires remarquables[18] :

  • dalle funéraire de Jeanne de Saulx ("Jehane de Saulx"), épouse de Jean de Baissey, morte en 1490
  • dalle funéraire de Jeanne de Lenoncourt ("Jehanne de Lenoncourt"), épouse d'Antoine de Baissey, morte en janvier 1523 (son épitaphe indique donc 1522, la nouvelle année commençant à Pâques).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Courtépée (Abbé) et Beguillet, Description générale et particulière du duché de Bourgogne, (écrit vers 1775), 3e édition, Avallon, 1967.
  2. À la fin du XIIe siècle et au début du XIIIe siècle, on connait un Robert de Boisleux, ancien sénéchal d'Hugues IV de Campdavaine (comte de Saint-Pol, mort en 1205 à Constantinople au lendemain de la quatrième croisade). Ce Robert de Boisleux épouse une fille (non identifiée) d'Eudes II (1118-1162), duc de Bourgogne. Par ailleurs, Courtépée, source "pas toujours très fiable", signale qu'en 1298, "Robert Beaulieu" ("Boisleux" ?) vend Longecourt au duc de Bourgogne pour 6000 livres.
  3. La garde des prisonniers est assurée par les habitants aux frais du prisonnier ou, à défaut, à ceux du seigneur.
  4. Ces édifices ont aujourd'hui disparu.
  5. La famille de Baissey, héritière de Jean de Fribourg (décédé en 1459), tirerait son nom soit de Baissey, aujourd'hui dans la Haute-Marne, mais à l'époque en Bourgogne, soit du village proche de Bessey-lès-Cîteaux.
  6. Antoine de Baissey meurt le 7 janvier 1509 : son épitaphe indique donc 1508, la nouvelle année commençant à Pâques.
  7. Rosen (Jean), "À la charnière du Moyen Age et de la Renaissance : Longecourt-en-Plaine", in Dossier de l'Art (La faïence française du XIIIe au XVIIe siècle), n° 70 du 02/10/2000, Faton, pp. 24-27.
  8. Chrétienne de Baissey décède le 26 février 1620.
  9. Le bombardier Heinkel 111, codé "GI+KW Werk nr 4709" appartenait au "12/KG55" basé à Longvic. Les cinq tués allemands sont les pilotes "Ofw" Rudolf Dantert et "Ofw" Rolf Lindner (matricule 53616/143), le bombardier "Uffz" Reinhold Keinath (matricule 58280/293), le radio "Ofw" Helmuth Pilch (4°Üb. Staffel Timsit) et le mécanicien "Ogfr" Julius Fangmann. Le Mosquito appartenait au 29 Squad Fl-Off Crome.
  10. Lien Histavia21 (crashs en Côte-d'Or)
  11. http://www.ba102.fr/LIEUX-HISTOIRE/BA-102/320th%20Bomber%20Group%20Dijon.htm
  12. http://320thbg.org/history_dijon.html
  13. Photographie de l'hiver 1944
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  18. Lien vers la base Mistral