Grosbois-en-Montagne

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Grosbois-en-Montagne
Grosbois-en-Montagne
Barrage du réservoir de Grosbois.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Arrondissement Dijon
Intercommunalité Communauté de communes Ouche et Montagne
Maire
Mandat
Salvatore Meloni
2020-2026
Code postal 21540
Code commune 21310
Démographie
Population
municipale
113 hab. (2018 en augmentation de 17,71 % par rapport à 2013)
Densité hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 19′ 14″ nord, 4° 35′ 50″ est
Altitude Min. 353 m
Max. 557 m
Superficie 14,16 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Dijon
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Talant
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Grosbois-en-Montagne est une petite commune française située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne-Franche-Comté. La commune est réputée principalement pour son lac artificiel dénommé réservoir de Grosbois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Grosbois-en-Montagne est une commune rurale[Note 1],[1]. Elle fait en effet partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[2],[3].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Dijon, dont elle est une commune de la couronne[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 333 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[4],[5].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (69,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (69,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (34,7 %), terres arables (24 %), forêts (21,8 %), zones agricoles hétérogènes (11 %), eaux continentales[Note 3] (6,6 %), zones urbanisées (1,8 %)[6].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

L’ancien village était autrefois, sur la hauteur, au lieu-dit «Vellemont». Ce nom romain «villa montis» qui signifie la ferme ou le château de la montagne, donne lieu de croire que cet endroit, après avoir été un lieu de culte druidique et d’habitations celtiques, fut habité par des Romains auxquels succédèrent, suivant la tradition, des seigneurs francs et féodaux.

La première fois que le nom de Grosbois apparut fut sous Grosboes en 1099 pour apparaître plus tard sous le nom de Grossus Boscus en 1220. La trace d'actes de ventes permet de savoir que le fief fut vendu par Guy de Saffres au Duc de Bourgogne Hugues IV en 1258. Grosbois fut le fief des Bauffremont en 1487, des Tavannes en 1517 et puis des Vienne de Châteauneuf lesquels, ruinés par les guerres de religion, vendirent leurs droits aux Potot d’Avosnes qui les passèrent, en 1612, à Étienne Bernardon, Conseiller au Parlement de Dijon. Ce dernier commença la construction du château qu’habitent, encore aujourd’hui, ses descendants.

La construction, en 1739, de la «Route royale», devenue depuis la «Route impériale», puis la Nationale 5, devait accentuer la décadence de Vellemont et profiter au développement de Grosbois où plusieurs moulins s’installèrent, où le château s’agrandit par adjonction d’une bibliothèque et de plusieurs constructions disparates, où des cultures de chanvre prospérèrent.

La population maximale fut atteinte en 1830, avec plus de 600 habitants. Mais le chemin de fer, l’ère industrielle et la construction du réservoir qui devait priver les habitants de leurs meilleures terres, amorcèrent le déclin du village.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
avant 1981 ? Anne-François d'Harcourt    
mars 2001 en cours Geoffroy d'Harcourt    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[8]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[9].

En 2018, la commune comptait 113 habitants[Note 4], en augmentation de 17,71 % par rapport à 2013 (Côte-d'Or : +0,65 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
510546510510519618522478451
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
419380389370340346324332308
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
391270246230217178166160138
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1261161078473106109110110
2013 2018 - - - - - - -
96113-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2006[11].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le réservoir de Grosbois[modifier | modifier le code]

D'une capacité de 9,2 millions de mètres cubes pour une surface de 105 hectares, c'est l'un des cinq réservoirs du canal de Bourgogne. Construit en 1838 sur la haute vallée de la Brenne, il a été consolidé en 1852. C'est un des plus profonds en Côte-d'Or, avec une hauteur de plus de 20 mètres au niveau de la digue

Un « contre-réservoir », petit barrage de 10 hectares, destiné à réduire la poussée sur la digue principale, a été construit entre 1900 et 1905. Ce second plan d'eau contient 0,9 million de mètres cubes. C'est un lieu de loisirs nautiques fréquenté.

De nombreux oiseaux fréquentent ce plan d'eau, principalement en hiver.

La chapelle Saint-Victor[modifier | modifier le code]

Allée menant à la chapelle

Une ancienne chapelle, paroisse sous le vocable de Saint-Victor jusqu’en 1709, possédait une «sainte larme» et une cloche qu’on disait en argent et rapportée des croisades. Vendue pendant la Révolution française comme bien national, elle fut ensuite rachetée et sauvée de la ruine par une famille de parlementaires bourguignons, originaire de Chalon-sur-Saône et installée à Grosbois, à la suite d’un mariage en 1648, les Perreney de Grobois. Cette chapelle du XVe siècle témoigne, encore aujourd’hui, de l’ancienneté d’un village dont il ne reste presque plus rien par ailleurs. Elle est aussi connue sous le nom Chapelle de Vellemont, inscrite comme Monument Historique depuis le [12].

La Maison commune[modifier | modifier le code]

Depuis la loi municipale de 1790, les communes remplaçaient les paroisses. Les conseils municipaux, la plupart du temps dans les petites communes se réunissaient chez le maire. Par la suite, chaque village eut à cœur d’avoir sa maison commune.

En 1850, la maison du juge de Sombernon, Denis Marit, propriétaire à Grosbois[13] fut mise en vente. La commune émit le projet de l’acquérir pour en faire la mairie mais elle hésitait devant le prix demandé. C’est alors que le Duc et la Duchesse d’Harcourt [14] proposèrent de donner à la commune la maison Anjorrant[15] aux conditions indiquées ci-dessous, bien amusantes quand on les relit aujourd’hui :

«La présente donation entre vifs est faite aux clauses, charges et conditions ci-après à l’accomplissement desquelles la commune de Grosbois devra s’obliger expressément par son acceptation définitive, savoir:

1- La maison donnée sera toujours et uniquement destinée à servir de maison d’école : la commune de Grosbois pourra néanmoins en l’agrandissant convenablement y établir un local pour la mairie.

2- D’après les intentions de Monsieur de Grosbois sus-nommé et en souvenir de Madame Margueritte Jeanne Claude Anjorrant, sa femme, décédée, cette maison continuera à porter le nom de maison Anjorrant.

3- L’instituteur qui l’occupera devra appartenir à la religion catholique.

4- Chaque année, au jour de la rentrée des classes, une messe basse sera célébrée dans l’église de la commune de Grosbois pour Mme et Mr Perreney de Grobois qui ont fait bâtir la maison donnée sur un terrain leur appartenant laquelle construction a eu lieu en 1829 et 1830 ; on dira pour eux un De Profundis et on chantera le Veni Creator pour appeler la bénédiction de Dieu sur les enfants ; ceux-ci devront assister à cette messe autant que possible.

5- Les arrérages de rente perpétuelle[16] de cinquante francs sur l’État seront employés jusqu’à concurrence de l’acquittement des honoraires dus par ces messe et prières lesquels honoraires sont fixés dès à présent par Madame la donatrice à trois francs pour le prêtre qui en sera chargé, à un franc pour le chantre et à un franc pour les enfants de chœur ou à cinq francs en totalité. Quant aux quarante cinq francs restant, ils seront employés à subvenir aux dépenses de l’enseignement primaire dans la commune.

6- En cas d’inexécution des clauses et conditions de la présente donation, Madame la Duchesse d’Harcourt se réserve pour elle et pour ses héritiers tous les droits de retour résultants en sa faveur des articles 953 et954 du code civil.»

Le conseil municipal, présidé par M. Étienne Bailly, maire, accepte le don par une délibération du que refusèrent de signer MM François Modot et Pierre Delaborde en raison de la clause n° 3 ainsi que MM Bernard Jean et Capitain Jean qui avaient opté pour la solution de la maison Mairit, bien que, disaient-ils la donation d’Harcourt faisait faire «une économie de 6000 F Or[17] à la commune». L’acte fut signé au château de Grosbois par l’entremise de maître Jean Marie François C., notaire à Pouilly- en- Montagne[18], le et ratifié par le Conseil municipal le .Le maire en adressant l’extrait de cette délibération à la Duchesse d’Harcourt lui écrivait le  : «Je regrette que la reconnaissance qui est exprimée ne soit pas unanime mais j’espère que les indifférents sauront plus tard apprécier vos bienfaits. Je me rends l’intermédiaire du plus grand nombre des habitants de Grosbois pour vous prier de croire…»

Église Saint-Joseph[modifier | modifier le code]

Croix inscrite MH

L'église Saint-Joseph se situe au centre du village. L'édifice date vraisemblablement de 1675, et fût restauré et agrandi de 1868 à 1876[19]. La bénédiction de l’église par monseigneur Rivet, évêque de Dijon, date du [20]. De style néogothique et en forme de croix latine, l'église fait 32 mètres de long et a une hauteur sous-voûte dans la nef de 9,10 mètres [21]. Dans l'ancien cimetière situé au Nord de l'édifice se trouve une croix du XVIe siècle, inscrite Monument Historique depuis le [22].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Henry Bazin ( à Nancy - à Chenôve près de Dijon), ingénieur du Corps des Ponts et Chaussées qui exerça en tant qu’hydraulicien, et dont les principales contributions touchent l’étude systématique des écoulements à surface libre et la mesure des débits (jaugeage).

La plupart des expériences effectuées à l’occasion de ses recherches ont lieu sur des rigoles proches du canal de Bourgogne (la Colombière à Dijon) et des réservoirs de Grosbois-en-Montagne et Chazilly.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Denizot, Encyclopédie de la Côte-d'Or. Bourgs et villages du Pays de Pouilly-en-Auxois, édition annotée, commentée et illustrée, éditions Jalon, 2019.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 25 mars 2021).
  2. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le 25 mars 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 25 mars 2021).
  4. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 25 mars 2021).
  5. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 25 mars 2021).
  6. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 13 mai 2021)
  7. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 13 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  8. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  9. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  12. « Chapelle de Vellemont », notice no IA00059690, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  13. Il s’agit de l’actuelle maison Fourcotte-Lachit sur la D905 finalement vendue en 1856 pour 12 000 F soit 240 000 F d’aujourd’hui
  14. trisaïeule du maire actuel
  15. du nom de Margueritte Anjorrant (+ 1833), issue d’une famille du Parlement de Paris et femme du dernier Perreney de Grobois, mort sans enfants en 1840. Ce sont eux qui avaient construit en 1829-1830 sur un terrain leur appartenant l’actuelle maison commune pour y établir l’école des garçons. Leur nièce, légataire universelle, la Duchesse d’Harcourt avait rehaussé l’immeuble d’un étage en 1850. Par la suite, la commune y adjoignit la sortie ouest où se trouve actuellement la cage d’escalier et la salle de la mairie en transformant la salle de classe, aujourd’hui, salle Paul Cosmard
  16. Accompagnant la donation, qui représenterait aujourd’hui moins d’un centime
  17. Soit 19 000 € d’aujourd’hui, la construction n’étant pas chère à l’époque.
  18. Grosbois a dépendu du canton de Pouilly, arrondissement de Beaune jusqu’en 1933
  19. « Histoire et patrimoine de Grosbois-en-Montagne », sur www.ccsombernonnais.fr (consulté le 28 octobre 2020).
  20. « Grosbois-en-Montagne : une visite de l’église très documentée », sur www.bienpublic.com, (consulté le 28 octobre 2020).
  21. « L'église Saint-Joseph de Grosbois-en-Montagne », sur www.echodescommunes.fr, (consulté le 28 octobre 2020).
  22. « Croix », notice no PA00112489, base Mérimée, ministère français de la Culture.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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