Grosbois-en-Montagne

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Grosbois-en-Montagne
Grosbois-en-Montagne
Barrage du réservoir de Grosbois
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Arrondissement Dijon
Canton Talant
Intercommunalité Ouche et Montagne
Maire
Mandat
Geoffroy d'Harcourt
2014-2020
Code postal 21540
Code commune 21310
Démographie
Population
municipale
96 hab. (2015 en diminution de 16,52 % par rapport à 2010)
Densité 6,8 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 19′ 14″ nord, 4° 35′ 50″ est
Altitude Min. 353 m
Max. 557 m
Superficie 14,16 km2
Localisation

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Grosbois-en-Montagne est une petite commune française située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne-Franche-Comté. La commune est réputée principalement pour son lac artificiel dénommé Réservoir de Grosbois-en-Montagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Uncey-le-Franc Saint-Mesmin Rose des vents
Soussey-sur-Brionne N Saint-Anthot
Aubigny-lès-Sombernon
O    Grosbois-en-Montagne    E
S
Martrois Civry-en-Montagne

Histoire[modifier | modifier le code]

L’ancien village était autrefois, sur la hauteur, au lieu-dit «Vellemont». Ce nom romain «villa montis» qui signifie la ferme ou le château de la montagne, donne lieu de croire que cet endroit, après avoir été un lieu de culte druidique et d’habitations celtiques, fut habité par des Romains auxquels succédèrent, suivant la tradition, des seigneurs francs et féodaux.

La première fois que le nom de Grosbois apparut fut sous Grosboes en 1099 pour apparaître plus tard sous le nom de Grossus Boscus en 1220. La trace d'actes de ventes permet de savoir que le fief fut vendu par Guy de Saffres au Duc de Bourgogne Hugues IV en 1258. Grosbois fut le fief des Bauffremont en 1487, des Tavannes en 1517 et puis des Vienne de Châteauneuf lesquels, ruinés par les guerres de religion, vendirent leurs droits aux Potot d’Avosnes qui les passèrent, en 1612, à Étienne Bernardon, Conseiller au Parlement de Dijon. Ce dernier commença la construction du château qu’habitent, encore aujourd’hui, ses descendants.

La construction, en 1739, de la «Route royale», devenue depuis la «Route impériale», puis la Nationale 5, devait accentuer la décadence de Vellemont et profiter au développement de Grosbois où plusieurs moulins s’installèrent, où le château s’agrandit par adjonction d’une bibliothèque et de plusieurs constructions disparates, où des cultures de chanvre prospérèrent.

La population maximale fut atteinte en 1830, avec plus de 600 habitants !

Mais le chemin de fer, l’ère industrielle et la construction du réservoir qui devait priver les habitants de leurs meilleures terres, amorcèrent le déclin du village. Pourtant, il y a à peine plus de cent ans[Quand ?], on dut agrandir l’église pour que toute la population pût y tenir !

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 en cours Geoffroy d'Harcourt    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[2].

En 2015, la commune comptait 96 habitants[Note 1], en diminution de 16,52 % par rapport à 2010 (Côte-d'Or : +1,68 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
510546510510519618522478451
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
419380389370340346324332308
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
391270246230217178166160138
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1261161078473106109110110
2013 2015 - - - - - - -
9696-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le Réservoir de Grosbois[modifier | modifier le code]

Le réservoir[modifier | modifier le code]

Grosbois est, avec une capacité de 8,6 millions de mètres cubes, le plus important de tous les réservoirs du canal de Bourgogne jusqu'en 1875, date à laquelle il est agrandi.

Cette retenue est établie sur la haute vallée de la Brenne, à près de 400 m d'altitude. Une rigole de 14 km apporte l'eau dans le bassin de Pouilly, à 378 m d'altitude, ce qui donne une pente de 0,16 %. Cette rigole franchit le relief très marqué qui sépare le versant de la Brenne de celui de l'Armançon, par un souterrain de 3,6 km de long qui débouche à Soussey, où elle capte l'eau de la Brionne avant de faire de même avec deux autres ruisseaux en aval.

En 1900, Grosbois reçoit un "contre-réservoir" juste à l'aval de sa digue, destiné à contrebalancer la poussée exercée sur celle-ci par la retenue (préciser car manque de clarté. Merci). Ce second plan d'eau contient 0,9 million de mètres cubes, et est exploité comme lieu de loisirs nautiques, en plus de son rôle régulateur de la Brenne.

La vidange du réservoir de Grosbois[modifier | modifier le code]

La vidange du réservoir de Grosbois s'est déroulée du 22 au 26 octobre 2007. Elle est imposée par une réglementation précise qui oblige le maître d'ouvrage, Voies navigables de France, à vider le plan d'eau afin de contrôler l'ouvrage à sec et ce tous les dix ans. En Côte-d'Or, tous les barrages d'alimentation du canal de Bourgogne sont concernés, à savoir Panthier, Cercey, Chazilly, Le Tillot, Pont et Grosbois.

Tous les deux ans, un barrage est vidé. Concernant le peuplement piscicole, la loi précise que seul un pêcheur professionnel est autorisé à retirer les poissons du plan d'eau car même si ce sont les pêcheurs et les AAPPMA qui empoissonnent les différents sites, à partir du moment où le poisson est dans le plan d'eau, en eau libre, il n'est plus la propriété de quelqu'un. Une situation particulière pour Grosbois, sur le grand barrage, réside dans le fait qu'il n'a pas été vidangé complètement depuis 1922, en raison des problèmes techniques sur la vanne de fond de l'ouvrage. En effet, à son niveau le plus bas, il reste une poche d'eau de plusieurs mètres carrés et de quelques dizaines de centimètres de haut dans laquelle les poissons étaient piégés à chaque vidange réalisée par le passé.

Le petit barrage, quant à lui, se vide par une vanne de fond et le poisson est récupéré dans la pêcherie située à l'aval. La volonté affichée par les VNF, dans le cahier des charges, était de faire enlever la totalité du peuplement piscicole présent dans les deux retenues, petit et grand barrages. Le pêcheur professionnel retenu lors de l'appel d'offres est originaire de Loire-Atlantique, il dispose d'un hydroglisseur et a pêché au filet maillant (mailles de 60 mm), une partie du peuplement piscicole présent dans la poche d'eau qui restait dans la grande retenue, ce durant quatre jours, et il a réalisé la pêche du petit barrage, le vendredi 26 octobre. Les poissons qui n'ont pas pu être capturés durant la semaine au filet maillant, et qui restent dans la grande retenue, seront pêchés semaine 46, période de chômage hivernal du canal de Bourgogne.

Dans le cadre des travaux d'entretien réalisés sur le canal de Bourgogne, « chômage hivernal », dans la période d'arrêt de la navigation (mi-novembre, mi-mars), des biefs vont être abaissés voire asséchés pour que VNF, le maître d'ouvrage, puisse effectuer les réparations sur certaines écluses.

La chapelle Saint-Victor[modifier | modifier le code]

Une ancienne chapelle, paroisse sous le vocable de Saint-Victor jusqu’en 1709, possédait une «sainte larme» et une cloche qu’on disait en argent et rapportée des croisades. Vendue pendant la Révolution française comme bien national, elle fut ensuite rachetée et sauvée de la ruine par une famille de parlementaires bourguignons, originaire de Chalon-sur-Saône et installée à Grosbois, à la suite d’un mariage en 1648, les Perreney de Grobois. Cette chapelle du XVe siècle témoigne, encore aujourd’hui, de l’ancienneté d’un village dont il ne reste presque plus rien par ailleurs.

La Maison commune[modifier | modifier le code]

Depuis la loi municipale de 1790, les communes remplaçaient les paroisses. Les conseils municipaux, la plupart du temps dans les petites communes se réunissaient chez le maire. Par la suite, chaque village eut à cœur d’avoir sa maison commune.

En 1850, la maison du juge de Sombernon, Denis Marit, propriétaire à Grosbois[5] fut mise en vente. La commune émit le projet de l’acquérir pour en faire la mairie mais elle hésitait devant le prix demandé. C’est alors que le Duc et la Duchesse d’Harcourt [6] proposèrent de donner à la commune la maison Anjorrant[7] aux conditions indiquées ci-dessous, bien amusantes quand on les relit aujourd’hui :

«La présente donation entre vifs est faite aux clauses, charges et conditions ci-après à l’accomplissement desquelles la commune de Grosbois devra s’obliger expressément par son acceptation définitive, savoir:

1- La maison donnée sera toujours et uniquement destinée à servir de maison d’école : la commune de Grosbois pourra néanmoins en l’agrandissant convenablement y établir un local pour la mairie.

2- D’après les intentions de Monsieur de Grosbois sus-nommé et en souvenir de Madame Margueritte Jeanne Claude Anjorrant, sa femme, décédée, cette maison continuera à porter le nom de maison Anjorrant.

3- L’instituteur qui l’occupera devra appartenir à la religion catholique.

4- Chaque année, au jour de la rentrée des classes, une messe basse sera célébrée dans l’église de la commune de Grosbois pour Mme et Mr Perreney de Grobois qui ont fait bâtir la maison donnée sur un terrain leur appartenant laquelle construction a eu lieu en 1829 et 1830 ; on dira pour eux un De Profundis et on chantera le Veni Creator pour appeler la bénédiction de Dieu sur les enfants ; ceux-ci devront assister à cette messe autant que possible.

5- Les arrérages de rente perpétuelle[8] de cinquante francs sur l’État seront employés jusqu’à concurrence de l’acquittement des honoraires dus par ces messe et prières lesquels honoraires sont fixés dès à présent par Madame la donatrice à trois francs pour le prêtre qui en sera chargé, à un franc pour le chantre et à un franc pour les enfants de chœur ou à cinq francs en totalité. Quant aux quarante cinq francs restant, ils seront employés à subvenir aux dépenses de l’enseignement primaire dans la commune.

6- En cas d’inexécution des clauses et conditions de la présente donation, Madame la Duchesse d’Harcourt se réserve pour elle et pour ses héritiers tous les droits de retour résultants en sa faveur des articles 953 et954 du code civil.»

Le conseil municipal, présidé par M. Étienne Bailly, maire, accepte le don par une délibération du 20 décembre 1831 que refusèrent de signer MM François Modot et Pierre Delaborde en raison de la clause n° 3 ainsi que MM Bernard Jean et Capitain Jean qui avaient opté pour la solution de la maison Mairit, bien que, disaient-ils la donation d’Harcourt faisait faire «une économie de 6000 F Or[9] à la commune». L’acte fut signé au château de Grosbois par l’entremise de maître Jean Marie François C., notaire à Pouilly- en- Montagne[10], le 11 février 1852 et ratifié par le Conseil municipal le 10 mars 1852.Le maire en adressant l’extrait de cette délibération à la Duchesse d’Harcourt lui écrivait le 12 mars 1852 : «Je regrette que la reconnaissance qui est exprimée ne soit pas unanime mais j’espère que les indifférents sauront plus tard apprécier vos bienfaits. Je me rends l’intermédiaire du plus grand nombre des habitants de Grosbois pour vous prier de croire…»

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Henry Bazin (20 octobre 1829 à Nancy - 14 février 1917 à Chenôve près de Dijon), ingénieur du Corps des Ponts et Chaussées qui exerça en tant qu’hydraulicien, et dont les principales contributions touchent l’étude systématique des écoulements à surface libre et la mesure des débits (jaugeage).

La plupart des expériences effectuées à l’occasion de ses recherches ont lieu sur des rigoles proches du canal de Bourgogne (la Colombière à Dijon) et des réservoirs de Grosbois-en-Montagne et Chazilly.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  2. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  5. Il s’agit de l’actuelle maison Fourcotte-Lachit sur la D905 finalement vendue en 1856 pour 12 000 F soit 240 000 F d’aujourd’hui
  6. trisaïeule du maire actuel
  7. du nom de Margueritte Anjorrant (+ 1833), issue d’une famille du Parlement de Paris et femme du dernier Perreney de Grobois, mort sans enfants en 1840. Ce sont eux qui avaient construit en 1829-1830 sur un terrain leur appartenant l’actuelle maison commune pour y établir l’école des garçons. Leur nièce, légataire universelle, la Duchesse d’Harcourt avait rehaussé l’immeuble d’un étage en 1850. Par la suite, la commune y adjoignit la sortie ouest où se trouve actuellement la cage d’escalier et la salle de la mairie en transformant la salle de classe, aujourd’hui, salle Paul Cosmard
  8. Accompagnant la donation, qui représenterait aujourd’hui moins d’un centime
  9. Soit 19 000 € d’aujourd’hui, la construction n’étant pas chère à l’époque.
  10. Grosbois a dépendu du canton de Pouilly, arrondissement de Beaune jusqu’en 1933


Liens externes[modifier | modifier le code]

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