Lacour-d'Arcenay

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Lacour-d'Arcenay
Village de Lacour
Village de Lacour
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Côte-d'Or
Arrondissement Montbard
Canton Semur-en-Auxois
Intercommunalité Terres d'Auxois
Maire
Mandat
Gérard Blandin
2014-2020
Code postal 21210
Code commune 21335
Démographie
Population
municipale
134 hab. (2014 en augmentation de 3,08 % par rapport à 2009)
Densité 6,6 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 21′ 47″ nord, 4° 15′ 10″ est
Altitude Min. 355 m
Max. 503 m
Superficie 20,24 km2
Localisation

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Lacour-d'Arcenay

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Lacour-d'Arcenay

Lacour-d’Arcenay est une commune française située dans le département de la Côte-d'Or en région Bourgogne-Franche-Comté en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Lacour-d'Arcenay se situe dans le Morvan à une dizaine de kilomètres au nord de Saulieu. Arcenay et Franceau sont les deux hameaux de la commune.

Son territoire, posé sur la ligne séparative du terrain granitique et du sol calcaire est en partie maigre ou fertile. Le chef-lieu est situé dans une vallée, sur un petit ruisseau, affluent du Serein, et près de vastes forêts.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Dompierre-en-Morvan Aisy-sous-Thil Rose des vents
La Roche-en-Brenil N Juillenay
O    Lacour-d'Arcenay    E
S
Molphey Montlay-en-Auxois

Histoire[modifier | modifier le code]

On trouvera sous ce lien un essai d’Emmanuelle de Thy – Dupont (2014) retraçant l’histoire très ancienne du village de Lacour d’Arcenay jusqu’à la Révolution (174 pages).

Extraits du livre de l’abbé Baudiau « Le Morvand » (1866) :

"Dans un bois voisin de Lacour d'Arcenay, au lieu-dit les Vignes, on a découvert des objets antiques, comme des fragments de mosaïque, des colonnes, des tuiles à rebords, des débris de poterie et des médailles, indices certains de l'existence d'une villa romaine.

De manière singulière, la commune de Lacour d'Arcenay, bien que située assez avant dans la Bourgogne, dépendait autrefois du Nivernais et relevait de l'élection et du grenier à sel de Vézelay. Au niveau religieux, elle faisait partie du diocèse d'Autun et de l'archiprêtré de Quarré-les-Tombes. L'évêque avait la responsabilité de la cure et les dîmes étaient partagées entre le curé et le seigneur.

La terre de Lacour, mouvante du duché du Nivernais, à l'exception d'une partie dite libre qui relevait du marquisat d'Époisses, était une seigneurie en toute justice, ayant titre de baronnie. Elle appartenait en 1367 à Jean de Sainte-Croix, un chevalier qui en donna dénombrement la même année à la chambre des comptes de Nevers. Catherine de Cousant reprit le fief en 1406. Alix de Lurieux, fille de Humbert, seigneur de Cueille et de Savigny-en-Revermont, apporta ces terres en dot lors de son mariage, le 2 mars 1424, avec Pierre de La Baume, chevalier d'Hilan et du Mont-Saint-Sorlin. Celui-ci fit refaire le terrier en 1445 et mourut peu de temps après. Sa veuve lui survécut jusqu'en 1475, date à laquelle son fils Guy reprit le fief pour la baronnie de Lacour qu'il laissa à son tour à son fils, Marc de La Baume[1],  qui se disait, en 1518 , chevalier, comte de Montrevel, baron de ChâteauVillain, de Thil-en-Auxois, de Grancey et de Marbos,  […]. Il laissa plusieurs enfants : Joachim qui affranchit en 1539 Guy Sallier, doyen de la collégiale de Saulieu et François son frère ;  Anne,  mariée le 10 septembre 1526 à noble et puissant seigneur Pierre d'Aumont, […], et lui porta la terre de La Cour, en assiette de mariage et à condition de rachat au capital de dix-huit mille livres ; [Le] frère de cette dame, en fit, en effet, retrait et en donna dénombrement au comte de Nevers, en 1541. '

On retrouve ensuite la trace de Lacour en 1599 dans un dénombrement du chevalier François d'Aidie, chevalier, seigneur de La Quitinière qui laissa le fief à son fils Antoine en 1614. Cette terre appartient quelques années plus tard à Jean de Richeteau, mort en 1636, qui la transmit à son fils Henri qui mourut lui-même neuf ans après sans laisser de postérité bien qu'il eut épousé successivement Claude de Meun de La Ferté et Jeanne de Noyvin. La baronnie passa alors à Françoise de Richeteau, sa sœur, femme de Gabriel de Ruel qui fit aveu en 1645, et accorda à ses sujets le droit de faire paître (champoyer en ancien français) leurs bêtes dans les bois moyennant un boisseau de froment et d'avoine. Il vendit l'année suivante Juillenay et la métairie du Fourneau à Pierre de Sayve, baron de Thil, et, le 27 mai 1645, il céda la baronnie de Lacour à Claude Espiard, aumônier ordinaire du roi, protonotaire apostolique qui était abbé de Saint-Pierre de Châlons et chanoine de la Sainte-Chapelle de Dijon.

Au début de l'année 1663, le nouveau seigneur réclama aux habitants de Juillenay le droit d'indire. Il commença la construction du château qu'il n'eut pas le temps d'achever. Par son testament, en 1668, il institua pour héritier universel son neveu, Claude Espiard, qui avait épousé, le 7 novembre 1657, Marthe Jomey, fille d'un bourgeois de Saulieu, dont il eut six enfants. Claude II, l'aîné, se maria le 19 septembre 1680, à Constance Catin, qui lui donna cinq héritiers dont Claude-Bernard qui lui succéda en 1711."''

Pour la suite nous retournons à l’essai d’Emmanuelle de Thy – Dupont chapitre XII dont voici un résumé :

Claude-Bernard Espiard de Lacour fait don du domaine de Lacour à son fils Pierre-Bernard lors de son mariage en 1750 avec Barbe Fevret de Fontette. Malheureusement ce dernier meurt 7 ans plus tard sans postérité et le domaine retourne à son père Claude-Bernard, veuf, âgé alors de 70 ans... Celui-ci, dans l’espoir d’avoir un héritier mâle, se remarie avec une jeune personne, Jeanne Pioret, dont il aura 3 filles. Hélas pas de garçons, alors que l’abbé Espiard, 1er constructeur du château en 1649, pour illustrer le nom d’Espiard, avait prévu dans son testament une clause de « substitution aux enfants mâles à perpétuité » .

À la mort de Claude-Bernard, en 1768, l’ainée de ses filles, Anne-Augustine, alors âgée de 8 ans, hérite du domaine mais devra subir plusieurs procès de la part de plusieurs cousins mâles prétendants au domaine de Lacour d’après la clause de « substitution ». L’un des procès se terminera heureusement par le mariage d’Anne-Augustine avec son cousin issu de germain Jean-Baptiste Espiard de Macon en 1777, les autres par l’abolition de la clause de substitution par la Révolution.

Le domaine passera ensuite en 1836 à leur petit-fils Louis de Comeau, fils de Sébastien-Joseph de Comeau et Françoise-Xavière Espiard de Macon (fille de Jean-Baptiste et Anne-Augustine), puis à Henry de Thy par son mariage en 1851 avec Mathilde de Comeau.

Depuis le domaine est resté dans la famille de Thy qui n’en possède plus maintenant que le château et quelques parcelles.

Le château a été inscrit à l'Inventaire supplémentaire des Monuments historiques par arrêté préfectoral du 29 juin 1993[2].

Lorsque l'abbé Espiard acheta le domaine de Lacour, au début du XVIIe siècle, un certain nombre de droits seigneuriaux y étaient attachés. Comme le montre la transcription de ce document, il existait de très nombreux impôts dus au seigneur caractéristiques de l'ancien régime.

Voici la transcription de ces documents :

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie de Lacour-d'Arcenay.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1983 mars 2001      
mars 2001 en cours Gérard Blandin DVG Fonctionnaire
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

La commune de Lacour, malgré l'adjonction de celle d'Arcenay, qui lui a été unie en 1860, ne compte encore qu'une centaine d'habitants.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[4].

En 2014, la commune comptait 134 habitants[Note 1], en augmentation de 3,08 % par rapport à 2009 (Côte-d'Or : +1,38 %).

          Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
77 306 321 314 330 367 374 372 467
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
347 468 461 421 330 312 321 325 310
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
307 286 255 234 231 191 178 183 152
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
156 133 121 81 87 107 122 130 134
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La commune compte 1 monument inscrit à l'inventaire des monuments historiques[7] et 6 monuments ou édifices répertoriés à l'inventaire général du patrimoine culturel[8]

Extrait du "Morvand" de l'Abbé Baudiau (1866) :

  • "L'église, sous le vocable des Saints Innocents, est ancienne mais peu remarquable. Elle se compose d'un chœur, de deux chapelles latérales, voûtées à nervures, et d'une nef sans caractère, agrandie en 1864. Le nouveau portail, bâti dans le style du XIIe siècle, ne manque pas d'élégance. Sur le milieu du toit s'élève un mauvais clocher en bardeaux d'un triste aspect. La chapelle du sud appartenait jadis à la maison de Conyngham. Le presbytère est petit et mal bâti.
  • À côté de la place publique, on voit une maison d'école, construite en 1841 et une croix de pierre qui date de 1407.
  • Le château, précédé d'un longue avenue, fermée d'une grille de fer et communiquant avec cette place, se dresse à l'est et domine de sa masse tout le village. Il est composé d'un principal corps de logis, flanqué de deux ailes qu'entourent des fossés toujours inondés que l'on franchit sur un pont-levis. Les ligueurs le prirent et le ruinèrent au XVIe siècle. Au XIIIe, il se trouvait dans le potager actuel. Tous les sujets de la baronnie, ceux de Juillenay, en partie, du Fourneaux, comme retrayants de cette maison forte, étaient tenus au guet-et-garde, aux réparations des fossés, du pont-dormant, des barrières… S'étant refusés à ce devoir en 1631, ils y furent contraints l'année suivante par un décret du parlement." Logo monument historique Classé MH (partiel 1993)[9]
  • La chapelle Saint-Martin, à Arcenay, est le reste de l'église de ce hameau, du temps où celui-ci était encore un village paroissial indépendant de Lacour. Détruite à une date inconnue, l'église a été rebâtie plus petite autour du chœur resté debout et consacrée en 1841[10]. À la réunion des deux communes, l'église de Lacour devient l'église de la paroisse, Saint-Martin reste alors simple chapelle[11]. Le petit clocher carré couvert en bardeaux de terre cuite colorée et le petit porche charpenté en bois font l'esthétique de ce petit bâtiment.
  • Le château d'Arcenay date aussi du XIVesiècle, il a également été reconstruit au XVIIIe siècle par l'architecte Jean-Baptiste Caristie[12]. Il est composé d'un corps principal flanqué de deux ailes, selon un plan en H, le tout couvert de hauts toits à lucarnes. Les dépendances sont constituées d'une grange et d'un pigeonnier, en partie détruit, qui a gardé ses boulins.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2017, millésimée 2014, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2016, date de référence statistique : .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Marc était le fils de Guy de La Baume et de Jeanne de Mouy, comtesse de Chateauvillain, dame de Selongey
  2. « Le château de Lacour », notice no PA00125316, base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014.
  7. « Liste des monuments historiques de la commune de Lacour-d'Arcenay », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  8. « Liste des lieux et monuments de la commune de Lacour-d'Arcenay à l'inventaire général du patrimoine culturel », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  9. Notice no PA00125316, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  10. Le Morvan, essai géographique, topographique et historique de l'abbé Jacques Baudiau, librairie Guénéraud - Paris, 1854.
  11. C'est l'édifice désigné par l'évêché pour les offices qui est nommé "église", ce n'est pas une question de taille du bâtiment (voir page église).
  12. ibid.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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