Louis II de Bourbon-Condé

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Louis II de Bourbon-Condé
Le Grand Condépar le peintre Justus van Egmont.
Le Grand Condé
par le peintre Justus van Egmont.

Titre Prince de Condé
(1646-1686)
Autres titres Duc d'Enghien
Duc de Bourbon
Duc de Montmorency
Duc de Châteauroux
Duc de Bellegarde
Duc de Fronsac
Comte de Sancerre
Comte de Charolais
Seigneur de Chantilly
Premier prince du sang
Prédécesseur Henri II de Bourbon-Condé
Successeur Henri Jules de Bourbon-Condé
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Espagne Monarchie espagnole (1652-1659)
Grade militaire Lieutenant-général
Conflits Guerre de Trente Ans
Guerre de la Fronde
Guerre de Dévolution
Guerre de Hollande
Faits d'armes Bataille de Rocroi
Bataille d'Alerheim
Siège de Dunkerque
Bataille de Lens
Bataille de Seneffe
Autres fonctions Gouverneur du Berry
Grand maître de France (1647-1654)
Pair de France
Biographie
Dynastie Maison de Condé
Surnom Le « Grand Condé »
Naissance
Paris
Décès (à 65 ans)
Fontainebleau
Père Henri II de Bourbon-Condé
Mère Charlotte-Marguerite de Montmorency
Conjoint Claire-Clémence de Maillé
Enfants Henri-Jules de Bourbon-Condé

Arms of Henri de Conde.svg

Louis II de Bourbon-Condé dit le Grand Condé, connu d'abord sous le titre de duc d'Enghien, né le à Paris et mort le à Fontainebleau[1], est un prince du sang français. Général français pendant la guerre de Trente Ans, il fut l'un des meneurs de la Fronde des princes.

Fils de Henri II et de Charlotte-Marguerite de Montmorency, il porte les titres de prince de Condé, duc de Bourbon, duc d'Enghien, duc de Montmorency, duc de Châteauroux, duc de Bellegarde, duc de Fronsac, gouverneur du Berry, comte de Sancerre (1646-1686), comte de Charolais (à partir de 1684), pair de France, premier prince du sang. Il est un cousin issu d'issus de germains (ou cousin remué de germains) de Louis XIV — son grand-père paternel Henri Ier est cousin germain de Henri IV.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Grand Condé du sculpteur français Antoine Coysevox en 1688 au musée du Louvre

Il poursuit ses études au collège des jésuites de Bourges. Il montre dans la carrière militaire un génie précoce. Après un apprentissage militaire au siège d’Arras, il reçoit en 1643, à l'âge de 21 ans, le commandement honorifique de l'armée de Picardie, sous les ordres du François de L'Hospital. Il s'agit de barrer la route à l'armée espagnole du roi Philippe IV sortie du comté de Flandre pour envahir la France. Le 19 mai, cinq jours après la mort de Louis XIII, Enghien remporte héroïquement l'éclatante victoire de la bataille de Rocroi, brisant ainsi la réputation d'invincibilité des tercios espagnols, tandis que ce nouveau capitaine de guerre est promu à l’égal de César et Alexandre[2].

Il est ensuite envoyé sur le Rhin, aux côtés du vicomte de Turenne. En 1644, il bat les Allemands à Fribourg. Il remporte avec Turenne la bataille de Nördlingen en 1645 contre Franz von Mercy (Guerre de Trente Ans). En 1646, à la mort de son père, il devient 4e prince de Condé. Il prend Dunkerque en 1646. Moins heureux en Catalogne, il ne peut conquérir Lérida ; mais il remporte bientôt après en comté d'Artois la victoire de Lens sur l'archiduc Léopold-Guillaume qui amène la paix avec le Saint-Empire romain germanique en 1648.

La Fronde[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Fronde (histoire).

Pendant les troubles de la Fronde, il adopte une attitude ambiguë. Il défend d'abord le parti de la cour, la régence durant la minorité de Louis XIV étant assumée par sa mère Anne d'Autriche, secondée par le cardinal Mazarin, premier ministre, puis il prend parti contre Mazarin qu'il appelle « le faquin écarlate ». Son soutien à la reine mère Anne d'Autriche permet d'abord la signature de la paix de Rueil. Néanmoins, en 1649, par rivalité avec Mazarin qu'il considère comme un usurpateur étranger, il sympathise avec la cause de la Fronde. Remportant toutes les batailles entre 1643 à 1648, il réclame pour lui l’amirauté et pour ses amis tous les postes de responsabilité dans l’armée[2]. Le , lui, son frère le prince de Conti et son beau-frère le duc de Longueville sont jetés en prison par la reine-régente, qui veut refréner ses ambitions, où ils subissent une détention de treize mois.

Le , devant l'union des Frondes, Mazarin s'enfuit et libére les princes. Condé prend la tête de la Fronde des princes, malgré la majorité de son grand cousin, Louis XIV. Il négocie avec le roi Philippe IV d'Espagne et le Lord Protecteur anglais, Oliver Cromwell. Il lève des troupes, marche sur Paris. Contre lui, Louis XIV âgé de 14 ans réussit à gagner Turenne qui prend la tête des troupes royales et défait le prince à la bataille de Bléneau le , à Étampes en mai puis au faubourg Saint-Antoine à Paris. La duchesse de Montpensier, Anne-Marie-Louise d'Orléans (la Grande Mademoiselle), fait tirer les canons sur les troupes royales pour permettre à son cousin de se réfugier dans Paris.

Les guerres de Louis XIV[modifier | modifier le code]

Modello du Repentir du Grand Condé, 1691, par Michel II Corneille. Vente de Me Courau, Bordeaux, Chartrons, 29 novembre 2017, 14 h, lot 308.

Condé gagne ensuite le comté de Flandre, passe du côté espagnol et est défait par Turenne en 1658 à la bataille des Dunes. Le traité des Pyrénées de 1659 lui assure le pardon royal, proclamé à Aix-en-Provence, peu avant le mariage de Louis XIV et de l'infante Marie-Thérèse d'Autriche. La guerre s'étant rallumée entre la France et l'Espagne, Condé retrouve un commandement dans les armées du roi et prend le comté de Bourgogne (actuelle Franche-Comté) aux Habsbourg d'Espagne au termes d'une campagne de trois semaines en 1668.

Le , il reçoit durant trois jours Louis XIV alors âgé de 33 ans et les 3000 membres de la Cour de Versailles dans son château de Chantilly : il fait donner une fête fastueuse et des banquets somptueux organisés par François Vatel pour se réconcilier avec le roi et obtenir sa grâce et ses faveurs, ce qu'il obtient, le roi ayant besoin de son soutien.

Il combat à nouveau aux côtés des armées royales de Turenne lors de la guerre de Hollande, en 1672 où il bat le prince d'Orange Guillaume à la bataille de Seneffe en 1674, puis passe en Alsace pour défendre cette province contre Raimondo Montecuccoli, généralissime des armées de l'empire germanique après la mort de Turenne en 1675. Le roi le reçoit en grande pompe à Versailles, en haut du grand escalier de marbre, au milieu de toute la cour. Condé, perclus de rhumatismes, a de la peine à monter et fait un peu attendre Louis XIV. Alors qu'il présente des excuses, le roi lui dit avec politesse : « Mon cousin, quand on est chargé de lauriers comme vous, on ne peut marcher que difficilement ».

Il finit sa vie dans son château de Chantilly, entouré de musiciens et de poètes, cultivant les lettres et conversant avec Racine et Boileau. Son fils Henri Jules de Bourbon lui succède comme 5e prince de Condé et 4e duc d'Enghien.

Toute sa vie, Louis de Condé a été l'âme du parti libertin. Voltaire lui reproche comme un signe de sénilité sa conversion au parti dévot les deux dernières années de sa vie[3]. En effet, signe non-équivoque de cette conversion, Jacques-Bénigne Bossuet prononce sur son cercueil une oraison funèbre — un chef-d'œuvre du genre (Oraison funèbre de très haut et très puissant prince Louis de Bourbon).

Famille[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Château de Chantilly du prince Louis II de Bourbon-Condé
Détail de la statue représentant Louis, Grand Condé par le sculpteur David d'Angers (1817). Exposé dans la Galerie David d'Angers, Angers.

Fils d'Henri II de Bourbon-Condé, prince du sang, et de Charlotte-Marguerite de Montmorency, baronne de Châteaubriant et de Derval, dont le roi de France Henri IV tombe amoureux et qui sera la marraine de Louis XIV.

Ses trois frères aînés étant morts en bas âge, Louis reçoit le titre de « duc d'Enghien ». Il fait de solides études chez les Jésuites, à Bourges, et à l'âge de 17 ans, gouverne le duché de Bourgogne pour son père. Il est élevé dans l'idée que le trône peut lui échoir si la branche aînée des Bourbon vient à manquer d'héritier[2], ce qui assure chez lui une grande fierté et une forte ambition (parfois à défaut de la fidélité).

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Pour des raisons politiques[4], il épouse le Claire-Clémence de Maillé, âgée de seulement 13 ans, fille d'Urbain de Maillé (1597-1650) et de Nicole du Plessis de Richelieu[5]. Il en a trois enfants, dont deux meurent en bas âge :

Après avoir vainement cherché à faire annuler son mariage à la mort du cardinal de Richelieu, ne lui pardonnant pas d'avoir brisé son amour de jeunesse, Condé finit par faire enfermer sa femme à Châteauroux en 1671, sous le prétexte d'une liaison qu'elle aurait eue avec un page.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Source partielle[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. ou 11 novembre, selon les sources
  2. a b et c Simone Bertière, Un cousin de Louis XIV, ardent et rebelle, mécène éclairé de Chantilly, Canal Académie, 5 février 2012
  3. Cf. « Le Siècle de Louis XIV », conclusion du chap. XI.
  4. Le duc d'Enghien fut d'abord amoureux de Marthe Poussard dite mademoiselle du Vigean, qui entra dans les Carmélites puis désira se marier à l'amie de sa sœur, la Grande Mademoiselle mais son mariage fut arrangé par son père.
  5. (sœur du cardinal de Richelieu)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis de Bourbon prince de Condé, dans Charles Perrault, Les Hommes illustres qui ont paru en France pendant ce siècle, chez Antoine Dezallier, 1697, tome 1, p. 23-24 (lire en ligne)
  • Henri Malo, Le Grand Condé, Editions Albin Michel, 1937, 512 p.
  • Katia Béguin, Les princes de Condé. Rebelles, courtisans et mécènes dans la France du grand siècle, éd. Champ Vallon, Seyssel, 1999, 463 p.
  • Simone Bertière, Condé, le héros fourvoyé, Éditions de Fallois, 2011, 542 p.
  • Dominique Paladilhe, Le Grand Condé : Héros des armées de Louis XIV, Pygmalion, 2008 (ISBN 978-2756400082)
  • Joseph Louis Ripault-Desormeaux, Histoire de Louis de Bourbon, Paris 1766-1768, 4 volumes in-12.
  • Voltaire, Le siècle de Louis XIV (1751) (Wikisource)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]