Yom Kippour

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kippour.
Shalom2.svg Cette page contient des caractères hébreux. En cas de problème, consultez Aide:Unicode ou testez votre navigateur.
Page d'aide sur les redirections « Yom Hakippourim » redirige ici. Pour le traité parfois appelé ainsi, voir Yoma (traité).
Yom Kippour
Jour de l’Expiation par Isidor Kaufmann (av. 1907).
Jour de l’Expiation par Isidor Kaufmann (av. 1907).

Nom officiel hébreu : יום הכיפורים (Yom HaKippourim)
Autre(s) nom(s) le Jour du Grand Pardon
Observé par le judaïsme, le karaïsme et le samaritanisme
Type biblique (historique/religieux)
Signification Jour d’expiation des péchés et du Veau d’or.
Date le 10 tishrei
Date 2017 30 septembre
Date 2018 19 septembre
Date 2019 9 septembre
Observances Chômage, prières et mortification

Yom Kippour (hébreu : יום הכיפורים Yom Hakippourim « le jour des propitiations »), également appelé le Jour du Grand Pardon, est une fête juive considérée comme la plus sainte de l’année juive.

Observé le dixième jour du mois de tishri, en terre d’Israël comme en diaspora, le jour représente la culmination d’une période pénitentielle de dix ou quarante jours selon qu’elle est inaugurée à Roch Hachana ou au mois d’eloul. Il a lieu, selon les années, en septembre ou en octobre dans le calendrier grégorien.

Outre un chômage et un jeûne complets, Yom Kippour est marqué par d’autres rites de mortification. Cinq offices de prière, de nombreuses compositions liturgiques, et autres coutumes dont le jeûne de la parole viennent renforcer l’atmosphère austère et solennelle du jour.

Yom Hakippourim dans les sources juives[modifier | modifier le code]

Dans la Bible hébraïque[modifier | modifier le code]

L’envoi du bouc à Azazel (gravure de W.J. Webb).

Lorsque Moïse reçoit sur le mont Sinaï les instructions divines pour la construction du sanctuaire, un jour par an, « éminemment saint devant Dieu » est prévu pour la purification de l’autel de l’encens, situé derrière le voile dans le saint des saints. Aaron doit recouvrir les cornes de cet autel avec le sang des offrandes expiatoires de propitiation (Exode 30:1-10). Cependant Moïse doit redescendre en hâte car son peuple a, en son absence, érigé un veau d’or (Exode 32:7-15).

Lors de l’inauguration du Tabernacle, les deux fils aînés d’Aaron meurent, faute d’avoir respecté les instructions concernant l’encens (Lévitique 10:1-3). Après leur mort, Dieu prescrit un nouveau rituel de propitiation des fautes dans le sanctuaire, chargé de purifier non seulement le sanctuaire mais aussi le peuple. Il comporte, outre les offrandes, l’envoi dans le désert d’un bouc chargé de toutes les fautes d’Israël (Lévitique 16:1-28). Ce rituel est fixé au « dixième jour du septième mois » et défini comme un shabbat shabbaton (« sabbat solennel »), jour annuel de chômage généralisé et de mortification des âmes pour toutes les générations (Lévitique 16:29-34).
Ces prescriptions, à observer du soir du neuvième jour au soir du dixième jour du mois, sont rappelées plus loin ; il est ajouté que quiconque n’observerait pas le chômage ou la mortification, s’expose à être retranché du peuple (Lévitique 23:26-32).
C’est aussi à la fin de ce jour qu’il est prescrit de faire retentir dans tout le pays le son du chofar au terme de sept cycles de sept ans afin de marquer la cinquantième année du jubilé, où les habitants du pays recouvrent leur liberté et leurs biens (Lévitique 25:9-10).

Peut-être est-ce ce jour, avec ses pratiques et ses offrandes (Nombres 29:7-11), qu’évoque Isaïe pour proclamer que Dieu demande avant tout des dispositions éthiques saines et traduites en actes (Isaïe 58:1-8). Le prophète ne mentionne cependant pas Yom Kippour nommément et il n’apparaît plus dans la Bible de façon explicite. Ézéchiel indique bien recevoir des visions au commencement de l’année, le dix du mois (soit le dixième jour du septième mois selon l’exégèse rabbinique[1]) mais il ne mentionne ni le jeûne ni le rite (Ézéchiel 40:1) ; il prophétise d’autre part qu’après la reconstruction du Temple, deux jours seront consacrés à la purification du sanctuaire et à la propitiation des fautes au moyen du sang d’un taureau expiatoire mais ils ont lieu au premier et au septième jour du premier mois (Ézéchiel 45:18-20). Yom Kippour ne coïncide pas non plus avec les jeûnes de Zacharie (Zacharie 7:1-5) ni avec celui d’Ezra et Néhémie (Néhémie 9:1), bien que Roch Hachana et Souccot qui ont respectivement lieu avant et après Yom Kippour soient mentionnés (Néhémie chap. 8 & 9).

Ce silence prophétique a conduit à des spéculations diverses : l’une d’elles, basée sur la version grecque d’Ézéchiel (qui ne lit pas le « septième jour du premier mois » mais le « premier jour du septième mois[2] ») et de l’apparente tendance de ce prophète à faire commencer le mois au dixième jour (Ezéchiel 40:1), déduit que ces versets d’Ézéchiel constitueraient la première trace du jour des propitiations et que les versets apparaissant comme antérieurs dans la Bible auraient été ultérieurement rédigés[3]. La tradition rabbinique laisse entendre quant à elle, fût-ce allusivement, que ce culte aurait bien eu lieu à l’époque de l’arche de l’alliance[4].
Tous s’accordent cependant pour reconnaître à ce jour une importance centrale à l’époque du second Temple[3].

Dans les livres de la période du second Temple[modifier | modifier le code]

Le Djebel Montar, lieu probable d’où l’on jetait le bouc à l’époque du Second Temple.

L’importance et la centralité de Yom Kippour dans la vie juive à l’époque du Second Temple sont attestées par divers auteurs et ouvrages juifs de l’époque dont Philon d’Alexandrie qui, décrivant le jour des propitiations à son public hellénisé, explique qu’il est suivi par tous, y compris « ceux qui ne font rien de religieux le reste du temps »[5].

La Mishna y consacre un traité entier, intitulé Yoma (« le jour »). Y sont décrits les préparatifs et le rite lui-même, tel qu’il avait cours avant la destruction du second Temple, près de deux siècles avant la rédaction du traité[6]. Ce rite est, dans les grandes lignes, similaire à ce que prescrit la Bible mais le bouc émissaire est jeté d’une falaise escarpée, plutôt que livré à son sort dans le désert[7] (Josèphe diverge sur ce point[8]). Les formules prononcées par le grand-prêtre lors des confessions[6] ne se trouvent pas non plus dans la Bible, de même que sa prière pour le peuple après avoir allumé l’encens[9] et sa lecture des passages de la Torah se rapportant au rituel (Lévitique 16 & 23:26-32, ainsi que Nombres 29:7-11, récité de mémoire)[10].

Les fondements de l’observance ont été précisés : le commandement de s’affliger le corps étant mentionné à cinq reprises dans la Torah (Lévitique 16:29, Lévitique 16:31, Lévitique 23:27, Lévitique 23:32, Nombres 29:7), les sages en ont tiré cinq règles de mortification — abstention de nourriture et de boisson mais aussi de baignade, d’onction et de rapports sexuels[11]. De ces abstentions, seuls les deux premières sont explicitement mentionnées dans le corps du texte de sorte qu’elles seules sont passibles de karet en cas d’enfreinte délibérée (il en va de même pour le travail). Les docteurs de la Mishna statuent aussi de ce qui est considéré comme une enfreinte, considérant par exemple que la prise de mets ou boissons impropres à la consommation n’en remplit pas les conditions. De plus, le sabbat des sabbats étant assimilable en tout point au chabbat à l’exception du châtiment pour les transgressions volontaires (le karet divin pour Yom Kippour, la mise à mort par un tribunal rabbinique pour le chabbat)[12], les rabbins décrètent que lorsque la préservation d’une vie est en jeu, tous les statuts de Yom Kippour sont annulés, ce qui en dispense les malades et les enfants (bien qu’il soit recommandé de les « éduquer » au jeûne avant d’avoir atteint l’âge de maturité)[13].
Les autres abstentions étant le fruit de déductions rabbiniques, elles sont soumises à leur discrétion ; toutefois, ceux-ci refusent l’opinion clémente de Rabbi Eliezer, qui permet au roi de se laver la figure pour des raisons de prestige, et à la jeune mariée pour qu’elle ne soit pas désenviée par son jeune mari[14].

En dépit de toutes ces manifestations d’affliction et de sa haute solennité, Yom Kippour semble avoir été considéré comme un jour joyeux, à l’exception notable de la secte qui prenait pour base docrinale le Livre des Jubilés : selon son calendrier, Yom Kippour marquait le deuil pour la faute des enfants de Jacob qui avaient vendu Joseph et menti à leur père[15] (ce calendrier entraînait par ailleurs ses adhérents à observer Yom Kippour à une date différente du reste du monde juif[16]). Les docteurs de la Mishna enseignaient en revanche que le péché qui avait entraîné le besoin d’expiation, était celui du veau d’or et que Yom Kippour marquait le jour où Moïse était redescendu du Sinaï avec les secondes Tables de la Loi, qui entérinaient le pardon divin[17]. Philon écrit que le jeûne, loin d’affliger l’homme, le libère des contingences matérielles et qu’en ce niveau de spiritualité supérieur réside la joie du jour[5] , Ben Sira décrit en termes majestueux le grand-prêtre d’Israël accomplissant le rite du jour[18], et Rabban Shimon ben Gamliel rapporte avec nostalgie les fastes de ce jour et du 15 av, où les jeunes filles célibataires se rendaient dans les vignes, dansant en rondes en attendant d’être choisies par leur futur mari[19].

Revenant à l’ordre du jour, la tradition rabbinique enseigne que la chute du Temple et la cessation des offrandes qui en résulte, n’ont pas entraîné la fin de Yom Kippour : Rabbi Akiva s’appuie sur Ezéchiel 36:25 et Jérémie 17:13, pour affirmer que le pardon divin est, pour ainsi dire, automatiquement accordé en ce jour, et il est enseigné ailleurs que le jour peut assurer la propitiation des fautes par sa vertu propre[20] Cependant, le message des prophètes a reçu un fort retentissement à travers la Judée : une réflexion approfondie des Sages sur les rôles respectifs du jour, des offrandes et du bouc émissaire[21] parvient à la conclusion — partagée par les auteurs du Livre des Jubilés[22] et du Siracide[23] — qu’une participation humaine est requise pour la propitiation des fautes, sous la forme d’un processus de « retour » à Dieu, la teshouva, qui constitue le but véritable des manifestations d’affliction[20],[24]. La Mishna enseigne de surcroît que ni la teshouva ni même le jour, ne sont pleinement efficaces face aux fautes particulièrement graves, comme la désécration du nom divin. D’autre part, Rabbi Eléazar ben Azaria tire de Lévitique 16:30 que le pardon divin n’a pas cours pour les fautes commises envers autrui si le fauteur n’a pas apaisé auparavant la ou les personnes lésées[24].

Observances[modifier | modifier le code]

Observances générales[modifier | modifier le code]

Yom Kippour est le jour de la repentance, considéré comme étant le jour le plus saint et le plus solennel de l’année juive. Son thème central est le pardon et la réconciliation.

Lévitique 16:30 : « Car en ce jour on fera l’expiation pour vous, afin de vous purifier : vous serez purifiés de tous vos péchés devant l’Éternel ».
Lévitique 16:31 : « Ce sera pour vous un shabbat shabbaton, et vous affligerez vos âmes. C’est une loi perpétuelle ».

Du verset 16:31, les Sages ont déduit qu’il fallait respecter les interdictions du Shabbat (par exemple, ne pas travailler, ni allumer de feu, ne pas écrire ni toucher l’électricité). Quant à l’affliction des âmes, elle est réalisée selon la mishna Yoma 8:1, par l’interdiction de nourriture, de baignade, d’utilisation de cosmétiques, du port de la « sandale » (c’est-à-dire de semelles de cuir) et de l’intimité conjugale.
L’abstention totale de nourriture et de boisson commence généralement une demi-heure avant le coucher de soleil (ce qui s’appelle « tossefet (ajout) Yom Kippour »), afin de limiter le risque de manger pendant la fête par inadvertance. Elle termine après le coucher du soleil de la nuit suivante.
Bien que le jeûne soit obligatoire pour tout individu sain âgé de plus de 12 ans pour les femmes, 13 pour les hommes (bat ou bar mitsva), y compris les femmes enceintes, il est interdit, en vertu du pikkouah nefesh, de jeûner pour toute personne qui pourrait s’en porter mal, particulièrement les diabétiques et les personnes devant prendre des médicaments. Les femmes qui viennent d’accoucher dans les trois derniers jours sont également exemptées.

L’observance de Yom Kippour varie légèrement selon les communautés. Les Juifs séfarades l’appellent « le jeûne blanc », et se revêtiront de blanc, afin de symboliser leur désir « blanc » (pureté) de se libérer des péchés. Leur liturgie comporte des musiques assez joyeuses, surtout par rapport à leurs frères ashkénazes qui, tout en reconnaissant la joie originelle de ce jour, auront une attitude plus solennelle, accentuant la remémoration des disparus et des martyrs.

Observances dans le public laïc[modifier | modifier le code]

La « Fête des Bicyclettes » en 2004 (Tel Aviv).

Yom Kippour est un jour si important qu’il est respecté par une vaste majorité de Juifs laïcs, quand bien même ils n’observent pas strictement les autres célébrations. Beaucoup assisteront à au moins un office synagogal, ce qui en double l’affluence, et a entraîné une habitude d’acheter sa place à la synagogue en ce jour de crainte de ne pouvoir en trouver. Plus encore jeûnent.

En Israël, la non-observance publique (comme manger ou conduire un véhicule motorisé) est tabou, au point que Yom Kippour y ait reçu le surnom de « Fête des Bicyclettes[25] », vu le nombre d’enfants qui roulent librement dans les rues sans crainte des voitures. On dénombre toutefois beaucoup d’accidents de vélo (242 le jour de Yom Kippour 2010[26]). Les programmes télévisés sont suspendus, il n’y a ni transport public, ni commerce (dans les régions juives), ni transport aérien.

La veille de Yom Kippour[modifier | modifier le code]

Également appelé Erev Yom Kippour, le jour précédant le Yom Kippour est une partie intégrante de cette fête. Plus qu'un jour destiné aux préparatifs, c'est un moment où chacun doit pardonner son prochain, a fortiori manifester son amour, son amitié à tous, quels qu'ils soient. En bref, c'est une période qui, combinée avec le Yom Kippour, veut rectifier les habitudes de l'Homme[27].

Il est de coutume de manger un grand repas festif, la seoudat hamafsèqet après la prière de minha précédant le jour de Kippour. On y consomme traditionnellement du couscous chez les Séfarades, des kreplach et du riz chez les Ashkénazes. Beaucoup ont également coutume de manger un autre repas riche en poisson avant celui-là.

Beaucoup de Juifs orthodoxes s’immergent également dans un mikveh.

Les kapparot (shlogn kapores en yiddish) sont une cérémonie traditionnelle, consistant à faire tourner un poulet vivant au-dessus de sa tête en récitant une formule traditionnelle[28] : « Voici mon double, voici mon remplaçant, voici mon expiation. Puisse cette poule ou ce coq aller jusqu’à la mort pendant que je m’engagerai et continuerai une vie heureuse, longue et paisible[29]. » Autrefois populaire, elle fut abondamment critiquée vers les XVe et XVIe siècles, comme substitut médiocre des offrandes sacrificielles interdit au vu de l’absence de Temple fonctionnel, et n’est aujourd’hui pratiquée que par certaines franges des milieux religieux, principalement Hassidim. D’autres préfèrent remettre la contre-valeur d’un poulet à une œuvre charitable.

Offices de prière[modifier | modifier le code]

Les hommes (et, chez les Réformés, certaines femmes) se couvrent d’un tallit (châle de prière) pour les prières du soir, Yom Kippour étant le seul office vespéral où cette pratique est réalisée[30] Beaucoup d’hommes mariés portent également un kittel, un vêtement blanc ressemblant quelque peu à un drap.

Les offices de prière commencent par celui de « Kol Nidre », spécifique à Yom Kippour, qui doit être récité avant le coucher du soleil, et se poursuit avec l’office du soir (ma'ariv ou arvith), qui comporte un service de Seli'hot (demandes de pardon) et de viddouï (« confession ») particulièrement étendu. Chaque Juif demande à Dieu de pardonner ses propres fautes et celles de la communauté, mais seulement celles commises à l’encontre de Dieu Lui-même. Les offenses commises à l’encontre du prochain (considérées comme plus graves que celles envers Dieu) doivent être individuellement réparées, de préférence avant Yom Kippour.

L’office du matin est précédé par des litanies et des seli'hot ; à Yom Kippour, de nombreuses seli'hot sont entrelacées avec la liturgie habituelle. L’office de Moussaf[31] est, comme à Rosh Hashana, particulièrement enrichi de prières et piyyoutim.
La Min’ha de Kippour est suivie d’un office également spécifique à Yom Kippour, la Neʿila (« fermeture » -- des portes du ciel aux prières). Yom Kippour se termine par la récitation du Shema Israël, ou du Kaddish Titkabal (Kaddish complet), au cours duquel on sonne le shofar, qui marque la conclusion du jeûne. Les portes du Ciel se referment et plus aucune demande de pardon n’arrive à Dieu.

Les sections de la Torah spécifiquement lues en ce jour sont le chapitre 16 du Lévitique le matin, et le chapitre 18 (parashat guilouï arayot[32]) l’après-midi. Le Livre de Jonas est lu comme haftarah l’après-midi.

Selon le noussakh (la « version », ashkénaze, séfarade, etc.) des prières, certaines communautés prieront du matin au soir sans interruption, tandis que d’autres intercalent une courte pause.

Expiation[modifier | modifier le code]

Pardon et viddouï (confession)[modifier | modifier le code]

D’après le Talmud (Rosh Hashana 16b), Dieu ouvre trois livres le 1er Tishri ; l’un est pour les totalement justes, le second pour les totalement méchants, le troisième pour les [cas] intermédiaires. Ceux-ci voient leur jugement en suspens jusqu’à Yom Kippour.

Selon Maïmonide (Yad, Hilkhot Teshouva 3:4), « tout dépend si les mérites de l’homme dépassent les démérites portés sur son compte », il est donc désirable de multiplier les bonnes actions avant le comput final au Jour de l’Expiation (que les Juifs de France appellent plus volontiers Jour du Pardon). Ceux qui sont jugés valables par Dieu entrent, selon la tradition, dans le Livre de la Vie, d’où la prière : « Fais-nous entrer dans le Livre de la Vie. » D’où également la salutation « Puisse cela terminer [pour vous par une] signature [pour une] bonne [année] » (« Gmar 'Hatima Tova »), à l’origine du « bonne année ».
Les lettres de vœux écrites entre Rosh Hashana et Yom Kippour se concluent souvent par ce souhait.

La confession du pénitent est un prérequis « sine qua non » pour l’expiation, qui se réalise sinon par des punitions et des afflictions. À Yom Kippour, chaque prière (qu’elle soit individuelle et silencieuse, ou collective et bruyante) inclut un viddouï.
Il s’agit d’une confession standardisée, courte ou longue (laquelle est omise lors de l’office de la Neʿila). Toutes deux se déroulent selon l’ordre alphabétique, probablement afin de faciliter la mémorisation.
À noter la confession pour le péché d’un « viddouï pè », une confession « de la bouche », qui ne va guère plus loin que celle-ci, et n’atteint en tout cas pas le cœur, en clair une confession peu sincère.

Réconciliation avec autrui[modifier | modifier le code]

« Yom HaKippourim absout des péchés envers Dieu, mais pas des péchés envers son prochain à moins que le pardon de l’offensé ne soit obtenu. »

— Mishna Yoma 8:9

Pour cette raison, il est de coutume de résoudre les conflits et disputes au plus tard la veille du jeûne. Le processus commence lors de la période de dix jours entre Rosh Hashana et Yom Kippour. Les âmes des disparus sont comprises dans la communauté de ceux auxquels on pardonne à Yom Kippour.

Les enfants des défunts, outre la cérémonie de Yizkor incluse dans la liturgie de Yom Kippour, auront coutume de faire une mention publique dans la synagogue de leurs parents disparus, et de faire des dons charitables en faveur de leur âme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. cf. T.B. Arakhin 12a.
  2. Version grecque d’Ézéchiel 45 et sa traduction en anglais.
  3. a et b Jewish Encyclopedia 1906.
  4. Mishna Yoma 5:1-2.
  5. a et b Philon 1854, De Specialibus legibus I:186 & II:193-203.
  6. a et b Mishna Yoma 3:8, 4:2, 6:1 & 6:2.
  7. Mishna Yoma 6:6.
  8. F. Josèphe, « Antiquités judaïques, livre III, chap. 10, §3 »
  9. Mishna Yoma 5:1.
  10. Mishna Yoma 7:1.
  11. Mishna Yoma 8:1 ; cf. Sifra Aharei Mot, parasha 5, 8:3 & Emor, parasha 11, 14:4.
  12. Mishna Meguila 1:5.
  13. Mishna Yoma 8:5-7.
  14. Mishna Yoma 8:2-3 ; cf. Sifra Aharei Mot, parasha 5, 7:1-9.
  15. Jubilés 1913 34:17-20.
  16. Pesher Habacuc 11:4-8, cité in Encyclopedia Judaica 2008.
  17. Seder Olam Rabba (éd. Leiner), chap. 6.
  18. Siracide 50:5-21.
  19. Mishna Taanit 4:8, cf. Jewish Encyclopedia 1906.
  20. a et b Sifra (éd. Weiss), parashat Aharei Mot, parasha 5, chap. 8, §1 (V-8:1), ibid., parashat Emor XI-14:1.
  21. Mishna Shevouot 1:6.
  22. Jubilés 5:17-18.
  23. Siracide 34:26.
  24. a et b Mishna Yoma 8:8-9.
  25. (en)Yom Kippur at AllExperts.
  26. (en) « Yom Kippur: 3 drown, 93 faint due to fast », Ynet,‎ (lire en ligne)
  27. http://www.divreinavon.com/pdf/ErevYomKippur.pdf Erev Yom Kippur - The purpose of the day as seen through Talmudic anecdotes (PDF)
  28. Michael Wex, Kvetch, Denoël, 2008 p. 91.
  29. Michael Wex, p. 92.
  30. Le tallit n’est normalement porté qu’au cours de la journée. Bien que cette pratique de Kippour ait fait l’objet de nombreuses interprétations plus ou moins récentes, la raison traditionnelle est qu’on porte le tallit afin d’honorer la Présence Divine, particulièrement présente en ce jour.
  31. Prière additionnelle, supplémentaire récitée le Chabbat et les jours de fête. Elle remplace le sacrifice supplémentaire qui était offert dans le Temple ces jours là. voir Lévitique 23 : 27 et Nombres 29,7.
  32. Ou guilouy arayot « dévoilement de la nudité » relatif aux relations sexuelles prohibées.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]