Apostrophes

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Apostrophes
Plateau de l'émission en 1977.
Plateau de l'émission en 1977.

Genre Magazine littéraire
Périodicité Hebdomadaire
Création Bernard Pivot
Réalisation Jean Cazenave, Jean-Luc Leridon
Présentation Bernard Pivot avec Gilles Lapouge (débuts)
Thème du générique Concerto pour piano nº 1 de Rachmaninov
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Nombre d’émissions 724
Production
Format d’image 4/3 couleur
Format audio Mono
Diffusion
Diffusion Antenne 2
Date de première diffusion
Date de dernière diffusion
Statut Arrêtée
Public conseillé Tout public
Chronologie

Apostrophes est une émission de télévision littéraire française créée et animée par Bernard Pivot sur Antenne 2 entre le et le [1], chaque vendredi soir à 21 h 30 (de 1975 à 1985).

Magazine culturel consacré à la littérature, l'émission proposait des discussions ouvertes entre quatre ou cinq auteurs autour d’un sujet commun, mais également des entrevues individuelles avec un seul auteur. En quinze ans d’existence, Apostrophes est devenu l'émission littéraire emblématique à la télévision française de cette période, notamment grâce à la personnalité de son présentateur, la diversité et la qualité de ses intervenants, voire des polémiques qui surgirent épisodiquement lors de l'émission.

Historique[modifier | modifier le code]

Durant les premiers numéros d’Apostrophes, le présentateur Bernard Pivot a à ses côtés Gilles Lapouge, un ancien chroniqueur d'Ouvrez les guillemets ; Pivot présente par la suite[Quand ?] seul l’émission littéraire, ce qui en soi, rompt avec la tradition établie du ou des producteurs entourés de ses chroniqueurs.[réf. souhaitée]

L'émission, d'une durée d'une heure, est consacré aux livres, aux auteurs et à la littérature. Le format varie entre des entrevues individuelles avec un seul auteur[2] et des discussions ouvertes entre quatre ou cinq auteurs[3],[2],

Les auteurs notables qui sont apparus dans l'émission incluent : Vladimir Nabokov, Norman Mailer, Aleksandr Solzhenitsyn, Marguerite Yourcenar, Susan Sontag, Neil Sheehan (en), Milan Kundera, Georges Simenon, William Styron[4] John Le Carré, Tom Wolfe[3], Umberto Eco ou Marguerite Duras. L'apparition de Charles Bukowski dans l'émission du est restée célèbre car l'écrivain, visiblement ivre, insulta le présentateur avant de partir au milieu de l'émission[5]. L'émission a également eu comme invités des personnalités politiques (Valéry Giscard d’Estaing, le Dalai Lama, Robert Badinter, François Mitterrand), des intellectuels, historiens, sociologues, linguistes (Pierre Bourdieu, Claude Lévi-Strauss, Claude Hagège), des acteurs et réalisateurs (Marcello Mastroianni, Roman Polanski, François Truffaut, Jean-Luc Godard) ou des auteurs-compositeurs-interprètes (Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Guy Béart, Pierre Perret, Renaud) pour discuter de leurs livres et de la littérature.

La personnalité de Bernard Pivot, le présentateur, ainsi que la catégorie des personnages présents ont fait de l'émission l'un des programme les plus regardés (une moyenne de 3 à 5 millions de téléspectateurs[6] avec des pointes à 6 millions[3]) à la télévision française sur le créneau des émission culturelles. En même temps, il y avait un phénomène curieux que toutes les personnes liées (ou qui voulaient se rapporter) à la culture devaient suivre le programme pour parler de ce qui, dans les jours suivants, serait le thème littéraire à la mode. Aussi, les auteurs ont dû aller dans l'émission s'ils voulaient obtenir la reconnaissance du grand public littéraire[6]. D'autre part, Bernard Pivot a toujours montré qu'il n'admettait aucune forme de censure de la part de la télévision publique française et qu'il n'avait aucun intérêt économique dans le domaine de l'édition, ce qui lui donnait une grande crédibilité auprès du public.[réf. souhaitée]

En 1982-1983, une controverse surgit entre Bernard Pivot et Régis Debray, alors conseiller de François Mitterrand, président de la République française, Debray dénonçant l’ascendant pris par Apostrophes sur la vie intellectuelle en France, parlant de « l'arbitraire d'un seul homme »[6]. Bernard Pivot, qui songeait alors à arrêter l’émission après quelques signes de lassitude, contre-attaque et décide de poursuivre l’aventure[6]. L'année 1983 correspondra à l’apogée d’Apostrophes en termes d’audience (avec des parts de marché dépassant les 12 % de téléspectateurs dans son créneau horaire) mais aussi à celle d’Antenne 2, devenue cette année-là la chaîne de télévision la plus regardée de France devant TF1.[réf. souhaitée]

L’émission dura 724 numéros jusqu'en juin 1990, et fut remplacé par Bouillon de culture, produite et également présentée par Bernard Pivot, diffusée du au .[réf. souhaitée]

Au Québec, Apostrophes était diffusée sur TVFQ 99, puis sur TV5.[réf. souhaitée]

Quelques moments forts de l'émission[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980 et 1990[modifier | modifier le code]

Générique[modifier | modifier le code]

L'indicatif musical du générique de l'émission est tiré du concerto pour piano no 1 de Rachmaninov, interprété au piano par Byron Janis.[réf. souhaitée]

Longévité[modifier | modifier le code]

Apostrophes a été diffusée durant 724 numéros, établissant en quinze ans un record pour une émission culturelle en France[14].

Fin mai 2015, l’émission Ce soir (ou jamais !), après neuf ans d’existence, égalise et bat le record d’Apostrophes (cependant, Ce soir (ou jamais !) était diffusée en quotidienne durant ses cinq premières années, tandis que l'émission de Bernard Pivot l'était de façon hebdomadaire), devenant alors l'émission avec la plus longue longévité de la télévision française[14].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Apostrophes », sur Toutelatele.com.
  2. a et b (en) « French TV Show on Books Is Ending », Reuters, The New York Times, 5 septembre 1989.
  3. a, b et c (en) « Host Bows Out of French Literary Talk Show 'Apostrophes' », Rone Tempest, Los Angeles Times, 5 septembre 1989.
  4. (en) « The Media Business; Books Star on TV, but Only in France », Roger Cohen, The New York Times, 10 septembre 1990.
  5. (en) Howard Sounes (en), Charles Bukowski: Locked in the Arms of a Crazy Life, Grove Press, 1998, pp. 182-3. (ISBN 0-8021-3697-4)
  6. a, b, c et d « "Apostrophes" : la vie littéraire entre parenthèses », Hervé de Saint Hilaire, Le Figaro.fr, 30 juin 2009.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Les grands moments d’"Apostrophes" », Le Monde.fr, 13 mai 2016.
  8. « La Chine d'hier et d'aujourd'hui », INA.fr.
  9. (en) « Charles Bukowski invité de Bernard Pivot dans l’émission littéraire Apostrophes », sur charlesbukowski.free.fr (consulté le 11 juin 2010).
  10. a et b Jérôme Garcin, « La fièvre du vendredi soir », Le Nouvel Observateur n°2562, semaine du 12 décembre 2013, page 118.
  11. http://www.inamediapro.com/notice/notice/key/3246079234/id/n:CPB79055720
  12. Inamediapro.com
  13. (en) « Les droits de l’homme », sur video.aol.com (consulté le 11 juin 2010).
  14. a et b « Frédéric Taddeï : Ce soir plus que jamais », Benjamin Locoge, Paris Match.com, 25 mai 2015.
  15. « Apostrofes [sic] - Les Inconnus (1991) », sur cavesdumajestic.canalblog.com (consulté le 13 janvier 2017).
  16. http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/29951
  17. Bertrand Guyard, « Une page se tourne pour les décors d'Apostrophes vendus 16.900 euros », Le Figaro.fr,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Édouard Brasey, L’Effet Pivot, Ramsay, Paris, 1987.
  • « Littérature et télévision », dans Dossiers de l’audiovisuel, no  29, janvier-février 1990.
  • Rémy Rieffel, La tribu des clercs. Les intellectuels sous la Ve République, CNRS Éditions, Paris, 1993.
  • Jean-Noel Jeanneney, L’Écho du siècle. Dictionnaire de la radio-télévision, Hachette Littératures, Paris, 1996.
Une bible de l’audiovisuel réalisée par un collectif de chercheurs sous l’égide de l’ancien président de la BNF, rapporteur du projet de loi sur le dépôt légal de l’image animée en 1992 et l’un des pionniers de l’histoire des médias en France. Se reporter, entre autres à la notice consacrée à Bernard Pivot et à la brève synthèse réalisée par Yannick Dehée sur les magazines littéraires à la télévision.
Parmi les nombreux articles, se reporter à celui rédigé par Jérôme Bourdon, intitulé : « Télévision : émissions littéraires ».
  • Bernard Pivot, Le métier de lire. Réponses à Pierre Nora : d’Apostrophes à Bouillon de culture, Gallimard, coll. « Folio », Paris, 2001.
  • Maria Pourchet, Face et envers des écrans de la littérature (1950-2007). Archéologie d’un Monde du discours : Images, acteurs et publics de télévision, thèse de doctorat de sciences de l’information et de la communication sous la direction de Jacques Walter, Université de Metz, 2007.
  • Patrick Tudoret, Vie et mort de l’émission littéraire, Paris, INA/Le Bord de l’eau, 2008.
  • Frédéric Delarue, « À la croisée des médiations : les émissions littéraires de la télévision française de 1968 à 1990 », thèse de doctorat d’histoire contemporaine sous la direction de Christian Delporte, 2010 [présentation en ligne]
  • Michel Trebitsch, « Les Intellectuels au micro »[réf. nécessaire]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]