Apostrophes

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Apostrophes
Plateau de l'émission en 1977
Plateau de l'émission en 1977

Genre Magazine littéraire
Périodicité Hebdomadaire
Réalisation Jean Cazenave, Jean-Luc Leridon
Présentation Bernard Pivot
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Production
Format d’image 4/3 couleur
Format audio Mono
Diffusion
Diffusion Antenne 2
Date de première diffusion
Date de dernière diffusion
Statut Arrêtée
Public conseillé Tout public
Chronologie
Précédent Italiques
Ouvrez les guillemets
Bouillon de culture Suivant

Apostrophes est une émission de télévision littéraire française créée et animée par Bernard Pivot sur Antenne 2 entre le et le [1], chaque vendredi soir à 21 h 30 (de 1975 à 1985)

Quelques moments forts[modifier | modifier le code]

Apostrophes sous Mitterrand[modifier | modifier le code]

  • 1982-1983 : controverse entre Bernard Pivot et Régis Debray, alors conseiller de François Mitterrand, Président de la République française, qui dénonce l’ascendant pris par Apostrophes sur la vie intellectuelle en France. Bernard Pivot, qui songeait alors à arrêter l’émission, après quelques signes de lassitude, contre-attaque et décide de poursuivre l’aventure. 1983 correspond à l’apogée d’Apostrophes en termes d’audience (avec des parts de marché dépassant les 12 % de téléspectateurs dans son créneau horaire) mais aussi à celle d’Antenne 2 (devenue cette année-là la chaîne de télévision la plus regardée de France devant TF1).
  • 1983 : éreintement de Maria-Antonietta Macciocchi (De la Chine, 1970) par Simon Leys (Ombres chinoises, 1976) : « Il est normal que les imbéciles profèrent des imbécillités comme les pommiers produisent des pommes, mais moi qui ai vu chaque jour depuis ma fenêtre le Fleuve Jaune charrier des cadavres, je ne peux accepter cette présentation idyllique par madame de la Révolution culturelle. » Dès le lendemain de l’émission, les ventes du livre de Maria Antonietta Macciochi s’effondrent et son prestige est singulièrement terni[5].
  • 1985 : à la suite de l’invitation de Marc-Édouard Nabe venu présenter son ouvrage Au régal des vermines, Georges-Marc Benamou s’introduit dans les locaux d’Antenne 2 et agresse physiquement Nabe lors du cocktail qui suit l’émission.
  • 1987 : Débat houleux entre Maurice Bardèche et Bernard-Henri Lévy[7].
  • 1987 : Bernard Pivot assure que Paul-Loup Sulitzer ne serait pas l’auteur de ses propres livres.
  • 1987 : Bernard Pivot réalise une interview clandestine de Lech Wałęsa en Pologne communiste, pour parler de son livre de souvenirs Un chemin d’espoir.

Durant les premiers numéros, Bernard Pivot a à ses côtés Gilles Lapouge, chroniqueur d’Ouvrez les guillemets ; il présente par la suite seul l’émission littéraire, ce qui en soi, rompt avec la tradition établie du ou des producteurs entourés de ses chroniqueurs.

Apostrophes (724 numéros) fut remplacé par Bouillon de culture, produite par Bernard Pivot, et diffusée du 12 janvier 1991 au 29 juin 2001.

Au Québec, l’émission était diffusée sur TVFQ 99, puis sur TV5.

Générique[modifier | modifier le code]

L'indicatif musical du générique de l'émission est tiré du concerto pour piano no 1 de Rachmaninov interprété au piano par Byron Janis.

Culture populaire[modifier | modifier le code]

  • Apostrophes est au centre de l’histoire d’un album de Pétillon, Les disparus d’Apostrophes (1982), où le héros Jack Palmer enquête sur l’enlèvement des invités d’une émission sur Paul Claudel.
  • L’Assassin d’Apostrophes : roman-photo / texte de Gérard Guégan ; photogr. de Maya Sachweh ; avec Pierre Bourgeade (Raymond Dellebourre / Fernand) ; Edith Develeyne (Léa Simonet), Ruth Henry (Mme Dellebourre), Alain Massiot et Bernard Pivot (dans son propre rôle). In Playboy France, mars 1983, no 112 (vol. 12, no 3), p. 39-43.
  • La Cadillac blanche de Bernard Pivot d'Alain Beaulieu raconte l'histoire du complot de Bernard Pivot contre un personnage mysterieux[9].
  • Une partie du décor a été remontée à la Fnac Ternes, Paris 17.

Record[modifier | modifier le code]

Fin mai 2015, Ce soir (ou jamais !) devient l'émission culturelle avec la plus longue longévité de la télévision française (724 numéros), battant le record établi par Apostrophes de Bernard Pivot (laquelle, cependant, non diffusée en quotidienne comme Ce soir (ou jamais !) pendant ses cinq premières années, avait établi ce record en quinze ans, contre neuf pour le programme de Frédéric Taddeï)[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Apostrophes - L'Encyclopédie des émissions TV, sur Toutelatele.com.
  2. La Chine d'hier et d'aujourd'hui, INA
  3. (en) « Charles Bukowski invité de Bernard Pivot dans l’émission littéraire Apostrophes », sur charlesbukowski.free.fr (consulté le 11 juin 2010).
  4. (fr) « Bukowski Throws Up Bernard Pivo », sur www.youtube.com (consulté le 11 juin 2010).
  5. a et b Jérôme Garcin, « La fièvre du vendredi soir », Le Nouvel Observateur n°2562, semaine du 12 décembre 2013, page 118.
  6. http://www.inamediapro.com/notice/notice/key/3246079234/id/n:CPB79055720
  7. Inamediapro.com
  8. (en) « Les droits de l’homme », sur video.aol.com (consulté le 11 juin 2010).
  9. http://www.critiqueslibres.com/i.php/vcrit/29951
  10. Frédéric Taddeï, interviewé par Benjamin Locoge, « Frédéric Taddeï - Ce soir plus que jamais », Paris Match n° 3 444, semaine du 21 au 27 mai 2015, p. 30.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Littérature et télévision », dans Dossiers de l’audiovisuel, no  29, janvier-février 1990
  • Édouard Brasey, L’Effet Pivot, Ramsay, Paris, 1987
  • Jean-Noel Jeanneney, L’Écho du siècle. Dictionnaire de la radio-télévision, Hachette Littératures, Paris, 1996. Une bible de l’audiovisuel réalisée par un collectif de chercheurs sous l’égide de l’ancien président de la BNF, rapporteur du projet de loi sur le dépôt légal de l’image animée en 1992 et l’un des pionniers de l’histoire des médias en France. Reportez-vous, entre autres à la notice consacrée à Bernard Pivot et à la brève synthèse réalisée par Yannick Dehée sur les magazines littéraires à la télévision.
  • Rémy Rieffel, La tribu des clercs. Les intellectuels sous la Ve République, CNRS Éditions, Paris, 1993
  • Michel Winock, Jacques Julliard, Dictionnaire des intellectuels français, Le Seuil, Paris, 1998. Parmi les nombreux articles, reportez-vous à celui rédigé par Jérôme Bourdon et intitulé : « Télévision : émissions littéraires ».
  • Bernard Pivot, Le métier de lire. Réponses à Pierre Nora : d’Apostrophes à Bouillon de culture, Gallimard, coll. « Folio », Paris, 2001
  • Michel Trebitsch, « Les Intellectuels au micro », [lire en ligne]
  • Frédéric Delarue, « À la croisée des médiations : les émissions littéraires de la télévision française de 1968 à 1990 », thèse de doctorat d’histoire contemporaine sous la direction de Christian Delporte, 2010[1]
  • Patrick Tudoret, Vie et mort de l’émission littéraire, Paris, INA/Le Bord de l’eau, 2008.
  • Maria Pourchet, Face et envers des écrans de la littérature (1950-2007). Archéologie d’un Monde du discours : Images, acteurs et publics de télévision), thèse de doctorat de sciences de l’information et de la communication sous la direction de Jacques Walter, Université de Metz, 2007.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

  1. Fabula.org