The Guardian

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The Guardian
Image illustrative de l'article The Guardian

Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Langue Anglais
Périodicité Quotidienne
Format Berlinois
Genre Généraliste
Prix au numéro 1,20 £ (3,70 € en France)
Diffusion 185 313 ex. (juin 2014)
Fondateur John Edward Taylor
Date de fondation 1821 (The Manchester Guardian)
Ville d’édition Londres

Propriétaire Groupe Guardian Media
Rédacteur en chef Katharine Viner
ISSN 0261-3077
OCLC 60623878
Site web http://www.theguardian.com

The Guardian est un quotidien d’information britannique fondé en 1821. Sa ligne éditoriale relève du social-libéralisme (centre-gauche)[1]. Le site internet du Guardian est en 2012 le troisième site de presse le plus consulté au monde[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les fondateurs[modifier | modifier le code]

En 1821, John Edward Taylor (1791-1844) fonde le Manchester Guardian and Evening News Limited. Le journal acquiert la reconnaissance nationale et internationale sous la direction de Charles Prestwich Scott (1846-1932), qui racheta le journal en 1907 après la mort de John Edward Taylor fils (1830-1905). C. P. Scott promit que les vœux du fondateur seraient respectés, ceci en défendant l'indépendance du Guardian. Ces principes sont résumés en une phrase, dans un article souvent cité, publié à l'occasion du centenaire du journal :

« Comment is free, but facts are sacred... The voice of opponents no less than that of friends has a right to be heard. (Les commentaires sont libres, mais les faits sont sacrés... La voix des opposants, non moins que celle des amis, a le droit d'être entendue) »

Scott, tout en restant propriétaire du Guardian, passa plus tard la main à ses fils, John et Edward. Ceux-ci, afin d'assurer la pérennité de l'indépendance journalistique du journal, se mirent d'accord sur le fait que si l'un d'eux mourait, l'autre devrait racheter la part du premier.

C.P Scott mourut en 1932, suivi quatre mois plus tard d'Edward, laissant John Russel Scott seul propriétaire du journal. En 1936, il créa un trust d'actionnaires auquel il confia la propriété du Manchester Guardian, ainsi que du très lucratif Manchester Evening News, pour protéger l'indépendance de la rédaction des deux quotidiens. L'un des "trustees" des deux quotidiens, William Haley, est administrateur de la Press Association et de Reuters: il propose d'utiliser le même mécanisme[3] pour l'agence de presse britannique.

Ancrage dans le paysage politique[modifier | modifier le code]

L'ancien siège du Guardian (2004).

The Guardian se caractérise par une volonté de liberté et d’indépendance, au risque de heurter son lectorat : en 1956, une année après être devenu quotidien, il critique violemment le gouvernement Eden lors de la crise du canal de Suez, ce qui entraîne la résiliation de nombreux abonnements.

En 1979-1980, il profite largement de la crise que connaît The Times, qui cesse de paraître pendant onze mois. Si les positions de The Guardian en matière de politique extérieure se font plus modérées comme lors du conflit des Malouines, il est le seul organe de presse de qualité à appeler à voter pour le parti travailliste anglais entre 1987 et 2010.

Tout en étant proche des travaillistes, il demeure très critique vis-à-vis du gouvernement de Tony Blair.

Fin , The Guardian publie un éditorial dans lequel il soutient formellement les LibDems[4].

Mutations du quotidien depuis les années 1990[modifier | modifier le code]

Le siège actuel du Guardian (2012).

En 1993, The Guardian rachète le journal dominical The Observer. En 1994, The Guardian subit davantage la concurrence du Times et du Daily Telegraph, et doit baisser son prix de vente.

Depuis 1990, il existe une édition européenne du Guardian, composée de 24 pages et vendue dans 16 pays d’Europe, ainsi qu’en Israël : elle contient des articles de la rédaction londonienne et des traductions issues d’articles de journaux européens, parmi lesquels Le Monde. Le tirage de The Guardian se monte à 400 000 exemplaires.

Sous l'impulsion du journaliste Simon Rogers, le Guardian développe à partir du 2009 le journalisme de données avec une section entière sur son site internet et devient l'un des leaders mondiaux dans le domaine[5].

En 2013, un tiers des visiteurs du site TheGuardian.com sont au Royaume-Uni, un tiers aux États-Unis et un tiers dans le reste du monde[6].

Fin janvier 2015 une nouvelle version du site du Guardian est lancée, après plusieurs mois de version « beta » ouverte au public au cours de laquelle les commentaires des utilisateurs ont été pris en compte pour améliorer la mise en page[7][8]. Fin mai 2015, Katharine Viner succède à Alan Rusbridger[9]Elle devient la 12e rédacteur en chef du quotidien et la première femme à atteindre ce poste[10].

Représentations populaires[modifier | modifier le code]

Avant la fondation de The Independent, le Guardian a longtemps été le seul quotidien à présenter une ligne éditoriale pro-travailliste. Il est donc réputé être le journal de référence de l'intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes, surtout dans Londres, au point que lorsque les conservateurs veulent qualifier quelqu'un d’« intello de gauche », ils disent que c'est un « lecteur du Guardian ».

Avant l'informatisation, le Guardian avait une réputation pour les coquilles en tous genres qui lui a valu le surnom de « Grauniad »[11]. Le journal possède même l'URL « Grauniad.co.uk » qui renvoie à son site.

Partenariat[modifier | modifier le code]

The Guardian Weekly diffuse une version en anglais du mensuel français Le Monde diplomatique depuis 1999[12].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Le The Guardian et The Washington Post reçoivent le prix Pulitzer pour leur édition américaine consacrée aux révélations d'Edward Snowden sur la NSA [13].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le "Guardian", une machine à scoops, pas à cash », sur Le Monde,‎
  2. « The Guardian is now the world's third most read newspaper website », The Guardian, juin 2012 (lire en ligne)
  3. "Castro and Stockmaster", par Michael Nelson, page 188 [1]
  4. Kylie MacLellan, Le Guardian et le Times retirent leur soutien aux travaillistes, Le Point, 1er mai 2010
  5. Pablo René-Worms, « Les coulisses du journalisme de données », Le Point,‎ (lire en ligne)
  6. a et b (en) Laura Hazard Owen, « One-third of the Guardian’s readers are American, with US traffic up 37% last year », Gigaom.com,‎ (lire en ligne)
  7. (en) John Brownlee, « The Guardian Rolls Out A Redesign, With Input From Thousands Of Readers », Fast Company,‎ (lire en ligne)
  8. (en) Wolfgang Blau, « Welcome to the new Guardian website », The Guardian,‎ (lire en ligne)
  9. Alan Rusbridger, « ‘Farewell, readers’: Alan Rusbridger on leaving the Guardian after two decades at the helm », sur TheGuardian.com,‎ (consulté le 29 mai 2015).
  10. (en) « Guardian Names Katharine Viner as Editor », sur NYTimes.com,‎ (consulté le 24 mars 2015)
  11. Surely shome mishtake?
  12. Alain Gresh, Free spirits, Le Monde Diplomatique, 1er août 2007
  13. « Les révélations d'Edward Snowden récompensées par un prix Pulitzer », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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