Henri Lévy

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Le rabbin Henri Lévy
Description de cette image, également commentée ci-après
(Copyright Mémorial de la Shoah/CDJC)
Naissance
Balbronn
Décès
Auschwitz

Henri Lévy (né le à Balbronn et mort en 1942 à Auschwitz) est un rabbin et une personnalité du judaïsme orthodoxe français du début du XXe siècle. Héros des Dardanelles, décoré de la Croix de Guerre et de la Légion d'honneur, il fut un grand érudit et un homme de dialogue. Il fut rabbin de Thionville de 1921 à 1939.

En 1942, il est déporté au camp d'extermination d'Auschwitz, où il meurt assassiné par les nazis.

Un héros de la guerre de 14-18[modifier | modifier le code]

Henri Lévy naît le à Balbronn dans le Bas-Rhin. Après des études rabbiniques au Séminaire Israélite de France, il est nommé rabbin à Mascara en Algérie en . Il règle les relations difficiles entre les communautés juives du sud Oranais et l'autorité militaire. Il organise à Mascara et dans les villes alentour des actions caritatives et des comités de bienfaisance.

Lors de la Première Guerre mondiale, en , il est nommé aumônier militaire de l'armée d'Orient. Cette armée participe à la dramatique bataille des Dardanelles où 180 000 soldats alliés dont 30 000 Français laissent la vie. Les derniers soldats quittent les Dardanelles en mais le rabbin Henri Lévy reste avec les troupes de l'Armée d'Orient à Salonique jusqu'en 1918. Il y connaît avec l'ensemble des soldats de son régiment des conditions de vie et d'hygiène très douloureuses et difficiles. Ce n'est que le que les troupes françaises prennent l'offensive sous le commandement du général Franchet d'Espèrey, forçant la Bulgarie à l'armistice le .

Pendant cette période de guerre, le rabbin Henri Lévy fait preuve de courage en sauvant la vie de plusieurs de ses compagnons blessés. Ces actes de bravoure lui valent la croix de guerre et, dès la fin du conflit, la Légion d'honneur ainsi que le drapeau de son régiment dissout.

Sa participation aux combats des Dardanelles lui permet également de rencontrer des membres des Zion's Corps, des juifs de Palestine incorporés aux troupes britanniques pour combattre au côté des alliés. Il fait ainsi la connaissance de Joseph Trumpeldor, responsable des Zion's Corps, et de Meïr Dizengoff, le fondateur de la ville de Tel Aviv. Ces rencontres le rendent sensible à la cause sioniste.

Le retour après la guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre il demande à quitter l'Algérie. Le , le Consistoire Israélite de la Moselle le nomme Rabbin de la circonscription de Thionville. Dans les mémoires des habitants de Thionville, le rabbin Henri Levy, reste un homme d'une grande érudition, un grand patriote doué d'une éloquence exceptionnelle et d'une grande ouverture d'esprit.

Resté célibataire jusqu'à 40 ans, il épouse en 1923 la veuve Strauss, dont ils élèveront ensemble les quatre filles.

Engagé volontaire pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de la Seconde Guerre mondiale, dès le printemps 1936, alors que la Rhénanie est occupée par Hitler, Henry Lévy adresse au ministre de la Guerre sa volonté d'engagement en cas de nouvelles hostilités.

En , il est nommé aumônier militaire sur le front, à Forbach. Avant de rejoindre son poste, il met en sécurité, au Consistoire de Metz, les objets du culte des communautés évacuées.

Le , Henri Lévy, avec véhicule et chauffeur, organise une tournée auprès des soldats en ligne. En raison du mauvais état des chemins, la voiture change souvent de direction, jusqu'à se rapprocher des lignes allemandes. Une patrouille militaire l'arrête. Lors de son interrogatoire, à la question posée : « Aviez-vous l'intention de passer à l'ennemi ? », Henri Lévy ne peut s'empêcher de répondre en riant : « Comment moi, juif et rabbin, je pourrais passer chez Hitler ? » L'État-Major transforme cependant en fait grave ce qui n'aurait dû rester qu'une étourderie. Le Rabbin est rayé « du contrôle des aumôniers militaires par mesure disciplinaire » pour « tentative de rapports avec l'ennemi » et « abandon d'un véhicule militaire ». Ardent patriote, Henri Lévy conservera douloureusement les stigmates de cette malencontreuse affaire.

La déportation[modifier | modifier le code]

Henri Levy s'installe ensuite à Saumur en Maine-et-Loire, où sa femme décède peu après. Là, il organise les offices du shabbat, vendredi soir et samedi, et met en place des cours d'instruction religieuse.

Pour les autorités de Vichy, un rabbin ne doit s'occuper que du culte. Or, la plupart des rabbins en poste entreprennent des actions sociales. Dans la France occupée, les rabbins représentent une force morale insufflant aux exclus le courage de résister et les Allemands ont conscience de leur influence. Avec la complicité de la police de Vichy, les Allemands organisent l'arrestation massive des rabbins et des autorités religieuses juives pour désorganiser les services et perturber le fonctionnement des communautés. Le Rabbin Lévy est ainsi l'un des premiers Rabbins à être déporté.

Le jour de la rafle du Vel' d'Hiv', le , il est arrêté à son domicile avec trois de ses belles-filles : Marthe, Berthe et Félicie. Ils sont ensuite déportés à Auschwitz par le Convoi n° 8 du 20 juillet 1942. Seule Félicie en reviendra.

Inauguration de la Place Rabbin-Henri-Levy à Thionville[modifier | modifier le code]

En 2009, la Place Rabbin-Henri-Levy est inaugurée à Thionville[1].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Lévy, Hommes de dieu dans la tourmente : l'histoire des rabbins déportés, Paris, Safed, coll. « Annales de la mémoire », , 472 p. (ISBN 978-2-914-58549-1, OCLC 493224648)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]