Alain Michel (historien)

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Alain Michel
Description de cette image, également commentée ci-après
Conférence en 2012 à Jérusalem.
Naissance (63 ans)
Nancy (Lorraine)
Nationalité Drapeau : France Française
Diplôme
Profession

Alain Michel est un historien français né le à Nancy[1], qui vit en Israël depuis 1985. Il est également rabbin du mouvement Conservative (Massorti) et dirige la maison d'édition Elkana, qu'il a créée en 2003. Il est spécialiste de l'histoire de la Shoah en France et a travaillé de nombreuses années à l'institut Yad Vashem.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Alain Michel est né à Nancy d'une famille juive alsaco-lorraine. Son père, Paul, représentant de commerce, est issu d'une famille de bouchers juifs traditionnels. Sa mère, Yvonne Lévy, a grandi à Biesheim, un village au bord du Rhin près de Colmar. Il est le cadet de trois enfants. Sa sœur, Claudine, est musicienne et spécialiste de yoga. Son frère, Gérard, est un avocat qui a exercé près de 40 ans au barreau de Nancy.

Alain Michel fait ses études au Lycée Henri-Poincaré, où il obtient le baccalauréat en 1972. Après s'être inscrit à la faculté de sciences (année où il a essentiellement milité à l'extrême gauche, dans le cadre des grèves contre la loi Debré), il entame des études d'architecture qu'il interrompt au bout de deux ans et demi pour étudier l'Histoire.

Parallèlement Alain Michel pratique le scoutisme au sein des Éclaireuses éclaireurs israélites de France (EEIF). De 1973 à 1976, il a dirigé le groupe local nancéien de ce mouvement. Il entre au Conseil d'administration de cette association en décembre 1975. Pendant l'année 1975-1976, il est également l'animateur culturel du Centre communautaire André Spire de la communauté juive.

Historien[modifier | modifier le code]

En août 1976, Alain Michel s'installe à Paris où il a été appelé à travailler au centre national des EEIF. Pendant quatre années il est responsable de la Branche perspective (15 à 17 ans), et s'implique également dans les publications, la formation et les relations avec le scoutisme français. Après avoir quitté son poste de permanent, il est membre de l'équipe nationale du mouvement jusqu'en 1985.

En octobre 1976, il entame à Paris-1 Panthéon-Sorbonne des études d'histoire[1]. Après avoir atteint la licence 9 en quatre ans — car il travaille à plein-temps en parallèle —, il s'inscrit en 1980 dans le Centre de recherches d'histoire des mouvements sociaux et du syndicalisme dont le directeur est le professeur Antoine Prost, qui a une forte influence sur sa formation d'historien et sa conception du métier.

En septembre 1982, Alain Michel soutient une maîtrise sur Les Éclaireurs israélites de France pendant la Seconde Guerre mondiale, qui paraît en livre en 1984. Pour son travail, il s'appuie sur des archives des EEIF qui n'ont jamais été exploitées jusqu'alors. Il réalise également un certain nombre d'entretiens, utilisant les techniques d'histoire orale.

Il soutient sa maîtrise d'histoire sur Les Éclaireurs israélites de France pendant la guerre, devant le professeur Antoine Prost en octobre 1982

En 1985, il s'installe en Israël avec sa famille[1]. Il devient directeur des activités du Centre Yaïr, à Jérusalem, dirigé par Manitou[1]. Responsable du bureau francophone de l'École internationale pour l'enseignement de la Shoah à Yad Vashem, il dirige, en décembre 1987, le premier séminaire destiné à des enseignants francophones[1].

En décembre 1993, il soutient sa thèse d'histoire sur les EEIF, à la Sorbonne (Paris)[1], devant les professeurs André Kaspi, Antoine Prost et Gérard Cholvy.

Entre 1990 et 1994, Alain Michel fait des études de rabbinat à l’Institut Shechter à Jérusalem[1].

Vichy et la Shoah[modifier | modifier le code]

En 2012 il publie un livre sur le régime de Vichy : Vichy et la Shoah[2]. Il renoue avec les thèses de Léon Poliakov et Raul Hilberg, mises à mal par Robert Paxton qui condamne sans nuance le régime de Vichy. Alain Michel montre qu'en dépit de l'antisémitisme de Pétain et de ses lois sur le statut des Juifs, la politique de Laval face à l'occupant nazi a permis à près de 90%[3] des juifs ayant la nationalité française d'échapper à la déportation[4],[5].

Cette thèse donne lieu à une vive polémique en France lors de la parution du Suicide français d'Éric Zemmour en 2014[6]. Il est alors critiqué par Robert Paxton qui prétend qu'« Alain Michel n'est pas un historien sérieux : on ne peut pas écrire ce qu'il a écrit si on a lu les textes de Vichy et les ouvrages récents sur l'application de ces textes[7] », ce à quoi Alain Michel répond qu'un « historien sérieux n'est pas là pour distribuer les bonnes et mauvaises notes aux autres chercheurs », et que Robert Paxton a lui-même fait « une série d'erreurs stupéfiantes » dans son interview donnée à Rue89[6],[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les Éclaireurs israélites de France pendant la Seconde Guerre mondiale : Action et évolution, Édition des E.I.F. Paris, 1984 (ISBN 978-2950038005).
  • L’Étoile et la francisque – Les institutions juives sous Vichy, avec Maurice Moch et Claire Darmon. Le Cerf, 1990 [recension sur persee.fr (page consultée le 6 novembre 2012)] (ISBN 978-2204041386).
  • Racines d'Israël - 1948, plongée dans 3000 ans d'histoire, Éditions Autrement, 1998 ; réédition 2003 (ISBN 978-2746703605).
  • Bobrek, un sous-camp d’Auschwitz, Yad Vashem, 2010.
  • Vichy et la Shoah – Enquête sur le paradoxe français, CLD éditions, 2012 (ISBN 978-2854435498).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Jacky Tronel, « « Vichy et la Shoah – Enquête sur le paradoxe français » de l’historien Alain Michel », sur prisons-cherche-midi-mauzac.com, (consulté le 29 mars 2012).
  2. Alain Michel, Vichy et la Shoah : enquête sur le paradoxe français, préface de Richard Prasquier, éd. Elkana, 2e édition révisée et augmentée, 2015.
  3. Longue interview sur dreuz.info, 2 juillet 2016.
  4. Vichy face à la Solution finale sur herodote.net, 19 mars 2012.
  5. Vichy, les juifs et la Shoah, sur afhrc.org, 15/05/2012.
  6. a et b Interview par Thomas Liabot, « Le livre de Zemmour ne me concerne pas... mais il respecte globalement l'approche qui est faite dans mon livre », sur lejdd.fr, Le Journal du dimanche, (consulté le 14 octobre 2014).
  7. Pascal Riché, « Robert Paxton : « L’argument de Zemmour sur Vichy est vide », sur rue89.nouvelobs.com, Rue89 (consulté le 11 octobre 2014).
  8. Voir d'autres commentaires d'Alain Michel sur ses blogs : Vichy et la Shoah sur lemonde.fr et, plus récent : aux éditions Elkana.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]