Médecin

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Médecin (homonymie).
Médecin
Andrea e nino pisano, medicina, 1343-48, dal lato sud del campanile 01.JPG

Visite chez le médecin dans le passé.

Appellation
Docteur en médecine
Secteur d'activité
Niveau de formation
Bac +9 à bac + 13 selon la spécialité
Universitaire
Sur Concours
Perspectives professionnelles
Professions voisines
Codes
CITP
ROME (France)

Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en médecine. Il soigne les maladies, pathologies et blessures. Il travaille généralement au sein d'une équipe de professionnels de la santé comme le psychologue, le pharmacien, l'infirmière ou le chirurgien-dentiste.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Du latin medicus (« médecin » ou « apte à guérir » ; « qui soigne, guérit »).

Le terme toubib désigne un médecin dans le registre populaire et familier ; il provient de l'argot militaire et est issu de l'arabe طبيب tabīb, « médecin »[1].

Formation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Études de médecine.

La formation des médecins varie considérablement à travers le monde. Elle est en général universitaire. Dans la majorité des pays développés, un concours est utilisé pour sélectionner les candidats, soit au début de la formation, soit après quelques années de celle-ci. Après l'obtention du diplôme de docteur en médecine, les nouveaux médecins sont en général soumis à une période de pratique supervisée.

Femmes médecins[modifier | modifier le code]

Voir la catégorie : Femme médecin.

Après Hippocrate que l'on considère comme le premier médecin, la première femme médecin est Nadejda Souslova une Russe qui a passé sa thèse à Zurich en Suisse. Mais comme en Suisse, de par la loi, un médecin était obligatoirement un homme, elle dut quitter la Suisse pour exercer ailleurs.

L'entrée des femmes dans la médecine a lieu au XIXe siècle. En France, la loi du 19 ventôse de l'an XI (1803) n'interdit pas l'exercice de la médecine par les femmes. Cependant, la Convention puis Napoléon manifestèrent sur la liberté de choix de la femme une certaine hostilité, quand Sieyès et Condorcet la défendirent. Au cours du siècle, un enseignement secondaire féminin est créé afin de se soustraire à l'influence du clergé, mais il reste compliqué de se présenter à l'université et encore plus ensuite de travailler dans un hôpital. Madeleine Brès obtient ainsi un baccalauréat et se présente à l'université en 1866 mais elle ne peut aller dans un hôpital. Alertés par le doyen Wurtz, Victor Duruy et l'impératrice Eugénie la soutiennent et elle passe sa thèse en 1870, la même année qu'une Anglaise, Miss Garett. Lors de la guerre franco-prussienne de 1870, des femmes médecins servent comme internes lors du siège de Paris, notamment à l'hôpital Broca. Après la fin du conflit, il leur est autorisé de se présenter au concours de l'externat mais on leur refuse celui de l'internat. Cela donne lieu à de vifs débats, des pétitions d'internes, de directeurs d'hôpitaux et d'hommes politiques considérant l'inaptitude physique et morale des femmes et s'opposant à des personnalités comme Paul Bert qui les défendent. Ce dernier note qu'en 1884, l'Assistance publique émet un avis favorable pour l'accès aux femmes au concours d'interne, mais chose refusée par les Société des hôpitaux. Le 31 juillet 1885, il profite du fait qu'une Anglaise avec un brillant parcours, Blanche Edwards, ne peut se présenter au concours car ayant à 28 ans dépassé la limite d'âge, et lève toutes les interdictions. Sous les huées, elle passe néanmoins l'internat en 1886, après la première femme interne des hôpitaux de Paris, Augusta Klumpke, dans les mêmes circonstances. Cette dernière devint présidente de la Société de neurologie mais fut interdite de se rendre en salle de garde[2].

En Suisse et en Russie, les femmes peuvent étudier la médecine à l'université depuis la seconde moitié du siècle et celles qui participent à la guerre russo-turque sont célébrées. En Grande-Bretagne, malgré la notoriété de l'infirmière Florence Nightingale, les femmes doivent venir passer leurs diplômes en France ou en Suisse ; de retour dans leur pays, il leur est impossible d'exercer donc elles passent par des voies détournées, par l'Apothicary Society de Londres, comme Sophie Blake, première femme médecin diplômée en pharmacie, qui ouvre une clinique privée et occupe pendant vingt ans le poste de doyen de l'École féminine de Londres. De la même façon qu'en France, lorsque les femmes purent accéder en Angleterre plus facilement à l'université, cela devient compliqué à l'hôpital où elles sont maltraitées et insultées. Après plusieurs procès, le Parlement britannique accepte finalement de les laisser exercer en 1875 : on compte 23 femmes médecins en 1876, 100 en 1882 et 212 en 1901. En Allemagne, malgré un ostracisme similaire, l'évolution suit et on compte 400 étudiantes en médecine en 1899. Dans les autres pays d'Europe, la situation est plus contrastée : en Belgique, aux Pays-Bas et en Finlande, les femmes médecins ont souvent fait leurs études en Suisse et pratiquent à l'étranger. En 1889, Nielsine Nielsen devient la première femme médecin au Danemark[3]. En Bosnie, des femmes médecins (comme Mme Krajewska) existent car les hommes médecins ne peuvent toucher des femmes musulmanes malades. En Grèce, quelques femmes médecins militaires sont célébrées, comme à Épire et Thessalonique. En Autriche-Hongrie, les femmes ne peuvent pas entrer à l'université et on ne compte presque pas de femmes médecin en Italie et en Espagne[2].

Depuis le début des années 1980, la féminisation de cette profession ne cesse d'augmenter.

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Études de médecine en France.

Les études médicales sont ouvertes à tous les bacheliers. Mais l'accès en 2e année des études de médecine est soumis à un concours sélectifs en fin de première année : de 12 à 29 % de réussite selon les universités, primants et doublants confondus[4].

Afin de correspondre au système « Licence, Master, Doctorat », le système de formation a été refondée en 2010. Le premier cycle des études médicales inclut la PACES (première année commune aux études de Santé) qui est une année commune aux étudiants en médecine, odontologie, pharmacie, maïeutique, kinésithérapie et ergothérapie. À la suite de cette PACES, les étudiants passent un concours sélectif à la fin duquel ils peuvent accéder, s'ils sont admis, en deuxième et troisième année de formation générale en sciences médicales (à savoir la DFGSM2 et la DFGSM3). Le deuxième cycle des études médicales (DFASM1, DFASM2, DFASM3) ouvre la voie à l'externat et à la pratique médicale proprement dite, et aboutit à l'Examen classant national (ECN) en fin de sixième année de médecine (DFASM3) permettant d'accéder au troisième cycle des études médicales.

Le troisième cycle des études médicales (TCEM) est obligatoire et s'ouvre à l'issue des ECN et peut durer de trois à cinq ans en fonction de la discipline choisie — parmi lesquelles on retrouve les spécialités de médecine générale (trois ans), médicales (quatre à cinq ans), chirurgicales, d'anesthésie-réanimation, de gynécologie, etc. — et constitue l'internat. Durant cette phase, la thèse du diplôme d'État de docteur en médecine est soutenue et donne le titre de docteur, permettant l'exercice de la médecine. Pour certaines spécialités et notamment la chirurgie, une formation complémentaire est nécessaire après le TCEM et cette phase dure entre un et quatre ans. Il peut s'agir d'un clinicat universitaire ou d'un assistanat de spécialité. Ceci correspond donc pour la chirurgie à une formation totale de 11 à 15 ans.

Canada[modifier | modifier le code]

Pour obtenir le titre de médecin au Canada, l'obtention d'un doctorat en médecine (M.D.) d'une université reconnue est nécessaire. Ce programme a une durée de 4 à 5 ans. Par la suite, le médecin doit compléter une résidence dans une spécialité médicale comme la médecine de famille, la médecine interne, la pédiatrie ou la médecine d'urgence, par exemple. Ces programmes de formation post-doctoraux ont généralement une durée de 2 à 5 ans, mais il existe certains programmes de résidences qui ont une durée de 6 à 8 ans. Durant sa résidence, le médecin est rémunéré selon la grille salariale de la Fédération des médecins résidents du Québec (FMRQ).

Réglementation[modifier | modifier le code]

Dans la majorité des pays, les médecins doivent avoir la permission du gouvernement pour pratiquer la médecine. Ils doivent aussi parfois être membres d'un ordre professionnel. Dans certains pays, c'est cet ordre professionnel qui autorise les médecins à pratiquer alors que le gouvernement ne fait que reconnaître l'autorité de l'ordre en la matière.

Québec[modifier | modifier le code]

Pour pouvoir exercer légalement au Québec, un diplômé en médecine doit être inscrit au tableau des membres du Collège des médecins du Québec (CMQ), ce qui implique que le médecin doit avoir complété un doctorat en médecine (M.D.) d'une université reconnue et un programme de résidence médicale dans une des nombreuses spécialités médicales comme la médecine de famille, la médecine interne ou la pédiatrie[5][réf. insuffisante].

Au Québec, les médecins spécialistes en médecine de famille sont certifiés par le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC). Les autres médecins détenant une formation dans un autre domaine médical reconnu comme étant une spécialité médicale par le Collège des médecins du Québec sont certifiés par le Collège royal des médecins et chirurgiens du Canada.

Exercice[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Médecin (France).

En France le médecin est un professionnel de santé habilité à exercer la médecine après obtention d'un diplôme d'État de docteur en médecine. Il peut exercer à l’hôpital, avoir une activité libérale ou travailler dans d'autres structures : industrie pharmaceutique, administration, médias… Les médecins sont soumis au code de déontologie médicale, qui fait partie du Code de la santé publique.

Le revenu annuel moyen net d'un médecin français varie en fonction du mode d'exercice et de l'activité. En activité libérale, il est en 2009 de 70 770 € (soit 5 898 € par mois) pour un médecin généraliste, et de 111 523 € (soit 9 294 € par mois) pour un médecin spécialiste[6].

Exercice hospitalier[modifier | modifier le code]

Plusieurs types de médecins peuvent travailler à l’hôpital (en dehors des internes, en Europe, et des résidents au Canada) et ont des statuts différents. Les internes (étudiants en 3e cycle, après la sixième année, en Europe) et les résidents (médecins en formation, ayant obtenu leur doctorat après quatre ou cinq ans d'université, au Canada) ont le droit de prescrire et d'entreprendre des actes thérapeutiques ou diagnostiques (cf. Études de médecine).

Exercice libéral[modifier | modifier le code]

Les médecins libéraux exercent au sein d'un cabinet médical où ils travaillent seuls ou avec quelques confrères.

Médecine du travail[modifier | modifier le code]

Dans certains pays, seuls les salariés des grandes entreprises, ou les salariés soumis à des dangers relèvent de la médecine du travail. Ailleurs, comme en France, tous les salariés sont concernés par la médecine du travail.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.cnrtl.fr/definition/toubib
  2. a et b Ouvrage sous la direction de Madeleine Ambrière, Dictionnaire du XIXe siècle européen, Presses universitaires de France, 1997, article « Femmes médecin », page 427.
  3. Jean Ruhlmann, Histoire de l'Europe au XXe siècle, tome I « 1900-1918 », éditions Complexe, 1994, pages 194-197.
  4. (fr) « Classement des PACES : où réussit-on le mieux le concours de médecine ? » (consulté le 16 septembre 2016)
  5. « Collège des médecins du Québec », sur www.cmq.org
  6. Ketty Attal-Toubert, Hélène Fréchou et François Guillaumat-Tailliet, « Le revenu global d’activité des médecins ayant une activité libérale » [PDF], sur www.insee.fr,‎ (consulté le 5 novembre 2012)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Evelyne Samama, Les médecins dans le monde grec, Librairie Droz, , 612 p. (lire en ligne)
  • Josette Dall'ava-Santucci, Des sorcières aux mandarines. Histoire des femmes médecins, Calmann-Lévy, , 272 p. (lire en ligne)
  • Stanis Perez, Histoire des médecins. Artisans et artistes de la santé de l'Antiquité à nos jours, Perrin, , 487 p. (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]