Mémorial de Yad Vashem

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Yad Vashem
(he) יד ושם
Yad Vashem Logo.svg
Israel-2013(2)-Aerial-Jerusalem-Yad Vashem 01.jpg

Vue aérienne du mémorial, en 2013.

Informations générales
Ouverture
1957 (premier musée)
Surface
18 ha
Site web
Collections
Nombre d'objets
Documents, effets personnels et œuvres de déportés, etc.
Localisation
Pays
Commune
Coordonnées

Le mémorial de Yad Vashem (יד ושם) est un mémorial israélien situé à Jérusalem, construit en mémoire des victimes juives de la Shoah perpétrée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Parlement israélien, la Knesset, a décidé sa construction en 1953 en votant la loi du mémorial.

« Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs une place (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés », Isaïe 56, 5.

Le mémorial se trouve dans la forêt de Jérusalem, sur le versant ouest du mont Herzl (mont du Souvenir) à 804 mètres d'altitude.

Organisation du mémorial[modifier | modifier le code]

Salle de la mémoire.

Ce mémorial couvre tout le sommet d'une colline à l'ouest de Jérusalem, un peu à l'écart de la ville. On y accède par un portail monumental rappelant ceux qui se trouvaient à l'entrée des camps. Il consiste en plusieurs bâtiments et jardins extérieurs :

  • une salle de la mémoire ;
  • un musée historique ;
  • une galerie d'art ;
  • des archives ;
  • la « Vallée des communautés détruites » ;
  • le Hall des noms ;
  • le mémorial des enfants ;
  • et un centre éducatif. L'École internationale d'études de la Shoah[1] a intégré un bâtiment neuf comportant dix-sept salles de classe, un centre multimédia, un espace d'exposition. Lors des sixièmes rencontres internationales d'études de la Shoah, plus de sept-cents éducateurs de cinquante-deux pays se sont rassemblés pour confronter leurs expériences lors d'ateliers et rencontres avec des survivants, dont Batsheva Dagan, survivante de Ravensbrück et d'Auschwitz[2].

Le bâtiment des Justes[modifier | modifier le code]

Intérieur du nouveau bâtiment triangulaire inauguré en 2005.

En , un nouveau bâtiment a été inauguré en présence de plusieurs chefs d'États et de gouvernements.

Des personnes qui ne sont pas de confession juive sont également honorées à Yad Vashem : les « Justes parmi les nations ». Ils ont sauvé des Juifs pendant la guerre, souvent au risque de leur vie. Tout un village français, Le Chambon-sur-Lignon, est honoré par un jardin et une stèle. Ses habitants avaient fait de leur village un refuge pour les Juifs fuyant les Nazis[3].

Yad Vashem a longtemps condamné publiquement l'attitude du pape Pie XII pendant la Shoah, qui ne condamna pas explicitement les pratiques du IIIe Reich mais aida au sauvetage de Juifs[4],[5]. En 2012, cette condamnation a été nuancée[6],[7],[8].

En outre, le Service autrichien de la Mémoire soutient le Mémorial de Yad Vashem en y envoyant ses collaborateurs.

Environ vingt-mille personnes, vivantes ou décédées, sont honorées comme « Juste parmi les nations ».

Des archives corrigibles[modifier | modifier le code]

Il arrive que le Yad Vashem permette d'apprendre que des Juifs qu'on croyait avoir été tués pendant la guerre avaient en réalité survécu. Deux familles juives de Varsovie, celle de Nisan Band et celle de sa sœur Jenta, épouse Bor(e)nstein, passèrent toutes deux les années de guerre en Union soviétique. Après la libération, chacune des deux familles pensait que l'autre avait été tuée par les nazis. Nisan Band resta en Union soviétique jusqu'à sa mort en 1983, persuadé qu'à part lui, sa femme et ses enfants, toute sa famille avait été exterminée. En 1948, Jenta Band et son époux Symcha Bor(e)nstein émigrèrent en Israël avec leurs enfants. Symcha Bor(e)nstein témoigna au Yad Vashem que son beau-frère Nisan Band était à mettre au nombre des victimes de la Shoah. Les enfants de Nisan Band, eux, émigrèrent en Israël dans les années 1990. En 2016, ils eurent la surprise de constater que leur père, mort en 1983, était porté victime de la Shoah au Yad Vashem. Il s'enquirent de l'identité du déclarant et c'est ainsi que chaque famille sut que l'autre n'avait pas été tuée. Henia Moskowitz, fille des époux Borenstein, a déclaré : « J'ai grandi dans la croyance que toute notre parentèle avait été assassinée en Pologne. Mes parents ne parlaient jamais de la Shoah ni de leurs vies passées[9],[10],[11]. »

Autour de Yad Vashem[modifier | modifier le code]

Au cours de sa visite d'État en Israël en 2013, le Premier ministre des Pays-Bas Mark Rutte est venu se reccueillir au mémorial. Son ministre des Affaires étrangères Bert Koenders y passera également en 2015.

Yad Vashem avait choisi, pour clore son circuit sur les camps de concentration, le « Kaddish » qui termine Le Dernier des Justes d'André Schwarz-Bart (« Et loué. Auschwitz. Soit. Majdanek. L’Eternel. Treblinka. Et loué. Buchenwald. Soit. Mauthausen. L’Eternel. Belzec. Et loué. Sobibor. Soit. Chelmno. L’Eternel. Ponary. Et loué. Theresienstadt. Soit. Varsovie. L’Eternel. Vilno. Et loué. Skaryzko. Soit. Bergen-Belsen. L’Eternel. Janow. Et loué. Dora. Soit. Neuengamme. L’Eternel. Pustkow. Et loué… »). Ce « Kaddish » est aujourd'hui inscrit en lettres géantes sur un mur du nouveau musée inauguré en 2005[12].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The International School for Holocaust Studies
  2. Batsheva Dagan sur Jewishtraces.org.
  3. Pour une description de la vie au Chambon-sur-Lignon durant la Deuxième Guerre mondiale : L'Auberge des musiciens, de Léon Poliakov (repris dans ses Mémoires).
  4. Article du Boston College Center for Christian-Jewish Learning au sujet de Pie XII et le Yad Vashem. Article du Tiraspol Times présentant le rôle du futur pape Jean XXIII en faveur des Juifs de Transnistrie.
  5. « « Yad Vashem » promet de changer la légende sous une photo de Pie XII - Les news - Catholique.org », sur news.catholique.org, (consulté le 16 février 2017)
  6. Christian Laporte, « Yad Vashem nuance, enfin, le rôle de Pie XII », La Libre,‎ (lire en ligne)
  7. « Pie XII change de place à Yad Vashem », sur www.lavie.fr, (consulté le 16 février 2017)
  8. « Yad Vashem redore le blason de Pie XII - chiourim », sur www.chiourim.com (consulté le 16 février 2017)
  9. Aryeh Savir, « Family separated by Holocaust reunites in Jerusalem », World Israel News, 13 décembre 2016, en ligne.
  10. Tamara Zieve, « Second-generation Holocaust survivors discover living relatives », The Jerusalem Post, 13 décembre 2016, en ligne.
  11. « First cousins who thought entire family died in Holocaust united in Israel », JTA (Jewish Telegraphic Agency), « First cousins who thought entire family died in Holocaust united in Israel », 13 décembre 2016.
  12. Francine Kaufmann, André Schwarz-Bart, le Juif de nulle part, L’Arche, no 583, décembre 2006, p. 84-89, disponible sur [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]