Nourrice

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La Nourrice, Josse-François-Joseph Leriche, d'après Louis Boizot, 1775.

Une assistante maternelle (terme professionnel officiel en France depuis 1977), également appelée nourrice ou nounou, est une personne qui s'occupe contre rémunération d'un ou plusieurs jeunes enfants qui ne sont pas les siens sur une durée limitée dans le temps. Depuis 1990 et par dérogation, l'assistante maternelle peut également accueillir des enfants en dehors de son domicile dans une maison d'assistant maternel (source ufnafaam.org)

Historiquement, les nourrices allaitaient les enfants qui leur étaient confiés, d'où leur nom.

Lorsque la garde est de courte durée et ponctuelle (quelques heures par jour, notamment en soirée), on emploie en France le terme anglophone baby-sitter et au Québec le terme gardienne. Cette tâche est souvent effectuée par des non-professionnels, plus particulièrement des étudiants.

Historique[modifier | modifier le code]

Issu du latin, nutrix, nutricis, le mot nourrice désigne la femme ou la mère qui allaite l’enfant.

L'existence des nourrices est attestée depuis l'Antiquité. L’image de la nourrice était déjà très présente avec les mythes grecs et romains. Ainsi, Thémis, une titanide, avait déjà le rôle de nourrice auprès d’Apollon dont sa mère ne pouvait pas s’occuper. De plus, les fondateurs de Rome, Remus et Romulus ont été allaités par une louve. Dès l’Antiquité, on assiste aux prémices de cette profession. En effet, à la naissance de l’enfant, la mère était entourée d’une sage-femme et d’assistantes. Celles-ci donnaient les premiers soins à l’enfant. Par la suite, le nourrisson était gardé par une esclave qui était spécialisée dans le domaine de la petite enfance.

Louis XIV et la Dame Longuet de La Giraudière, Henri et Charles Beaubrun, vers 1640.

Il était courant de faire appel à une nourrice, si la mère ne pouvait pas, ou ne souhaitait pas allaiter, par exemple en cas de naissances multiples ou de maladie (les morts en couche étant extrêmement fréquentes). Les nourrices étaient soit logées chez leur employeur, soit chez elles, où elles ramenaient l'enfant.

Au Moyen Age, dans la noblesse, confier l'enfant à une nourrice permettait aussi à la mère d'enfanter de nouveau plus tôt et de s'assurer un héritier. Certaines légendes avançaient aussi que l'allaitement maternel était néfaste pour l'enfant. Par ailleurs, l'allaitement pour les aristocrates renvoyait à une animalité mal acceptée, les besoins affectifs du bébé étaient largement ignorés, la proximité mère-enfant étant juste bonne pour les familles du « bas peuple »[1]. Au Moyen-Age, pour les familles nobles, il existait même des berceresses. Leur rôle était de bercer l’enfant. De plus, c’est au Moyen-Age que la bourgeoisie a commencé à apparaître. Par conséquent, il était plus demandé à la mère d’être une femme que d’assurer son rôle maternant. De ce fait, les nourrissons étaient confiés à des femmes issues de milieux populaires ayant pour rôle d’allaiter. Néanmoins, les conditions de garde sont précaires. Si par chance, le bébé a survécu au voyage, sur place, il est logé avec plusieurs autres enfants et dort dans des sacs suspendus ou encore avec la nourrice qui peut l’écraser dans son sommeil.

Les enfants allaités par la même nourrice étaient appelés frères ou sœurs « de lait » (par opposition aux frères ou sœurs « de sang »).

Au XVIIIème siècle, l'allaitement par nourrice était qualifié d'allaitement mercenaire[2]. La mise en nourrice a été une des plus grandes causes de la mortalité infantile. En effet, un bébé sur quatre mourrait avant d’avoir atteint sa première année. Le plus grand facteur étant le manque d’hygiène très répandu à cette époque, ainsi que le manque d’attention pour le nourrisson. Celui-ci n’était considéré comme une personne à part entière tant qu’il n’avait pas acquis la faculté de langage. Cependant, c’est à partir de cette époque que les personnes ont pris conscience que l’alimentation du bébé était à revoir.

À l'époque moderne, les mères qui ne pouvaient pas allaiter leurs bébés les confiaient à une nourrice à domicile pour les familles les plus aisées ou les envoyaient chez des nourrices à la campagne pour les classes sociales moins favorisées. Moins fréquemment elles donnaient aux nourrissons des laits artificiels préparés par elles-mêmes, le plus souvent à base de lait de vache non stérile, ce qui provoquait la mort de nombreux bébés, mortalité également fréquente chez les bébés allaités par les nourrices de campagne qui louaient souvent leurs services à plusieurs familles pour gagner plus d'argent. Le développement du lait infantile à la fin du XIXe siècle a amorcé le déclin de l'emploi de nourrices[3].

Actuellement[modifier | modifier le code]

Aux Etats-Unis[modifier | modifier le code]

Aux Etats-Unis, il n’y a pas forcément d’équivalent au métier de nourrice. Afin de faire garder ses enfants, les parents doivent faire appel à des baby-sitters ou bien placer leurs enfants en « Daycare ». Ces sont des sortes de crèches privées où travaillent des jeunes filles au pair et des baby-sitters.

Au Québec[modifier | modifier le code]

Au Québec, on parle de « gardienne d'enfants »[4] ou, plus officiellement, de « garde en milieu familial » (Service de garde en milieu familial)[5]). Ce service est un service où les enfants sont supervisés par un ou des adultes toute la journée. Ceci peut prendre place dans le foyer de la personne (garderie en milieu familial) ou dans un centre de la petite enfance (CPE), qui est un établissment ou plusieurs groupes de jeunes passent leurs journées. Ces services sont disponibles et utilisés par les enfants trop jeunes pour aller à l'école. Les employés de ces centres et garderies sont appelés éducateurs/trices.

Secteur réglementé dans cette province canadienne par le Ministère de la Famille, ce dernier a établi des bureaux coordonnateurs de la garde en milieu familial qui sont responsables de coordonner, contrôler et soutenir les services de garde éducatifs offerts par les responsables d’un service de garde (RSG) en milieu familial[6].

Au Canada, les nourrices peuvent en recevoir 6 enfants au maximum. Cependant, cette profession n’est pas aussi réglementée qu’en France.

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, on les appelle les accueillantes.

Elles dépendent de l’ONE : l’office de la naissance et de l’enfance. Cet organisme donne l’autorisation d’exercer le métier. Concernant le statut social d’assistant maternelle en Belgique, celui-ci est assez proche des travailleurs salariés.

En France[modifier | modifier le code]

En France, les nourrices ont un statut particulier qui s'appelle assistante maternelle et qui nécessite un agrément et une formation professionnelle obligatoire. Une assistante maternelle accueille chez elle ou en regroupement (maison d'assistantes maternelles) de manière non permanente (11h par jour maximum sauf dérogation), et moyennant rémunération, de un à quatre enfants maximum (quelle que soit la situation professionnelle des parents). C'est en France le mode de garde le plus employé, par choix ou par nécessité mais ce n'est que récemment que cette profession a été organisée dans un cadre statutaire précis. L'association la plus ancienne s'appelle l'UFNAFAAM. Elle a été créée en 1983, par fusion de plusieurs associations.

En France, les assistantes maternelles sont agréées et contrôlées par la Protection maternelle et infantile. L'Assistante maternelle est l'un des cinq modes de garde d'enfant subventionné par l'État (voir PAJE).

Statut professionnel[modifier | modifier le code]

Il est maintenant défini par la loi du 27 juin 2005[7] relative aux assistants maternels et aux assistants familiaux. Auparavant, il était régi par les lois 77-505 du 17 mai 1977 puis 92-642 du 12 juillet 1992.

Concernant les assistantes maternelles directement employées par les parents, une convention collective nationale[8] a été signée le 1er juillet 2004, un an avant la parution de la dernière loi.

Les articles L.421-1 et suivants du code de l'action sociale et de la famille[9] définissent la profession d'« assistant maternel » comme « la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon non permanente des mineurs à son domicile ». Cette personne relève de l'emploi à domicile, même si elle travaille chez elle et non pas chez la famille qui l'emploie. Le même article rend obligatoire l'agrément auprès du conseil général.

En revanche, l'agrément n'est pas obligatoire pour une garde d'enfant au domicile des parents.

Évolution[modifier | modifier le code]

L'intitulé de la loi de 2005 ne rend pas compte d'une réalité : cette profession est essentiellement féminine, c'est celle des "nounous", anciennement "nourrices" ou "gardiennes" (c'est toujours leur nom en Belgique). Elle distingue maintenant nettement 2 professions :

  • les assistants maternels, qui accueillent des enfants confiés par leurs parents à la journée, salariés par eux ou par des organismes privés ou des collectivités territoriales (crèches familiales) ;
  • les assistants familiaux, qui accueillent les enfants qui ne peuvent demeurer dans leur propre famille et qui sont placés soit à la demande des parents, soit par décision judiciaire.

Depuis 2008, les assistants maternels peuvent recevoir à leur domicile un maximum de quatre enfants de manière simultanée.

En 2010, une loi autorise le regroupement de plusieurs assistants maternelles (au maximum quatre) dans un même local et hors du domicile. Ces regroupements se nomment des maisons d’assistants maternelles.

Situation dans l'ensemble des dispositifs[modifier | modifier le code]

La profession d'assistante maternelle s'articule avec les autres pratiques d'Accueil du Jeune Enfant - PAJE.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

http://www.paxaugusta.net/4Viecivile/43puericulture.htm

http://www.persee.fr/doc/antiq_0770-2817_1991_num_60_1_2303

http://www.racontemoilhistoire.com/2015/05/04/etre-mere-au-moyen-age-leducation-vie-mort/

http://lafarandoledesassmat.free.fr/index.php?menu=HistoriqueProfession

https://transtexts.revues.org/497

http://www.one.be/index.php?id=1874

http://www.assistante-maternelle-rillieux.fr/garde-denfant-de-lautre-cote-de-latlantique/