Nourrice

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La Nourrice, Josse-François-Joseph Leriche, d'après Louis Boizot, 1775.

Une assistante maternelle, autrefois[réf. nécessaire] appelée nourrice ou nounou, est une personne qui s'occupe contre rémunération d'un ou plusieurs jeunes enfants qui ne sont pas les siens sur une durée limitée dans le temps.

Historiquement, les nourrices allaitaient les enfants qui leur étaient confiés, d'où leur nom.

Lorsque la garde est de courte durée (quelques heures par jour, notamment en soirée), on emploie le terme anglophone baby-sitter. Cette tâche est souvent effectuée par des non-professionnels, plus particulièrement des étudiant(e)s.

Historique[modifier | modifier le code]

L'existence des nourrices est attestée depuis l'Antiquité.

Louis XIV et la Dame Longuet de La Giraudière, Henri et Charles Beaubrun, vers 1640.

Il était courant de faire appel à une nourrice, si la mère ne pouvait pas, ou ne souhaitait pas allaiter, par exemple en cas de naissances multiples ou de maladie (les morts en couche étant extrêmement fréquentes). Les nourrices étaient soit logées chez leur employeur, soit chez elles, où elles ramenaient l'enfant.

Au Moyen Âge, l'allaitement par nourrice portait le nom d'allaitement mercenaire.[réf. nécessaire]. Dans la noblesse, confier l'enfant à une nourrice permettait aussi à la mère d'enfanter de nouveau plus tôt et de s'assurer un héritier. Certaines légendes avançaient aussi que l'allaitement maternel était néfaste pour l'enfant. Par ailleurs, l'allaitement pour les aristocrates renvoyait à une animalité mal acceptée, les besoins affectifs du bébé étaient largement ignorés, la proximité mère-enfant étant juste bonne pour les familles du « bas peuple »[1].

Les enfants allaités par la même nourrice étaient appelés frères ou sœurs « de lait » (par opposition aux frères ou sœurs « de sang »).

À l'époque moderne, les mères qui ne pouvaient pas allaiter leurs bébés les confiaient à une nourrice à domicile pour les familles les plus aisées ou les envoyaient chez des nourrices à la campagne pour les classes sociales moins favorisées. Moins fréquemment elles donnaient aux nourrissons des laits artificiels préparés par elles-mêmes, le plus souvent à base de lait de vache non stérile, ce qui provoquait la mort de nombreux bébés, mortalité également fréquente chez les bébés allaités par les nourrices de campagne qui louaient souvent leurs services à plusieurs familles pour gagner plus d'argent. Le développement du lait infantile à la fin du XIXe siècle a amorcé le déclin de l'emploi de nourrices[2].

Actuellement[modifier | modifier le code]

Au Québec[modifier | modifier le code]

Au Québec, on parle de « gardienne d'enfants »[3] ou, plus officiellement, de « garde en milieu familial » (Service de garde en milieu familial)[4]).

Secteur réglementé dans cette province canadienne par le Ministère de la Famille, ce dernier a établi des bureaux coordonnateurs de la garde en milieu familial qui sont responsables de coordonner, contrôler et soutenir les services de garde éducatifs offerts par les responsables d’un service de garde (RSG) en milieu familial[5].

En Belgique[modifier | modifier le code]

En Belgique, on les appelle les accueillantes.

En France[modifier | modifier le code]

En France, les nourrices ont un statut particulier qui s'appelle assistante maternelle et qui nécessite un agrément et une formation spécifique. Une assistante maternelle accueille chez elle ou en regroupement (maison d'assistantes maternelles) de manière non permanente, et moyennant rémunération, un ou plusieurs enfants dont les parents travaillent ou sont à la recherche d'un emploi. C'est en France le mode de garde le plus employé, par choix ou par nécessité mais ce n'est que récemment que cette profession a été organisée dans un cadre statutaire précis. L'association la plus ancienne s'appelle l'UFNAFAAM est a été créé par une fusion de plusieurs associations en 1983.

En France, les assistantes maternelles sont agréées et contrôlées par la Protection maternelle et infantile. L'Assistante maternelle est l'un des cinq modes de garde d'enfant subventionné par l'État (voir PAJE).

Statut professionnel[modifier | modifier le code]

Il est maintenant défini par la loi du 27 juin 2005[6] relative aux assistants maternels et aux assistants familiaux. Auparavant, il était régi par les lois 77-505 du 17 mai 1977 puis 92-642 du 12 juillet 1992.

Concernant les assistantes maternelles directement employées par les parents, une convention collective nationale[7] a été signée le 1er juillet 2004, un an avant la parution de la dernière loi, ce qui ne paraît pas logique mais traduit l'impatience des intéressés devant la lenteur, et la faible motivation, des acteurs du processus législatif.

Les articles L.421-1 et suivants du code de l'action sociale et de la famille[8] définissent la profession d'« assistant maternel » comme « la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon non permanente des mineurs à son domicile ». Cette personne relève de l'emploi à domicile, même si elle travaille chez elle et non pas chez la famille qui l'emploie. Le même article rend obligatoire l'agrément auprès du conseil général.

En revanche, l'agrément n'est pas obligatoire pour une garde d'enfant au domicile des parents.

Évolution[modifier | modifier le code]

L'intitulé de la loi de 2005 ne rend pas compte d'une réalité : cette profession est essentiellement féminine, c'est celle des "nounous", anciennement "nourrices" ou "gardiennes" (c'est toujours leur nom en Belgique). Elle distingue maintenant nettement 2 professions :

  • les assistant(e)s maternel(le)s, qui accueillent des enfants confiés par leurs parents à la journée, salarié(e)s par eux ou par des organismes privés ou des collectivités territoriales (crèches familiales) ;
  • les assistant(e)s familiaux (familiales), qui accueillent les enfants qui ne peuvent demeurer dans leur propre famille et qui sont placés soit à la demande des parents, soit par décision judiciaire.

Situation dans l'ensemble des dispositifs[modifier | modifier le code]

La profession d'assistante maternelle s'articule avec les autres pratiques d'Accueil du Jeune Enfant - PAJE.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]