Prisonnier de guerre

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Prisonniers de guerre austro-hongrois en Russie en 1915 (photo de Prokudin-Gorskii)
Une blessée russe ayant combattu au front, faite captive par des troupes allemandes (1915)
Camps de prisonniers de guerre irakiens à la fin de la guerre du golfe de 1991

Un prisonnier de guerre est un combattant qui est emprisonné par une puissance ennemie en temps de guerre ou juste immédiatement après la fin d'un conflit armé.

Qualification comme prisonnier de guerre[modifier | modifier le code]

En principe, pour bénéficier du statut de prisonnier de guerre, le prisonnier doit avoir opéré selon les lois de la guerre, c'est-à-dire qu'il doit dépendre d'une chaîne de commandement, porter un uniforme ou un signe distinctif et montrer ouvertement ses armes. Aussi, les franc-tireurs, les résistants terroristes, pour d'autres, et les espions en sont exclus. En pratique, ces critères ne sont pas toujours strictement appliqués. Par exemple, les membres de guérillas ne portent souvent pas d'uniforme ni ne portent ouvertement d'armes, mais bénéficient parfois du statut de prisonnier de guerre quand ils sont capturés. Cependant, les guérilleros ou les autres combattants peuvent ne pas bénéficier de ce statut s'ils tentent d'utiliser à la fois les statuts militaire et civil. Aussi est-il important de porter un uniforme (ou au moins un badge dans le cas des guérillas) en temps de guerre.

Prisonniers depuis la Convention de Genève (1929)[modifier | modifier le code]

Liste des nations ayant le plus grand nombre de prisonniers de guerre dans les guerres ayant eu lieu depuis la prise d'effet de la première Convention de Genève en 1929. L'URSS n'avait pas signé la Convention de GenèveClark.

Pays prisonniers de guerre Nom du conflit
Allemagne 10 000 000 environ Seconde Guerre mondiale
URSS 5 700 000 Seconde Guerre mondiale (total)
France 1 900 000 Bataille de France en 1939-45
Pologne 675 000 (420 000 par l'Allemagne, 240 000 par l'URSS en 1939, 15 000 à Varsovie en 1944) Seconde Guerre mondiale
États-Unis ~130 000 Seconde Guerre mondiale
Royaume-Uni 172 592 Seconde Guerre mondiale
Irak 175 000 Guerre du Koweït (1990-1991)
Pakistan 93 000 Guerre indo-pakistanaise de 1971
Belgique[1] 60 000 Bataille de la Lys en 1940

* Il n'existe actuellement pas d'estimation fiable ou neutre.

Traitement des prisonniers de guerre[modifier | modifier le code]

Prisonniers de guerre de l'Ostheer regroupés à Moscou le 15 juin 1944. La destination de certains d'entre eux sera le (de)camp de prisonniers 126 Nikolaïev à Chadrinsk en Sibérie occidentale.

Le traitement des prisonniers de guerre peut dépendre des ressources, des considérations sociales et des politiques des gouvernements et des militaires en question.

Des traités internationaux imposent de traiter de manière humaine les prisonniers de guerre. Ils s'appliquent dès la capture des prisonniers jusqu'à leur libération ou leur rapatriement. Une des dispositions principales de ces conventions interdit la torture des prisonniers et stipule qu'on ne peut demander à un prisonnier que son nom, sa date de naissance, ses grades et numéro d'identité militaire.

L'article 4 de la troisième Convention de Genève protège les militaires capturés, certains guérilléros et miliciens ainsi que certains civils. Le statut des prisonniers ne couvre pas les non-combattants non-armés qui sont capturés en temps de guerre. Ces derniers sont protégés par la quatrième Convention de Genève.

Selon les guerres[modifier | modifier le code]

Emplacement des principaux camps d'officiers et de soldats en Allemagne.

Prisonniers lors de la Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le nombre de prisonniers de la guerre 14-18 était élevé. Un peu plus de 6,6 millions de soldats ont été faits prisonniers lors du conflit dont 2 250 000 par l'Allemagne. Peu à peu l'on redécouvre ce qu'ont été ces camps où la dénutrition, les punitions et le harcèlement moral ont été les piliers et dont le nombre s'élevait à environ trois cents. Le retour de la plupart des prisonniers en 1919 s'est fait dans de telles conditions (beaucoup de prisonniers sont revenus par leurs propres moyens) et la société s'est si peu préoccupée d'eux qu'ils sont peu à peu tombés dans l'oubli.

Prisonniers lors de la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Autres guerres[modifier | modifier le code]

Le prisonnier
Henry Farny (1847-1916). Ce tableau représente un captif au mains d'une tribu de Nord-Amérindiens.
Prisonniers de guerre argentins le 17 juin 1982 lors de la guerre des Malouines.

La proportion de pertes durant la guerre de Corée chez les prisonniers de guerre sud-coréens et des Nations-Unies dans les camps nord-coréens et chinois atteint selon certaines études aux alentours de 43 %. Le caractère idéologique du conflit n’explique pas à lui seul cette extrême surmortalité, davantage conséquence des mauvaises conditions d’hygiène et de nutrition que des actions directes des geôliers, du moins après la première année de guerre[2].

Durant la guerre d'Indochine et la guerre du Viêt Nam, les soldats français et américains capturés par la République démocratique du Viêt Nam étaient souvent battus et torturés en violation de leur statut de prisonniers de guerre.

Après la chute du régime de Saddam Hussein, les forces américaines furent mal perçues du fait des preuves d'abus contre les prisonniers durant la guerre d'Irak. Les États-Unis utilisèrent le terme de prisonniers de guerre ennemis (EPW) pour les forces hostiles de la guérilla Irakienne ne formant pas une armée régulière, réservant le terme de prisonniers de guerre pour leurs propres troupes ou leurs alliés.

Liste de prisonniers célèbres[modifier | modifier le code]

Voici une liste de prisonniers qui ont connu une certaine célébrité du fait de cette expérience :

Documentaires sur les prisonniers[modifier | modifier le code]

  • Les histoires de plusieurs pilotes américains abattus au-dessus du Viêt Nam du Nord sont le sujet du documentaire Return with Honor de l'American Film Foundation en 1999, présenté par Tom Hanks.
  • Les oubliés de 39-45, documentaire de 72 minutes sur les prisonniers français en Allemagne, réalisation René Caron, production Artefilm France3 ouest

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Témoignages de prisonniers[modifier | modifier le code]

  • Roger Devaux : Treize Qu'ils Etaient - La vie des prisonniers de guerre Français chez les paysans de Basse Baviere (1939-1945), Mémoires et Cultures - 2007 - ISBN 2-916062-51-3
  • Charles Gueugnier, Les carnets de captivité de Charles Gueugnier, présentés par Nicole Dabernat-Poitevin, Accod édition, 1998.
  • Robert d'Harcourt, Souvenirs de captivité et d'évasions 1915-1918, Payot, Paris, 1935.
  • Charles Hennebois, Aux mains de l'Allemagne, Plon, Paris, 1916.
  • Jean-Charles Lheureux, Graudenz, la forteresse de la mort lente, Capendu, 1985 (Préface de Jacques Chaban-Delmas)
  • Roger Pelletier, Captivité, Taillandier, Paris, 1933.
  • Gaston Riou, Journal d'un simple soldat, Guerre-Captivité 1914-1915, Hachette, Paris, 1916.
  • Thierry Sandre, Le Purgatoire, Bibliothèque du Hérisson, Amiens, 1924.

Sur le sujet[modifier | modifier le code]

  • Jean-Claude Auriol, Les Barbelés des Bannis, La tragédie des prisonniers de guerre français en Allemagne durant la Grande Guerre, Editions Tirésias, Paris, 2002.
  • Uta Hinz, Gefangen im Großen Krieg, Klartext Verlag, Essen, 2006.
  • Jochen Oltmer, Kriegsgefangene im Europa des Ersten Weltkriegs, Schöningh, Paderborn, 2006.
  • Pierre Gascar, L'histoire de la captivité des Français en Allemagne, 1939-1945, Gallimard, Paris, 1967.
  • Philippe Destatte, Paul Delforge, Les combattants de 1940. Hommage de la Wallonie aux prisonniers de guerre, Institut Destrée, Charleroi, 1995
  • Clark, Alan Barbarossa : The Russian-German Conflict 1941-1945 page 206, ISBN 0-304-35864-9
  • Richard D. Wiggers "The United States and the Denial of Prisoner of War (POW) Status at the End of the Second World War," Militärgeschichtliche Mitteilungen 52 (1993) pp. 91-94.
  • Philippe Sunou, "Les Prisonniers de guerre allemands en Belgique et la Bataille du charbon", 1945-1947, Bruxelles, Musée royal de l'Armée, 1980.
  • Philippe Sunou, "La Convention de Genève et le régime disciplinaire des prisonniers de guerre allemands en Belgique de 1945 à 1947", dans "Les Actes du XLIII Congrès de la Fédération des Cercles d'Histoire, Archéologie et Folklore de Belgique".
  • Yves Durand, "La vie quotidienne des prisonniers de guerre dans les Stalags, les Oflags et les Kommandos 1939-1945", Hachette, 1987.
  • Hermann Jung, "Die deutschen Kriegsgefangenen im Gewahrsam Belgiens, des Niederlande und Luxemburgs", Munich, 1966.
  • Billy Keith, "L'aumonier de l'enfer", Editions France-Empire, Paris, 1973
  • Rémy Cazals et Sylvie Caucanas, Les prisonniers de guerre dans l'histoire, Toulouse, Éditions Privat, 2003 (ISBN 978-2-7089-0522-8)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les prisonniers de guerre de l'armée belge maintenus en Allemagne furent exclusivement wallons sauf les officiers et sous-officiers d'active flamands.
  2. Les prisonniers alliés de la guerre de Corée, communication de Laurent Quisefait, UMR 8173 Chine-Corée-Japon (CNRS-EHESS), Association française pour l’étude de la Corée.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]