François Dubet

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François Dubet
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François Dubet au Forum Libération de Grenoble, en janvier 2012

Naissance
Périgueux
Nationalité Drapeau de la France France
Profession

François Dubet, né le à Périgueux, est un sociologue français, ex-directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il était professeur à l'Université Bordeaux II jusqu'à sa retraite en 2013. Il est l'auteur d'études consacrées à la marginalité juvénile, à l'école et aux institutions. Il a dirigé l'élaboration du rapport Le Collège de l'an 2000 remis à la ministre chargée de l'enseignement scolaire en 1999[1].

Apports en sociologie[modifier | modifier le code]

Le démantèlement de la figure institutionnelle est son idée principale, développée dans ses ouvrages (L'expérience sociologique , Sociologie de l'expérience, À l'école, Dans quelle société vivons-nous ? et Le Déclin de l'institution) et héritée de la sociologie d'Alain Touraine. Pour François Dubet, la modernité avait créé des institutions, appareils politiques qui organisaient des cadres cognitifs de possibles (voir à ce propos les travaux d'Émile Durkheim ou encore Mary Douglas sur la valence normalisatrice des institutions) et par là enjoignaient les actions des individus. Pour Dubet, nous sommes entrés dans la modernité tardive, long processus socio-historique promoteur de la figure subjective et responsable de la déconstruction de l'institution. Alors que cette dernière pouvait autrefois[Quand ?] être considérée comme un ensemble stable et harmonieux de principes et de valeurs sociales invétérés, elle a aujourd'hui[Quand ?] perdu sa cohérence tout autant que sa propension à « mettre aux normes » les conduites sociales. François Dubet a notamment appliqué ces idées à l'école ou à la question des injustices au travail.

Idéologie et politique[modifier | modifier le code]

D'un point de vue idéologique, François Dubet relaye une pensée de centre gauche modérée et réformiste. Il participe aux réflexions du groupe d'intellectuels de La République des Idées, emmené par Pierre Rosanvallon et Thierry Pech.

Il est classé dans la deuxième gauche[2],[3] sociale-libérale, et a soutenu le Plan Juppé de 1995[4].

En 2007, il appelle à voter pour Ségolène Royal, dans un texte publié dans Le Nouvel Observateur, « contre une droite d’arrogance », pour « une gauche d’espérance »[5].

École de masse et méritocratie[modifier | modifier le code]

François Dubet pense que la scolarité en France, à l'aube du XXIe siècle, est un système à « fabriquer de l'exclusion »[6]. Il considère que les diplômes devraient être plus un droit que le résultat d'un contrôle sur l'apprentissage scolaire, les diplômes étant réservés, selon lui, à une minorité seule capable d'atteindre l'excellence[7]. Pour Jean-Paul Brighelli, François Dubet est l'un de ceux qui, « depuis des décennies », œuvre à démanteler dans le système éducatif français « ce qui reste encore debout »[8].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il a été nommé membre senior de l'Institut universitaire de France en 1991 pour une durée de cinq ans[9], renouvelée en 1996[10].

Jusqu'en 2010, Il a fait partie du groupe d'experts pour la refonte du programme de seconde de sciences économiques et sociales dans le cadre de la réforme du lycée voulue par le ministre de l'Éducation nationale, Luc Chatel. Il en a démissionné après que le dit programme a été rendu public et a suscité de vives réactions dans le corps enseignant. Sa décision a été motivée par le manque d'indépendance qu'a eu le groupe d'experts vis-à-vis du cabinet du ministre et du peu de place fait à la sociologie dans les nouveaux programmes [11].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Lutte étudiante, éditions du Seuil, 1978
  • La Prophétie anti-nucléaire, Seuil, avec Michel Wieviorka et Alain Touraine,1980
  • Le Pays contre l'État. Lutte occitane, Seuil, 1981
  • Solidarité, éditions Fayard, Michel Wieviorka et Alain Touraine, 1982
  • Le Mouvement ouvrier, Fayard, 1984
  • L'État et les jeunes, Les Éditions ouvrières, avec Didier Lapeyronnie, 1985
  • La Galère : jeunes en survie, Fayard, 1987
  • Pobladores, L'Harmattan, 1989
  • Immigrations, qu'en savons-nous ?, La Documentation française, 1989
  • Les Lycéens, Seuil, 1991
  • Les Quartiers d'exil, avec Didier Lapeyronnie, Seuil, 1992
  • Universités et Villes, L'Harmattan, 1994
  • Sociologie de l'expérience, Seuil, 1994
  • À l'école. Sociologie de l'expérience scolaire avec Danilo Martuccelli, Seuil, 1997
  • Écoles, familles : le malentendu, Textuel, 1997
  • Dans quelle société vivons-nous ?, Seuil, 1998
  • Pourquoi changer l'école, Textuel, 1999
  • L’hypocrisie scolaire, Seuil 2000
  • Les Inégalités multipliées, éditions de l'Aube, 2000
  • Le Déclin de l'institution, Seuil, 2002
  • Le Rapport Langevin-Wallon, Mille et une nuits, 2004
  • L’école des chances : qu'est-ce qu'une école juste ?, Seuil, 2004
  • Injustices, Seuil, 2006
  • L’expérience sociologique, Ed. La Découverte, coll. Repères, 2007 (ISBN 9782707153531)
  • Faits d'école, éditions de l'EHESS, 2008
  • Travail des sociétés, Seuil, 2009
  • Les places et les chances, Seuil, 2010.
  • Les sociétés et leurs écoles. Emprise du diplôme et cohésion sociale avec Marie Duru-Bellat et Antoine Vérétout, Seuil, 2010.
  • À quoi sert vraiment un sociologue ?, Paris, Armand Colin, 2011
  • « Faire société par le côté gauche », in Collectif & P. Rosanvallon, Refaire société, Paris, Seuil (La République des idées), 2011, p. 77-90.
  • Pourquoi moi ? L'expérience des discriminations, Seuil, 2013
  • La préférence pour l'inégalité, La République des Idées, 2014

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport Le Collège de l'an 2000 accessible sur le site de La Documentation française [1]
  2. Gérard Noiriel, « Les fils maudits de la République: L'avenir des intellectuels en France. » Fayard, Paris, 2005
  3. Sylvie Tissot « L'Etat et les quartiers: Genèse d'une catégorie de l'action publique.» 2007, Paris, Seuil.
  4. « Autant de thèmes ressassés par la « deuxième gauche » sociale-libérale, à laquelle l’auteur fut longtemps associé, au point de signer en décembre 1995 la pétition de soutien au plan Juppé de réforme de la Sécurité sociale. C’est dire si ce petit ouvrage offre un bon indicateur de l’état de désarroi idéologique d’un courant de pensée... dont même Jacques Julliard, l’un de ses fondateurs, vient d’admettre l’échec historique. » Pierre Rimbert, le monde diplomatique
  5. "Avant qu'il ne soit trop tard", tempsreel.nouvelobs.com, 13 mars 2007
  6. Isabelle Stal, L'Imposture pédagogique, éditions Perrin, 2008, p. 165.
  7. L'École des chances, éditions du Seuil, 2004
  8. Brighelli : qui a vraiment écrit les programmes du collège ?, Jean-Paul Brighelli, lepoint.fr, 27 avril 2015
  9. Arrêté du 2 décembre 1991 portant nomination à l'Institut universitaire de France, JORF no 286 du 8 décembre 1991, p. 16074, NOR MENH9102797A, sur Légifrance.
  10. Arrêté du 8 août 1996 portant nomination des membres seniors et juniors de l'Institut universitaire de France, JORF no 191 du 17 août 1996, p. 12453, NOR MENK9602306A, sur Légifrance.
  11. Denis Colombi, « Francois Dubet, pour la sociologie dans le secondaire »,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]