Montbronn

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Montbronn
Vue du village.
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Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Sarreguemines
Canton Rohrbach-lès-Bitche
Intercommunalité Communauté de communes du Pays de Bitche
Maire
Mandat
Francis Sidot
2014-2020
Code postal 57415
Code commune 57477
Démographie
Population
municipale
1 670 hab. (2011)
Densité 111 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 59′ 42″ N 7° 18′ 38″ E / 48.995, 7.3106 ()48° 59′ 42″ Nord 7° 18′ 38″ Est / 48.995, 7.3106 ()  
Altitude Min. 238 m – Max. 381 m
Superficie 14,99 km2
Localisation

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Montbronn est une commune française située dans le département de la Moselle en région Lorraine. Le village fait partie du Pays de Bitche, du Parc naturel régional des Vosges du Nord et du bassin de vie de la Moselle-est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Étirant ses deux longues rues au cœur d'une vaste clairière, le gros village est situé sur la bordure occidentale du pays couvert.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Mabrunnen ou Mabrunnem (1150), Monbronn (1390), Momborn (1594), Monbronn (1755), Montbéron/Montbouron/Montbrun/Mont-Meurthe/Montbronn (1756), Mombronne/Montbronnen/Montbronne (1771), Mommeren/Montbronn ou Momern/Monteberon (1779), Monbronne (1793), Monbron (1801), Bergbrunn (1940–1944).
  • En francique lorrain: Mumere[1] ou Momere.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vue du village

Le village de Montbronn, Mabrunnen du vieil allemand Magan-Brunno : la grande source, est mentionné dès 1150. Il illustre l'abondance des sources et des fontaines qui jalonnent le ban communal et constitue sans doute une des explications aux nombreuses représentations de saint Jean Népomucène dans le village aux XVIIIe siècle et XIXe siècle.

Ce vieux village de la seigneurie de Bitche, fief de l'église de Verdun et propriété des sires de Lichtenberg au milieu du XIIIe siècle, fait partie depuis le XVe siècle des terres de l'palatin. C'est l'un de ses vassaux, le baron de Schœnberg, seigneur de Montbronn, qui introduit ici la Réforme protestante en 1557, le village devenant un centre actif de prosélytisme dans le Pays de Bitche.En 1623, le village est acheté à l'électeur palatin par le duc Henri II de Lorraine et cédé à sa nièce Henriette, future princesse de Lixheim. Le village ne retourne au duché qu'en 1702, tout en conservant son statut d'enclave. Jusqu'à la Révolution, la localité relève du bailliage de Lixheim.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1977   Francis Sidot    
Les données manquantes sont à compléter.

Du point de vue administratif, le village fait partie du canton de Lemberg de 1790 à 1802, avant d'être rattaché à celui de Rohrbach en 1802.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 1 670 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
960 959 1 323 1 500 1 595 1 711 1 739 1 708 1 618
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
1 533 1 430 1 486 1 538 1 612 1 623 1 742 1 757 1 652
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
1 657 1 643 1 673 1 627 1 540 1 649 1 755 1 791 1 743
1990 1999 2006 2008 2011 - - - -
1 698 1 668 1 671 1 672 1 670 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3].)
Histogramme de l'évolution démographique


La population augmente régulièrement, comptant 1 280 habitants en 1817 et 1 797 en 1851. Elle reste stationnaire depuis le début du XXe siècle.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • L'église paroissiale, dédiée à saint Georges et reconstruite entre 1893 et 1896 dans le style basilical.
  • Chapelle de la-Trinité, construite en 1825 (date portée), aux frais des héritiers des meuniers Peter Bach et Elisabeth Eichert, en remerciement d'avoir été épargnés pendant la Révolution, alors qu'ils ravitaillaient le curé de Montbronn, Jean Salzmann, qui avait refusé de prêter le serment d'obéissance à la constitution civile du clergé et qui se cachait à proximité de leur moulin. La chapelle a été déplacée dans les années 1970, lors de l'élargissement de la route.
  • L'histoire des cloches de Montbronn:

Depuis la nuit des temps, les cloches ont un rôle important dans la vie quotidienne de l’humanité et un devoir à accomplir qui est profondément lié à la vie de tous les jours. Elles annoncent le début du nouveau jour et sonnent les douze coups pour rappeler que déjà la moitié de ce nouveau jour est écoulée. Lorsque le soir tombe, elles indiquent : « Le labeur est terminé pour aujourd’hui, allez-vous reposer car demain à l’aube, je vous annoncerai un nouveau jour de joie ou de peine---, comme Dieu le veut » Quand une âme s’envole vers l’au-delà, la cloche l’annonce de cette sonnerie lugubre qui fait signifie : « Entendez-vous le glas qui sonne… » ou « Heute ich. Morgen du » ou encore « Ich geh fort, kumm nie meh » Les cloches appellent les fidèles pour tous les services religieux. Le dimanche et les jours de fêtes, elles sonnaient 10 à 12 fois. Aussi pour les mariages, les baptêmes et d’autres événements heureux. En cas de malheur, elles sonnent le tocsin. Le 21.6.1702 le conseil de Fabrique emprunte 35 Reichsdahler afin de faire fondre une cloche par Oswald Steck. Le 26.7.1726. Bénédiction de 2 cloches baptisées aux noms de : Marie Louise Henriette et Barbe. Les parrains et Marraines sont : Louis de Fontaine et son épouse Anne Marie, Hild Nicolas et Walter Barbe de Meisenthal.

Le 18.11.1742. Bénédiction de la grande cloche. Parrain et Marraine : Sieur J.Antoine de Guichon, subdélégué de Monseigneur le Chancelier de Lorraine et Madame Marguerite Scorier, épouse de Sieur de Guichon. Présents à la cérémonie : Abbé Richard, vicaire Général de l’Evêché de Metz, Laurent Weyand, Curé de Siersthal –Cordier- Curé de Montbronn.

Par trois fois, en 1792, en 1917 et en 1943, les cloches de Montbronn ont sonné leur propre glas. Elles sont descendues du clocher, volées par la guerre, la violence et transportées dans les fonderies pour faire fondre leur voix d’airain. Des armes seront forgées pour les tueurs d’hommes. Après chaque guerre, les hommes désabusés s’évertuent à collecter de nouveaux dons, afin de pouvoir se payer de nouvelles cloches. Les cloches réquisitionnées en 1792 furent remplacées en 1810. 1832 achat d’une grande cloche.

A Montbronn, en plus des réquisitions des cloches, on les a aussi changées volontairement. En l’an de grâce 1868, le 22 août, le Conseil de fabrique examine les plans et devis de l’architecte Schwartz de Sarreguemines, concernant l’exhaussement du clocher de l’église. Comme le clocher a une hauteur de 34 m et le beffroi (le Glockensthul) est à la même hauteur que le faîte du toit de la nef, le son des cloches ne peut s’entendre dans tout le village qui s’étend alors sur 1600 mètres. Le devis estimatif des travaux est de 4411,47F y compris les honoraires de l’architecte. Comme la commune est fortement endettée pour quelques années à cause de la construction de l’école des garçons, le conseil de fabrique décide de ne pas demander de subvention à la commune et de payer seul. Comme il n’y avait pas d’autres gros travaux à faire dans les prochaines années. !!!C’est du moins ce que l’on croyait. Le clocher est rehaussé de 5,5 mètres, il mesure maintenant 39 mètres. Les pierres de taille et le sable proviennent de carrières situées dans le village. Une personne charitable avance sans intérêts l’argent nécessaire et paye les ouvriers au fur et à mesure qu’ils achèvent leur travail.


Mais le conseil de fabrique n’est pas au bout de ses peines : il s’avère que ce n’est pas seulement la hauteur du clocher qui est en cause, mais aussi la qualité des cloches. Il faut donc les remplacer. Le conseil de fabrique de l’église de Montbronn se réunit au presbytère après les vêpres du dimanche de Quasimodo le 4 avril 1869. Les comptes de l’année précédente arrêtés, le budget de l’année suivante réglé, le président dit qu’il serait urgent, dès que l’exhaussement du clocher sera terminé, de changer les cloches actuelles, beaucoup trop faibles pour la grande étendue de la paroisse et de les remplacer par des cloches neuves, performantes et harmonieuses fabriquées dans de meilleures conditions. Il propose de faire venir à Montbronn à cette fin, Mr Perrin-Martin, fondeur de cloches à Robécourt Vosges, connu pour son honorabilité et son habileté afin de s’entendre avec lui, et passer un traité. La proposition est acceptée à l’unanimité. Un traité est établi le 17.4.1869 entre M. Perrin-Martin et M. le curé assisté de son conseil de fabrique. Voici le résumé du traité : M. Perrin s’oblige à fournir dans le plus bref délai 3 nouvelles cloches, dont la plus grosse sonnera la note DO, la moyenne la note RE et la plus petite la note FA. Il livrera les moutons, les battants et les ferrements avec les cloches, le tout fait à la perfection et rendu ainsi que les cloches à la gare de Sarreguemines, à ses frais. Elles seront pesées à la gare de Sarreguemines, ainsi que les vieilles cloches ramenées de Mombronn. Les 3 cloches devront être parfaitement d’accord entre elles. La fabrique de l’église devra faire prendre ces nouvelles cloches à la gare de Sarreguemines et les conduire à ses frais à Montbronn où M. Perrin les suspendra à tel endroit choisi et convenable à l’intérieur de l’église pour la cérémonie de la bénédiction, après laquelle il les montera sur le clocher et fera la pose sur le beffroi préparé par la fabrique. Après la pose des nouvelles cloches sur le clocher, la fabrique se réserve le droit de nommer une commission pour les recevoir ou les refuser à M. Perrin pour quelque cause que ce soit, sans avoir à s’en prévaloir devant les tribunaux. Il devra en cas de refus, en fournir d’autres jusqu’à parfaite satisfaction. Après la réception des cloches la fabrique de l’église s’oblige à payer dans les 10 ans qui suivent ce quelle devra à M. Perrin sur ses fournitures à raison de trois francs quatre-vingt dix centimes par kilogramme du poids des nouvelles cloches, et trois cents francs pour les ferrements, battants, moutons. Le fondeur prendra en déduction de ses fournitures, les 3 vieilles cloches de Montbronn, telles qu’elles se trouvent sur le beffroi avec moutons, battants, et ferrements au prix de 3 francs le kilogramme. Après cette déduction, la somme qui reviendra au fondeur lui sera payée comme il a été dit plus haut avec intérêt de 5% jusqu’à solde de compte. La fabrique fera les paiements en billets de banque de mille ou de cinq cents francs suivant sa plus grande commodité. M. Perrin répondra de ses cloches pendant dix ans, et il sera tenu de les remplacer dans le cas que l’une ou l’autre vienne à casser dans ce laps de temps et sans indemnité de la part de la fabrique de l’église de Montbronn. Le prix de trois francs quatre-vingt dix centimes, portera seulement sur le corps des cloches et non sur les ferrements, il en sera de même pour les vieilles cloches à prendre en déduction. Fait à Montbronn les ans, mois et jours ci-dessus dits, et ont signé les partis après explications faites. Pour copie conforme M. le Curé de Montbronn. Signé Dürr. Un premier traité avait été fait le 15/2/1869 presque identique à celui du17/4. En plus il y avait écrit : que les trois cloches devaient avoir un poids d’environ 2800 kilos et composées comme celles qu’il a fourni à la paroisse de Welferding. Les 3 cloches sont livrées le 21 Juin 1869. Leur poids : 1340kg ; 942kg ; 715kg ;= 2997kg à 3F90 =11688,30 – reprise des anciennes 1503= 10185,30- 50frs remise -20 frs transport à Sarreguemines : total à payer : 10115,30.

Ces cloches resteront au clocher jusque en 1896. Elles iront alors dans le clocher de la nouvelle église jusqu’en en 1917. Mais seront réquisitionnées par le Kaiser, au grand chagrin de toute la population. Lors de cette réquisition des écoliers avaient marqués dessus,  à la craie » Wilhelm lass die Glocken sein sie Sind nicht dei « 

Cette même année 1869, un nouveau mécanisme pour l’horloge est mis en place, par la société Ungerer de Strasbourg. Celle-ci s’engage à fournir une horloge neuve et à la placer sur l’église de la commune de Mombronn. Cette horloge devra remplir les fonctions suivantes : 1°) Indiquer le temps en heures sur un cadran en tôle d’un diamètre de 1m, 63, peint en noir avec des chiffres dorés. 2°) De sonner les quarts d’heure à double coups sur 2 cloches différentes, l’heure sur une 3em, et la répétition sur une 4em. 3°) De marcher 30 à 36 heures d’un remontage à l’autre. Le prix est de 2300frs – la reprise de l’ancienne horloge pesant 170 kilos au prix de 0,15frs le kilo, soit 25 frs= 2275frs. Le paiement sera fait selon convenance et sans intérêts la première année, avec garantie de 10 ans. Cette horloge sera transférée à la nouvelle église en 1896, elle continuera à fonctionner manuellement jusque dans les années 60. En 2012 elle est descendue du clocher par la société Heimlich de Strasbourg, entièrement rénovée elle est placée à l’église à coté de l’autel de la Ste Vierge.

Les cloches que le Kaiser avait réquisitionnées en 1917, furent remplacées en 1925. Le 1er Juin 1925, le lundi de Pentecôte par une très belle journée, les quatre cloches escortées d’une somptueuse procession depuis la gare de Lemberg arrivent à l’église. Le cortège se compose de 140 vélos parés de rubans et de roses, pédalés par des garçons vêtus comme des fils de roi, avec un panache de plumes à la casquette ; De 24 cavaliers en costume de fantaisie, les chevaux de la tête à la queue ornés de rubans multicolores ; de quatre charrettes à plateau, recouvertes de velours comme des carrosses de reine. Les quatre cloches sortaient des fonderies Causard de Colmar. La plus grande en Ré, pèse 1875 kilos, elle porte l’inscription : 1925 faite par Causard Colmar pour la paroisse de Montbronn : « J’ai été bénie le 1er juin 1925 j’ai eu pour parrains et marraines les pères et mères de famille de la paroisse. Cor Jesum sacramentissimumm miserere nobis ». Effigies croix et sacré cœur de Jésus.

 La deuxième en Mi, pèse 1300 kilos. Inscriptions : « j’ai été bénie en l’honneur du cœur immaculé de Marie avec ma première j’ai eu pour parrains et marraines les pères et mères des  familles de la paroisse. Cor Mariae Immaculatum ora pro nobis ». Effigies croix et Marie Immaculée.

La troisième en Fa, pèse 760 kilos. Inscriptions : «  En l’honneur de St Joseph. Avec ma quatrième j’ai eu pour parrains et marraines les jeunes gens et jeunes filles de la paroisse Custos viginum ora pro nobis ». Effigie croix et St Joseph. La quatrième en La, pèse 521 kilos. Inscriptions : «  En l’honneur de St Georges Avec ma troisième j’ai eu pour parrains et marraines les jeunes gens et jeunes filles de la paroisse Sancte Georgi procliator fortissime ora pro nobis ». Effigies croix et St Georges Le prix de ces cloches est de 58.886 francs. Cette somme avait été en totalité composée de dons des paroissiens. Le curé de l’époque l’Abbé Meyer, son Conseil de Fabrique : A. Eschenbrenner, G. Hügel, J. Stébé et V. SCHNEIDER, se sont évertués avec beaucoup d’ardeur à rassembler cette considérable somme d’argent. À noter qu’une cloche, la plus petite, donc la cinquième était restée dans le clocher. C’est elle qui provenait de l’ancienne église.


Le 24 décembre veille de Noël 1942, le curé Spitz est prévenu par les autorités allemandes, que les cloches seront démontées prochainement. Le 2 mai 1943 vers 10 heures, juste après la messe un camion avec les ouvriers de la fonderie Pfeiffer de Kaiserslautern arrive. 3 Cloches sont descendues. La 4ème, elle aussi, aurait dû partir. Mais après insistance de l’abbé Spitz, négociations, échange de courrier, et aussi intervention de M. Ferstler Eugène maire, auprès du Land rat à Sarreguemines, l’autorisation pour garder la cloche Mi a été donnée à la dernière minute. Mais par contre, la petite cloche Do de 1869 qui était entreposée dans le narthex en dessous de l’escalier qui monte à la tribune, prévue pour rester, doit partir à sa place. Quelques garçons de l’école ont essayé de la garder, en la cachant sous un tapis devant le confessionnal. Mais comme elle était sur la liste de départ et sous la menace de la Gestapo, il a bien fallut la ressortir. Il y avait à la mairie une toute petite cloche de 23 kilos, que des militaires français avaient ramenée de la chapelle Ste. Anne de Erching, elle aussi doit partir. 5 cloches sont placées sur l’escalier de l’église. N° 102 Diamètre 140cm poids 1875 kg. N° 104 - 116 - - 760 - N° 105 - 92 - - 521 - N° 106 - 68 - - 172 - N° 107 - 33 - - 23 - Il y a un doute quand au départ de la petite cloche appartenant à la commune d’Erching. Il semble qu’elle est restée à Montbronn, et que après la guerre, elle a été rendue à son propriétaire. Jeudi 6 mai à 2 heures, les 3 petites quittent le village, et à 6 heures la grande. Il ne reste dans le clocher que la cloche Mi, elle sonne le glas pour le départ de ses sœurs, elle sonnera aussi victoire pendant 1 heure le jour de l’armistice.

Les cloches sacrifiées en 1943 seront remplacées en deux étapes. Début juillet 1948 commencent les négociations pour l’achat de 3 nouvelles cloches. L’Etat s’engage à verser une somme au prorata du poids des cloches réquisitionnées et aussi de payer les frais de transport. Sur les conseils de l’Abbé Louis Thomas, le choix du fondeur se porte sur la maison Blanchet à Bagnolet. Les anciennes cloches étaient fondues par Caussart-Perrin à Colmar, elles n’avaient pas une bonne résonnance. Le 17 décembre, le curé est informé par le M.R.U que la somme de 890000 francs sera versée sur le compte Crédit Industriel. Cette somme est immédiatement transcrite sur le CCP des Fonderies Blanchet, ainsi les 3 cloches sont définitivement commandées.

Le 11 Décembre 1949, cette date a été retardée plusieurs fois à cause de retard de livraison dû à des grèves répétées d’E.D.F dans la région parisienne. Et aussi pour disponibilités de Monseigneur l’Evêque qui tenait à faire personnellement cette bénédiction et à prononcer solennellement le sermon. Monseigneur Heintz évêque de Metz bénit trois nouvelles cloches. Le curé alors était l’Abbé Spitz, le maire Joseph Wagenheim. Le jour du 11 décembre fut une très belle fête par beau temps, mais un peu frais. Les 3 cloches magnifiquement décorées, après avoir été ramenées de la gare de Petit Réderching sont présentées devant le chœur de l’église.

La plus grande pèse 1070 kilos, elle est dédicacée à l’Immaculée Conception, porte la médaille miraculeuse, celle de la Divine Conception et de l’Apparition de la vierge Marie à Lourdes. Inscriptions : « Adeamus cum fiducia ad thronung gratie.  En l’année mariale 1949 j’ai été fondue par  Blanchet et Cie pour succéder dans la paroisse de Montbronn à deux sœurs ainées, victimes des guerres mondiales, bénite en l’honneur du cœur immaculé de Marie, mes parrains et marraines furent les pères et mères de famille de la paroisse ».  
La deuxième pèse 785 kilos. Elle est dédiée à Saint Joseph le patron des ouvriers. Elle porte l’image du Crucifié, le blason des évêques de Metz,  l’image d’un verrier avec son compagnon, et St Joseph avec Jésus. Inscription : « Summa trias do Joseph  meritis  sidera  scandere (Dieu très haut donne à Joseph méritant …..Parrains et marraines sont les jeunes gens et jeunes filles de la paroisse ». 
La troisième pèse 456 kilos, elle est dédiée à Saint Georges patron de la paroisse,   elle porte l’image de Jeanne d’Arc, le blason du Pape, la croix de Lorraine et St Georges à cheval tuant le dragon. Inscriptions :  « En l’an 1949 sous le pontificat de S.S. Pie XII,  j’ai été fondue pour la paroisse de Montbronn et bénite en l’honneur de St Georges titulaire et protecteur de cette Eglise. Mes parrains et marraines furent les jeunes gens et jeunes filles de la paroisse ». 

Déjà le 16 décembre, les trois cloches installées dans le clocher sonnent pour la première fois jusque tard dans la nuit. Il en fut de même le dimanche d’après mais encore à force des bras. L’installation électrique n’est pas terminée mais pour Noël, ce sera fait. Toute la population se réjouit et est aussi un peu fière : c’est la première sonnerie automatique dans le Bitcherland.


La seule cloche restée dans le clocher pendant la guerre est descendue, elle est déposée sur la place entre l’église et le presbytère. Le 16 janvier 1956 cette cloche, fondue en 1925 par la société Causard de Colmar et bénite le1.6.1925 est transportée à la gare de Lemberg. Elle ira à la Fonderie Blanchet à Bagnolet. Elle doit être fondue, et si le matériel est bon il servira à fabriquer la grande cloche Ré, en commande dans cet établissement. Elle avait un son creux et caverneux, et pas assez de résonnance. Le doute sur la qualité du matériel était permis, une analyse sur la composition du métal est faite. Le résultat de cette analyse est négatif. Il ne restait plus d’autre solution que de vendre le tout, au prix de la ferraille. Le coût de la grande cloche Ré a donc été augmenté de 13000 Fr mais au moins, on était sûr du matériel. Cette cloche, la quatrième, dite « la grosse » pèse 1816 kilos, le battant pèse à lui seul 80 kilos. Elle est arrivée en gare de Lemberg le 15.5. Elle est ramenée à Montbronn par un beau défilé de chevaux, de plus de 70 bicyclettes et de 25 autos le tout magnifiquement décoré ; bénite le 27 Mai 1956, par l’Archiprêtre Seelig de Rohrbach- les-Bitche, en présence du jeune Député Jean Seitlinger. Elle porte comme emblème le Crucifix, une image du Sacré Cœur de Jésus et le Blason des évêques de Metz.


Un monteur de la fonderie installe la cloche dans le Glockensthul avec l’aide de Schneider Aloïse ferblantier du village. La société Zeeh Système de Metz fait l’installation électrique.

Le financement de cette cloche a été fait partiellement par les paroissiens, la Fabrique de l’Eglise et le Ministère de la Reconstruction et du Logement pour dommages de guerre. Le 2.6.1956. le C.M. vote un crédit de 25000 francs comme subvention à la Fabrique de l’Eglise pour l’achat de cette cloche. Aux quatre cloches maintenant dans le clocher est venue se joindre une 5ème

L’historique de cette dernière est tellement intéressant qu’elle a droit à un chapitre spécial. La petite cloche Do : diamètre 68 cm. Poids 172 kilos. Inscriptions : Fondue en 1869 pour la paroisse de Mombronn sous l’invocation de St. Georges. Effigies : Jésus sur la croix, St. Georges. Le 17 avril 1869 M. le Curé Dürr et son conseil de fabrique commandent 3 cloches au fondeur Perrin – Martin. Elles sont livrées le 21 juin 1869. Mais la petite cloche Do n’est ni sur la commande ni avec la livraison. Elle ne sera livrée que 4 mois plus tard. Pourquoi ?? L’Abbé Dürr a-t-il jugé insuffisante la tonalité et l’harmonie des 3 cloches en place ?? C’est vraisemblable. Ce n’était pas non plus pour la future horloge, pour laquelle il faut 4 cloches pour assurer la sonnerie, qu’elle a été commandée, parce qu’il y avait en commande un nouveau mouton et des nouveaux ferrements pour la cloche restée dans le clocher. Le fonctionnement de l’horloge était assuré. Donc c’est certainement pour améliorer la tonalité et l’harmonie, que cette 5ém cloche a été livrée. Elle sera transférée à la nouvelle église avec ses sœurs en 1869. Lors de la réquisition de 1917, elle seule restera dans le clocher. Il était dit que c’est la plus petite qui doit rester. Elle y restera jusqu’en 1925. Mais quand arrivent les 4 nouvelles cloches, elle n’a plus sa place dans le clocher. Modestement elle trouvera refuge dans le narthex en dessous de l’escalier tournant à gauche en montant à la tribune, là elle restera inactive pendant presque 20 ans. Mais le 8 mai 1943 elle aura moins de chance qu’en 1917. Elle quittera le village avec ses sœurs, puisque seule la cloche Mi aura le droit de rester. La veille de la réquisition, quelques écoliers qui voulaient la garder, la cachèrent dans le confessionnal sous un tapis. Mais comme elle était sur la liste des partantes et sous la menace de la Gestapo, elle quittera le village direction Kaiserlautern pour être fondue. Mais….. Miracle, elle ne sera pas fondue, un ou plusieurs amateurs et connaisseurs la cachent dans la forêt. Elle est retrouvée en 1945 par une patrouille de soldats français, sous les ordres du Lieutenant Zeeh de Metz dans la forêt prés de Kaiserslautern. Elle est identifiée grâce à l’inscription Fondue pour la paroisse de Mombronn. Elle est rapatriée à Metz en 1946, où un camion de Montbronn va la récupérer. Le ferblantier Schneider Aloïse fait gratuitement l’installation pour la suspendre au dessus des quatre cloches déjà en place. C’est l’Ex. Lieutenant Zeeh, maintenant gérant de la société Zeeh Système de Montigny les Metz qui fait l’installation électrique.

Que les cinq cloches de « la Cathédrale du Bitcherland » puissent rester pour l’éternité dans leur clocher et sonner--- sonner--- à tout jamais pour la joie et le bonheur des hommes et à l’honneur de Dieu, pour la Paix dans le monde entier !


Début des années 1960, un dimanche matin après la messe, 3 hommes discutaient ensemble comme c’était l’habitude en bas de l’escalier coté homme. Ils se séparent juste quelques minutes avant la sonnerie de midi. C’est à ce moment lors de la mise en route de la sonnerie, que le battant de la cloche 3 (environ 50 kilos) s’est brisé et a été propulsé à travers les abats- sons, il est tombé exactement à l’emplacement où quelques minutes avant les 3 hommes discutaient, (coup de chance ou petit miracle ?). C’est M. Grébil Joseph qui a ressoudé le battant à la cloche. Mais il n’était certainement pas assez bien équipé pour faire cette délicate soudure, quelque temps après le battant c’est à nouveau brisé, mais cette fois il n’a pas traversé les abats- sons, il est tombé dans l’escalier tournant qui monte au clocher. Pour la réparation cette fois on c’est adressé à un spécialiste en soudure à Forbach. Depuis çà à l’air de tenir.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Joseph Conrad, Les habitants de Montbronn,2000.
  • Joël Beck, Les moulins et scieries du Pays de Bitche, 1999.
  • Joël Beck, Rohrbach-lès-Bitche et son canton, 1988.
  • Joël Beck, Le canton de Rohrbach-lès-Bitche, 2004.
  • Joël Beck, Le Pays de Bitche 1900-1939, 2005.
  • Albert Mazerang " Les cloches de Montbronn" juin 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Geoplatt
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011