Cristallerie de Saint-Louis-lès-Bitche

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48° 59′ 15″ N 7° 21′ 23″ E / 48.9875, 7.3565

La Verrerie Royale de Saint-Louis, située rue Coëtlosquet dans la commune française de Saint-Louis-lès-Bitche en Moselle, est la plus vieille cristallerie de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Peint par Édouard Pingret en 1836, ce tableau donne une vue générale des différents bâtiments de la cristallerie avant les mutations de la révolution industrielle. Au premier plan, à droite, la chapelle des verriers, élevée en 1776, est représentée avec son campanile si caractéristique de la région. Derrière la cheminée, la halle construite en moellon et en charpente est reconnaissable à son toit à claire-voie. À gauche, le grand bâtiment, couvert d'un toit brisé, est la maison de la direction et le long de la rue, se dressent les logements des ouvriers. Une disposition toujours lisible dans le paysage aujourd'hui.

Une première verrerie est établie en 1586 au lieu-dit Münzthal, la vallée des moines, s'expliquant par l'abandon de la verrerie d'Holbach, l'année précédente. La guerre de Trente Ans provoque des ravages dans la région et la verrerie cesse ses activités au milieu du XVIIe siècle.

Le 17 février 1767, le roi Louis XV autorise par un arrêté du conseil d'État confirmé par lettres patentes du 4 mars 1767, la reprise de l'ancienne industrie. Ses propriétaires sont alors deux avocats à la Cour souveraine de Lorraine et Barrois, René-François Jolly et Pierre-Étienne Ollivier. Elle portera le titre de verrerie royale et sera placée sous le vocable de Saint Louis, en souvenir de Louis IX. La verrerie passe par la suite aux Lassalle, avant d'être vendue en 1788 au baron du Coëtlosquet.

En 1781, les nouvelles verreries royales de Saint-Louis sont parmi les premières sur le continent à mettre au point le cristal, dont l'Angleterre détenait le monopole depuis son invention en 1627 à Newcastle et que Sébastien Zoude produisait à Namur dès 1761.

En 1802, un directeur de Saint-Louis, Aimé-Gabriel d'Artigues achète la verrerie impériale de Vonêche en Belgique et fonde la Cristallerie de Vonêche. De là proviendront aussi les Cristalleries de Baccarat et les Cristalleries du Val-Saint-Lambert.

En 1829, la verrerie devient la Compagnie des Cristalleries de Saint Louis. La cristallerie, toujours en activité de nos jours, est rachetée en 1989 par la célèbre maison de luxe Hermès.

Aménagements[modifier | modifier le code]

La maison de la direction, les halles, les magasins, les logements pour les maîtres, pour les ouvriers et pour les fermiers, un moulin, une scierie et une platinerie sont construits dans le quatrième quart du XVIIIe siècle et transformés au XIXe siècle. D'autres logements sont construits dans le courant du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Le village regorge des nombreux bâtiments de la cristallerie, dont plusieurs se situent à proximité de l'étang situé en contrebas de la route de Lemberg. La taillerie, régulièrement percée de nombreuses fenêtres, est installée dans la nouvelle halle. L'ancien atelier de choix et de rebrûlage, construit en brique avec sa cheminée, sert actuellement à la trempe. L'abattoir porte la date 1901, tandis que l'ancien Lavoir, construit en charpente, se situe aujourd'hui dans l'eau.

Le bâtiment de la direction de l'usine est construit perpendiculairement à la rue principale, la rue de Coëtlosquet. Il se dresse à l'entrée d'un grand parc et demeure inchangé par rapport à la représentation du tableau de 1836. Seul un corps d'habitation lui a été adjoint dans le prolongement, du côté des jardins.

Cultes[modifier | modifier le code]

La chapelle, construite au lendemain de la création de la verrerie, est bénie le 25 août 1776 et érigée en cure en 1846. Agrandie de 1859 à 1862 sur les plans de Jacquemin, architecte à Metz, elle demeure trop petite au vu du développement de la cristallerie et de l'accroissement de la population. Elle est donc remplacée par l'église Saint-Louis, plus vaste, construite de 1897 à 1902. Le nouvel édifice est élevé grâce à l'aide financière de la famille du Coëtlosquet, propriétaire de l'usine à cette époque.

La Grande Place Musée du Cristal Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Plus de 2 000 pièces exceptionnelles sont présentés au cœur de la Manufacture de Saint-Louis, dans un cadre architectural unique imaginé par les architectes Florence Lipsky et Pascal Rollet. À l’intérieur d’un écrin fait de bois et de transparence, une promenade de 953 m s’enroule autour d’un ancien four. Une muséographie d’avant garde illustrée par vingt vidéos met en perspective l’histoire des techniques de création depuis leurs débuts il y a quatre siècles, jusqu’à leurs évolutions les plus contemporaines[1].

Lustre monumental de 120 lumières réalisé spécialement pour le musée
Intérieur du musée

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Gérard Ingold, Saint-Louis, de l'art du verre à l'art du cristal, de 1586 à nos jours, Editions Denoël, 1986
  • Nicolas Héron, Gestes et métiers des cristalleries de Saint-Louis, Edition Argusvalentines, 2008

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Brochure du programme Constellation, « En attendant l’ouverture du Centre Pompidou-Metz », 136 p., La Grande Place, Musée du Cristal Saint-Louis, p. 106.

Liens externes[modifier | modifier le code]