Gravelotte

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Gravelotte
Église Saint-Léonard.
Église Saint-Léonard.
Blason de Gravelotte
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Metz-Campagne
Canton Ars-sur-Moselle
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Metz Métropole
Maire
Mandat
Michel Torloting
2014-2020
Code postal 57130
Code commune 57256
Démographie
Gentilé Gravelottin
Population
municipale
739 hab. (2011)
Densité 131 hab./km2
Population
aire urbaine
429 588 hab.
Géographie
Coordonnées 49° 06′ 38″ N 6° 01′ 50″ E / 49.1105555556, 6.03055555556 ()49° 06′ 38″ Nord 6° 01′ 50″ Est / 49.1105555556, 6.03055555556 ()  
Altitude Min. 221 m – Max. 325 m
Superficie 5,66 km2
Localisation

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Liens
Site web http://gravelotte.org/

Gravelotte est une commune française située dans le département de la Moselle.

Géographie[modifier | modifier le code]

Gravelotte se situe sur le plateau messin, à une altitude de 320 mètres, sur l’axe Metz-Verdun, à une quinzaine de kilomètres de Metz. Il y existe une activité agricole intensive avec des cultures de betterave, de céréales et de l’élevage.

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Graveium (1137) ; Gravei (1192) ; Gravey (1348) ; Gravilette (XVe siècle) ; Gracelette/Gravelette (1544) ; Gravelatte (1572) ; Gravela (XVIIe siècle).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village est connu sous le nom de Graveium en 1137. Détruit au XIVe siècle, il sera reconstruit par les seigneurs de Heu, famille noble messine.
Théâtre de violents combats en 1870, le village sera à nouveau détruit en septembre 1944, pendant la bataille de Metz[1].
Depuis 2003, la commune est membre de la communauté d'agglomération de Metz Métropole.

Bataille de Gravelotte[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Saint-Privat.
Le corps de garde en prise à Saint-Privat-la-Montagne lors de la bataille de Gravelotte. Gravure d’après une œuvre originale de Christian Gell.
Les sœurs de la Miséricorde de Mercy à la bataille de Gravelotte.

Gravelotte et ses environs sont le siège de terribles combats au cours de la guerre franco-prussienne en août 1870, au point que les deux batailles de Rezonville le 16 août et de Saint-Privat le 18 août sont parfois englobées sous la dénomination de « bataille de Gravelotte ». On ne sait si c’est la densité du tir des armes à feu et des canons ou le nombre de soldats tombés sur le champ de bataille qui a donné naissance à l’expression « ça tombe comme à Gravelotte » ou « pleuvoir comme à Gravelotte » lorsqu’il pleut ou grêle énormément.

La bataille oppose les 7e et 8e corps prussiens, dirigés par le général von Steinmetz, aux IIe corps du général Frossard et au 3e corps français du général Leboeuf, sous les ordres du maréchal François Achille Bazaine. Les Prussiens occupent alors le village de Gravelotte et le côté ouest du ravin de la Mance, tandis que les Français occupent le côté est du ravin sur les hauteurs de Rozérieulles. Durant les mouvements prussiens du 17 août, le génie français a fortifié ses positions et les fermes avoisinantes du Point du Jour, Saint-Hubert et de Moscou. Les Prussiens ont rencontré une vive résistance française, sans jamais réussir à déstabiliser l’organisation adverse. Au prix de pertes terribles, ils réussissent à prendre la ferme de Saint-Hubert. La nuit mettra fin au carnage. On déplore près de 5 300 morts et 14 500 blessés du côté prussien et 1 200 morts, 4 420 disparus et 6 700 blessés du côté français. Malgré l’indécision des combats et sa supériorité relative, l’armée française choisit alors d’abandonner le terrain pour se réfugier à Metz.

Cette bataille marque un tournant de la guerre, avec la destruction de l’une des deux armées françaises, celle du Rhin, et le début du siège de Metz, qui capitulera le 27 octobre 1870. C’est également la dernière bataille occidentale, où la cavalerie, emmenée notamment par le Général Michel Baud, eut un rôle important à jouer.

Annexion allemande[modifier | modifier le code]

À la demande expresse de Guillaume Ier, nouvel empereur allemand, qui surnommait le champ de bataille « le tombeau de ma Garde », Gravelotte et les villages voisins furent cédés à l’Empire allemand en échange de Belfort, qui resta française. Les champs de bataille devinrent des lieux de pèlerinage et plusieurs monuments commémoratifs à la mémoire des soldats allemands tombés au champ d’honneur furent érigés. L’ancien champ de bataille de Gravelotte-Saint-Privat fut honoré de plusieurs visites impériales et doté d’un musée, aujourd’hui à Gravelotte[2]. La Halle du Souvenir, le monument commémoratif le plus important de cette époque dans la région, est inauguré en 1905 par l’empereur Guillaume II en personne. C’est aujourd’hui un lieu de paix et de recueillement pour l’Allemagne et la France.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, les Mosellans se battent "naturellement" pour l’Empire allemand. Beaucoup de jeunes mosellans tombèrent au champ d’honneur, cette fois sous l’uniforme allemand, sur le Front de l’Est, mais aussi à l’Ouest, en particulier en France et dans les Flandres[3]. Le village est cependant épargné par les combats. Après l’Armistice de 1918 et la signature du Traité de Versailles en juin 1919, la commune de Gravelotte redevient française.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Entre 1940 et 1944, la commune paye son tribut à la guerre. Comme dans le reste de la Moselle annexée, beaucoup de jeunes gens incorporés de force dans les armées allemandes furent envoyés sur le front de l’Est, certains ne revinrent jamais[3]. La commune fut libérée par les troupes du général Patton à l’automne 1944, au cours de la bataille de Metz. Opposée à la 462e Infanterie-Division, les troupes américaines comprirent rapidement que les forts de Metz, tenus notamment par les Fahnenjunkern de Siegroth, ne se rendraient pas sans combattre. Pas moins de 25 chars de la 7e division blindée américaine furent détruits dans le secteur, entre le 4 et le 8 septembre 1944, par le groupe de combat von Siegroth[4]. Les combats, qui reprirent sur les lieux mêmes de la guerre de 1870, ne se terminèrent qu’en novembre 1944, avec la prise de Metz et la capitulation des forces allemandes du secteur.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Gravelotte (Moselle).svg
Les armoiries se blasonnent ainsi :
de gueules aux trois besants d’or, le premier chargé d’une ombre de croisette pattée, au chef d’argent de trois coquilles de sable[5].
La ville a été décorée de la croix de guerre 1939-1945.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs[6]
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1953 Charles Lemoine    
1953 1977 Paul Driant RPF Sénateur (1948-1974)
Président du Conseil général (1955-1979)
1977 1983 Arthur Torloting    
1983 1989 Claude Paul    
1989 2008 Léon Muller    
2008 en cours Michel Torloting    
Les données manquantes sont à compléter.

La commune compte quatorze conseillers municipaux.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 739 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
380 356 380 414 475 522 697 708 669
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
646 650 673 575 511 573 576 492 402
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
374 365 388 282 355 375 428 508 507
1990 1999 2006 2008 2011 - - - -
530 652 687 697 739 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Vie associative[modifier | modifier le code]

La commune possède onze associations :

  • Aficalor, qui œuvre depuis 2002 pour améliorer le quotidien des Tchadiens. Elle leur apporte une aide alimentaire, sociale et médicale
  • AS Gravelotte
  • La Clé des Champs
  • Culture et Loisirs : feu de la Saint-Jean, fête de la Mirabelle et de Halloween, marché de Noël
  • Club de l’Amitié
  • Les Enfants d’abord
  • Les Enfants du Verger
  • Souvenir Français
  • Vie Paroissiale
  • Rugby Club des Anciens de Lorraine
  • Donneurs de sang bénévoles

Économie[modifier | modifier le code]

Vingt commerçants et artisans dont un café brasserie, une boulangerie-pâtisserie, un garage de véhicules de collection et un club équestre.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Passage de la voie romaine.

Lieux et édifices militaires[modifier | modifier le code]

Ancien musée militaire.

Édifices civils[modifier | modifier le code]

  • écurie de Verlin : école d’équitation créée en 2000.
  • école maternelle : cinquante enfants scolarisés en 2009.
  • accueil périscolaire.
  • terrain de football.
  • salle des fêtes.
  • bibliothèque, située derrière l’église : près de 7 000 livres.

Le musée de la guerre de 1870 et de l’Annexion[modifier | modifier le code]

Un premier musée avait été créé en 1875, qui fut acquis par une association allemande en 1908. Géré par la municipalité depuis la fin de la Première Guerre mondiale, le musée de Gravelotte est presque entièrement détruit par les bombardements américains de 1944. Transféré, puis réinstallé à son emplacement actuel en 1958, il subira les dommages d’un attentat – explosion d’un obus – en 1978, occasionnant d’importantes réparations.
Fermé en l’an 2000, passé sous la tutelle du Conseil général de la Moselle, le musée pour lequel un comité scientifique a été constitué en 2003, rouvrira en 2013 dans un bâtiment de 2 000 m2 situé à proximité de « La Halle du Souvenir »[9]. Le Conseil général de la Moselle a prévu de consacrer à ce projet une enveloppe globale de 8,6 M €.

Le 9 mars 2012 a eu lieu la pose de la première pierre du musée par Patrick Weiten, président du Conseil général de la Moselle et Gérard Longuet, ministre de la Défense et des Anciens Combattants.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • L’ancienne église Saint-Léonard (XVe siècle) est détruite en 1870, reconstruite en style néogothique en 1881 endommagée en 1944, et entièrement restaurée en 1950 avec des vitraux de Nicolas Untersteller.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. René Caboz, La bataille de Metz, éd. Pierron, Sarreguemines, 1984. pp. 130-131, 170-172.
  2. Musée de Gravelotte
  3. a et b Leurs tombes sont aujourd’hui entretenues par le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge.
  4. René Caboz, La bataille de Metz, éd. Pierron, Sarreguemines, 1984, p. 174.
  5. Gravelotte sur le site GASO Banque du blason.
  6. http://gravelotte.org/pages/histoire.html
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  9. Page officielle sur le projet du nouveau musée de Gravelotte
  10. Notice biographique sur assemblee-nationale.fr