Majorque

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Majorque
Mallorca (ca)
Carte de Majorque.
Carte de Majorque.
Géographie
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Archipel Îles Baléares
Localisation Mer Méditerranée
Coordonnées 39° 37′ 00″ N 2° 57′ 00″ E / 39.616667, 2.9539° 37′ 00″ N 2° 57′ 00″ E / 39.616667, 2.95  
Superficie 3 625,75 km2
Point culminant Puig Major (1 445 m)
Géologie Île continentale
Administration
Communauté autonome Îles Baléares
Province Îles Baléares
Démographie
Population 873 414 hab. (2010)
Densité 240,89
Plus grande ville Palma de Majorque
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1

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Îles d'Espagne

Majorque (en API /maʒɔʁk/[1], Mallorca en castillan et catalan) est la plus grande des îles Baléares. Elle se situe en mer Méditerranée, au large de Valence.

L'île compte 873 414 habitants. Sa capitale est Palma de Majorque – les Majorquins l'appellent Ciutat. Elle comprend 6 régions principales : Serra de Tramuntana (montagnes, au nord), Ponent (au sud-ouest), Raiguer (terres agricoles et viticoles au pied de la montagne), Pla (au centre), Migjorn (sud-est), Llevant (à l'est) et la ville de Palma.

Elle fut habitée dès la période préhistorique (sites de Ses Païsses, près de la ville d'Artà), puis par les Romains (ruines d'Alcúdia, ex-Pollentia romaine), remplacés par les vandales, l'empire romain d'orient, les francs, les Maures almoravides, puis les Almohades (de 902 à 1229), suivis des Catalans. L'île fut le centre d'un royaume indépendant qui exista de 1276 à 1344, le royaume de Majorque. Le catalan est la langue officielle avec le castillan.

Environ 70 % de son produit intérieur brut provient du tourisme, développé à partir des années 1960. Pour les Allemands et Britanniques, Majorque est l'un des principaux lieux de villégiature européens, attirant nombre d'étrangers. 7 % des résidents permanents de l'île sont des Allemands[2], ce qui a valu à l'île le surnom ironique de « dix-septième Land ». L'activité agricole traditionnelle est centrée sur les productions végétales : vin (Binissalem), amandes, olives, légumes.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom catalan de Mallorca dérive du latin insula maior transformé en Maiorica (grande île) par opposition à l'insula minor devenue Menorca - Minorque.

Il y eut de nombreuses graphies au court de l'histoire, calquées sur les graphies et prononciations successives latines (Maiorca), arabe (Mayurqa), latin médiéval (Majorca), catalane (Mallorca) puis castillane (idem). En français, Mallorque[3], Mayorque[4] et Majorque cohabitèrent jusqu'au XIXe siècle avant que cette dernière graphie s'imposât. A cette époque, les deux prononciations maʒɔʁk et majɔʁk coexistaient[5] la seconde étant alors d'usage orthologique pour les mots français d'origine étrangère. Eusèbe de Salle écrivait en 1832:

« Palma, capitale de l'île de Maillorque et des îles Baléares, est une ville de vingt-cinq à trente mille âmes de population »

— Ali le Renard ou la Conquête d'Alger[6]

La prononciation resta un temps [palma də majɔʁk] (Palma de Mayorque) comme au XIXe siècle[7] avant que la prononciation [palma də maʒɔʁk] (en API) calquée sur sa graphie contemporaine (Palma de Majorque) se généralise XXe siècle[8].

Histoire[modifier | modifier le code]

La présence humaine à Majorque remonte à la préhistoire. On a retrouvé des tombes et traces d'habitations datant du néolithique, soit 6000 à 4000 ans avant Jésus-Christ. L'île fut occupée par les Carthaginois avant d'être conquise en l'an 123 avant J.-C. par Quintus Caecilius Metellus – qui reçut le surnom de Balearicus – et de passer sous l'autorité de Rome. La période romaine fut favorable, et vit la fondation de Pollentia (Alcúdia) et Palmaria (Palma). L'économie reposait sur la culture de l'olivier, de la vigne et sur la production de sel.

Les Vandales mirent les îles Baléares à sac en 425 ou 426 et les annexèrent à leur royaume en 465. En 534, à l'occasion de l'effort de reconquête de l'Empire romain d'Occident par Justinien, le général Bélisaire regagna l'archipel pour le compte de Byzance. Pendant la période de domination byzantine, le christianisme y fut florissant et de nombreuses églises furent construites. Cependant, à partir de 707 commencèrent des raids maritimes menés par les musulmans à partir des côtes d'Afrique du Nord.

Ces attaques se poursuivirent jusqu'à ce que, finalement, en l'an 903, Majorque tombe sous la domination de l'émir Omeyyade d'Espagne. Selon les chroniques de l'époque, le château d'Alaró fut le dernier bastion tenu par les chrétiens. Sous la domination musulmane, Palma, devenue Madina Mayurqa, devint un centre culturel important. L'île connut une période de grande prospérité. Les musulmans développèrent l'agriculture irriguée et l'artisanat local. Lors de la décomposition du califat de Cordoue en 1015, Majorque releva tout d'abord du royaume de Denia avant de devenir, entre 1087 et 1114 un des nombreux royaumes dits Taifas.

En 1114, à la suite d'actes de piraterie menés à partir de Majorque contre les navires chrétiens en Méditerranée, une armée coalisée de Pisans, de Provençaux et de Catalans débarqua à Majorque, mit le siège devant Palma pendant huit mois, prit la ville et la saccagea. Mais, pendant l'absence de Raimond-Bérenger III de Barcelone, les Pisans s'enfuirent lorsque apparurent des secours envoyés par les Almoravides d'Afrique du Nord. Ceux-ci gouvernèrent jusqu'en 1203, puis furent remplacés par les Almohades jusqu'en 1229. En 1208, les Almohades nommèrent gouverneur un certain Abú Yahya, lequel se comporta de façon quasiment indépendante, reconnaissant toutefois une soumission de pure forme à l'émirat central almohade.

Les actes de piraterie avaient repris, ce qui détermina les cités commerçantes de Barcelone, Tarragone et Tortosa à solliciter l'aide du roi d'Aragon Jacques Ier. En décembre 1228, il fut décidé qu'elles mettraient à disposition les vaisseaux nécessaires à une expédition, les chevaliers aragonais (les plus nombreux) et catalans devant recevoir en paiement de leurs services le butin et les territoires à conquérir sur l'ennemi.

L'expédition, comprenant 15 000 hommes et 1500 chevaux partît de Salou, en Catalogne, débarqua à Santa Ponça et défit l'armée musulmane à la bataille de Portopí le 13 septembre 1229. En décembre, Palma fut prise et ses habitants passés au fil de l'épée. Le grand nombre de cadavres eut d'ailleurs pour conséquence de provoquer une épidémie qui décima l'armée des vainqueurs. En outre les disputes au sujet de la répartition du butin semèrent la zizanie dans les troupes des conquérants. Mais l'île fut soumise en quelques mois, seule une petite poche de résistance subsista jusqu'en 1232 dans la Serra de Tramuntana. La population musulmane s'était enfuie vers l'Afrique ou fut réduite en esclavage.

Dans son testament, Jacques Ier avait prévu de diviser ses domaines par la création du royaume de Majorque, vassal du royaume d'Aragon et comprenant les îles Baléares, le Roussillon, la Cerdagne, la seigneurie de Montpellier, la vicomté de Carladès et la baronie d'Omelas. À sa mort, son fils Jacques prit le nom de Jacques II de Majorque et assuma le pouvoir dans le cadre d'une charte dite Carta de les Franqueses.

L'existence de ce royaume fut de courte durée, car les souverains d’Aragon parvinrent à en reprendre possession en 1349 : la mort de Jacques III de Majorque à la bataille de Llucmajor contre son cousin Pierre IV d'Aragon, marque la fin du royaume. Cependant, et jusqu’à sa mort en 1404 sa fille Isabelle réfugiée en France au château de Gallargues, près de Montpellier, qui lui avait été cédé par le roi Charles VI, continua à revendiquer le titre de reine de Majorque. Majorque partagea ensuite le sort du royaume d’Aragon, intégré plus tard dans le royaume d’Espagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Villes principales[modifier | modifier le code]

Liste des municipalités de Majorque[modifier | modifier le code]

Les six comarques de Majorque ont pour villes principales :

Alaró | Alcúdia | Algaida | Andratx | Ariany | Artá | Banyalbufar | Binissalem | Búger | Bunyola | Calviá | Campanet | Campos | Capdepera | Consell | Costitx | Deià | Escorca | Esporles | Estellencs | Felanitx | Fornalutx | Inca | Lloret de Vistalegre | Lloseta | Llubí | Llucmajor | Manacor | Mancor de la Vall | Maria de la Salut | Marratxí | Montuïri | Muro | Palma de Majorque | Petra | Sa Pobla | Pollença | Porreres | Puigpunyent | Ses Salines | Sant Joan | Sant Llorenç des Cardassar | Sant Lluís | Santa Eugènia | Santa Margalida | Santa María del Camí | Santanyí | Selva | Sencelles | Sineu | Sóller | Son Servera | Valldemossa | Vilafranca de Bonany

Orographie[modifier | modifier le code]

Le Puig Major, la plus haute montagne de l'île.

Majorque présente trois chaînes montagneuses : la Chaîne Tramontane, la chaîne du levant et le massif de Randa qui sont plus basses. La première chaîne présente les sommets les plus haut. Huit d'entre eux dépassent les 1 000 m, la montagne culmine au Puig major à 1 445 m. La seconde chaîne de montagne culmine à 562 m au Pic de morell et le dernier massif à 543 m au pic de Randa.

Patrimoine mondial[modifier | modifier le code]

Le paysage culturel de la Serra de Tramuntana est Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2011[9].

Transports[modifier | modifier le code]

Routes et autoroutes[modifier | modifier le code]

Palma est desservie par trois autoroutes, les Ma-1, Ma-19 et le périphérique Ma-20. Ce dernier est relié à la Ma-13 qui connecte Palma de Majorque au Centre et au Nord de l'île.

La Ma-19 relie la capitale à Llucmajor.

Chemin de fer[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réseau ferroviaire de Majorque.

Transport aérien[modifier | modifier le code]

L'île est desservie par l'aéroport de Palma de Majorque (Son Sant Joan) situé à l'est de la ville de Palma et qui peut accueillir des gros porteurs (Boeing 747). Près de Palma, on trouve également un aérodrome régional : l'aérodrome de Son Bonet.

Transport maritime[modifier | modifier le code]

Les compagnies maritimes Baleària (es) (es), ISCOMAR (es) (es) et Trasmediterránea (es) (es) exploitent des lignes régulières de ferries en direction des autres îles et du continent :

Tourisme[modifier | modifier le code]

En 2013, 9 454 264 touristes ont visité l'île de Majorque (8 479 883 étrangers et 974 381 Espagnols) ; la majorité de ces touristes étrangers étaient originaires d'Allemagne (43,7 %), du Royaume-Uni (24,8 %), des pays nordiques (8,3 %), de France (4,0 %), de Suisse (3,7 %), des Pays-Bas (2,9 %), d'Autriche (1,9 %) et d'Italie (1,7 %)[10].

Si dans beaucoup d'esprits Majorque reste synonyme de tourisme incontrôlé, inspiré par la mer et poussé par une urbanisation de masse (« la baléarisation »), l'île et la vie majorquine offrent bien des aspects qui contredisent cette vision : villages agricoles préservés, traces diverses de cultures passées, art et culture (au XIIIe siècle, le philosophe Raymond Lulle – Ramon Llull – fonda à Majorque une école réputée de langues et de théologie), marche et randonnée dans les zones montagneuses (GR 221 ou "route de pierre sèche")[11], gastronomie.

L'afflux touristique est devenu plus varié (origines et styles de vie), avec une part grandissante d'immigration d'Européens du nord venant s'installer à demeure.

Depuis quelques années, cette « baléarisation » est de plus en plus contrôlée par le gouvernement local, désireux de protéger son patrimoine, sa culture et sa langue. De nombreuses zones ont été décrétées « réserves naturelles », protégeant ainsi le littoral contre cette expansion.

  • Le parc naturel de Mondrago a été déclarée parc naturel en 1992. Ses 785 hectares abritent deux trésors de l'île : plusieurs espèces de lézards, mascottes de l'archipel, et les champs de posidonies, une plante sous-marine protégée car elle purifie l'eau et sert de repaire à de nombreuses espèces.
  • Les moulins. Jadis, dans les vallées fertiles, la vie gravitait autour de 700 moulins. Ils servaient à moudre le grain et à puiser l'eau en profondeur. Aujourd'hui, beaucoup sont à l'abandon. Quelques-uns ont été reconvertis en restaurant ou en gîte, voire réaménagés pour produire de l'énergie éolienne.

Culture[modifier | modifier le code]

Littérature et peinture[modifier | modifier le code]

Majorque dans les arts et la culture[modifier | modifier le code]

Raymond Lulle est natif de cette île.

Piano de Chopin à Valldemossa, Majorque

Depuis le XIXe siècle, le monastère de Valldemossa, la Chartreuse, (La Cartuja en espagnol) a hébergé plusieurs hôtes éminents dont les plus célèbres furent Frédéric Chopin et George Sand, qui décrit dans Un hiver à Majorque leur séjour sur l'île durant l'hiver 1838-1839.

Le poète nicaraguayen Rubén Darío fit une cure de désintoxication au monastère.

Au XXe siècle, Agatha Christie a écrit son roman Problem in Pollensa Bay après un séjour a Palma et la ville de Port de Pollença.

Jorge Luis Borges et Robert Graves ont vécu à Majorque avec sa famille. De nos jours, l’acteur américain Michael Douglas, la célébrité Claudia Schiffer et le joueur de tennis Boris Becker sont les personnalités étrangères les plus connues à la Serra de Tramuntana.

Célébrités[modifier | modifier le code]

Les joueurs de tennis Rafael Nadal et Carlos Moyà sont natifs de Majorque. Rafael Nadal est de Manacor. Jorge Lorenzo est de Palma de Majorque.

L'artiste Miquel Barceló, est né à Félanitx.

Joan Miró a vécu, travaillé et est mort à Majorque.

Cuisine[modifier | modifier le code]

La cuisine baléarique est riche et variée, avec des touches différentes selon les îles. Comme nombre de cuisines méditerranéennes, elle comporte des point communs. Pour Majorque, on notera particulièrement :

  • la sobrasada artesana (soubressade artisanale) : composition de porc, d'huile d'olive et de poivrons ;
  • l'ensaïmada : gâteau au sucre, aux œufs et au saindoux, puis fourré (crème catalane, soubressade, charcuterie) ;
  • la sope Mallorquine : soupe traditionnelle au pain, aux poivrons, aux oignons et à la tomate ;
  • le Polo el Loco : ancienne préparation d'origine française de porcelets embrochés et de dindes fourrées à la viande ;
  • le tumbet : sorte de ratatouille de poivrons, tomates, aubergines, mais avec des pommes de terre et sans courgettes, le tout frit et nappé de sauce tomate ;
  • les formatjades : petits chaussons fourrés à la viande ou au poisson ;
  • le queso de Maó : fromage local, originaire de Minorque, comme son nom le suggère.

Photographies[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation : /maʒɔʁk/ et non /majɔʁk/ en français. SOURCE ??
  2. Claude Mangin, L’Allemagne, Belin, Paris, 2003, (ISBN 2701132290), p. 112.
  3. {{ouvrage|url=http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb309795796%7Cannée=1683%7Clieu = Lyon|titre=Le grand dictionnaire historique |sous-titre= ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane|tome=2|partie=1|texte = Troisième édition, corrigée, & divisée en deux tomes (4 parties)|auteur = Mre Louys Moreri|éditeur = J. Gyrin et B. Rivière (Lyon)
  4. cardinal de Retz, œuvre complète cardinal de Retz, t. 4, Paris, Hachette,‎ 1679 (lire en ligne)
  5. B. Legoarant, Nouvelle orthologie française, Paris, Bruno Labbe,‎ 1832 (lire en ligne), p. 451
  6. Eusèbe de Salle, Ali le Renard : ou la Conquête d'Alger, t. 1, Paris, G. Gosselin,‎ 1832 (lire en ligne)
  7. Jeanne Tordeus, Manuel de prononciation, Bruxelles, Paul Lacomblées,‎ 1887 (lire en ligne), p. 88
  8. Léon Warnant, Dictionnaire de la prononciation française dans sa norme actuelle, Paris, Duculot,‎ 1987, cité par « Prononciation », p. 10
  9. http://whc.unesco.org/fr/list/1371/ UNESCO Centre du patrimoine mondial
  10. Llegada por país de residencia 2013
  11. http://www.entremontanas.com/fr/grandes-rutas/pedra-en-sec-gr-221-.asp

Annexes[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]