Fièvre typhoïde

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de la fièvre typhoïde. Ne pas confondre avec le typhus.
Fièvre typhoïde
Classification et ressources externes
Salmonella typhi typhoid fever PHIL 2215 lores.jpg
Taches rose sur la poitrine d'un patient atteint de la typhoïde.
CIM-10 A01.0
CIM-9 002
DiseasesDB 27829
eMedicine oph/686  med/2331
MeSH D014435
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La fièvre typhoïde (du grec tuphos, torpeur) ou typhus abdominal est une maladie infectieuse décrite en 1818 par Pierre Bretonneau, causée par une bactérie de la famille Entérobactérie, du genre des salmonelles, et dont les espèces responsables sont Salmonella enterica – typhi ou paratyphi A, B, C. Salmonella enterica typhi est encore appelée bacille d'Eberth.

Épidémiologie[modifier | modifier le code]

Zones d'endémie en 2000 (rouge : endémie forte, marron : endémie moyenne
Groupe de patients convalescents (après une typhoïde), sur le pont d'un navire-hôpital (Archives médicales militaires des États-Unis) ; Fin du XIXe siècle ou début du XXe

D'après l'Organisation mondiale de la santé, le nombre de patients atteints dans le monde serait compris entre 16 et 33 millions de personnes, avec plus de 200 000 décès annuellement[1].

La contamination se fait par l'ingestion de viandes peu cuites, et de boissons ou aliments souillés par les selles d'un homme infecté, malade, ou porteur sain. La typhoïde a rapidement régressé en France et en Europe suite à la javellisation de l'eau de boisson généralisée – du moins en ville – à partir de 1910[2].

La maladie est quasiment absente des pays développés, mais reste fréquente dans les autres. Sa prévalence est importante en Asie du Sud-Est, en Asie centrale et en Afrique du Sud[réf. nécessaire]. Le germe le plus souvent responsable reste Salmonella typhi, près de dix fois plus fréquemment retrouvé que les Salmonella paratyphi.

Aspects cliniques[modifier | modifier le code]

Quarante-huit heures après la contamination, survient une fièvre qui augmente progressivement atteignant 40°C accompagné de possible céphalé, asthénie, anorexie insomnie. Cet épisode dure une dizaine de jours (8 à 15), et correspond à la période d'incubation, pendant laquelle il y a multiplication des salmonelles dans les ganglions mésentériques ; il précède la phase de dissémination du germe dans le sang (septicémie).

Au début de la phase septicémique, on observe des troubles mineurs :

  • maux de tête (sans raideur de la nuque) ;
  • insomnie, fatigabilité (asthénie) ;
  • une fièvre atteignant un plateau à 40 °C, sans accélération du pouls : on parle d'une dissociation pouls-température ou de fièvre paradoxale (retrouvée également dans la brucellose et la légionellose) ;
  • une rate grossie (splénomégalie) ;
  • de possibles saignements de nez (épistaxis), une langue blanchâtre (dite saburrale) ;
  • douleurs abdominales, diarrhée ou constipation, abdomen augmenté de volume et tendu (météorisme) ;
  • un état de stupeur et d’abattement extrême ou tuphos.

Le malade est prostré, la prostration pouvant aller jusqu'à la torpeur, le délire, et à des signes digestifs intenses (diarrhées). C’est la destruction des salmonelles qui, libérant une substance toxique, l'endotoxine, provoque des ulcérations responsables d'hémorragies et de perforations digestives. Cette phase est responsable des complications qui peuvent entraîner le décès dans 30 % des cas en l'absence de traitement.

Le diagnostic[modifier | modifier le code]

  • Le germe n'est retrouvé dans le sang (hémoculture) que dans 60 % des cas. Il peut être retrouvé de manière inconstante dans les selles et dans les urines.
  • Le bilan sanguin standard ne montre que des anomalies non spécifiques : nombre habituellement normal des globules blancs qui sont parfois diminués (leucopénie), parfois diminution du nombre de plaquettes sanguines, signalant des formes graves.
  • La recherche d'anticorps dirigés contre les antigènes O et H des salmonelles (test de Widal) ne permet pas de distinguer une infection actuelle d'une atteinte ancienne et guérie. Il existe depuis d'autres tests plus spécifiques, mais de réalisation difficile dans un pays du tiers monde.

Traitement et prévention[modifier | modifier le code]

Le germe était initialement sensible au chloramphénicol, mais de nombreuses résistances apparurent dans les années 1970, et ce traitement, aux nombreux effets secondaires, a été progressivement abandonné. De même, des résistances à d'autres antibiotiques (co-trimoxazole et amoxicilline) sont apparues dans les années 1980.

Après avoir hospitalisé et isolé le malade, le traitement fait appel actuellement aux fluoroquinolones de deuxième génération ou à la ceftriaxone. La réhydratation, souvent par voie intraveineuse, est impérative pour compenser les pertes liquidiennes secondaires à la diarrhée. Un traitement contre la fièvre (antipyrétique) peut parfois être nécessaire.

Traitement préventif[modifier | modifier le code]

La prévention passe par l'amélioration des conditions d'hygiène dans les pays d'endémie et par la vaccination. Les visiteurs doivent se méfier de l'eau locale et de la nourriture crue.

En 1888, André Chantemesse (créant le sérum de Chantemesse) et Fernand Widal démontrent la possibilité d'un vaccin contre la typhoïde[3] qui sera développé par Sir Almroth Wright en 1896 (Pfeiffer lui en disputera l'antériorité[4]). Peu avant la Première Guerre mondiale, une loi du 28 mars 1914 impose la vaccination T.A.B. (vaccination contre la typhoïde et les paratyphoïdes A et B) ; ce vaccin avait été mis au point en 1896 par Almroth Wright en Angleterre et en 1909 par André Chantemesse et Hyacinthe Vincent en France. Alexandre Besredka proposera une vaccinothérapie.

Le vaccin contre la typhoïde a servi dans le passé[5], et encore récemment[6], comme agent de la pyrétothérapie.

Déclaration obligatoire[modifier | modifier le code]

Cette maladie figure sur la liste des maladies infectieuses à déclaration obligatoire dans de nombreux pays dont l'Algérie, l'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, la France, le Liban, le Maroc, les Pays-Bas, la Tunisie et la Suisse.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Données épidémiologiques sur la typhoïde sur le site de l'OMS
  2. http://books.google.fr/books?id=yMIuk-q4hbcC&pg=PT233&lpg=PT233&dq=%22Almroth+Wright%22+and+pasteur&source=bl&ots=3zLDWe2Wq7&sig=X6o7-VYwvwtJZHF9nGiCkSxl8Sc&hl=fr&ei=l6ReS-qlE8Sl4QaOwfGDBQ&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=7&ved=0CBoQ6AEwBjgK#v=onepage&q=%22Almroth%20Wright%22%20and%20pasteur&f=false
  3. http://www.pasteur.fr/infosci/archives/cha0.html
  4. http://www.jstor.org/pss/4452672
  5. http://www.archive.org/stream/americanmedicin12unkngoog/americanmedicin12unkngoog_djvu.txt
  6. (en) Garcia de Alba GO, Garćia AR, Crespo FV, « Pyretotherapy as treatment in West's syndrome », Clin Electroencephalogr, vol. 15, no 3,‎ 1984, p. 140-4 (PMID 6467625) modifier

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Mary Mallon, première porteuse saine reconnue du bacille de la typhoïde