Piastre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Piastre de l'Indochine française, 1885.

La piastre était une ancienne pièce d'argent frappée en Turquie par l'Empire ottoman et par la république de Venise au XVIe siècle à travers ses comptoirs du Levant. Le terme dérive de l'italien piastra[1]. Plus tard, elle désigna les pièces d'argent d'Espagne et en Amérique[2]. La piastre était dite « forte », pour la distinguer de sa « Demi-piastre » sa fraction[3].

Les piastres espagnoles[modifier | modifier le code]

Les conquêtes espagnoles d'Amérique, et plus particulièrement les Mines du Mexique ont permis au royaume de fournir des pièces d'argent en quantité et d'une valeur sur. Elles ont eu cours dans toutes les Amériques, au Moyen-Orient, en Europe et même dans certains comptoirs africains jusqu'au XIXe siècle. C'est devenu le nom de la monnaie en Bolivie, avant qu'elle n'adopte le terme de peso.

Les Francophones d'Amérique du Nord[modifier | modifier le code]

La valeur faciale des pièces du dollar américain était, à l'origine, indexée sur l'argent, il a été nommé piastre par les colons français. Les piastres espagnoles ont d'ailleurs eu valeur légale aux Canada et aux États-Unis jusqu'en 1860. D'ailleurs le traité effectuant la vente de la Louisiane, on lit le mot piastre, utilisé pour dénommer le dollar américain : « La piastre ayant cours de monnaie dans les États-Unis… ». Les francophones de la Louisiane, de la Nouvelle-Angleterre, et d'Haïti, appellent toujours ainsi le dollar américain, mais cette acception est aujourd'hui d'un registre familier.

Par extension, toute monnaie appelée Dollar est appelé Piastre. Le dollar canadien est populairement appelé « piastre » (prononcé piasse) au Québec et en Acadie et dans les régions francophones de l'Ontario et du Manitoba. Au Québec, l'expression toujours utilisée « Quatre trente sous pour une piastre » vient du fait qu'à l'époque, on pouvait diviser le dollar en quatre tranches de trente sous chacune, contrairement à aujourd'hui[4]. Le nom « trente sous » est encore utilisé comme surnom pour la pièce de 25 ¢. La piastre du Québec valait 120 sous.

On retrouve d'ailleurs encore aujourd'hui l'utilisation du terme "piastre" au paragraphe 3 de l'article 23 de la Loi constitutionnelle de 1867 du Canada, faisant partie de la Constitution canadienne: « Il devra posséder [...] de terres ou tenements tenus en franc-alleu ou en roture dans la province pour laquelle il est nommé, de la valeur de quatre mille piastres [...]. »

Colonies Françaises[modifier | modifier le code]

Durant l'existence de l'Indochine française, la monnaie qui y était en circulation entre 1885 et 1952 s'appelait la piastre indochinoise (voir Affaire des piastres).

Moyen Orient[modifier | modifier le code]

La piastre est la sous-division de nombreuses monnaies actuelles comme la livre égyptienne, la livre libanaise, la livre soudanaise, la livre sud-soudanaise ou la livre syrienne.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

  • Le thaler, autre monnaie d'argent, dont le terme dollars dérive.
  • Rial tunisien (également appelé piastre)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « piastre » du TLFi, sur le site du CNRTL.
  2. Dictionnaire de l'Académie française en 1978
  3. dictionnaire de l'Académique Français en 1835
  4. « Échanger quatre trente sous pour une piastre », sur Journal La Nouvelle,‎ 4 juin 2008