Achen

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Achen
Image illustrative de l'article Achen
Blason de Achen
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Lorraine
Département Moselle
Arrondissement Sarreguemines
Canton Rohrbach-lès-Bitche
Intercommunalité Communauté de communes de Rohrbach-lès-Bitche
Maire
Mandat
Laurent Schrub
2014-2020
Code postal 57412
Code commune 57006
Démographie
Gentilé Achenois
Population
municipale
1 010 hab. (2011)
Densité 83 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 02′ 39″ N 7° 11′ 01″ E / 49.0441666667, 7.1836111111149° 02′ 39″ Nord 7° 11′ 01″ Est / 49.0441666667, 7.18361111111  
Altitude Min. 225 m – Max. 336 m
Superficie 12,12 km2
Localisation

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Achen est une commune française située dans le département de la Moselle en région Lorraine. Le village fait partie du Pays de Bitche et du bassin de vie de la Moselle-est.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le village s'étend en pays découvert, à la limite occidentale du canton de Rohrbach. Il est situé au confluent du ruisseau dit d'Achen et du ruisseau de Singling.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Logement[modifier | modifier le code]

En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 406, alors qu'il était de 346 en 1999[Insee 1].

Parmi ces logements, 92,1 % étaient des résidences principales, 5,6 % des résidences secondaires et 2,3 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 87,5 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 9,7 % des appartements[Insee 2].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 85,9 %, quasiment identique à 1999 (82,9 %)[Insee 3].

Projets d'aménagements[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • 1199 : Le village est mentionné pour la première fois dans un texte de 1199, sous la forme Aqua (eau, rivière).
  • 1246 : Acchene
  • 1271 : Achkena
  • 1553 : Achen
  • 1751 : Achain
  • 1771 : Achen
  • En francique lorrain : Ache[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le village est une ancienne paroisse de l'archidiocèse de Hornbach au diocèse de Metz, passée dans celle de Rohrbach en 1804. L'église Saint-Pierre, à la collation de l'abbaye cistercienne de Sturzelbronn jusqu'en 1621, était l'église-mère d'Etting et de Kalhausen.

Du point de vue temporel, les terres ont appartenu aux seigneurs de la Petite-Pierre (Lutzelstein) puis occupées par le duc de Lorraine, qui réunit le village à sa seigneurie de Bitche. Celle-ci est donnée au XIIe siècle au fils du duc Ferry II, Réginald, en même temps comte de Blieskastel, aujourd'hui en Sarre. Ainsi, on comprend le traité de 1246 par lequel le duc Mathieu II promet, quand il aura recouvré la seigneurie de Bitche, de rendre Achen au comte de la Petite-Pierre. Dans la suite, le comte Hugues paraît être rentré de fait en possession d'Achen, puisque, en 1272, il donne le patronage et la dîme d'Achen à l'abbaye de Sturzelbronn, qui les rétrocédera en 1621, au duc de Lorraine en échange de six maldres de sel de Dieuze. En 1382, le comte Henri prétend tenir Achen en fief de l'empire.

En 1457, Walter de Dahn engage ses droits, biens et gens à Achen à Guillaume de Fénétrange, dont les droits passent après sa mort en 1472 à sa nièce, Barbe de Fénétrange, et à son époux, le comte Nicolas de Mörs-Sarrewerden. Le 12 juillet 1553, le comte de Nassau-Sarrebruck cède le village à Jacques de Deux-Ponts qui, en 1297, avait acquis la seigneurie de Bitche. En 1572, la seigneurie est occupée par le duc de Lorraine et, depuis cette date, Achen partage le sort du duché de Lorraine.

Le village devient commune du canton de Rohrbach-lès-Bitche en 1790.

Le relief varié et accidenté a entraîné la construction d'ouvrages importants de la Ligne Maginot et notamment celui du Haut Poirier. La population est évacuée le 1er septembre 1939 en Charente, à Condac, Jarnac, Bioussac, Poursac et Barro, la mairie s'étant repliée à Condac. Les habitants regagneront leur village le 1er octobre 1940.

Le vieux pont avant les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.

Bombardé le 7 décembre 1941, le village est libéré par les troupes américaines le 8 décembre 1944. Mais, lors de l'offensive Von Rundstett, les Allemands reviennent jusqu'à l'entrée nord de la commune, où de terribles combats se déroulent le 3 janvier 1945, rue de Wiesviller. Les Allemands sont pourtant définitivement refoulés le lendemain.

Le village a conservé peu de monuments anciens : l'église construite en 1725 et agrandie du côté du chœur en 1778, des monuments funéraires des XVIIIe et XIXe siècle replacés dans l'ancien cimetière, qui entourait l'église jusqu'en 1966, et plusieurs croix de chemin.

L'ancien pont au centre du village portant la statue de saint Jean Népomucène et comprenant cinq arches, reconstruit en 1786, a sauté au moment du bombardement. Il est remplacé par un pont en béton d'une seule jetée. La commune est citée à l'ordre de la brigade le 11 novembre 1948 : " Commune de Lorraine très éprouvée par les bombardements et les combats qui ont été livrés sur son territoire, Achen compte 9 tués et 8 blessés. Évacuée d'office dès septembre 1939, la population, à son retour en octobre 1940, fut l'objet de nombreuses vexations et sollicitations de la part de l'ennemi, mais elle resta fidèle à la mère patrie. Par son attachement à la France et par ses sacrifices, Achen s'est acquis des droits à la reconnaissance du Pays ".

Cette citation comporte l'attribution de la Croix de Guerre avec étoile de bronze. Achen a payé un lourd tribut lors des deux guerres mondiales : 20 victimes lors de la Première Guerre mondiale, 2 victimes lors de la Seconde Guerre mondiale, 14 Malgré-nous tombés ou non rentrés en 1940-1945, 10 victimes civiles des bombardements, soit une commune sinistrée à 48 %.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Maire actuel
Période Identité Étiquette Qualité
2014 En cours Laurent Schrub[2] DVG  

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Le résultat de l'élection présidentielle de 2012 dans cette commune est le suivant[3] :

Candidat Premier tour Second tour
Voix % Voix %
Eva Joly (EÉLV) 6 0,94
Marine Le Pen (FN) 214 33,70
Nicolas Sarkozy (UMP) 165 25,98 403 69,97
Jean-Luc Mélenchon (FG) 53 8,35
Philippe Poutou (NPA) 11 1,73
Nathalie Arthaud (LO) 10 1,57
Jacques Cheminade (SP) 3 0,47
François Bayrou (MoDem) 73 11,50
Nicolas Dupont-Aignan (DLR) 29 4,57
François Hollande (PS) 71 11,18 173 30,03
Inscrits 786 100,00 786 100,00
Abstentions 132 16,79 142 18,07
Votants 654 83,21 644 81,93
Blancs et nuls 19 2,91 68 10,56
Exprimés 635 97,09 576 89,44

Démographie[modifier | modifier le code]

Les plus anciens recensements connus remontent à la première moitié du XVIe siècle. On note alors seulement les foyers. Achen était un des plus grands villages de la seigneurie de Bitche. À une certaine année, le village compte 71 foyers contre 67 à Bining, 62 à Kalhausen, 54 à Rohrbach, 45 à Gros-Réderching, 28 à Etting, 26 à Enchenberg, 22 à Lemberg, 4 à Lambach et à Siersthal. D'autres recensements donnent 65 foyers en 1539, 66 en 1586, 68 en 1606, 80 en 1621, 71 en 1622, 81 en 1626, En multipliant chaque foyer par 5 ou 6, cela correspond à une population d'environ 450 habitants à la veille de la Guerre de Trente Ans.

En 1627, la peste éclate dans la région et trouve de nombreuses victimes à Achen. Les années de guerre, et plus spécialement 1634 et 1635, font partir les survivants. Ainsi toute la région se trouve abandonnée. Pourtant en 1661, la vie reprend doucement. Des colons essaient de s'installer, mais sont obligés de se retirer. En 1680, Achen compte de nouveau 28 foyers, Etting et Kalhausen compris. En 1708, il y en a déjà 41 et en 1783, on en dénombre 110, soit environ 600 habitants.

Le repeuplement des villages dévastés pendant la Guerre de Trente Ans est assuré en grande partie par des immigrés venus de Suisse, du Tyrol, du Pays de Bade, de la Bavière et des Ardennes.


En 2011, la commune comptait 1 010 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1836 1841 1861 1866 1871
720 724 770 1 375 911 900 942 1 005 933
1875 1880 1885 1890 1895 1900 1905 1910 1921
957 874 831 785 760 763 783 825 849
1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982
796 723 785 736 794 857 875 883 896
1990 1999 2006 2007 2011 - - - -
929 938 989 996 1 010 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5].)
Histogramme de l'évolution démographique


Entre 1811 et 1833 la village d'Etting appartenait à la commune d'Achen.

Économie[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1939, Achen est essentiellement une localité agricole avec de petites exploitations familiales d'une moyenne de 5 hectares. Les terres sont trop morcelées : plus de 10 000 parcelles pour 1212 hectares, soit une moyenne de 12 ares par parcelle.

Depuis 1945 on assiste à une transformation profonde de la vie économique. Les jeunes sont attirés par l'industrie et surtout au début par les Houillères du Bassin de Lorraine, qui assurent un ramassage par car pour Merlebach et Petite-Rosselle. Les gains assez élevés vont améliorer le niveau de vie, d'où les nouvelles constructions modernes et transformations intérieures des immeubles, surtout après la réalisation du réseau d'eau en 1955. En même temps, les petites exploitations agricoles disparaissent, et seule une dizaine subsiste. Les petits artisans, charron, peintre, maréchal ferrant, sellier bourrelier, cordonnier, tailleur, disparaissent à leur tour. Achen est devenue une commune-dortoir. Chaque jour, de nombreux habitants migrent vers Deux-Ponts et Pirmasens. Une centaine d'élèves quitte également la localité pour le CES de Rohrbach ou les différents lycées de Sarreguemines.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Édifices civils[modifier | modifier le code]

De nombreux moulins, pour la plupart encore en activité dans la première moitié du XXe siècle, ont tourné sur le ruisseau d'Achen :

  • la Walkmühle (le moulin à foulon) est donné à un nommé Louis Muller par le comte Jacques de Deux-Ponts, seigneur de Bitche et de la moitié de Lichtenberg, en location viagère en 1546. En 1572, Laurent Muller y est meunier. Dix ans plus tard, on lui permet de transférer ce moulin à blé au village, où il est devenu très probablement le Neumühle, et le moulin même est changé en moulin à foulon. Mentionné de 1661 à 1703 comme étant détruit, Jean Funfrock obtient le 20 mai 1733, de la duchesse régente, la permission de le reconstruire, à charge de lui donner une dîme de quatorze francs par an. Le nommé Antoine Muller de Sarre-Union profite de cette autorisation. En 1867, le moulin appartient à un certain Pierre Gross d'Achen, dont le fils lui a rendu en 1908, sa destination première de moulin à blé. Il n'est plus exploité actuellement par son propriétaire actuel.
  • le Neumühle, en plein village, est mentionné pour la première fois en 1612 comme appartenant à Jean Zoller. Ce moulin, détruit pendant la Guerre de Trente Ans, est vendu après la reconstruction à Nicolas Muller, l'héritier de Jean Zoller. Le moulin actuel a usage d'habitation.
  • l' Altmühle, habité avant la Guerre de Trente Ans, en 1570 par Étienne Muller et enfin en 1612 par Jean Vogel, est complètement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale.
  • l' Oligmühle, à 800 m de l' Altmühle, est mentionné pour la première fois en 1729, son propriétaire de l'époque étant un certain Wittbrauch. Les propriétaires suivants sont Jean Nicolas Schmitt de 1762 à 1782 puis son fils Jean Schmitt. Jean Freyermuth et Eve Herzog leur succèderont avant que le moulin ne passe aux enfants et petits-enfants de ces derniers, jusqu'en 1878, où les exploitants se retirent à Rahling. Le nouveau propriétaire, Étienne Bertran, le vend en 1890 à Charles Gross de Bining, l'époux de Hoffmann Barbe. Le gendre de ces derniers, Jean Assant l'exploite jusqu'à ces dernières années et le moulin suit le sort des autres en 1971.
  • le Gallenmühle doit son nom, d'après la tradition locale, à un certain Gall, immigré de Suisse. Ce moulin, propriété vers 1725 de Philippe Seyler qui l'a acheté pour 875 écus (Taler) à son père, Pierre Seyler, est resté propriété de cette famille jusqu'en 1896. Le moulin n'est plus actuellement en activité.
  • le moulin disparu de Naumühle est mentionné en 1758.
  • le village disparu de Pfaffenthal n'a laissé aucun souvenir.

Des vestiges de la Seconde Guerre mondiale :

  • l'ouvrage du Haut-Poirier, ligne Maginot.
  • le Val d'Achen regroupe les logements d'officiers et de sous-officiers, construits avant guerre pour les militaires du 153e Régiment d'Infanterie Française en garnison à Achen. Le casernement est complètement détruit.

Édifice religieux[modifier | modifier le code]

  • l'église Saint-Pierre, reconstruite en 1728 (date portée par le portail) en remplacement d'une église du XVe siècle, dont il subsiste un élément de remplage dans la baie sud du 2e niveau de la tour clocher. Agrandie vers le chœur à la suite d'une requête du curé, des échevins et des notables à l'évêque de Metz, déposée conformément à une ordonnance épiscopale de 1778. Jusqu'en 1979, le cimetière se trouvait autour de l'église et les tombes les plus anciennes ont été conservées et replacées le long de la façade sud et dans un muret au nord de l'édifice.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes du village d'Achen

Le blasonnement de la commune, par arrêté préfectoral du 14 mars 1950, est le suivant : coupé de gueules au chevron ployé d'argent et à deux clés d'or réunies en chevron versé brochant et d'or à la Croix de Lorraine de gueules.

La partie supérieure représente les armoiries du comte de la Petite-Pierre et la partie inférieure celles du comte de Bitche. Les deux clefs sont les attributs de saint Pierre, patron de la paroisse.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les moulins et scieries du Pays de Bitche, Joël Beck, 1999.
  • Rohrbach-lès-Bitche et son canton, Joël Beck, 1988.
  • Le canton de Rohrbach-lès-Bitche, Joël Beck, 2004.
  • Le Pays de Bitche 1900-1939, Joël Beck, 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Insee[modifier | modifier le code]

  1. LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie.
  2. LOG T2 - Catégories et types de logements.
  3. LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation.

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. Geoplatt
  2. « Résultats de l'élection municipale de 2014 à Achen », sur http://www.republicain-lorrain.fr (consulté le 04 août 2014)
  3. Ministère de l'Intérieur - Moselle (Lorraine), « Résultats de l'élection présidentielle de 2012 à Achen » (consulté le 04 août 2014)
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2011